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3 questions pour une politique émancipatrice.

Réfléchir à une grande idée politique avec ses ramifications et, espérons-le hors le net, ses actions militantes me semble passer par ces quelques questions. Je vous les soumets en vue d'une discussion. D'autres sont bienvenues (chacun parle de son point, de ce qui lui tient à coeur, si je puis dire).

 

- La question de l'Ecole où si l'on n'y prend garde, on n'apprendra plus rien (et ceci s'applique singulièrement à la jeunesse des quartiers populaires dont l'Etat se détourne, y compris en créant des filières dites d'excellence destinées, en fait, à renforcer la sélection mais aussi et surtout à faire du tri social). J'ai personnellement compris il y a peu - sans doute parce que je suis un petit-bourgeois - que l'Ecole de la République, malgré tous les discours sur "la réussite pour tous", etc..., que cette école-là préparait la jeunesse à la division du travail avant le travail. Qu'une politique émancipatrice ne dise rien là-dessus est impensable. Le devenir de la jeunesse populaire via l'Ecole est une question politique brûlante à laquelle il faut répondre, vite ! En outre, le lien peu à peu affirmé entre Ecole et vie active est à démanteler au plus vite. Cela permettra d'affirmer le droit au savoir pour tous, un savoir approfondi, de qualité et absolument indépendant de la destinée sociale des élèves. Si l'on est communiste, on se doit de réfléchir à cette question et d'y apporter des réponses. On se doit aussi de s'arrêter un instant sur le problème suivant : peut-on accepter une société où l'on intime aux enfants de décider de leur vie entre 5 et 20 ans (en gros), via, pour beaucoup, le laminoir scolaire ? Une telle violence pose problème, non ?

 

- La question des étrangers. Il faut revenir sur 30 ans au moins de politique de proscription à l'encontre des étrangers et sur le tout-à-l'égoût discursif de la part de l'Etat qui, sur cette question notamment, parle comme M. Blanc-Cassis au zinc du coin. Il faut réfléchir à une politique progressiste et la plus émancipatrice qui soit. Qui travaille ici a des droits, quelle que soit son origine nationale. La France, ce n'est pas les Français, c'est tous ceux qui vivent ici : des lois doivent proclamer cette égalité, y compris civique. Qu'une partie de la population de ce pays vive en permanence dans la crainte de la police est inacceptable et indigne dans un Etat de droit. Il faut laisser les gens vivre tranquillement, en premier lieu ceux que l'Etat aujourd'hui persécute : les sans-papiers et leurs familles. Cela passe donc par une régularisation massive de celles et ceux qui vivent ici.

 

-La question du travail. Sur ce point, il faut enquêter, discuter avec les salariés (ouvriers et cadres). Le travail a envahi nos vies et, de ce point de vue, l'anarcho-situationniste "Ne travaillez jamais !" est bien plus sain. La période récente est marquée par des suicides en hausse et singulièrement parmi les cadres. Que s'est-il passé ? Quelle histoire sociale et politique récente reste à faire ? Que faire pour rendre la condition salariale vivable à défaut, évidemment, de l'abolir ?

 

Tous les commentaires

26/10/2009, 14:11 | Par Christel

Effectivement, cela me semble salutaire de se pencher sur ces trois fondamentales questions, a elles trois, c'est un programme politique en devenir d'ailleurs !

26/10/2009, 14:27 | Par Yvan Najiels

Oui mais je m'aperçois qu'elles ne constituent qu'un début et qu'elles doivent non seulement être discutées, approfondies quant aux réponses qu'elles engendrent, mais qu'elles doivent également ouvrir à d'autres prescriptions politiques.

Réfléchir et, partant, produire un discours politique soutenant une subjectivité militante radicalement anti-sarkozyste en toute situation, c'est à mon avis la tâche la plus urgente. Que chacun porte cette subjectivité et soit prêt à l'éprouver dans son quotidien (au travail, dans la rue - lors d'un contrôle de police ou d'une discussion improvisée -), cela me paraît bien plus fort et bien plus efficace que tous les cartels parlementaires du monde !

26/10/2009, 15:58 | Par Epaminondât

"des lois doivent proclamer cette égalité"

Qui c'est qui va voter ?

 

La question du travail: qu'en pensent les chômeurs ?

 

Quant à l'école...

 

Et la famille ? Rien de prévu pour la famille? Et l'Etat-nation ?

26/10/2009, 23:09 | Par hêtre

Camarade Jean,

La guerre faite aux élèves et aux enseignants, la guerre faite aux étrangers sans papiers et aux étrangers avec papiers, la guerre faite aux ouvriers et aux cadres : C'est une seule et même guerre. Certes, l'intensité du feu diffère selon que l'on relève, sociologiquement ou climatologiquement, de telle ou telle catégorie. Mais, j'insiste, c'est la même guerre. Se soumettre ou lutter ? Telle est la question.

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