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Gouter d'enfance

C'était il y fort longtemps, enfin j'étais encore une petite fille. Cancre déclarée et sans complexes. Il arrivait je je fasse un coup d'éclat en géographie ou en français. Mais j'aimais ces jours d'automne bien frais, parce que je me tenais près du poêle ronflant. Un gros poêle peint d'argent. Bourre jusqu'à la gueule par je ne sais qui, dispensant une chaleur lénifiante qui rosissait nos joues. Bien avant la recréation je disposais le pain du gouter sur le dessus, en couronne .Couronne de tartines bientôt dorées, croustillantes, odorantes. Une fois tournées, ces tartines se voyaient accueillir les deux carres de chocolat noir qui se mettaient a couler doucement. Cela sonnait l'heure bénie du gouter. Chacun saisissant son butin parfume et fondant fonçait dans la cour pour croquer, lécher, déguster , engloutir cette récompense de fin d'après- midi. Déjà je mangeais seule, avec précaution ce qui serait bientôt ma Madeleine de Proust. Je voulais me souvenir de ces instants, quelque chose de léger, fragile. Si longtemps après je sens encore sur mes doigts le crissement des miettes, l'odeur vanillée du chocolat mêlée a celle du pain grillé.Odeur d'enfance, non pas. Odeur de début d'année scolaire. De ces longues années qui rythmaient le temps. La c'était l'automne et les feuilles roussies, les premiers gels, le cache-col mille fois perdu et puis dans cet océan d'ennui le quart d'heure enchanté grappillé avec la complicité tendre de nos profs.

Tous les commentaires

12/05/2011, 01:59 | Par patrick 44

Voilà un texte qui aurait mérité de figurer dans l'édition "je me souviens"... Ha souvenirs d'enfance... Mes tartines venaient d'un gros pain de campagne, grosse boule pleine de farine où la tranche du mileu était énorme. Posée devant le feu de cheminée, elle tenait debout grâce à une fourchette piquée dedans et quand le parfum du toast était jste à point, on la retournait vivement afin que l'autre coté devienne lui aussi plus croquant.

Muni de ce précieux viatique, et avec mille précautions, un bon morceau de beurre constellé de cristaux de sel était alors répandu sur la totalité de la surface et se liquéfiait lentement. Alors, les jours de semaine,on y versait du sucre en poudre avec la petite cuillère, et le dimanche du chocolat Poulain en poudre ou une banane coupée en rondelles.

Whaou ! que c'était bon tout ça !

12/05/2011, 09:15 | Par Philips Michel

Edition "Je me souviens", ICI

Mes tartines préférées du "4h" s’étalaient vers la mi juin, quand, de retour de l'école, sur une grande tranche de pain, j'écrasais de goûteuses fraises bien mûres comme on n'en retrouve plus. Puis je saupoudrais de sucre. Il ne fallait pas attendre pour les déguster, soutenir la tartine avec les mains car le jus imprégnait la mie qui avait alors tendance à devenir trop molle, se déchirait!

En ce temps-là, les fraises, c'était "de saison", juste durant une quinzaine de jours dans l'année, on les attendait avec impatience!

Quel délice!

12/05/2011, 06:39 | Par elisa13

Mes tartines à moi, c'était rougail tomates piment... mais excellentes, dégustées en uniforme, celui de l'école du couvent des bonnes soeurs, pas loin de la gendarmerie, et pas loin des plages de galets de Saint Denis de la Réunion... Sourire

13/05/2011, 12:13 | Par oblomov en réponse au commentaire de elisa13 le 12/05/2011 à 06:39

Tiens, trajet inverse, c'est maintenant que je mange des tartines de rougail tomates piment vert, petite, c'était oignon olives noires et huile d'olive dégoulinante.

12/05/2011, 08:49 | Par grain de sel

Je plussoie avec ce qui a été dit dessus, Sylviane, voilà un texte qui aurait parfaitement été à sa place dans l'édition "Je me Souviens" !

Très joli billet qui nous remet en bouche les parfums de l'enfance à l'heure des tartines chocolatées.

Merci d'avoir bien voulu partager votre goûter !

12/05/2011, 08:54 | Par grain de sel

Et les autres, au-dessus, là, on commente mais on oublie de recommander ? Clin d'oeil

12/05/2011, 09:43 | Par Jonasz

Non seulement je recommande mais en plus je lui passe un bout de ma barre de chocolat à Sylviane. C’est René-Guy Cadou qui me l’a donnée.


Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.
O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

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