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Le mouvement actuel en Seine-Saint-Denis vu de mon lycée en grève
Le mouvement commencé dans mon lycée du 9-3 lundi a été suspendu ce mercredi mais a été reconduit pour demain jeudi. Lundi, une bonne minorité de collègues était en grève (environ 30%) et hier, alors que les enseignants de la partie Lycée Pro ont rejoint notre mouvement (ce qui est historique), nous étions plus de 60%.
A l'AG, il y avait du monde et nous avons demandé au proviseur de repousser le bac blanc prévu pour la semaine prochaine et de renoncer aux réunions de présentation du projet Chatel/Sarkozy. Pour le bac, il a en gros refusé ; pour les réunions, elles ne sont désormais plus obligatoires. Je signale au passage qu'après la mise en place du projet Chatel, un professeur de lettres pourra enseigner "l'autre dans la littérature : le migrant, l'immigré, l'errant"... Ma foi, ça promet.
Le mouvement en est donc encore à ses balbutiements, il y a eu hier une manifestation à Saint-Denis mais je n'y suis pas allé car je ne vois pas l'intérêt d'aller manifester ailleurs qu'au ministère ou au rectorat. Il paraît toutefois qu'il y avait du monde.
Dans mon lycée, nous tiendrons une AG à 9h00 ; nous préparons des tracts expliquant aux parents ce que sera l'Ecole si Chatel/Sarkozy arrivent à leurs fins. Dans mon lycée, il y aurait par ex. des cours de cosmétique et une formation pour devenir... policier ! Former des flics et des hôtesses, formidable !
A la différence de 2003, je note que les médias ne taisent pas le mouvement. Il y a cependant à redire sur le traitement qu'ils en font. Mais enfin, ils en parlent et ce, à mon avis, parce qu'ils sentent bien qu'associés par le peuple au pouvoir en place, leur intérêt est de cesser de servir la soupe à la Sarkozye. En même temps, le discours sur la violence qui serait à l'origine de la grève est un écran de fumée détestable. Du reste, à propos de cette question de la violence, il faut affirmer haut et fort que celle-ci est principalement du côté de l'Etat. Violence verbale et/ou physique de la police par exemple dans les cités populaires, violence de Hortefeux-Besson-Sarkozy contre une partie de ce pays et violence des lois de l'Etat. C'est en vérité la seule violence contre laquelle nous luttons et ce d'autant plus que, si violences entre élèves il y a, ce n'est que l'effet de la fin du souci du bien commun hérité du combat national du Conseil National de la Résistance qui se souciait, lui, de la paix civile en France. La paix civile, le respect pour celles et ceux qui travaillent dur, ... Toutes ces choses-là sont hélas étrangères à la camarilla sarkozyste qui nous fait douloureusement sentir ce qu'est le pouvoir. Jamais celui-ci, en effet, n'avait été, depuis 1945, aussi oppressant.
Les échos médiatiques de la grève, donc, sur France Inter par ex., s'ils sont en soi bienvenus, sont biaisés. La violence, puisqu'ils en parlent abondamment, ne tombe pas comme la neige. La violence banlieusarde, si elle n'est pas toujours légitime, fait écho à un Etat impitoyable et égoïste, à un Etat de classe.
Pour ce qui est de mon cas personnel, cette anecdote qui illustre à quel point la politique de l'Etat à propos de l'instruction va très exactement dans le sens contraire de ce qu'un souci réel d'une instruction pour tous exigerait. J'ai fait cours aujourd'hui mais quelques tires-au-flanc ne sont pas venus et diront "ah, mais on croyait que vous ne faisiez pas cours !". En attendant, j'ai eu de petits effectifs devant moi et j'ai pu avancer et prendre mon temps tout à la fois comme cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps. C'était bien. Ce métier est un beau métier.
Je suis en grève contre la violence de l'Etat qui m'empêche de faire mon métier.


Tous les commentaires
Camarade Jean,
Compte rendu important. Puisqu'il est au plus près de la réalité de la guerre faite aux gens. Et puisqu'il apporte des réponses aux questions que se posent les gens.
Contre la violence de l'Etat, l'intraitable justesse de la politique. Soyons nous-mêmes, intraitables, et traitons les questions comme il se doit.
Même si les propos dans les médias sur "Vitry" sont biaisés, l'important est de percer le mur du silence sur les mouvements sociaux, celui des enseignants étant emblématique d'une lutte contre une politique de casse de l'école publique qui était inaudible jusqu'alors.
Courage pour la grève.
Bien à toi.
C'est vache pour vos élèves d'avoir fait cours. Ils ont dû être drôlement déçus.
Une forme de violence qui vous échappe, sans doute.
Cordialement
Beber : précaire.
Ce n'est pas la première fois que vous balancez vos rots sans lire ce que j'écris... N'étant pas gréviste aujourd'hui, j'ai fait cours. Penser que faire grève et faire cours pour un prof, c'est idem, c'est l'antienne poujado. Elle vous sied parfaitement ; c'est du reste pour cela que je ne vous ai pas accepté comme contact. Les poujados, je les exècre.
