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L’éducation rom, une logique singulière

Les préjugés sur l'éducation donnée par les Rom à leurs enfants sont source de malentendus durables, avec des effets sur l'accueil qui leur est fait. Contrairement aux idées reçues, le plus souvent négatives, l'éducation rom valorise la satisfaction des besoins des enfants.

La mère rom et son bébé sont en contact constant ce qui explique qu’elle ne s’en sépare pas, même quand elle mendie. Quand l’enfant rom grandit et que ses parents s’absentent dans la journée, c’est le groupe qui prend le relais et le surveille. D’ailleurs, la seule condition posée à sa liberté de mouvements tient dans l’obligation pour lui d’être accompagné d’autres enfants en cas de déplacement dans l’environnement extérieur perçu non sans raisons, comme hostile. L’enfant rom ne connaît donc pas l’isolement avec pour conséquence une crainte, voire une « phobie », (B. Formoso[1]), de l’isolement, et une dépendance forte à son groupe. La séparation d’avec la famille et le groupe constitue un traumatisme. Philippe Alain dans son billet intitulé Un bébé en garde à vue, accusé d’avoir mendié,  indique que « Lors de l’été 2011, (…) des mamans roms qui mendiaient avaient été arrêtées et séparées de leurs enfants plusieurs semaines. A l’époque, c’est la « privation de soins » qui avait été évoquée par les policiers, mais le tribunal de Bobigny avait décider de relaxer les mamans injustement incriminées. »

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/050113/un-bebe-en-garde-vue-accuse-d-avoir-mendie

On imagine dans quel état de détresse ont dû se trouver ces enfants séparés de leurs parents et de leurs proches durant plusieurs semaines, habitués qu’ils sont à être entourés constamment par leurs proches, leur mère en particulier. Quant à l’argument de « la privation de soins », imputée aux mères roms par la police dans le cas cité par Philippe Alain, il témoigne de l’ignorance des sociétés d’accueil à l’égard de l’éducation rom. Ce n’est pas le manque de soins qui place les enfants roms aux côtés de leurs mères dans l’exercice de la mendicité mais d’une part, leur situation économique et sociale précaire et leurs activités de subsistance pour y faire face, de l’autre le fait que les mères n’aiment pas se séparer de leurs enfants en bas âge.

Le maternage pour une mère rom consiste à prendre en compte pendant 3 à 4 ans les besoins du tout petit et à s’adapter à son rythme (nourrissage, sommeil), et non l’inverse (à adapter le bébé au rythme des parents et des adultes, ce qui est le cas dans le placement du bébé en crèche, puis du tout petit en maternelle). Le sevrage du bébé rom et son éducation à la propreté (dressage sphinctérien) sont progressifs et tardifs. La satisfaction (non différée) des besoins au principe de l’éducation rom crée les conditions d’une éducation très personnalisée versus l’éducation non rom qui privilégie des normes éducatives socialisant l’enfant sur la base de la privation et de sa « mise en conformité » avec le monde adulte, par exemple en restreignant ses mouvements et en lui imposant une régulation arbitraire du temps (horaires). Si ces contraintes nous paraissent tout à fait normales, elles ne le sont pas pour les Rom : « Les adultes et les enfants mangent et dorment selon leurs besoins, sans lieux prescrits, ni moments spécifiés», (B. Formoso).

Ce rythme de vie très libre de même que cette mobilité sont perçus par les Gadjè comme des traits d’asocialité et d’indiscipline alors que les Rom les considèrent comme gages de liberté et d’appartenance au groupe puisqu’ils sont des éléments fondamentaux de l’organisation familiale et sociale.

L’éducation rom repose l’interaction de la demande et du don, de la sollicitude et de la sollicitation: « dans un milieu où la sollicitation est un acte ordinaire, la sollicitude est une réaction valorisée et la satisfaction rapide des besoins, une issue normale » (B. Formoso). Il en résulte pour les Rom, ajoute B. Formoso, -reprenant l’expression de G. Roheim pour définir les chasseurs-cueilleurs-, au niveau individuel, un optimisme oral qui conditionne les comportements roms:  sens poussé et non sélectif de l’hospitalité ,  insouciance , prodigalité, vie au jour le jour, à rebours de notre parcimonie, voire de notre pessimisme oral (de notre peur de manquer).

 C’est que nous avons fait au cours de notre apprentissage éducatif et social la dure expérience de la privation et de tout ce qui vient brider notre liberté d’action. Et ce ne sont pas les objets de consommation qui viennent en remplacement d’un manque en quelque sorte premier dans l’existence qui peuvent remplacer la sécurité donnée à la base par la sollicitude maternelle sans faille et le soutien du groupe dans les premiers âges de la vie. Enfants nous n’avons pas appris et expérimenté ce qu’est la réciprocité, à la suite, ne pourrons pas l’étendre à l’ensemble des relations sociales. Reste donc l’isolement et le chacun pour soi. La société en toutes ses institutions, de la famille à l’école, n’est pas sensibilisée aux besoins exprimés par les enfants et en retour, ceux-ci ne savent pas répondre aux besoins d’autrui. L’adaptation aux contraintes, la compétitivité et les méthodes coercitives au principe du système éducatif français ont des effets, hélas, bien connus. On peut supposer que l’échec scolaire est lié, pour partie, à cette logique éducative, -typiquement française ?

A rebours de la logique de soumission à l’œuvre dans l’éducation non rom, les Rom remplacent les punitions et les privations par des méthodes de persuasion, des moqueries ou des réponses positives (gratifications verbales, physiques ou matérielles), valorisent l’autonomie et l’expression des besoins de l’enfant, ignorent les rapports directifs, enfin privilégient globalement la dialectique contestation/persuasion (B. Formoso).

On comprendra aisément à la suite que l’enseignement tel qu’il est délivré dans nos écoles rebute les enfants et les parents roms. Les enfants perçoivent l’école et le monde gadjè comme un monde carcéral, de là leur absentéisme. Une fois la lecture et l’écriture assimilées, les Rom préfèrent aux savoirs théoriques les savoir faire liés à la vie de tous les jours, immédiatement applicables dans le cadre d’une économie de survie et partageables avec le groupe. La transmission des aînés aux plus jeunes est valorisée. Elle n’obéit pas à la logique hiérarchique mais à un partage ludique et lucratif. Le savoir s’acquiert également dans le jeu des relations sociales.Le jeune rom apprend en gagnant sa vie, y compris dans l’exercice de ces métiers que sont la chine et la mendicité, où l’on peut voir des extensions de la cueillette et/ou du glanage… Au fond, les activités chineuses consistent à prélever une part des besoins sur la nature et la société, supposées prodigues et constituent le terme d’une éducation à la satisfaction réciproque des besoins de chacun et du groupe, étendu au monde externe. Cette notion de réciprocité sur la base de la demande et du don, de la sollicitation et de la sollicitude, est source de bien des malentendus entre Rom et Gadjè lesquels envisagent le jeu social à partir de normes radicalement différentes.

