Avec des formules belles et dignes comme celles des épîtres de Paul...
La vertu principale dont nous avons besoin est le courage. Cela n'est pas universellement le cas : dans d'autres circonstances, d'autres vertus peuvent être requises de façon prioritaire. Ainsi à l'époque de la guerre révolutionnaire en Chine, c'est la patience qui a été promue par Mao comme vertu cardinale. Mais aujourd'hui, c'est incontestablement le courage. Le courage est la vertu qui se manifeste, sans égard pour les lois du monde, par l'endurance de l'impossible. Il s'agit de tenir le point impossible sans avoir à rendre compte de l'ensemble de la situation : le courage, en tant qu'il s'agit de traiter le point comme tel, est une vertu locale. Il relève d'une morale du lieu, avec pour horizon la lente réinstallation de l'hypothèse communiste.



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"Rendre une période illisible, c'est autre chose, c'est beaucoup plus que de simplement la condamner."
Sur ces points, Badiou dit l'essentiel.
Il y a parfois des textes qui vous réconcilient avec la pensée.
Ainsi si la vertu nécessaire est bien le courage, il faut savoir comment l'éveiller.
Il se trouve que le courage, comme toutes les vertus prend sa source en un endroit que d'aucuns s'acharnent à nier...
Et pourtant, c'est ainsi pour pratiquement tout ce qui va faire de la vie une aventure, où l'on est quelque chose, et parfois même quelqu'un...
Il faut y croire.
Le chinois suivait Mao sur une foi précise. C'est ainsi qu'il acquit la patience. Mais il l'avait peut être aussi en héritage, payé très cher.
Qui doit-on suivre, et sur quelle foi, pour trouver le courage?
Certains diront soi-même...
Mais difficile d'avoir foi en soi, dès lors qu'on se connaît si peu.
Il faut l'exemple.
Il faudrait un héraut qui soit assez héros.
Ou il faut rencontrer une de ces vérités qui brûlent tout l'inutile, pour laisser le devoir.
Ah! Sinon nous aurons du courage quand nous ne pourrons plus faire autrement.
Dire qu'un ouvrier immigré sans papier est "du même monde que nous" est un point sur lequel nous devons en effet être courageux. Demain encore plus qu'aujourd'hui, probablement.
Dire qu'une jeune femme au patronyme évoquant un ailleurs qui fut colonisé pour tous les tenants de l'ordre, est traitée par l'Etat et ses soutiens d'une façon que nous ne tolèrerons pas est une nécessité. Soutien inconditionné.
Je suis frappé, aussi, par le retour à Sartre du camarade Alain Badiou. Le seul titre de son texte l'atteste. Ah, Sartre !
J'entendais autour de Midi, aujourd'hui sur France culture, BHL dire son antipathie pour le courant de l'hypothèse communiste. Que ce courant soit attaqué prouve au moins qu'il existe.
Camarade Jean,
Alain Badiou, dont la fidèle attention aux gens, au pays, est admirable.