Quant à la violence des cours, je pense que les enfants de l'Ancien Régime l'auraient préférée à celle du curé. Derrière le poujadisme riant, la trique. Eh, oui...
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Boddisatva, docteur en sarkozysme.
Note à benêt : si ce blog vous déplaît, allez-vous en ! Je suis peut-être narcissique, mais je n'avance pas masqué.
L'abonnement à Mediapart nous donne le droit de commenter tous les blogs .
Si vous ne supportez pas les commentaires ,faites un journal intime de jeune fille en fleur et mettez le sous votre oreiller ....
Ce n'est pas parce que vous avez pris 2 prénoms comme pseudo ,que cela fait une identité .
Votre combat ainsi que celui des enseignants du lycée Chérioux à Vitry sur Seine doivent être connus et on aurait aimé que d’une façon plus soutenue la presse et les courants de gauche s’intéressent à ces événements car c’est là que le quotidien se manifeste.
Comme vous l’affirmez «la violence, puisqu'ils en parlent abondamment, ne tombe pas comme la neige ». Non, elle est bien la conséquence des façons de faire institutionnelles et d’une politique qui s’évertue à considérer les jeunes potentiellement dangereux … ils vont finir par nous montrer qu’ils peuvent l’être !
www.mediapart.fr/club/blog/arthur-porto/080210/mise-en-danger-de-la-vie-dautrui
Toutes les infos sur les mobilisations peuvent être postées ici :
http://reseaudesbahuts.lautre.net/spip.php?article1154
Cher collègue,
Je manifesterai moi-même demain devant le Ministère de l'Education Nationale, même si je suis très pessimiste quant à ce mouvement que je rejoins d'ailleurs tardivement et peut-être même très ponctuellement.
Reste que d'un point de vue purement stratégique, il me semble essentiel, vitale même, de rester crédible en évitant certains discours caricautaux qui font le jeu de nos ennemis communs :
Parler des médias comme d'un bloc monolithiquement à la botte du gouvernement en est un exemple. Minimiser la violence physique à laquelle des enseignants mais surtout des élèves sont parfois confrontés en est un autre. En tenant ce type de propos, vous tendez la perche à vos contradicteurs et leur offrez la possibilité de vous taxer à la fois de conspirationnisme et d'angélisme.
C'est une stratégie classique que de discréditer la contestation des enseignants en prétendant qu'elle n'est le fait que de quelques agitateurs extrémistes. Encore une fois, ne laissons pas à l'adversaire une telle possibilité...
Amicalement,
Monsieur Paul,
c'est la précarité qui est en train de devenir extrême. Vous en voyez les effets partout autour de vous, il vous suffit d'ouvrir les yeux. Faisons en sorte que cette précarité ne se transforme pas en extrême violence. Le feu couve sous le gel. L'extrêmisme est dans ce systéme politique même, qui nous aliéne.
"Ce métier est un beau métier. Je suis en grève contre la violence de l'Etat qui m'empêche de faire mon métier". Combien ces phrases m'interpellent, j'ai souvent été seule à penser ainsi. Courage et ne baissez pas les bras.
Ancien élève de l'école communale Victor Hugo à Aubervilliers, je me questionne sur l'emploi du temps des instituteurs de l'époque qui, entre autres, donnaient plusieurs fois par semaine et bénévolement des "cours du soir" à des adultes pour leur apprendre à lire, écrire et compter.
Je crains que leur attitude risque la dérision auprès des enseignants d'aujourd'hui. Pourtant ce sont eux qui ont permis à une infime minorité d'entre nous d'aller au Lycée, puis pour l'un, de devenir doyen d'université, directeur des lycées de la ministre de l'éducation nationale Madame Sauné-Séité (orthographe incertaine), on parlait plutôt alors d'instruction publique, l'éducation étant confiée aux familles. Quant à l'autre, il a fait une carrière assez réussie dans une profession libérale limitée par un concours où, cette année là, on en admettait un sur quinze.
Tout cela, non pas pour chanter les vieilles lunes, mais seulement pour se demander si la premier groupe national de fonctionnaires et de syndiqués ne pourrait pas commencer par jeter un coup d'oeil sur lui-même et sa disponibilité.
A l'anonymat, je préfère signer de mon nom: Jacques Brillot et de mon adresse: j.brillot@neuf.fr
"une infime minorité" : deux.
Hélas infime, deux et peut-être un troisième sur des classes qui atteignaient jusqu'à cinquante-trois élèves. Inutile de préciser l'origine sociale et le degré d'instruction des parents. Et puis, les "bons" étaient tous au premier rang alors que les "derniers", dont l'un était uniquement préposé à l'entretien du poêle, siégeaient au "fond" de la classe.
