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20
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La Révolution française : la convocation des Etats Généraux

Comme si on y était : voir les photos mises en lien ci-dessous. Un journal paru dans les éditions du Soir en Belgique au moment du bicentenaire. Des photos auxquelles est ajouté une espèce de petit éditorial de ma part. Comme si on y était...

Le 26 août 1788, le Roi a rappelé Jacques Necker comme contrôleur général des finances du royaume. Il a réussi à conjurer la banqueroute par de nouveaux emprunts. Mais tout cela ne fait que retarder l’échéance. Le pansement ne peut que cacher la plaie, il ne la referme pas sur un corps totalement dépourvu de défenses intérieures.

L’hiver 1788-1789 qui suit est l’un des plus mauvais et des plus froids qui aient été en cette fin de xviiiprovoque la paralysie d’un certain nombre d’activités artisanales. La crise économique due autant à la concurrence des produits manufacturés anglais qu’au ralentissement de l’industrie du luxe met sur le carreau une multitude de travailleurs de professions apparues grâce au développement du luxe. Les conséquences sociales sont dramatiques notamment à Paris, comme le fait remarquer le curé de Saint-Jean-des-Arts. Ce dernier dresse un tableau catastrophique et ne voit même pas dans la réunion des Etats Généraux l’espoir d’une amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière. Il n’y voit qu’un mauvais présage pour elle.

Doit-on le croire ? Doit-on en douter ? On peut le croire dès lors que l’on a appris que le Parlement de Paris, rétabli dans ses prérogatives par le Roi grâce notamment au soutien populaire, a trahi ce dernier en se prononçant pour le vote par ordre au lieu du vote par tête. On peut le croire de même dès lors que l’on apprend que le Conseil du Roi refuse de se prononcer sur la question du vote par tête. Si les choses en restent là, la classe ouvrière, comme le fait bien remarquer le curé, a peu à attendre des Etats Généraux, et ce malgré les revendications de justice et d’égalité face aux privilèges, à l’arbitraire et aux abus administratifs. Ce genre de revendications, véhiculées par les cahiers de doléances rédigés partout en France à l’hiver et au printemps 1788-1789 par le Tiers-Etat, ne tiendraient pas face aux revendications plus conservatrices des cahiers de doléances des ordres privilégiés et des corporations. Vision manichéenne très réductrice on en convient, mais ayant au moins le mérite de résumer les antagonismes de plus en plus importants entre ceux que l’on commence à appeler les « patriotes » d’un côté, les « aristocrates » de l’autre.

Crise économique, faillite de l’Etat, hiver plus que rigoureux, misère noire, auxquels on ajoute l’ingratitude des parlements envers la population qui les a soutenus face à l’autorité royale en de nombreuses occasions ces derniers mois, il n’en faut guère plus pour faire fermenter les esprits durant cet hiver 1788-1789. Les émeutes et pillages se multiplient et atteignent notamment le populaire faubourg Saint-Antoine de Paris au printemps. Les 28 et 29 avril, les ouvriers de la fabrique de papier Réveillon se soulèvent après avoir entendu dire que le Sieur Réveillon aurait déclaré qu’ils pouvaient vivre avec la moitié de ce qu’ils gagnent actuellement. On n’en doute pas, vrai ou pas, cela les a scandalisés. Ils ont été rejoints par de nombreux habitants du faubourg. De par le lieu, Paris, et le nombre de victimes, 600 morts et blessés atteints par les balles du « Royal-Cravatte », cette émeute a marqué et marquera encore longtemps les esprits. Effectivement, que les déclarations de Réveillon soient vraies ou inventées, leurs conséquences sont révélatrices des retombées de la crise économique et financière qui a mis nombre de travailleurs dans la misère. Les tensions sociales et politiques s’intensifient : les tensions politiques entre les « aristocrates » et les bourgeois « patriotes » auxquels ira désormais le soutien populaire ; les tensions sociales entre les travailleurs des manufactures et ceux qui les emploient (exploitent ?). Si ces deux types de tension se rejoignent, alors l’avenir sera porteur de furieuses luttes intérieures.

Et cela pourrait arriver encore plus rapidement si d’aventure les guerres que se livrent les autres puissances européennes entre elles venaient à toucher le royaume de France, ce qui pour l’instant n’est pas le cas, les regards se portant bien davantage vers l’Europe orientale.

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