B. Formoso met au jour un paradoxe : si l’existence des Rom est placée sous le signe d’un état de privation potentielle du fait de leur situation précaire, donc d’une insécurité quasi constante, ces derniers  contrebalancent les effets négatifs de la privation par le principe à double détente de sollicitude et de sollicitation. Leur optimisme oral résulte de la sécurité produite par ce système d’échanges réciproques lequel est au fondement de leur socialité, et garantit leur survie... Les Rom sont « enclins à solliciter leur prochain sans complexes de par la générosité qui est de mise dans leur milieu, ils sont de cette manière, préparés à assumer  des activités économiques aux revenus aléatoires. » De même « tout naturellement » ils vont prélever sur le monde extérieur ce dont ils ont besoin au jour le jour. Les Gadjè, souligne B. Formoso, « confrontés à une situation analogue » vont réagir de manière diamétralement opposée. Ils vont manifester « de la parcimonie là où les Tsiganes font preuve de prodigalité», vont « chercher à sortir de la précarité » quand les Rom « n’envisagent guère d’alternatives à leur situation ». En compensant leur précarité par des « valeurs humaines cultivées au sein du groupe » fondées sur la réciprocité, ils ont trouvé le moyen de contrer la misère grâce à une représentation singulière du monde : « la générosité valorisée dans leur société aboutit à l’image d’un monde potentiellement généreux qui tend à contrebalancer celle, inverse, d’un milieu hostile, bien trop souvent confirmée par l’attitude des populations qui les entourent. »

Pour conclure, « la privation de soins » si souvent invoquée par le pouvoir et ses institutions pour discriminer les parents Rom, est inadéquate à leur situation (sauf cas particuliers) et ne saurait servir d’argument  pénal, voire est un contresens absolu, pour la raison dépliée par B. Formoso que l’éducation rom répond à la satisfaction des besoins de l’enfant pour contrebalancer les effets de la privation dont ce peuple fait l’expérience depuis toujours.

 

Post-scriptum

1-J’ai tiré les principaux arguments de ce billet de l’étude de B. Formoso, « Education, production, identité : le cas d’une communauté tsigane sédentarisée dans le Sud de la France », in Tsiganes : identité, évolution, Etudes tsiganes, Syros, Alternatives, Paris, ouvrage collectif, textes réunis et présentés par Patrick Williams. Et je les ai accommodés à ma sauce et en fonction de l’actualité, en particulier en lien avec le billet de Philippe Alain. L’explication avancée ne vaut que pour le cas étudié ici par B. Formoso. Il convient en effet de relativiser toute généralisation car comme le précise P. Williams, les situations sont diverses même si la présence tsigane est irréfutable. En revanche, on peut considérer la logique éducative, dégagée par B. Formoso comme mode particulier d’ajustement aux conditions qui leur sont faites, comme spécifiquement tsigane.

2- La partie de l’ouvrage consacrée à l’éducation des enfants tsiganes (7 articles) analyse les causes du malentendu généralisé entre l’institution scolaire et les familles tsiganes, point non abordé en détail dans ce billet. J’en donne la synthèse faite par P. Williams : « L’école ne propose qu’une éducation parmi d’autres. Dans son milieu, l’enfant en reçoit déjà une qui est liée à des modes de production spécifiques et à l’affirmation de singularité (Formoso). Les méthodes de l’école ne doivent-elles pas alors prendre en compte la particularité de ces enfants et celles du mode de vie de leurs familles (Varnagy, Chalmers) ? L’institution scolaire vise l’insertion, mais n’existe-t-il pas une insertion traditionnelle des Tsiganes que le projet et les méthodes de l’école viendraient remettre en cause (L’Amie) ? Est-ce pour cela que la plupart du temps, entre l’école et les Tsiganes, les choses se passent plutôt mal (Chartier et Cottonec) ? Une des causes du malentendu ne serait-elle pas la volonté institutionnelle d’apporter une réponse unique à des situations diverses ?»

3- Ce billet ne vise pas à présenter l’éducation rom comme un modèle idéal, plutôt d’en tirer des enseignements. B. Formoso précise que les parents roms sont, comme tous les parents, parfois défaillants.

4- B. Formoso dans son exposé pose un rapport entre éducation et pratiques sociales, culturelles et économiques (métiers) roms et dégage à la suite un habitus particulier. Il  circonscrit précisément sa logique à l’œuvre dans ce rapport singulier, au-delà des seuls faits. Le concept d’habitus, formulé par Mauss, réactualisé par Bourdieu, intègre « la profondeur historique des comportements ainsi que leurs dimensions individuelle et collective »

5- S’agissant de la mendicité, il faut dissocier pratique familiale et système organisé de type mafieux.

 


 

Tous les commentaires

06/01/2013, 13:35 | Par SamJoffre

Intéressant. Merci. 

06/01/2013, 14:43 | Par F Denizot

Ce que vous écrivez me fait penser à une situation que j'ai vécue très récemment dans le Métro:

Une maman Rom qui portait son bébé de 9-10 mois, attaché sur son ventre, demandait aux passagers "des pièces pour donner à manger au bébé"; et le bébé tout tranquille, écoutait sa maman répéter sa demande. Une amie qui m'accompagnait m'a dit: "elle doit surement lui donner un calmant pour qu'il soit si sage" et moi j'ai répondu sans trop réfléchir: " mais il se sent bien ce bébé contre sa maman et la phrase qu'elle répète, c'est comme une chanson pour lui". Après, je me suis dit que j'avais surement une vision un peu limitée du bien-etre des petits; mais, bon...

 

06/01/2013, 15:18 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de F Denizot le 06/01/2013 à 14:43

L'histoire que vous racontez illustre parfaitement la logique singulière à l'oeuvre dans l'éducation rom qui va de "la sollicitude maternelle à la sollicitation des Gadjè" ("des pièces pour donner à manger au bébé"), comme le dit B. Formoso.

L'argument du médicament "sédatif" ou "sommnifère" donné par la maman rom à son bébé est récurrent, comme si on ne pouvait plus envisager que  la relation maman/bébé puisse avoir un effet calmant. Le "portage" est sécurisant. D'ailleurs en écrivant ce billet  et en réfléchissant sur les principes de l'éducation rom je n'ai pas cessé de penser à Winnicott. je me suis dit qu'au fond les mamans roms pratiquaient le Handling et le Holding, comme monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir...

05/05/2013, 10:43 | Par fchrysalis en réponse au commentaire de Taky Varsö le 06/01/2013 à 15:18

Dans cette histoire racontée par F Denizot, on retrouve ce que je me disais hier au cours de la discussion chez Post tenebras (l'expert en santé publique) : le réflexe pilule et l'ignorance de la puissance des rapports humains. Ignorance acquise mais incomplétement, pour preuve la réaction de Denizot.

06/01/2013, 15:31 | Par jean michel lahieyte

C'est en plein dans des préoccupations professionnelles actuelles (enfin qui se réactualisent demain). Nous accueillons régulièrement des enfants roms à l'école et nous avons beau nous y employer l'échec est patant, ils apprennent très peu.En début d'année, deux nouveaux sont arrivés dont un petit en CP nous aimerions réussir enfin "à ne pas le louper" mais c'est reparti absentéisme, difficultés, nous avons tenu une réunion enseignants, enseignants spécialisés psychologue à la sortie, je vais communiquer votre texte à ces collègues et je note les références sur l'éducation. j'avais effectué des recherches (trop) rapides sur internet sans rien trouver de bien intéressant.

06/01/2013, 17:21 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de jean michel lahieyte le 06/01/2013 à 15:31

Concernant les difficultés d'intégration des enfants roms à l'Ecole, l'ouvrage que je cite consacre plusieurs articles à ce problème (voir notes). je vous donne les références:

-"Tsiganes - Ecole: le malentendu", A.M. Chartier et A. Cotonnec;

-"L'éducation et l'insertion des Gens du Voyage en Irlande du Nord", A. L'Amie;

-"Le rôle des traditions culturelles dans l'éducation des enfants tsiganes", E. Varnagy;

-"La scolarisation des enfants tsiganes: pragmatisme et idéologie", P. Ferté;

-"Le veau d'or et l'ange d'argent": modèles opposés d'éducation?, A. Chalmers.

Ces études datent un peu mais restent pertinentes. A les relire, je les trouve même prémonitoires des difficultés actuelles.

Il existe sans doute d'autres études plus récentes, voir Les études tsiganes: http://www.etudestsiganes.asso.fr/

06/01/2013, 18:07 | Par jean michel lahieyte en réponse au commentaire de Taky Varsö le 06/01/2013 à 17:21

merci bien.

