Tu sais quoi, camarade hêtre... ?
Philippe Corcuff, spécialiste du marxisme tendance Groucho-sans-le-savoir, se réfère à Rancière contre Badiou sous prétexte que l'auteur de La haine de la démocratie serait, au sens corcuffien bien entendu, un démocrate. C'est assez rigolo mais surtout pathétique et, c'est en ce sens que je m'adresse à toi, il faudrait faire parvenir au non-camarade Corcuff quelques leçons qu'il pourra toujours méditer en compagnie de MM. Val et Bourmeau (qui sait, Carla, peut-être, se joindra-t-elle à eux).
Sur le maoïsme en France aussi, M. Corcuff aurait besoin de quelques éclaircissements autres que ceux de ses anciens amis chevènemento-mitterrandistes. Totalitaire, dit-il du maoïsme d'Alain Badiou mais la vérité exige de dire que l'on a plus soutenu de régimes épouvantables en étant chez Chevènement (celui de Saddam Hussein, notamment) qu'en militant à l'UCFML à l'instar de Badiou et d'autres, absolument désintéressés de la question du pouvoir et absolument pas prochinois comme le sait quiconque a daigné se pencher sur leurs écrits.
Bon, c'est sûr, si Philippe Corcuff, chef de la tendance anticommuniste au NPA, a survolé tout cela avec en fond hurlant Francis Cabrel, la confusion dont il fait preuve est compréhensible. En revanche, son incompréhension du Siècle, euh...



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Camarade Jean,
Nous savons, depuis Rousseau, que l'homme est perfectible. Des leçons à l'attention de Philippe Corcuff ? Mission possible.
Il était important de rendre justice à l'impensée de Philippe Corcuff.
A suivre.
Camarade Jean,
Francis Cabrel... Quand même !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
C'est le sieur Corcuff lui-même qui parle de Cabrel.
Camarade Jean,
Je sais.
— Francis Cabrel... Allons ! Philippe Corcuff... Quand même !!!!!
— (A compléter)
Camarade Jean,
J'ai le souvenir (récent) d'un garçon capable de chanter Cabrel, avec le plus grand sérieux, mais dans une sorte de frénésie libératrice. Je crois qu'il connaissait tout le répertoire ! Ce fut un vrai show ! Il faut imaginer une cinquantaine de personnes, dans un car les conduisant sur le site d'un festival de musique, toutes pliées de rire...
Sylvain,
N'y a-t-il pas autre "sujet" à traiter que de délivrer cette potion amère à l'encontre de Corcuff ?
Tu as certes le droit de ne pas te retrouver dans ses écrits et références, mais le fusiller ???
Velveth,
Les grands comiques malgré eux sont à la merci des méchants communistes, toujours prompts, c'est bien connu, à avancer la moquerie entre les dents !
Je ne le fusille pas. Il passe son temps à vomir sur la tendance mao de Mai 68 ; je lui réponds.
A propos de maoïsme, une bonne lecture pour Ph. Corcuff...
http://www.humanite.fr/Alain-Roux-Mao-survit-au-maoisme
Camarade Jean,
Philippe Corcuff se présente comme "un pauvre malheureux" (voir le fil de son dernier billet). Malheureusement, son système d'attaque-défense, par utilisation à tous crins de mots-majuscules, a pour effet d'écraser la si belle justesse de pacotille de ses "dérisoires" propos.
Deleuze, si Corcuff permet qu'on parle de philo au lieu de pousser la chansonnette avec Francis à Astaffort, Deleuze parlait des gros concepts - comme des dents creuses - à majuscule de la "nouvelle philosophie". Bingo, Corcuff est le nouveau philosophe de la Ligue !
Camarade Jean,
C'est si vrai.
Le Botul de Philippe Corcuff est-il né ?
Philippe Corcuff a-t-il fait l'éloge d'Alexandre Jardin ?
J'ai l'impression que, dans "l'oeuvre" de Corcuff, presque tout peut être ridicule...
Moi qui ai une tête si peu politique, j'aimerais lire ici ou ailleurs quelque chose de clair sur cette histoire du "maoïsme" de Badiou,et encore mieux sur le maoïsme de 68.
Lâchez Corcuff et donnez-moi à lire.
http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article531
Rien que cela suffit à démonter la hargne corcuffienne tout en n'étant pas badiousien orthodoxe...
http://icicommence.net/spip.php?article39
où l'on voit que Corcuff est à des années-lumières de Badiou.
