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A propos d'une tribune du PS sur l'Ecole publiée sur Mediapart.
Après les "lois" Chevènement contre les prolétaires sans-papiers, après avoir privatisé à tour de bras sous Jospin (le PS a ainsi une lointaine responsabilité dans les suicides de France Telecom puisque c'est en outre Rocard et Quilès qui ont cassé les PTT dès la fin des années 1980), après avoir avalisé via Martine Aubry le Plan Juppé de 1995 et la flexibilité dans les usines sous le vocable "35 heures", le PS revient, la mine réjouie et toute honte bue, protester contre la politique de Sarkozy-Hortefeux-Besson et verser sa larme sur les morts de France Telecom... Après tout, l'absence de vergogne est au PS une seconde nature : Guy Mollet, qui était aux années 1950 ce qu'est Mélenchon aux années 2010, se proclamait un authentique marxiste...
S'agissant de l'Ecole, le PS, après nous avoir balancé Jospin et "l'élève au centre" puis son triste disciple Allègre dont la politique annonça de fait celle de Chatel, après avoir créé des syndicats lycéens idiots et godillots sous l'égide de Julien Dray et de Mélenchon - la FIDL, par exemple, adepte de l'Ecole light et ouverte-sur-le-monde -le PS se fend d'une tribune pour l'Ecole. Enfin, "pour" l'Ecole, c'est vite dit... Une tribune, plutôt, pour les voix silencieuses enseignantes (et, après tout, il y aura bien quelques gogos pour donner une obole aux mitterrando-jospinistes) afin de reprendre des couleurs aux Régionales, une élection parmi celles qui rythment le temps nul du capitalo-parlementarisme.
Comme il fallait s'y attendre, nos socialistes mettent l'accent sur le violence, c'est à dire, quand même, le seul angle antipolitique de la situation. Qu'on me comprenne bien, je ne dis pas que les violences en milieu scolaire sont pure affabulation, je dis simplement qu'elles sont un effet d'une politique réactionnaire. La violence, avant tout, est celle de l'Etat. Celui-ci, après s'être lentement démis de ses obligations à l'égard du peuple et singulièrement des plus pauvres venus de lieux plus ou moins lointains, a décidé désormais d'entrer en guerre contre cette population qu'il veut faire taire. Dans les banlieues populaires, il faut le dire clairement, les décrets Chatel sonnent la fin d'une Ecole déjà bien mal en point. Le savoir pour tous doit faire place pour la plupart des élèves à des heures de cours drastiquement réduites tandis que pour ceux qui s'en sortent un peu mieux, les associations type Réussir aujourd'hui se chargeront de les rallier au consensus étatique réactionnaire. Dans les deux cas, l'idée de cours ressort laminée des décrets Sarkozy-Chatel.
Parler de violences comme le fait le PS permet - même si la manoeuvre est grossière - de ne pas parler de politique, de faire la politique de la non-politique qui est elle-même non seulement d'une extrême violence mais qui est également, dans la situation actuelle, la violence principale. Bien naïfs celles et ceux qui ne voient pas ce qui se profile derrière l'idée de violence. Bientôt, on nous dira qu'il y a des Quicks hallal dans les environs des lycées violents ainsi que des burqas... En vérité, le seul point d'entrée du consensus UMP-PS à propos des grèves dans certains bahuts de banlieue est incarné par le mot "violence". L'irrationnelle violence constitue une ouverture idéale en vue d'un discours étatique violent contre les banlieues et ses habitants, singulièrement ceux d'origine étrangère. Sous le mot à la fois impressionnant et vide de violence, les organisations du capitalo-parlementarisme feront ce qu'elles font depuis 40 ans, à savoir des commissions, des accusations contre les gens du peuple, des propositions de suppressions des allocations et... des flics qui, eux, contrôleront les papiers des enfants d'origine étrangère.
Il n'est par ailleurs pas étonnant que la déclaration du PS arrive maintenant. Tant que les médias ont mis en avant l'idée de grèves contre la violence, les socialistes n'ont pas daigné se signaler. Rien de vrai, de singulier ne sortait sur la situation, sur sa réalité. Mais comme en même temps les faits sont têtus, il est peu à peu apparu qu'au mouvement de Vitry pouvait s'opposer celui d'Aubervilliers. Les enseignants de Chérioux ont accepté en effet d'être considérés comme des croisés de la non-violence, ce qui, vu ce que je dis plus haut, n'est pas exactement à leur honneur. En revanche, le mouvement parti de la cité scolaire Henri-Wallon d'Aubervilliers porte sur l'Ecole et sur le rapport que l'Etat entretient avec elle. Pourtant, Aubervilliers, d'un point de vue purement descriptif, n'est pas moins "violent" que Vitry.