06/01/2013, 18:42 | Par F Denizot

( Pas tout à fait hors sujet)...

 En ce moment, une belle exposition au Grand Palais : "Bohèmes", très interessante.

06/01/2013, 20:32 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de F Denizot le 06/01/2013 à 18:42

une interview intéressante de Sylvain Amic commissaire de l'exposition "Bohèmes" au Grand Palais, ici

http://www.presseurop.eu/fr/content/blog/2776461-aime-les-bohemiens-dans-les-arts-moins-au-fond-de-notre-jardin?xtor=RSS-9

Extrait: " Nous avons des représentations qui nous satisfont beaucoup, on aime les Bohémiens dans la littérature, la peinture, mais on les aime beaucoup moins au fond de notre jardin. On est encore prisonniers des images. Mais nous devons affronter le réel. Ce n'est pas une exposition politique, sauf au sens où, faire entrer les Bohémiens au Grand Palais, c'est déjà un acte politique. C'est une exposition d'art qui veut faire émerger ce sujet dans le paysage artistique qui l’ignore, pour l’instant."  

Selon Sylvain Amic les "Roms ont contribué à la construction européenne", " lorsqu’on l’aura compris, on pourra enfin avancer." 

Bon ben, y a encore du boulot!

07/01/2013, 00:07 | Par munstead en réponse au commentaire de Taky Varsö le 06/01/2013 à 20:32

"Selon Sylvain Amic les "Roms ont contribué à la construction européenne", " lorsqu’on l’aura compris, on pourra enfin avancer." 

Vous pourriez développer?

06/01/2013, 19:41 | Par Raymond SAMUEL

Merci d'avoir écrit cet article.

Le maternage Rom vient illustrer le naufrage du nôtre. Malheureusement, c'est le nôtre qui est promu.

07/01/2013, 00:06 | Par munstead en réponse au commentaire de Raymond SAMUEL le 06/01/2013 à 19:41

Ah oui, on avait tout simpelment oublié qu'on nage dans le bonheur dans la société Rom, les enfants sont épanouis (illettrés), les filles sont ravies (mariées au plus vite, enceintes au plus tôt), les adultes béats (grossesse à répétition, alccolisme, machisme), les grands mères expédiées mendier dans les rues. On essaye de nous faire passer cette société en crise profonde pour une sorte d'idéal et on trouve encore des gens pour applaudir.

07/01/2013, 11:48 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de munstead le 07/01/2013 à 00:06

Votre commentaire: un véritable catalogue de préjugés ; assez exemplaire des amalgames FHaine. C'est dans l'air du temps ce discours qui infecte les consciences. Dans nos temps précaires, ce n'est pas en stigmatisant l'autre qu'on pourra s'en sortir. Vous essayez de tirer la discussion vers le bas comme vous l'avez fait sur le billet de Ph. Alain avec vos comparses. 

06/01/2013, 20:08 | Par Taky Varsö

Disons que ce sont des maternages différents...Les mamans d'aujourd'hui travaillent, elles n'ont souvent pas d'autre choix que confier leur enfant à la crèche ou à une nounou, sauf celles qui disposent de moyens financiers suffisants pour faire une pause et s'occuper de leur bébé. En revanche, le projet d'intégrer des enfants de deux ans en maternelle, cette obsession de socialiser à tout prix les tout petits,sans leur donner le temps de vivre leur vie  de bébé, je pense que ce n'est pas une bonne idée quand on sait ce qui les attend par la suite... Ce qu'on appelait les "jardins d'enfants" me semble plus appropriés pour eux. Ce qui manque également à notre modèle éducatif (mutation sociétale oblige!), c'est le groupe, la famille élargie.

06/01/2013, 21:43 | Par Raymond SAMUEL

Je n'arrive pas à avaler le raisonnement qui veut que ce soit les enfants (dès le bertceau) qui paient. Ce sont les adultes qui sont responsables des enfants, pas l'inverse.

06/01/2013, 22:57 | Par Berjac en réponse au commentaire de Raymond SAMUEL le 06/01/2013 à 21:43

Voulez-vous dire que la crêche ou l'école maternelle sont la douloureuse rançon que les enfants paient pour que leurs parents puissent travailler ?
Ce n'est pas bien la crêche ?

L'article m'a intéressé.
Personnellement, je ressents les gitans comme un monde qui côtoie le nôtre.
Le seul contact : la main tendue (il y en a d'autres auxquels je ne participe pas).

Je suis content d'apprendre que cela ne les humilie pas.

13/01/2013, 20:53 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Berjac le 06/01/2013 à 22:57

Désolée de le dire mais hélas non, la crèche ce n'est pas un bien pour les enfants et ça l'est de moins en moins.

Peu de personnes sont motivées par ce sujet. En témoigne le flop dans l'opinion publique de la mobilisation des personnel/les de la Petite Enfance lors du mouvement "pas de bébés à la consigne". J'ai suivi ce mouvement de très près et ai participé aux manifs.

Je suis très concernée par tout ce qui concerne la Petite Enfance et ce que j'observe c'est que dans nos mentalités est acquis comme allant de soi que le tout petit est responsable de lui-même dès qu'il est capable de marcher.

Un exemple qui concerne deux générations issues de la même origine : un jeune père de famille maghrébin, au moment de payer ce qu'il avait acheté à un comptoir de nourriture orientale en plein air, a lâché la main de son fils d'environ deux ans et demi. Le tout petit visiblement heureux de cette liberté inattendue s'est dirigé, avec une belle insouciance souriante, vers la rue où circulait des voitures . Je me suis précipitée vers lui pour l'empêcher de traverser mais un homme maghrébin âgé m'a devancée.

Il a pris doucement la main de l'enfant en lui parlant gentiment et en lui souriant et a détourné son attention de la rue. Dans le même temps le père s'est retourné et s'est mis à gronder son enfant comme je le vois faire tous les jours aux parents occidentalisés. Le vieux lui a répondu calmement que ce n'était pas à son enfant de prendre soin de lui-même mais à l'adulte qui en a la charge et qui est garant de sa sécurité.

Je ne me rappelle hélas plus ses mots exacts qui étaient prononcés d'un ton très ferme, avec tout le poids d'une légitimité assumée, mais aussi ménageaient l'amour propre du père car il n'y avait pas de jugement de valeur, juste un fait énoncé. Le père, un jeune bien moderne a eu un instant suspendu puis il a acquiescé et il est reparti en ayant une relation chaleureuse avec son enfant.

Ceux qui regardent ce vieux avec des yeux influencés par l'apparence ne voient en lui qu'une personne insignifiante parce que pauvre mais ce qu'il a dit ainsi que la façon dont il l'a dit démontrait une profonde sagesse. Et le jeune a montré qu'il reconnaissait cette sagesse et la respectait.

Je suis convaincue, pour avoir fréquenté différents peuples qui ont conservé leurs traditions que cette façon de prendre soin des enfants sans leur faire porter le poids trop lourd et de leur propre sécurité ainsi que de la peur et du sentiment de culpabilité des parents quand ils sont défaillants (je me sens coupable donc je te gronde, je te demande de faire attention) est communs à nombre de peuples.

Le problème dans nos société c'est que de plus en plus on élève les enfants dans des conditions telles que les adultes en viennent à leur imposer de se prendre eux-mêmes en charge alors qu'ils n'ont pas encore acquis les moyens conceptuels de le faire.

Cela induit une énorme souffrance et nombre de malentendus : les enfants ne comprenant pas ce qu'on attend d'eux et faisant des hypothèses erronées se mettent encore plus en danger en croyant obéir aux consignes des adultes qui ne leur accordent jamais la présomption de bonne foi et les accusent souvent d'être "stupides". Manque de personnel, disqualification du personnel formé..Mais chut, nos enfants sont les plus heureux du monde et notre modèle éducatif a vocation de devenir universel...

