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Servier : Vastarel

Hier, une toubib m'a prescrit du Vastarel 20 mg pour remplacer le Sermion 10 mg prescrit par un de ses confrères pour lutter contre mes récents acouphènes. Ce fléau, qu'on ne sait pas encore très bien soigner, touche pourtant nombre de personnes, dont plusieurs que je connais.

A la pharmacie 1- on me propose un générique. Or, je refuse systématiquement les génériques depuis un gros souci la seule fois où j'en ai pris. J'étais prête à resortir les mains vides plutôt que de reprendre un générique : « Je vous le donne mais normalement le médecin doit notifier : "Pas de générique" sur l'ordonnance », me dit finalement la pharmacienne la bouche un peu pincée. Mon médecin n'avait même pas évoqué la question mais y a-t-elle seulement pensé ?

En fait, celle-ci a réféchit quelques instants avant que le nom Vastarel ne surgisse de sa mémoire. Vu son âge, je me suis dit qu'elle devait avoir des souvenirs déjà quelque peu anciens… Elle s'est levée pour aller chercher un Vidal à la couverture en tissu efilochée et délavée. Elle a dit que le Sermion ne servait à rien et qu'elle ne voyait pas pourquoi son confrère m'en avait prescrit. Ce qui m'a étonnée car en général les toubibs se couvrent les uns les autres. En refermant son bouquin, elle a tout de même émis un doute vu l'ancienneté de l'ouvrage. Je précise qu'on est dans un centre de santé en travaux depuis des mois. Et pas un Vidal de l'année dans les cabinets de consultation ? Cherchez l'erreur… Ce paradoxe est significatif de la mentalité actuelle qui règne dans le secteur de la Santé.

2- Bref, la pharmacienne prend ma carte verte et s'apprête à me vendre deux boîtes, bien que je lui ai demandé la dose minimale pour au moins d'abord voir si cela me convenait. Je dois à nouveau insister pour n'avoir qu'une seule boîte cette fois. Je ne peux m'enpêcher de me demander si elle a effacé la boîte du réglement par la Sécurité sociale. Aucun moyen de vérifier !

Je fais ici une digression pour dire que les patients ne peuvent être seuls responsables du trou de la Sécu. J'aimerais bien qu'on comptabilise les boîtes prescrites, vendues et non consommées. Comme on fait avec les journaux par exemple tiens, où les kiosquiers doivent avancer l'argent des journaux qui leur seront livrés, le trop livré leur étant remboursé bien pus tard… Les kiosquiers ne sont pourtant pas des gens riches, loin de là ! Bref…

3- A la maison, j'observe la boîte rouge et blanche. Mes yeux s'écartent de stupeur et un malaise me saisit en voyant le nom Servier écrit en tout petit en haut à droite sur la face de la boîte, que j'ouvre. Je vois des petites pilules rouges qui ressemblent à des baies empoisonnées… Et en lisant les effets secondaires, je me dis que je prendrais des risques de détériorer ma santé si je consommais ce produit. Me voilà bien embarrassée car j'ai toute confiance en ma toubib, je la connais depuis des années et n'ai jamais eu aucun problème avec elle… Intriguée, je décide d'aller consulter la liste des "médicamets dangereux" sur Google. Bingo, je tombe direct sur le Vastarel, en cours de retrait par l'Agence française du médicament et interdit dans nombre de pays. Bizarre autant qu'étrange… Ne faudrait-il pas revérifier toutes les molécules utilisées par ce laboratoire ? Je précise que ce produit contient aussi du "jaune orangé (E 110)" et du "rouge cochenille A (E 124)".

Me voilà avec un médicament que je ne consommerai pas. Impropre à la consommation en l'état mais qui sera payé 8,68 euros par la Sécu… Qui paiera les boîtes non vendues ? Les pharmaciens ne devraient-ils pas commencer eux-mêmes par décider de vider leurs officines des produits en base de retrait ? Et les médecins être mieux informés ? Quels autres poisons ont encore produits ces laboratoires ? Et qui va enfin faire un grand ménage dans notre pharmacopée ?

 

J'ai envoyé un mail au centre de santé à ma toubib pour lui signaler que son produit est en phase de retrait et au directeur pour lui demander 1- d'acheter des Vidal à jour. 2- d'afficher la liste des médicaments dangereux dans les salles d'attente et d'en envoyer une copie à chacun de ses médecins.