Les enseignants d'Aubervilliers, même si évidemment ce n'est pas simple mais audacieux, ont décidé de se lancer dans un mouvement contre le point final de la politique UMP-PS contre une Ecole de qualité et exigeante pour tous. La violence, une fois de plus, c'est celle-là, celle qui, dans mon lycée par exemple, prévoit des cours de cosmétologie et de balistique pour les élèves. Celle qui veut, dans les villes et les quartiers populaires, une Ecole où seront dispensées des formations adaptées au bassins d'emplois locaux. C'est précisément cette Ecole que nous, grévistes encore balbutiants, nous refusons et c'est là-dessus que nous attendons que chacun se prononce.


Tous les commentaires
Camarade Jean,
Le PS est mort. Ses héritiers sont laids. Ils se disputent un bien maigre butin. Mais se le disputent quand même.
Cela, bien sûr, se fait sur le dos des gens. Pour les héritiers du PS, les gens sont des pions qu'il convient d'utiliser quand l'occasion se présente. L'occasion de se refaire. Rejouer, se faire élire, "représenter" le peuple (lire ce qu'a écrit Eric Hazan, à ce sujet).
La destruction de l'Ecole, comme lieu de vie et de pensée, est l'une des priorités de l'Etat.
La guerre faite à l'Ecole ne date pas d'aujourd'hui, comme vous le rappelez si justement. Ce qui est nouveau, avec le Président Nouveau et ses casseurs gouvernementaux, ce sont les moyens mis en oeuvre pour abattre l'Ecole. C'est que "l'animal" ("le mammouth", disait Claude Allègre, poète du PS) résiste, ne plie pas tout à fait.
Camarade Jean, votre combat est le nôtre. Votre combat est le combat de tous. Qui le voit ?
Mort, le PS a hélas encore une grande capacité de nuisance et d'enfumage. Tant que l'électoralisme connaîtra un minimum de soutiens (cf. le NPA, par ex., qui est de gauche), le PS continuera à marcher suffisamment pour contribuer à la guerre au peuple.
Non le PS n'est pas mort car il bande encore ...grâce à Giorgio (Fréche ) le fils maudit ...
alcyme,
spécialiste de l'impuissance.
Camarade Jean,
Ce "spécialiste" me va droit au coeur.
Vous souvenez-vous que j'ai été "modéré", autrefois (tout va si vite sur Internet), pour avoir attaqué la Réaction de ce côté-là, justement ?
Effectivement, "spécialiste de", c'est du hêtre-like.
Sylvain jean, la vierge des deux faces.
alcymetière,
Gardien (de but) du PS.
alcymetière,
Grimace de la Réaction faite aux gens.
Touché !, l'alcyme. Du coup, il rame, rame, rame tout ce qu'il peut. C'est drôle, un réactionnaire rance les pieds dans son tapis miteux...
Comme disait le camarade Mao : les réactionnaires sont de ceux qui soulèvent une pierre pour se la laisser retomber sur le pied. Du coup, l'aigreur éternelle d'alcyme se comprend mieux.
Allez, petit, rame, rame, rame encore. Je ne suis pas sûr que ce soit drôle mais en tout cas, c'est plaisant à voir !
Camarade Jean,
Lire Mao. Tout lire. Tout relire.
Camarade Jean,
alcymiteux ?
— A soumettre au vote !
— Pouah ! Le vote !
"alcyme" : nom commun, neutre (mais plutôt classé à l'extrême-droite de l'extrême centre, tendance rot de comptoir), désignant un plancher, un rez-de-chaussée, un niveau zéro. Syn. : rot, pet.
A noter qu'en astrophysique, l'alcimation désigne un trou noir où disparait tout espoir de pensée.
En russe, "alcyme" se dit pavlov.
Encycl. : L'alcyme se nourrit principalement de saucisses. Mais sa maladresse culturelle (si l'on peut parler de culture dans ce cas. Mais on ne peut parler de "nature" non plus. D'ailleurs, à son sujet on peut parler de rien) fait qu'il se trompe parfois d'orifice pour tenter de l'ingérer. On a ainsi pu voir des alcymes aller avec une saucisse dans l'oreille.
En médecine, l'alcimation désigne le fait que l'on ne trouve qu'un cervelas là où devrait se trouver un neurone.