13/01/2013, 21:10 | Par Azahar en réponse au commentaire de WataYaga le 13/01/2013 à 20:53

Watayaga, n'est-il pas possible d'imaginer un monde dans lequel les femmes puissent travailler tout en étant en contact avec leur(s) bébés? Personnellement, je suis d'accord avec le "maternage" de contact (proximité-voix-sécurité) mais aussi pour que la femme ne fasse pas une parenthèse de créativité-sociabilité travail d'une 10aine d'années...

14/01/2013, 01:03 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Azahar le 13/01/2013 à 21:10

Je ne sais pas mais le mot "travailler" qui a pour étymologie "torture" je le trouve très louche personnellement !

J'ai toujours été pour le droit à la paresse (mais dans le livre de Paul Lafargue, Le droit à la paresse. Réfutation du droit au travail d  j'ai toujours été gênée par le fait qu'il n'ait pas imaginé que les femmes ne soient pas au service des hommes.)

Pour moi revendiquer "le droit au travail" c'est revendiquer sa propre exploitation et je considère que cela fait partie de notre conditionnement socio-culturel dû à la propagande qui fait dire à Warren Buffet : « Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous navons jamais été aussi prospères. Cest une guerre de classes, et cest ma classe qui est en train de gagner » Mais je ne critique aucunement ceux/celles qui sont pour la servitude volontaire tant qu'ils laissent la possibilité aux autres de faire des choix différents !

Ceci dit les femmes ont toujours travaillé. Et celles qui restent à la maison ne s'occupent pas mieux de leurs enfants car elles sont avant tout au service de l'homme qui, faisant un travail sérieux, lui, impose à sa femme un ordre maniaque, l'accomplissement parfait des tâches ménagères sans jamais en reconnaître la valeur. Mais même si les tâches domestique sont peu valorisées elles le sont tout de même davantage que le rôle maternant qui, lui, est entièrement passé à la trappe, totalement disqualifié, nié.

Pourtant, moi qui travaille avec les enfants je me rends compte chaque jour à quel point cette activité est passionnante, enrichissante, gratifiante et je ne comprends pas que l'on puisse, si l'on a le choix, lui préférer un emploi de caissière (mais a-t-on vraiment le choix ?).

Ma mère, en tant que femme seule (divorcée) à m'élever a travaillé en usine et m'a placée en nourrice pour le faire. Nous n'avons jamais réussi à établir de relations affectives et ce n'est que le raisonnement qui me fait savoir qu'elle m'aimait et qu'au final je l'aimais aussi. Mais du coup j'ai mis beaucoup de temps à être capable d'éprouver de l'affection. Cependant, pour moi, le sujet  est autre : ce qui m'horripile (et le mot est faible) c'est que ce qui est revendiqué au départ comme un droit (et plutôt par les bourgeoises que par les ouvrières, celles-ci n'étant pas suffisamment cultiver pour débattre avec ces dames !) à arracher devienne peu à peu une obligation puis une norme avec valeur de liberté obligatoire ! Et qui pis est une norme de "bonne moralité".

C'est comme pour le mariage, je me suis battue pour la reconnaissance des unions libres et si je devais me battre encore aujourd'hui ce serait pour son abolition et non pour sa généralisation ! C'est bizarre ces retournements où l'on revendique ce contre quoi la génération précédente s"est battue ! Mais c'est vrai qu'on est la génération des profiteur/ses à cause de laquelle c'est la crise !

Quand j'étais gamine je me souviens d'une discussion entre adultes : ma tante et une lointaine cousine (une vraie maniaque de l'ordre, j'avais toujours le sentiment d'être un papier gras chez elle) qui critiquaient une voisine de cette dernière parce qu'elle préférait jouer avec son enfant que se transformer en femme de ménage. La seule chose que j'ai retenu c'est "tiens, il y a des gens qui prennent du plaisir à jouer avec leur enfant, qui considèrent que ce n'est pas perdre son temps ?". Et au final j'en ai fait ma profession et c'est fou ce que j'apprends, bien plus qu'au contact d'adultes conditionnés et si fier/ères de l'être qu'ils/elles veulent l'imposer aux autres !

Mais je vais arrêter là car je prépare quelque chose sur le sujet et comme je travaille, je dispose d'un temps limité que je consacre aussi à m'informer, discuter avec des amies, commenter..."C'est pas avec un tel manque de discipline que tu vas réussir socialement" ! M'en fous, c'est humainement que je veux réussir ! Chui pas sûre d'y arriver mais j'essaye...

Ah ! Vous savez quand j'étais jeune, j'ai participé à la création des crèches parentales (appelées "sauvages" à l'époque), des crèches au sein des entreprises, au fait que les parents puissent entrer dans les crèches...et pour une certaine vision de l'école maternelle comme lieu d'éveil. Je vis ce qui se passe actuellement comme un échec cinglant et une horreur absolue... 

14/01/2013, 22:15 | Par Azahar en réponse au commentaire de WataYaga le 14/01/2013 à 01:03

Ok... travail = torture Innocent surtout pour certains métiers (là aussi, il y a supercherie)!!! Les femmes doivent avoir la possibilité de travailler et d'être indépendantes financièrement, donc non dépendantes de l'homme, pour ne pas dire propriété de l'homme. 

La société machiste n'a pas intérêt à ce que "ça marche" : cette société machiste a intérêt à ce que les femmes elles-mêmes reviennent à la maison....

Je pense au contraire que ça allait dans le bon sens (avant la crise): temps partiels dans les années où les enfants sont très petits.... C'était bien les crèches parentales? 

C'est vrai que la situation d'une mère divorcée qui travaille avec le bébé en nourrice : ce n'est pas une solution positive (je pense que tout le monde souffre...) mais ne l'ayant pas vécu de l'intérieur, je ne peux pas me rendre compte.... Il y a eu une période où l'on a protégé les parents "isolés" avec enfants en bas-âge, non? 

Personnellement, je trouve que 4 mois pour accueillir et s'apprivoiser  mère-bébé c'est trop court. Que 6 mois c'est déjà beaucoup mieux et que, avec internet, il y aurait moyen d'aménager les horaires pour les mamans (ou papas Sourire) qui ont des métiers "passionnants" comme vous dites.

En usine... les mamans pourraient être "puéricultrices" de ces crèches parentales pendant 6 mois....  

Ce n'est pas perdre son temps que de jouer avec ses enfants! C'est vrai: tout est à inventer... Notre société est "emprisonnante": entreprise-crèche-école... que des lieux fermés qui reproduisent l'enfermement. Là dessus, il y a de quoi réfléchir! 

amicalement, à bientôt sur d'autres billets.

 

07/01/2013, 09:51 | Par Raymond SAMUEL

REPONSE à BERJAC:

1° Les enfants seraient heureux ?

ENFANTS MIS EN COLLECTIVITE TROP PRECOCEMENT.

 

 

DECLARATION EMANANT D'UNE INSTITUTRICE DE PETITE SECTION D'ECOLE MATERNELLE  EN REPONSE A LA QUESTION  SUIVANTE :

 

- « Ne pensez-vous pas que l'école est trop fatigante pour ces si jeunes enfants ? » :

 

- « Non, ça ne m'inquiète pas. C'est comme ça. Oui, c'est fatigant, pour eux et pour moi, mais c'est comme ça. D'ailleurs ils savent très bien quand ils sont trop fatigués, ils deviennent malades, comme ça ils se reposent. C'est comme ça ; et personne ne veut que ça change. Les femmes ne retourneront pas à la maison. »

 

PAR AILLEURS, ET EN CONFIRMATION, JE RELEVE LES MESSAGES DE MERES REPONDANT SUR DES FORUMS INTERNET A DES APPELS D'AUTRES MERES DONT LES ENFANTS REFUSENT L'ECOLE MATERNELLE (CE QUI EST D'AILLEURS PRESENTE COMME ETANT UNE ANOMALIE).

