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May

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Le Jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit (Paul, 1ère aux Thessaloniciens).

La phrase de Paul dont j'ai fait le titre de mon billet peut tout à fait se lire de façon athée, matérialiste et/ou dialectique. Elle fait d'ailleurs penser, comme le fait remarquer Alain Badiou dans son Saint Paul, à la formule de Nietzsche selon lequel les grands événements arrivent sur des pattes de colombes.

Un événement donc, à la trace enthousiasmante, n'est jamais à exclure absolument et ce, même dans les situations d'encerclement politique ou dans les moments de découragement, quand la réaction semble très forte. Je ne veux évidemment pas parler ici des suppositions de Mediapart sur les divisions internes de la droite ou sur la santé retrouvée du PS dont, à vrai dire, je me soucie peu ; non, je pense plutôt à la célèbre formule du Président Mao : une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine.

Que l'étincelle embrase la plaine et fasse pâlir les réactionnaires implique aussi la patience, l'allumette militante grattée à de nombreuses reprises, la ténacité et l'opiniâtreté. L'athéisme, oui, mais à condition qu'il ne devienne pas la conviction nihiliste de la fin de toute possible levée des masses et la résignation. Cela peut prendre du temps mais, toujours, il faut avoir confiance dans les masses et dans la pensée de tous.

Il y a ici et là, principalement en Seine-Saint-Denis, des mouvements de grèves dans les lycées et collèges contre la scélérate loi Chatel, du nom de ce manager de l'Oréal désormais préposé à la question de l'Instruction. Le remboursement de la dette nationale, allégée pour Johnny Hallyday et ses semblables, est censée se faire sur le dos de l'Ecole publique.

Après des années d'atonie, en gros depuis 2003, il semble qu'à nouveau, chez les professeurs, la révolte couve. Je ne suis toutefois pas naïf : je sais combien il sera difficile de vaincre la réaction déchainée au sommet de l'Etat.

Mon lycée commence la grève demain. Je ne travaille pas le lundi au lycée mais à partir de mardi, je participerai aux assemblées générales. Je rendrai compte, autant que faire se peut, du mouvement sur mon blog.

En attendant, ceci : jeudi dernier, en AG, les collègues (parmi lesquels je m'inclus), décidés à ne pas participer à une réunion organisée par la direction du lycée pour nous vendre l'infâme projet Chatel, ont au cours de la discussion décidé de se mettre en grève à partir de lundi. D'autres lycées sont d'ores et déjà dans la bataille.

 

A suivre...

Tous les commentaires

Camarade Jean,

C'est la nuit.

Une grève annoncée, bientôt la réalité d'une grève, une étincelle.

Que les gens qui travaillent dans les écoles, les collèges, les lycées, en Seine-Saint-Denis et partout en France, fassent la grève.

Que tous ceux qui travaillent fassent grève. Que tous ceux qui ne travaillent pas et tous ceux qui travaillent se réunissent.

Pour dire : "Non à la destruction du pays. Le pays a le droit d'exister."

+ 1

Je suis l'information sur ces grèves ; mais vous savez combien il est difficile dans d'autres lieux de fédérer la moindre parcelle d'opposition à ces mesures ignobles et destructrices.

Alors, informez-nous.

"Le remboursement de la dette nationale, allégée pour Johnny Hallyday et ses semblables, est censée se faire sur le dos de l'Ecole publique. "

> pas que sur l'Ecole publique, sur la médecine du travail aussi...que les salariés venaient voir quand ils avaient le dos rond, comme les "...masses et dans la pensée de tous." le plus souvent par les temps qui courent et qui les rattrapent.

Un Paul qui irait avec ses "pattes de colombes" skier à Chamonix pendant les vacances scolaires et qui après, peut être, commencerait à regarder alentour.

Ecole publique, médecine du travail, justice, service publique de la poste, hôpitaux, Société Nationale des Chemins de Fer... je crois inutile de faire la liste. L'oligarchie ploutocrate réactionnaires (et avant eux les réformistes roses) ont tout simplement décidé de faire la guerre aux gens de peu. Ils réactivant la notion de lutte des classes. Tout pour eux, rien pour les autres. La jouissance du vice au pouvoir.