Et pour la "fin" (momentanée), ce bijou (le genre de truc auquel notre cabrelien n'entend rien) :
http://icicommence.net/IMG/pdf/o_jeunesse_o_viellesse.pdf
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Merci pour ces textes, j'ai lu le 1er et le 3ème ...long ...j'avias li le 2ème il y a quelques mois.
A ce point je me pose la même question : pourquoi "Mao" alors que ce qui porte ce mouvement de pensée et d'action ( exposé par N. Michel pour 68) c'est une forme d'opposition à l'embrigadement, de mise en cause permanente des méfaits du pouvoir qui détourne les luttes de leur objet (l'émancipation). Mao, c'est tout de même l'organisation militaire (guérilla) de la paysannerie (se méfiant des ouvriers) et le nationalisme, et s'il prône le mouvement permanent pour faire échec à toute ossification du pouvoir, en même temps il crée les conditions d'un pouvoir despotique.
Est-ce que cette référence (maoïsme) ne joue pas aussi comme fétiche ?
C'est sur ce point que la malhonnêteté de Corcuff est, pour reprendre les mots de Velveth et de pascal b, insupportable. Il y a, pour le coup, un côté authentiquement libertaire chez les maos, un côté antidogmatique alors que les gusses de la LCR récitaient sans distance les grands textes et cherchaient à intégrer, en aile oppositionnelle, la gauche (ah, la gauche...!). Le côté libertaire ne suffit pas et, s'il n'est pas nuancé par un aspect un peu dogmatique, comporte quelques risques : nombre de militants GP sont ainsi partis vers le PS puis... chez Sarkozy (Marin Karmitz, par ex.).
Il y a donc les deux aspects chez les maos mais il y a surtout qu'il faut aussi séparer ce qui se passe, les processus réels et le cadre national. Le maoïsme français n'est pas superposable au chinois et, du coup, quand Corcuff fait de Badiou, un philosophe du meurtre de masse, c'est une honte. Que Velveth soutienne cela est du reste tout aussi honteux...
Le maoïsme en France, c'est les luttes prolétaires immigrées, les établis, la naissance du féminisme MLF mais c'est aussi - et c'est en cela, peut-être, qu'il fonctionne comme fétiche - l'indépendance par rapport à la vieille gauche rance (et raciste, cf. article de Mediapart) ainsi qu'une politique de son temps, ce que n'est pas, n'a jamais été et ne sera jamais celle du NPA-LCR, gentiment dogmatique et mouvementiste à la fois.
Je vois néanmoins une contradiction dans cette dénommination "Mao", à analyser : c'est autour du fétichisme des mots. Je pense qu'il ne faut pas craindre de remettre sur l'établi sans cesse, ces notions de "maoïsme", de "communisme", de laisser très ouverte la réflexion afin de ne pas en rester à de l'affrontement sémantique.
Il est intéressant de voir comment certains (Maoïstes et autres) se débrouillent pour aller vers des "solutions" politiques (donc des choix) qui oublient vite leurs fondamentaux de départ. Il est possible (hypothèse perso) que toute adhésion trop fétichisée à quoi que ce soit produise les effets dénoncés par vous même.
La difficulté est toujours de faire agir en soi la conviction (étayée sur des principes) et la critique permanente (démarche d'analyse).
N'oublions pas que notre culture nous fait souvent des êtres de la dette (relation à toute figure paternelle) ; celle-ci a l'avantage de faire travailler l'héritage mais l'inconvénient souvent de garder de l'intouchable (donc du non élaboré) dans cette relation.
+1. (et d'où l'importance du travail sur soi-même (et sur lui-même) Eviter le "retour du refoulé" (Staline et son éducation à coup de triques). La réflexion. Le "doute méthodique". Ce à quoi certains textes résistent (sont résistants : tiennent la route), et d'autres pas.
Je ne suis pas en désaccord avec vous. Du reste, le maoïsme, aujourd'hui en France, ne concerne plus que quelques agités nostalgiques. La plupart des maos fidèles à leur jeunesse révolutionnaire ne sont plus maos, Alain Badiou compris. Là aussi, le Cabrelien ne s'embarrasse pas avec la vérité.
Sur le maoïsme et sur la liberté qu'il s'insuffle à la politique (via ses processus, sa façon d'organiser les réunions, les établis...), il faut lire aussi L'Etabli de Robert Linhart (Pour info, la LCR a elle aussi lancé des établis... 10 ans après les maos, à la fin des années 1970 et en appelant ça "tournant ouvrier", son tournant réel étant surtout l'allégeance à l'Union de la gauche).