 

Ces mères qui répondent croient toutes connaître la raison de ce refus de la scolarisation (qu'il est convenu de considérer comme anormal)  : elles supposent d'emblée que ces enfants n'ont pas été auparavant HABITUES assez tôt à la collectivité grâce à la crèche (ou à un autre mode de garde similaire). Il est entendu pour elles que c'est là une erreur fondamentale.

 

Force est de constater que ces réponses ne suscitent aucune opposition.

 

MENSONGE ET IMPOSTURE.

 

Ces parents n'ont pas délibérément trahi leurs enfants, ils n'ont été que complaisants auprès des informations diffusées à leur intention.

Ces informations, qui émanent le plus souvent de professionnels spécialistes de l'enfance, sont majoritairement mensongères, soit dans ce qu'elles prétendent, soit par omission.

Elles sont une imposture quand elles ont pour intention (cachée) non de favoriser la bonne santé des enfants mais de justifier et servir les intérêts égoïstes des parents. Pratiquer l'imposture ne gêne pas ces spécialistes de l'enfance (associés aux journalistes de la presse féminine) dans la mesure où le mensonge et l'imposture servent la « libération » de la femme  dans le cadre de l'idéologie féministe..

 

Les vétérinaires ne sont pas contredits lorsqu'ils signalent qu'au moins deux fois sur trois, les animaux qui présentent des difficultés de comportement sont ceux qui ont été séparés trop précocement de leur mère.

Par contre, lorsqu'il s'agit des humains la même affirmation suscite des réactions qui vont de l'indignation au silence glacé. « Nous ne sommes pas des chiots » dira-t-on avec conviction. Car la vérité défendue bec et ongles c'est que la mise en collectivité très précoce est indispensable pour socialiser les nourrissons et jeunes enfants. Pour bétonne r définitivement la formule, les « spécialistes » ont ajouté que les enfants qui n'auraient pas été habitués à la crèche seraient en difficulté à l'école maternelle et que ceux qui auraient échappé à la maternelle seraient moins bons que les autres à la grande école. Efficacité garantie ! qq

 

La situation matérielle des parents (imposée par la surconsommation) associée à la désinformation organisée par le féminisme (qui s'est appliqué à déresponsabiliser ces parent), font un barrage très efficace à la reconnaissance des besoins des enfants. Les atteintes au psychisme infligés pendant la petite enfance sont niées. Pourtant, nombreux sont les malades ou les handicapés de tous niveaux parmi les adultes que ces enfants deviennent.

 

Ainsi, les atteintes à la santé psychique (et physique par répercussion) plombent de plus en plus la société. Quand les adultes bien portants mentalement, affectivement et physiquement ne seront plus qu'une minorité il sera définitivement trop tard pour rétablir la situation.

 

Raymond SAMUEL

 

05.11.2011

 

07/01/2013, 11:18 | Par Berjac en réponse au commentaire de Raymond SAMUEL le 07/01/2013 à 09:51

Vous évoquez là l'école maternelle à deux ans qui n'a pas connu un tel développement.
Et la crêche, est-elle si traumatisante ?

07/01/2013, 11:42 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de Berjac le 07/01/2013 à 11:18

Ce n'est pas le sujet de ce billet qui a pour but de lutter contre les préjugés sur les Rom, en particulier concernant leur mode d'éducation diamétralement opposé au nôtre. Cela dit, je veux bien vous répondre sur le point que vous soulevez. Il est important que les femmes puissent travailler et être indépendantes, donc la crèche c'est très bien ne serait-ce que pour cette raison. Pour la maternelle pour les petits de deux ans, il me semble que des dispositifs à mi-chemin entre crêche et maternelle seraient plus appropriés à leurs besoins.

 Raymond Samuel mène un combat qui n'est pas le mien et je ne voudrais qu'il y ait confusion. 

 

13/01/2013, 21:20 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Taky Varsö le 07/01/2013 à 11:42

Ce n'est pas le sujet de ce billet ? Je crois que ça l'est quand même un peu car ne préjuge-t-on pas des autres à travers le prisme de nos propres conditionnements ?

Qui est gagnant dans le fait que les femmes qui sont enceintes travaillent trop longtemps et qu'elles doivent reprendre le travail bien trop tôt pour le bien-être de leurs enfants et pour la qualité du lien affectif qu'elles établissent avec ceux-ci ? Les femmes ? Allons donc ! Peut-être celles qui font des métiers passionnants qui leur donnent un statut social, mais l'ouvrière, la caissière, la téléactrice ? Non, le grand gagnant c'est le patron, l'entreprise...

Je ne développerais pas parce que c'est un sujet complexe car actuellement les femmes qui ont été elles-mêmes, enfants, confiées à des professionnel/les n'ont pas pu engrammer la relation mère-enfant et se trouvent démunies et soulagée de confier celui-ci à des professionnel/les - forcément - compétent/es...

Donc mettre son enfant en crèche nous est vendu comme faisant partie du pack "libération de la femme". Il y a eu un différent dans la lutte des féministes de ma génération autour de cela et ce sont celles qui considèrent l'égalité comme étant fondée sur identification au modèle mâle dominant qui ont dominé faisant passer les autres pour des arriérées et des rétrogrades. Cela est très lourd de conséquences et pour nombre de femmes et pour les enfants !

13/01/2013, 21:27 | Par Azahar en réponse au commentaire de Taky Varsö le 07/01/2013 à 11:42

Taky Varsö, j'ai tendance à être bien d'accord avec vous: c'est bien que les femmes puissent aller travailler et c'est bien aussi que les enfants en bas âge ne soient pas séparés de leur mère ou très proches: donc c'est à la société de ne pas être hypocrite et de trouver des "dispositifs à mi-chemin" appropriés aux besoins des enfants et des parents... Merci pr ce billet.

07/01/2013, 10:27 | Par Raymond SAMUEL

Réponse à MUNSTEAD,

La sdociété Rom est peut-être macho, mais nous traitons du cas des enfants.

Par ailleurs, si l'on fait une critique uniquement négative de la civilisation Rom comme vous le faites il faut faire de même pour la vôtre. Vous êtes d'accord ? Alors parlons des vieux abandonnés chez eux pour aller en vacances, de l'égoïsme et de l'égocentrisme généralisé,  du féminisme qui a détruit la famille et envoyé les enfants chez des tiers  dès le berceau et jusqu'à leur majorité (et au-delà parce qu'ils ont de la peine à devenir adultes), de la surconsommation (vie chère) qui oblige les deux parents à travailler (hors de chez eux), de l'impossibilité de vivre en couple par la pratique de la Liberté individuelle (avec un grand L) sans le sens des responsabilités qui devrait être corrélatif etc...,etc...

Je n'accepte pas que vous traitiez si légèrement tous ces adultes malades psychiques que l'on sait avoir été atteints pendant leur petite enfance (mes cinq enfants et mes neufs petits-enfants, sont tous victimes de la déliquescence de notre civilisation, deux, jeunes adultes, font des séjours en établissement psychiatriques. Tous ont subis des ruptures familiales.

Nôtre civilisation peut être éclairée par certains côtés de la civilisation Rom. De même la civilisation Rom peut gagner à adopter certains des côtés de la notre.

Encore faut-il faire preuve d'empathie et de respect, deux sentiments qui sont en cours de disparition chez nous.