Cela présente un (dur, difficile) avantage : les classes moyennes, hésitantes, vont enfin comprendre ce qu'est la condition de prolétaire, qui n'a pas grand chose d'humaine, dans cette barbarie voilée, à masque démocrate.

Une seule chose à faire : attaquer, sans cesse. Il n'est plus temps de se défendre, il est temps d'attaquer. Une seule arme, en notre possession commune, que les réactionnaires, les conservateurs, les iniques, les vicieux, les contre-révolutionnaires ne peuvent nous retirer, la seule chose que nous ayons en commun avec eux : la langue, sur laquelle fonder nos droits, avec laquelle détruire leurs mensonges.

Chaque action collective, même catégorielle, peut être l'occasion de rappeler qu'isolés nous ne pouvons rien, esemble nous pouvons tout. Chaque gréve, chaque piquet de gréve peut-être l'occasion de combattre l'aliénation, la servitude qui est d'abord, et avant tout, dans les mentalités.

Attaquer au centre, le maillon le plus faible idéologiquement, et le plus fort économiquement, le centre des voleurs : les banques, la dette, le crédit. Même les petits entrepreneurs, qui sont nos proches, en sont victimes. Montrer chaque jour comment ment, justement, la clique des bonimenteurs (les représentants des grandes firmes et des cabinets d'avocats d'affaires : Bachelot, Chatel, Sarkozy) à la solde des intérêts financiers de l'oligarchie ploutocrate. Renouveler sans cesse l'information sur le parcours politique des gens de l'extrême droite, de L'Occident, à l'Ordre Nouveau, des Longuet, Novelli, Balkany, Devedjian. Rappeler sans cesse ce que fut le SAC, Service d'Action Civile, proche des barbouzes qui exécutérent les basses oeuvres, sous l'égide de Pasqua.

Rappeler sans cesse que ce qui vous parait "économique" et "indépassable" est politique, et très transitoire.

Oui, l'inattendu est quelque chose qui surgit. Un jour Mandela est sorti de prison. Il a fallu pour cela que des foules se rassemblent. Un jour la Bastille a été prise. Il a fallu pour cela une action commune.

 

Admirable, Pierre.

Pierre,

Idée communiste. Deux mots. De ces deux mots, le présent, l'avenir.

Hêtre,

sans vouloir entrer dans une discussion byzantine, juste dire que je préfére l'idée communisme à l'idée communiste.

oui, très exactement, Pierre Ferron.

Avec Sylvain Jean et ses camarades sur ce coup-là. Inconditionnellement.

pascal b,

L'idée communiste réunit des camarades (organisations politiques, comités politiques, collectifs politiques).

La Réaction réunit des atrabilaires.

Dit comme cela, la politique serait simple. Mais, ici,d'accord avec vous.

pascal b,

La politique est simple. La simplicité, c'est ce qui demande du travail. Regardez comme le Président Nouveau est compliqué ! Et c'est le manque de travail, de préparation, de réflexion, de ligne, de vision, de grandeur qui est cause des pires complications.

"La Réaction réunit des atrabilaires"

Vous psychologisez, hêtre.

Fantie B.,

Puisqu'ils ne font pas de politique.

Ce fil est très étrange.

La communion dans l'espérance messianique sous l'égide de St Paul

L'appel à l'action.

Des remarques sur l'inaction et la réaction.

 

Pour moi ça ne se recolle pas.

Il me manque la parole des gens sur leur situation, sur leur action, inaction ou réaction, sans interprétation extérieure.

 

J'ai l'impression que vous proposez d'en revenir à un temps où il suffisait de dire l'espoir d'un monde autre (communiste) pour que "les gens" s'éveillent (voient leur exploitation) et suivent.

Comme aux premiers temps du christiannisme pour les esclaves.

 

Mais la religion catholique ne peut plus prêcher comme aux temps de St Paul, parce que les institutions des églises sont passées par là entre temps.