 

Parfois, on se demande ce que les gens ont dans la tête… un petit pois ?

Tous les commentaires

Merci pour ce billet bien tonique.

 

C'est pas écrit dans le Vidal, Sylvia, que le Vastarel* est sous surveillance (quoique, j'avoue ne pas avoir vérifié ...). Il n'y sera plus quand il sera retiré de notre marché, c'est tout ...

 

Tous les médicaments sont potentiellement dangereux, et pas que chez Servier Sourire. Seulement, ce qui compte, c'est la balance bénéfice-risque : parfois, c'est potentiellement dangereux, mais la maladie encore plus et ça vaut le coup de l'essayer. Parfois, non.

 

Avec le Vastarel*, c'est plutôt non, dans l'ensemble, vu le service rendu. Mais vous trouverez nombre de personnes pour relater qu'il a soulagé leurs vertiges ou leurs acouphènes (et plein d'autres aussi qui le prennent depuis des années sans soulagement majeur non plus, d'ailleurs ...). Pour eux, son retrait poserait problème.

 

Vivement qu'il soit retiré du marché, ceci dit, ça m'évitera de taper dans un compte-rendu sur deux que "le Vastarel* n'a aucun intérêt dans cette indication (en général des troubles de mémoire, chez moi, car on le trouve prescrit pour tout symptôme qui pourrrait faire penser que ça vient probablement de quelque part dans la boîte crânienne et que ça pourrait, éventuellement-peut-être-sait-on-jamais-bien-que-pas-sûr-quand-même-mais on-n'a-pas-mieux-à-proposer-et-ça-c'est-pas-acceptable, avoir une origine vaguement circulatoire) et peut donc être interrompu" .... il y a toute une petite liste, comme ça, mais pas sur Google ni dans le Vidal.

 

Quand on ne sait pas trop, il y a au moins deux étiologies - valises : c'est viral, ou c'est circulatoire ... Pour le viral éventuel, bon, il n'y a pas grand chose. Pour le circulatoire putatif, il y a une floppée de molécules, toutes plus bath les unes que les autres (dont le Sermion*, d'ailleurs, en effet ... Embarassé).

 

Bon, mais quand on a un symptôme gênant, c'est normal de chercher à le calmer, pour le patient comme pour le médecin, et si ça marche, tout le monde est content. Vous, vous vous inquiétez de ses effets secondaires d'abord, vous êtres un peu bizarre, comme fille.

 

(Vous avez consulté un ORL, je subodore ...)

 

Nouvelle sur le site, je ne trouve pas d'autre façon de répondre au message suite à mon post. Je précise que ce n'est pas dans le vieux Vidal consulté par ma toubib qu'il y avait une alerte au Vastarel mais sur la liste de médocs empoisonnés publiée il y a un certain nombre de mois déjà, suite à la découverte de la tragédie du Médiator des mêmes laboratoires Servier.

J'ajoute qu'il suffit de taper "medicaments dangereux" sur Google pour consulter cette liste.

PAr ailleurs, le Sermion m'avait ete prescrit par un ORL et je continue a le prendre quand j'ai des acoufènes, qui vont et viennent. Ceci dit, je cherchais à alerter sur le fait que de vieux Vidal sont encore utilisés pour rédiger des ordonnances comme un vieux Larousse pour une dictée… et refaire une piqûre de rappel sur le fait que des médicaments d'enfer sont toujours en vente alors qu'ils sont interdits partout ailleurs. Ah, s'il n'y avait que les médicaments… !!

 

 

Oui, c'est la liste des 77 médicaments placés sous surveillance renforcée de l'Afssaps depuis environ un an.
Je n'ai jamais reçu autant de courrier de l'Afssaps, c'est curieux ... mais sans doute salutaire. Du moment qu'on n'ouvre pas le parapluie juste pour l'ouvrir.

Nous verrons donc bien ce que devient cette fameuse liste.

La revue Prescrire avait alerté depuis longtemps ses lecteurs, sur la balance bénéfice/risque défavorable du Vastarel

http://www.prescrire.org/fr/3/31/46659/0/NewsDetails.aspx?page=8

Ce médicament est (était ?) prescrit larga manu par les généralistes, les orl, les ophtalmo....

Il y a eu aussi cet article, sur le site : ici.

Merci pour ce lien.

 

L'intérêt serait de trouver des arguments par la preuve que ce labo est coupable de malversations…

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