Je vous copie-colle un avis (parmi beaucoup) :

 

talement le dos ; Je ne sais plus du tout que faire. »

« J’ai travaillé durant mes études dans le milieu associatif (proche des missions locales). La condition des jeunes que j’y ai rencontrés est effroyable (quelles que soient d’ailleurs leurs origines).
Certains ne savaient absolument pas lire, ils parlaient par mots et non par phrases, les structure basiques du langage n’étaient même pas acquises !
La majorité d’entre eux étaient en échec scolaire et peinaient à décrocher un BEP/SAP, et ils sont nombreux en France ces jeunes en échec (j’avancerais bien un tiers des jeunes de maintenant).
L’apathie de ces jeunes, leur absence d’envie, ils ne sont motivés par rien, ça me glace le sang ».

D’après mes observations sur un

07/01/2013, 12:47 | Par sourisgrise

Très intéressant article. Mais qui n'apporte pas de réponse aux difficultés que rencontrent ces gens du voyage lorsqu'ils sont confrontés aux réalités de nos sociétés.

Que le gadjé soit l'ennemi, on peut le comprendre compte tenu du rejet dont ces populations libres sont l'objet. Mais il y a un paradoxe : vouloir être accepté par une société tout en en rejetant les cadres.

Doit on accepter que dans un service de réanimation, dans un service de grands brûlés, par exemple, les règles imposées par des nécessités médicales (asceptie, hygiène, respect des patients, des soignants) soit purement et simplement ignorées pour raison de "liberté" ? Les infirmières doivent elles supporter sans mot dire les injures en raison de la liberté que revendique telle ou telle communauté ?

Peut on accepter qu'une communauté de gens du voyage s'installe sur des parcelles privées, dont les propriétaires ne sont pas de grands méchants capitalistes, mais des gens qui ont aménagés un cabanon, ou posé un mobilhome près de la rivière pour y passer l'été ailleurs que dans les HLM où ils vivent le reste de l'année au nom de la liberté ? Est il admissible d'en culpabiliser, en plus, les petits propriétaires ?

Doit on accepter que les propriétaires qui tentent de résister voient leurs quelques biens détruits, leur terrain délibérément jonché d'excréments humains, de déchets et d'ordures en tout genre, leurs propres enfants intimidés, menacés, au nom de la liberté ?

Une petite dame vient de finir de payer un emprun pour le chalet de 15m2 qu'elle a fait installer sur sa parcelle récemment achetée. Elle n'ose plus venir. C'est normal ?

Doit on accepter les feux de pneus, de plastiques, de cables électriques qui polluent dangereusement (et dont les Roms sont les premières victimes) au nom de la liberté ?

Dans ces sociétés "libres", qu'en est il de la liberté des femmes ?

Le désir ou la nécessité de s'installer dans un pays, n'implique t'il pas une adaptation aux règles de ce pays, et donc un apprentissage des cadres, des lois ausquels chacun d'entre nous est prié de se plier afin d'éviter que seule la loi du plus fort, du plus agressif ne s'impose ?

Je ne dis pas que l'éducation des enfants à l'occidentale n'est pas critiquable, je ne dis pas que nos sociétés sont parfaites, tolérantes. Mais je suis certaine que ce n'est pas en fermant les yeux sur la réalité, triviale, et en idéalisant un mode d'éducation des enfants (tout en ne parlant pas des choses qui fâchent) qu'on va avancer.

Au contraire.

07/01/2013, 14:14 | Par SamJoffre en réponse au commentaire de sourisgrise le 07/01/2013 à 12:47

Pardon mais je ne vois pas vraiment de rapport entre votre commentaire et le sujet du billet... Est-il encore possible de s'intéresser à ces personnes sans tomber dans l'acte d'accusation ? Peut on accepter une certaine forme d'altérité sans y voir une agression ? Vous écrivez: "Que le gadjé soit l'ennemi, on peut le comprendre..." À mon sens, rien ne justifie l'emploi du terme "ennemi" ici. 

07/01/2013, 18:29 | Par sourisgrise en réponse au commentaire de SamJoffre le 07/01/2013 à 14:14

Vous avez raison. Mon commentaire est "hors sujet".

Quoique.

Je suis seulement un peu saturée d'une forme d'angélisme qui voit dans les mode d'éducation des enfants dans d'autres communautés, extrêmement traditionalistes, "la" voie à suivre. Et ce billet oppose clairement un mode d'éducation à un autre.

J'aimerais, par exemple, qu'on me dise si cette liberté laissée aux enfants est la même pour les garçons et les filles.

 

13/01/2013, 22:32 | Par WataYaga en réponse au commentaire de sourisgrise le 07/01/2013 à 18:29

Quand vous parlez de la nécessité des personnes s'installant dans un pays et devant en intégrer les valeurs, puis-je considérer que vous parlez des colons occidentaux qui, depuis des siècles ont fait la preuve flagrante de leur capacité d'adaptation et de leur parfaite intégration aux mœurs et coutumes locales qu'ils se sont fait une joie d'adopter par respect pour ceux qui les accueillaient ?

Des français qui, habitant actuellement en Afrique, partagent la vie des habitants, parlent leur langue, cuisinent leur nourriture et s'habillent comme eux ?

Ou bien parlez-vous de ces grandes entreprises internationales qui s'installent dans un pays et demandent poliment aux populations de leur faire une petite place en échange de quelques avantages économiques parfaitement équitables, cela va de soi, et qui s'engagent à respecter la nature et tiennent leurs engagements rubis sur l'ongle ?

Sans doute aussi prenez-vous en compte le fait que l'identité culturelle française s'est construite harmonieusement, grâce à un consensus obtenu dans le respect mutuel de toutes les cultures, classes sociales et religions ? Que les grandes structures institutionnelles comme l'hôpital, par exemple sont le fruit d'une étude approfondie sur les besoins sociaux-affectifs des malades et de leurs familles et que le malade est traité comme une personne à part entière auquel le médecin accorde une écoute attentionnée ?

Que dans notre pays les lois de l'hospitalité sont respectées ?

J'attends donc avec impatience le retour au pays de tous nos parents qui sont partis rendre une visite de courtoisie aux autres peuples et qui vont revenir nous transmettre les connaissances qu'ils auront acquises auprès de ces cultures lointaines chez qui ils auront l'insigne et élémentaire politesse de ne pas s'éterniser plus longtemps.

C'est vrai que lorsque l'on a soi-même un comportement aussi correct et respectueux à l'égard des autres on a une légitimité à en attendre la réciprocité !

14/01/2013, 00:25 | Par poppie en réponse au commentaire de WataYaga le 13/01/2013 à 22:32

Il y a beaucoup de vérités qui fâchent dans ce que vous dites là!

On se demande si la plupart de nos compatriotes sont conscients de la façon dont nos pays occidentaux ont toujours traité les autres.    Ils semblent étonnés que des peuples différents ne souhaitent pas adopter nos usages, c'est pourtant légitime que ces autres veuillent garder leur façon de vivre!

Qu'est-ce qui nous permet de prétendre que nous détenons la vérité et que les autres sont dans l'erreur?

08/01/2013, 11:30 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de sourisgrise le 07/01/2013 à 12:47

Peut on accepter qu'une communauté de gens du voyage s'installe sur des parcelles privées, dont les propriétaires ne sont pas de grands méchants capitalistes.

Ce qu’on ne sait pas c’est qu’il y a un certain nombre de circulaires (depuis les années 1980, loi de décentralisation) relatives aux plans d’aménagement départementaux de stationnement quasiment jamais respectées par les communes  et  qui prévoient :

- un réseau de terrains  divers ( de passage sommairement équipés, des « grands relais » bien équipés,  des terrains mixtes d’une capacité d’accueil intermédiaire, des espaces pour les grands rassemblements) ;

- des actions socio-éducative et sanitaire complémentaires.

Faute d’aires de stationnement équipées, les groupes roms s’installent là où ils le peuvent, moins d’ailleurs chez les particuliers que dans les zones périphériques (aux marges) des grandes villes.