Et les êtres humains d'aujourd'hui ne sont pas ceux du temps de St Paul, ni ceux des débuts du mouvement ouvrier.

 

Je ne crois pas à un militantisme qui fait l'impasse sur les gens réels de l'époque où il veut agir.

Et les gens réels ne se définissent aps que par leur statut économique ou leur position sociale.

De plus, je suis persuadée que quasiment tout un chacun désormais sait qu'il est exploité, par qui et pourquoi.

 

 

 

Sur ta drnière phrase, Fantie : oui, je le dirais aussi ...

C'est le coup de la servitude volontaire ...préférer rester immobile qu'explorer un ailleurs, car le risque paraît trop dérangeant.

A midi, des gens à mon travail revenaient sur le manque de postes, de formation des jeunse surveillants qui se font dévorer tout cru : j'ai repris la balle au bond, me référant à mon affichette (voir + bas), j'ai proposé des moyens d'action ...plof ! ça a fait plof. Certains disant pourtant : on détruit les services publics, etc ...tsoin-tsoin. Mais une action ! ciel ! don't disturb.

Paradoxalement celui qui m'a dit "tu as raison !" (ce qui ne mange pas beaucoup de pain) est un type de droite ...

Fantie,

ne jamais confondre "christianisme" (déjà sujet à caution), et religion catholique. Le pape est coiffé d'un bonnet d'âne. Et fricotte avec les marchands du temple.

D'autant que lesdits camarades sont celles et ceux de l'organisation transitoire née de la grève.

Je vais aller au lycée, là ; je vous tiens au courant, comme promis.

Je reviens aux infos du terrain : l' appel à la grève est relayé ce matin, pour jeudi 11 février par le SNES de Créteil.

Plusieurs établissements scolaires (26 ?) connaissent la situation décrite par Sylvain.

Les choses sont "simples" pour moi, mais je suis assez seule pour l'instant !

Dans mon établissement, la majorité (forte) des professionnels (je veux dire, pas seulement les professeurs), reporte la responsabilité de la situation sur les élèves ou leur famille. Aucun désir d'analyse politique. Refus de comprendre. Repli sur la plainte et l'amertume.

Je relaie à mon tour cet appel dans mon collège, en développant un argumentaire approprié à mon établissement.

Marielle Billy,

Vous dites très bien ce qu'est la division. Elèves, parents, gens qui travaillent à côté de ou dans l'Education Nationale doivent impérativement faire les choses, faire de la politique, d'un commun accord. Réunion, principes, déclaration, tracts, manifestations... Sans quoi...

Pierre,

J'aime beaucoup la tonalité générale de ton propos. Mais, j'ai un point de désaccord avec toi. Notre langue à nous, nous ne l'avons pas en commun avec les voyous qui nous gouvernent et leurs séides affidés. J'écoutais les infos il y a quelques matins. Je n'écoutais pas ce qui s'y disait, mais les mots utilisés. Il n'était question que de: "contrôle de police", "jeunes délinquants", "inculpation", "gardes à vue", "reconduites à la frontière", "étrangers en situation irrégulière". On en a marre de cette obsédante propagande réactionnaire. Je pense que tu seras d'accord pour que nous mettions en avant ce qui nous préoccupe: quelle est la vie des "gens de peu" qui sont de ce pays, comment porter une parole digne loin de cette folie destructrice réactionnaire?

Amitiés

Eugene,

je crois que s'agissant d'idéologie, il faut s'emparer de l'arme de la langue et retourner le langage contre ceux qui utilisent ce que ces mots recouvrent : pointer ainsi les mots que tu pointes est utile à cela : il s'agit bien pour les Ultra-réactionnaires de mettre en place un état policier, comme l'a fait leur modéle ultra-libéral, Pinochet, afin de contrer toutes velléités de changement profond. Ils paniquent un tout petit peu, en ce moment (durs débats au sein de la droite profonde comme une limande), parce que Papa Bush est parti et qu'un noir américain fronçe les sourcils, mais l'idée réactionnaire est là : endormir les roses, et barbeler les vivants.

Salud y amistad.

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