Pierre,
Je n'ai jamais autant ri sur "Mediapart". Le coup de l'oreille, j'en ai pleuré... Pourquoi ne feriez-vous pas un dictionnaire des noms communs ? Succès garanti !
alcyme,
le pauvre,
vaincu - en 2010 ! - par des communistes !
Camarade Jean,
Ma crainte, c'est que les bons socialistes de "Mediapart" nous trouvent horribles ! C'est une crainte, vous ne pouvez pas savoir...
Vu comme je les vomis, les soces-dems, ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent. La canaille PS, beuurk !
Camarade Jean,
Le socialisme à la française est un sarkozysme soft (le sarkozysme du trouillard de chez trouillard).
Pierre,
J'ai copié votre commentaire de 15:32. On ne sait jamais...
Frêche boite. Le PS est une bande laide. Un post-scriptum. Et alcrie minogéne.
Pierre,
Frêche est la grimace du PS (ce mort-vivant qui n'en finit pas de mourir) faite aux gens.
Héritiers du PS : Laideur à tous les étages.
Camarade Jean,
Le PS est un mort-vivant (grâce, notamment, au NPA). Mais un mort quand même.
Le PS comme fausse vedette d'un vrai film d'horreur.
Camarade Jean,
Ce fil me plaît beaucoup.
Souhaitons que la Modération ne vienne pas prêter main forte au PS ou à la Réaction. Cela dit, PS ou Réaction, quelle différence ?
Par certains côtes, les socialistes sont pires...
Camarade Jean,
Votre réponse me fait plaisir.
Je me demande (à moi seul) si vous n'exagérez pas un peu quand même : le PS est obligé de au moins faire semblant de répondre à certaines questions et résoudre certains troubles. La Réaction pure et dure (tendance Milton Fridman-Augusto Pinochet-Ronald Reagan-Margaret Thatcher - Nicolas Sarkozy) n'en a strictement rien à foutre.
Posons la question à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht pour l'Allemagne et à Fernand Yveton pour la France (et l'Algérie).
Sinon, le PS prend quelques pincettes avec les électeurs (les zélécteurs) de gauche (idem pour les crapules postbrejneviennes du Parti (anti)Communiste Français) mais dès qu'ils ne votent pas, youhou !
Pierre,
Tout de même, une petite différence entre PS et Réaction : la Réaction avance moins masquée. D'où des attaques davantage dirigées contre la Réaction (l'épouvantail), plus visible.
Et pendant ce temps-là, Corcuff se colle une mélancolie facile en écoutant ce bon Miossec...
Je préfère Miossec à Corcuff, cela va sans dire.
Le minet d'un néo-marxisme postmoderne et introuvable, j'ai nommé... CORCUFF !
Camarade Jean,
Pouvons-nous, sans être taxés d'anti-modération, suggérer au Monsieur qui exhibe son aversion pour la philosophie d'Alain Badiou, dans "Le Monde des Livres", de lire, un jour, quand il aura le temps, un livre d'Alain Badiou ?
Qui connaît Corcuff à New-York à part son vieux pote trotskard US, hein ?
Séparons le bon grain de l'ivraie, ce bon Trotsky n'a rien à voir avec notre mélancolique du top 50.
Camarade Jean,
Pourquoi aller si loin ? Qui connaît Corcuff en France, à part nous et trois ou quatre personnes en plus, et Velveth ?
Mes potes du NPA ont honte de lui, c'est vrai... Le pauvre, il a du ronger son frein quand Alain Badiou a rendu hommage à Daniel Bensaïd... Ce n'est pas Corcuff que la direction du NPA a jugé bon de faire venir. Arf !
Camarade Jean,
"Mediapart" ne devrait-il pas réparer cette injustice en nous taxant d'anti-modération ?
Vos potes du NPA sont des gens bien. Transmettez-leur toute mon estime.
Camarade Jean,
Notre colère est si froide.
"Au secours ! La modération ! Ils sont là ! Ils écrivent des horreurs ! Mao ! Les communistes !"
Un très bon billet, qui va où il faut aller, pointer les problèmes, où ils sont.
Pour les solutions, on verra, mais déjà partir sur un constat qui évacue la langue de bois.
Sauf que la vérité est si dure, que cela les tue, rien que d'avoir à l'entendre.
Et pourtant, si les solutions sont dans le moyen terme, ce n'est pas dans la demi-mesure. Et encore moins dans le camouflage.
..
Passifou,
— Tu n'écris pas "spécialiste" ?!
— Non, pour une fois... Franchement, je me demande si c'est le même...