L’Etat en principe garantit (garantissait !) les procédures d’accueil des nomades face au rejet des populations avoisinantes et face à la mauvaise volonté locale et départementale. Sarkozy en légitimant le contraire comme Valls en perpétuant le discours stigmatisant  du gouvernement précédent et ses actions ont fait régresser ce qui avait été mis en place.  Reste les associations sur le terrain (aides juridiques et matérielles) puisqu’aussi bien les Rom semblent ne relever d’aucunes prises en charge alors qu’elles existent.

08/01/2013, 11:41 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de Taky Varsö le 08/01/2013 à 11:30

suite

Les Gadjè ne sont pas vécus comme des ennemis mais comme étant hostiles pour la raison que ce peuple paria que sont les Rom dans toute leur diversité n’a jamais cessé de faire l’expérience du rejet et de la discrimination. Voir mon précédent billet : « La situation de stigmatisation, de précarisation et d’exclusion faite aux  Roms répète et rejoue un destin dont les coordonnées sont socio-historiques. Ce rappel est important.  Il permet de contrer l‘ethnicisation raciale  (ou plus subtil, l’essentialisme à connotation ségrégationniste) qui aujourd’hui contamine les esprits. « On ne peut guère trouver de peuple, (Ian F. Hancok), qui au cours de son histoire, ait, plus que les Tsiganes, subi l’oppression et l’injustice. Depuis leur arrivée en Europe, il y a six siècles, ils ont connu l’esclavage et le génocide, la déportation et la torture ». »

 Aujourd’hui en  France, les Rom (citoyens européens de seconde zone) subissent la politique de Valls, sans commune mesure avec l’esclavage et la déportation certes, néanmoins cette politique est clairement stigmatisante,  et s’appuie sur des détournements de la loi pour arriver à ses fins, outre qu’elle contrevient aux règles les plus élémentaires de l’hospitalité. C’est un point éthique élémentaire que se « traiter mutuellement en hommes » (Roger Bastide). Sans éthique, la politique n’est que politicienne (Valls marchant sur les plates-bandes du FN, ratissant large).

Mon précédent billet invitait à parier sur  « la mise entre parenthèse des valeurs de chacun »  (Ph. de Marne) Roms et Gadjè, pour faire exister, sur la base du dialogue, la construction de relations, à la suite, la possibilité d’alliances contractuelles. Sinon bien sûr qu’il existe des problèmes et des difficultés dans l’accueil des Rom. Nul angélisme dans mon propos, juste le désir de contrer les préjugés et surtout les amalgames voire dérapages lus sur le fil du dernier billet de Ph. Alain. Par exemple l’argument de système mafieux imputé aux Rom, important de ne pas en faire une généralité. Ce système on le trouve dans toutes les cultures, les pays et parfois au plus haut niveau de l’Etat avec des conséquences autrement plus graves...

07/01/2013, 18:05 | Par Gavroche.

Merci pour ce billet, qui vient compléter vos commentaires sur le billet de Philippe Alain.

Petite, je me souviens combien j'avais détesté être séparée de ma mère qui travaillait.

Combien j'avais détesté la crèche (ma mère m'a raconté que je restais dans mon coin, sans manger, sans jouer, sans participer à rien). Jusqu'à ce qu'elle se débrouille pour m'emmener avec elle à son travail. Elle travaillait dans une librairie, et moi, je restais dans mon coin, parfaitement calme et sage (c'est ce qu'elle m'a dit) à feuilleter des grands albums de Vaillant. Résultat ? J'ai su lire en moins d'un mois à mon entrée au CP...

J'aurais dû naître rom. Pauvre, peut-être, mais libre. Sourire

08/01/2013, 10:35 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Gavroche. le 07/01/2013 à 18:05

Et, illétrée, vous écririez moins de bêtises !

08/01/2013, 11:03 | Par la dame du bois-joli en réponse au commentaire de Bernard BIGENWALD le 08/01/2013 à 10:35

I lettré, illettrée, i lait tirait ?

pourquoi écrivez-vous souvent des commentaires dévalorisants ? Incertain

07/01/2013, 18:25 | Par Raymond SAMUEL

L'AUTEUR,

Vous prenez soin de vous démarquer de mon combat. Ce que vous ne savez pas c'est que je ne demande pas que les femmes cessent d'avoir une activité professionnelle et s'occupent seules des enfant (en tant qu'homme j'ai suffisamment souffert de ne pas pouvoir vivre la vie domestique, plus largement, la vie privée).

Je demande que LES PARENTS :

1°) s'affranchissent des mensonges dont des spécialistes inféodés au féminisme ultra les ont abreuvés pendant plusieurs décennies,

2°) conviennent entre eux du partage du temps nécessaire aux enfants (50/50 ou à peu près, est l'idéal).

Vous avez écrit : -" Il est important que les femmes puissent travailler et être indépendantes, donc la crèche c'est très bien ne serait-ce que pour cette raison".

C'est terrible ! Vous n'accordez même pas le droit à une interrogation sur les conséquences pour les enfants.

Et pourquoi les femmes ? Et pas les hommes ? Nous sommes tous responsables et nous devrions tous essayer de faire avancer les choses...dans le bon sens, celui favorable aux plus faibles parmi les faibles, c'est à dire les enfants (qui sont les futurs adultes).

 

07/01/2013, 18:30 | Par sourisgrise en réponse au commentaire de Raymond SAMUEL le 07/01/2013 à 18:25

Nous y voilà. Je me disais aussi, y'en a bien un qui va sauter sur l'occaze.

07/01/2013, 19:20 | Par Raymond SAMUEL

SOURIGRISE,

Je soupçonne un rien d'agressivité et de contestation dans vôtre phrase.

Voulez-vous me dire  ce qui vous dérange ? Serait-ce le fait dc prendre le parti des enfants  ?

07/01/2013, 23:02 | Par sourisgrise en réponse au commentaire de Raymond SAMUEL le 07/01/2013 à 19:20

je connais vos théories mon bon monsieur. Alors, évidemment, je vous vois venir. Si la société va mal, c'est à cause des féministes qui divorcent pour un oui pour un non parce qu'elles en ont marre de vivre avec des cons et qu'elles font de mauvaises mères qui ne veulent pas n'être que mère. 

Il semble que les féministes (qui polluent selon vos propres termes) aient engendré une société de sociopathe si j'en crois votre commentaire sur un autre fil.. Et quoi de plus beau, de plus évident qu'une mère portant son enfant jusqu'à ce qu'il ait 3 ou 4 ans. C'est ça qu'est normal...c'est la nature.

Les femelles avec leurs petits.

Des enfants parfaits, normaux.

 

07/01/2013, 23:38 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de sourisgrise le 07/01/2013 à 23:02

le lundi je rentre tard du boulot. Je réponds à vos commentaires demain mais je peux déjà vous dire que vous avez mal lu mon billet. je ne fais pas l'apologie de l'éducation rom, j'essaie d'attirer l'attention sur des différences culturelles inaperçues, ici sur l'éducation des enfants, et les préjugés ethnocentristes qui produisent des malentendus dommageables. L'idée que le lien maternel serait naturel n'est pas du tout dans ma pensée, ni dans celle de l'étude dont je me suis inspirée. Il est fait plutôt mention de normes culturelles différentes, -et encore, relativement différentes, point non abordé dans le billet pour la raison qu'un billet n'est pas une étude, ni un exposé.

cf note 3- Ce billet ne vise pas à présenter l’éducation rom comme un modèle idéal, plutôt d’en tirer des enseignements.

Des enseignements pourquoi? Pour changer un peu notre regard, le décentrer de nos représentations habituelles, ce qui ne revient pas à acquieser béatement à ce qui serait par exemple  indéfendable.

08/01/2013, 07:25 | Par F Denizot en réponse au commentaire de Taky Varsö le 07/01/2013 à 23:38

Oui, il est toujours interessant de connaitre différentes habitudes culturelles ce qui permet de mieux comprendre certains comportements qui peuvent nous interpeller, sans pour autant les cautionner.