Personne pour s'insurger sur l'injustice du système qui, malgré les apparences, persiste encore aujourd'hui, mais sous une forme plus acceptable. Si je continue, je vais être encore plus hors sujet.
Jacques Brillot
Dans les pays communistes tellement fantasmés par Sylvain Jean les enseignants n'avaient que très peu de congés : ils continuaient à s'occuper des élèves pendant l'essentiel des vacances scolaires.
La seule chose que je reprocherais à ce système est que comme les grèves étaient interdites les gosses n'avaient pas les "congés surprises" de maintenant. De plus pas d'écoles privées, les élèves nuls non enfants d'apparatchiks se retrouvaient à l'usine.
Par contre le niveau était sans doute meilleur que du côté capitaliste (cf les "olympiades" qui montrent que "communisme" n'équivaut pas à "égalitarisme dans la médiocrité")
J'ajoute que dans aucun pays communiste un élève aurait pu avoir seulement l'idée de manquer de respect par le geste ou la parole à un enseignant (sauf si ce dernier était en instance de départ pour une prison ou un camp de concentration).
Beber, les pays communistes c'est dans ta tête. Tu devrais lire, t'informer, te cultiver. Je ne sais pas moi : lis Howard Zinn, un grand historien américain, ça te changera de Paris-Match. Ou écoute-le, tiens, ce sear moins fatiguant, tu as l'air d'être au bout du rouleau. Cet aprés-midi, par exemple, Zinn a dit : "Le communisme n'a jamais eu lieu, sauf un moment, pendant la Commune de Paris. mais certainement pas en Russie, qui n'avait rien de communiste."
Mais p't^t' bien que t'es beaucoup plus calé que Howard Zinn. Méfie-toi quand même, ton inculture risque de te péter à la gueule, un jour.
Et Honecker, Mao, Staline, Sylvain Jean, ils sont moins calés qu'Howard Zinn ?
Howard Zinn est un spécialiste de l'histoire des Etats-Unis, il ne faut pas lui en demander trop dans d'autres domaines
Howard Zinn est un grand historien, spécialiste de l'histoire.
@ Ferrrron
Il vaut évidemment mieux lire " les pays communistes n' ont jamais existé " que d'être aveugle ou censuré comme dans un pays marxiste .
Howard Zinn est un gros crétin s'il a vraiment écrit que " le communisme n'a jamais existé " .
Que penseriez vous d'un imbécile négationiste qui écrirait " le nazisme n'a jamais existé " ? Vous condamneriez ,à juste raison et je vous approuverais .
Alors faites de même avec le marxo/communisme de Staline ,Trotski,Pol Pot ,etc . Ils sont des assassins de la même trempe qu' Hitler.
Les trotskards du NPA ne se rendent même pas compte qu' ils pratiquent le culte de l'homme providentiel...Besancenot est l'homme providentiel du NPA (enfin pour la poignée de militants aliénés de ce parti ).
alcyme,
VRP du rien réactionnaire.
Il est tellement facile de tourner en dérision les tentatives des jeunes profs pour sauvergarder les meubles ! Les vieux briscards désoeuvrés se régalent.
Les ricaneurs, les nostalgiques d'un temps qui n'a jamais été s'en donnent ici à coeur joie. Au lieu de s'interroger sur le fond. C'est juste pathétique. Nous sommes quelquefois en désaccord, Sylvain Jean, car il est vrai que vous tranchez dans le vif idéologique sans trop vous occuper de la portée des coups distribués. Mais sur les principes, c'est à dire la nécessité de manifester la rage que vous avez de voir détruire ce que des générations ont construit, je vous rejoins.
L'hurluberlu qui s'interroge sur la "disponibilité" des troupes n'a jamais eu d'enseignants dans sa famille.
@ Dianne
Vous écrivez
" L'hurluberlu qui s'interroge sur la "disponibilité" des troupes n'a jamais eu d'enseignants dans sa famille."
Etes vous un partisan du droit du sang ,en réservant la parole exclusivement à ceux qui ont des enseignants dans la famille ?
Dans un autre registre ,j'ai cru lire que votre copine la poissonnière du Nil nous quittait ou était sur le point de le faire ? Une bonne nouvelle...
Et sur vos élucubrations d' un parti de gauche qui ferait payer les inscriptions sur les listes des régionales ,ou en êtes vous ?C'est qui le parti le NPA ,l'UMP ,le FN ,le MODEM etc...je ne les cite pas tous .Personnellement je ne crois pas à votre rumeur...
Loin de moi l'idée de réserver la parole à qui que ce soit. Mais le sens commun veut que l'honnête homme n'argumente que sur des sujets qu'il connait, ne serait-ce qu'un peu, sauf à passer pour un baratineur creux comme une lanterne. Vous vous couvrez de gloire ce jour d'hui !
Sur le métier d'enseignant, sur la "violence" des jeunes, sur les journalistes, sur la période politique: tout cela est fort bien dit.
Bon courage!