08/01/2013, 09:22 | Par Gavroche. en réponse au commentaire de Taky Varsö le 07/01/2013 à 23:38

les préjugés ethnocentristes qui produisent des malentendus dommageables.

Je serais beaucoup plus dure : les préjugés ethnocentristes qui légitiment le racisme pur et simple. Ou les occidentaux blancs et chrétiens, supérieurs au reste du monde, qui amènent la "civilisation" aux peuplades arriérées...

08/01/2013, 10:46 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Gavroche. le 08/01/2013 à 09:22

Il y a aussi les occidentaux qui utilisent "les peuplades arriérées" pour des règlements de compte nombrilistes  avec leurs congénères, ce qui est une forme d'exploitation de plus. Ca sert jusqu'au trognon, "les peuplades arriérées".

08/01/2013, 13:40 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de Bernard BIGENWALD le 08/01/2013 à 10:46

Remarque intéressante. Cette notion d'arriération a beaucoup servi, par ex. au XIXème siècle contre les enfants issus de "peuplades" tels que les Bretons qu'il fallait à toute force assimiler par l'enseignement de la langue française et l'école obligatoires, ou contre les petits paysans (Loi 1909). Et sert encore sous d'autres acceptions pour les enfants roms et "tous ceux dont les préoccupations restent tournées vers la ferme, l'atelier, la péniche, la caravane ou le stand forain familial" (in "La scolarisation des enfants tsiganes: pragmatisme et idéologie", Patricial ferté). 

La loi de 1909, précise P. Ferté " prévoyait de mettre les itinérants, bien qu'ils soient reconnus "pleinement normaux" dans des internats (classes et écoles de perfectionnement) avec des enfants arriérés. c'est donc le nomadisme qui est vécu comme une "arriération" et qui doit être combattu"

L'auteur invite à moins d'idéologie et à plus de pragmatisme dans le traitement de cette question; un pragmatisme appuyé sur l'expérience de terrain et la pratique quotidienne de l'enseignement avec les enfants roms et leurs parents et sur des recherches sérieuses qui permettent aux professionnels de "s'informer, se former puis agir" et de réfléchir sur la culture rom, les politiques de stationnement et d'accueil, sur les préjugés et stéréotypes: "le fonctionnement de l'école est lié aux ressources et aux activités économiques des familles, aux rapports avec la police, avec les travailleurs sociaux, aux attitudes des municipalités, etc." De là, selon lui, la nécessité de structures de concertation.

 

08/01/2013, 10:42 | Par Bernard BIGENWALD en réponse au commentaire de Taky Varsö le 07/01/2013 à 23:38

Mais je souscris volontiers à ce que vous dites,Taky,  seulement, bien évidemment, je suis dans les "comparses"  que vous signalez plus haut comme d'affreuses gens qui ne veulent que stigmatiser. A part cette petite remarque , bien entendu, vous apportez bien évidemment des éléments  intéressants au débat, même si pour moi vous êtes bien trop iréniste. 

08/01/2013, 11:43 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de Bernard BIGENWALD le 08/01/2013 à 10:42

Vous aimez bien ce mot "iréniste"...

08/01/2013, 12:01 | Par Gavroche. en réponse au commentaire de Taky Varsö le 08/01/2013 à 11:43

Vous aimez bien ce mot "iréniste"...Sourire

08/01/2013, 15:31 | Par La nouvelle Héloïse en réponse au commentaire de Taky Varsö le 07/01/2013 à 23:38

Qu'est-ce que ce serait si vous en faisiez l'apologie !

08/01/2013, 11:06 | Par Raymond SAMUEL

SOURISGRISE,

 

Votre énorme mauvaise foi et votre indifférence à l'égard des enfants et de nos dérives ne permet pas de débattre avec vous. Il n'y a aucun espoir que vous "tiriez des enseignements" comme le dit l'auteur, pour "changer un peu votre regard, le descentrer de vos représerntations habituelles" selon les mots forts justes de l'auteur.

Je ne vous répondrai plus.

 

08/01/2013, 11:06 | Par la dame du bois-joli

éclairage intéressant sur les pratiques culturelles de populations dont nous ne savons pas grand chose

en vous lisant, j'aime cette liberté originelle des roms, et cette façon d'être à l'écoute de leurs enfants

je souffre de voir chaque jour ces bataillons de jeunes enfants brinqueballés de nounou en voiture, crèche et école

je comprends que les roms aient du mal à se plier à cette stratégie-là de l'enfant qu'il faut domestiquer, socialiser, formater

merci à vous pour ce billet

08/01/2013, 11:28 | Par WataYaga

Je n'ai eu le temps de lire que le début de votre billet et j'en approuve totalement le contenu.

C'est un mode d'éducation des tout petits universel parce qu'on le retrouve aussi bien en Asie qu'en Afrique ou ches les Amérindiens, avec des nuances culturelles qui s'oppose frontalement à l'universalisme que l'occident voudrait imposer aux peuples en présentant la mise en garde précoce des enfants pour mettre les femmes sur le marché du travail comme une libération de celles-ci. Les personnes qui ont travaillé en usine apprécient les joies de cette "libération", j'en ai fait partie, j'ai essayé par tous les moyens d'y échapper.

Le problème c'est que l'on peut constater que la maltraitance affective des enfants dans nos sociétés est considérée comme une norme et cela d'autant plus que les enfants "bénéficient" d'un bien-être matériel qui fait écran.

J'arrête là, car comme n'ayant pas lu toute une partie du billet et rien du fil, je ne sais pas si je ne répète pas ce qui a déjà été écrit et, de toute façon, je dois partir.

Mais, si vous ne l'avez déjà fait, regardez la partie éducation de ce film et vous verrez quel est l'objectif poursuivi

encerclement

https://www.youtube.com/watch?v=0uaJFk0LHLU  Normand Baillargeon sur l'éducation

L'éducation sous le joug du libéralisme

 

08/01/2013, 11:56 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de WataYaga le 08/01/2013 à 11:28

Merci pour le lien. 

08/01/2013, 11:32 | Par Chevalier Culblanc

C’est le billet sur les Roms le plus intelligent et le plus sensible que j’ai lu depuis longtemps. Personnellement, j’en ai connus trois, dont deux de façon très proche. D’une gentillesse et d’une générosité indescriptibles. Un rapport aux enfants plein d’amour. Un optimisme contagieux, même dans des moments les plus difficiles.

Merci pour cette ouverture Sourire

08/01/2013, 20:08 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de Chevalier Culblanc le 08/01/2013 à 11:32

Touchée! merci de votre témoignage.

15/01/2013, 10:40 | Par La Louve ἄλφα en réponse au commentaire de Chevalier Culblanc le 08/01/2013 à 11:32

d'accord avec vous Chevalier.

très intéressant ainsi que les échanges.

09/01/2013, 22:17 | Par Raymond SAMUEL

Merci WATAYAGA...et quelques autres. Oui, nous maltraitons nos enfants.

Je vais me coucher le cœur un peu moins lourd.

01/04/2013, 12:52 | Par François Spinner

Un commentaire un peu opportuniste (encore que… comme disait l’autre).

Allez visiter le site Questions de classe(s)
http://www.questionsdeclasses.org/
qui propose des débats, des infos de lutte, des infos tout court sur l’éducation émancipatrice.

Plusieurs papier, notamment de Laurent Ott ont été publiés sur le site et des portraits de Roms par Pierre-Emmanuel Weck sont actuellement en Une.

Amicalement,

François Spinner

 

01/04/2013, 19:40 | Par Taky Varsö en réponse au commentaire de François Spinner le 01/04/2013 à 12:52

Merci pour les liens et votre contribution. Le papier de L. Ott apporte un éclairage  complémentaire intéressant. 

 

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