L'OTAN à Strasbourg-Kehl: récit subjectif d'un habitant de la zone occupée
Les 3 et 4 avril 2009 se tiendra à Strasbourg, Kehl (la ville allemande directement de l'autre côté du Rhin) et Baden-Baden le sommet des 60 ans de l'OTAN à l'invitation de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Jaap de Hoop Scheffer (secrétaire général de l'OTAN). Les enjeux politiques sont nombreux, notamment la réintégration de la France dans le commandement intégré, qu'elle avait quitté 1966. Il n'en sera pas particulièrement question ici. Il sera plutôt question de l'important dispositif mis en place à cette occasion qui va créer une véritable quarantaine sur Strasbourg et ses environ. Roland Ries, le maire de Strasbourg, plutôt favorable et heureux d'accueillir un sommet international d'une telle importance, a tout de même déclaré : «En termes de mesures de sécurité et de gêne à la vie quotidienne des citoyens pendant ces deux jours du sommet, cela va très au-delà de ce que je pensais».
En effet, fin janvier, je vois un policier de la sécurité civile quitter mon immeuble. Dans ma boite à lettre se trouve un courier dans lequel est expliqué que mon quartier (sans plus de précision) sera bouclé les 3 et 4 avril 2009 pour le sommet de l'OTAN et qu'il faudra un badge et une pièce d'identité pour rentrer dans le quartier. Je dois, en outre, déclarer toutes les personnes habitants dans mon foyer ou qui sont susceptibles de s'y rendre (infirmière, repas de l'ABRAPA, etc.). Selon les zones, il suffit parfois de renvoyer le formulaire, mais dans la mienne, ce sont des policiers qui sont venus récupérer le formulaire en main propre. C'était la première fois que des policiers entraient chez moi.
Mon voisin avait déjà accueilli un sniper lorsque le gouvernement s'était délocalisé à Strasbourg et avait dîné dans le restaurant en face de chez moi au printemps 2007. Mais là, cela dépassait toute mesure. Après avoir discuté avec les policiers, il était impossible de savoir quelle était la zone concerné par le blocus. Les commerçants du quartier ont, pour la plupart, décidé de fermer les deux jours, alors qu'il s'agit de l'un des quartiers les plus animés le samedi. L'ambiance promet d'être bonne.
Ajout (11/03/2009) : merci à Areski d'avoir attiré l'attention sur la carte des zones de sécurité publiée dans les DNA et reprises dans LibeStrasbourg.


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Libé Strasbourg a dévoilé hier soir les cartes des zones de guerre (euh, pardon "de sécurité") : http://libestrasbourg.blogs.liberation.fr/actu/2009/03/otan-les-zones.html D'ailleurs ... Une précision : le contre-sommet se déroule du 1er au 5 avril. Le blocage de Strasbourg par la police se mettra probablement en place dès le 1er avril.
Merci, j'avais quelques scrupules à scanner les cartes parues dans la presse locale.
si je vous lis bien, l'OTAN serait une force d'occupation .... ?
Après Paris,(et encore...) Strasbourg a une vieille habitude de ces sommets internationaux depuis quelques décennies, alors, pas d'inquiétude.Les" Alsaciens Strasbourgeois" ont le bon sens de ces gens qui en ont vu d'autre, et que cet épiphénomène ne va pas empécher de dormir.Quatre changement de nationalité en un peu plus d'un siècle, c'est autre chose qu'un soixantième anniversaire de l'O.T.A.N.
Après Paris,(et encore...) Strasbourg a une vieille habitude de ces sommets internationaux depuis quelques décennies, alors, pas d'inquiétude.Les" Alsaciens Strasbourgeois" ont le bon sens de ces gens qui en ont vu d'autre, et que cet épiphénomène ne va pas empécher de dormir.Quatre changement de nationalité en un peu plus d'un siècle, c'est autre chose qu'un soixantième anniversaire de l'O.T.A.N.
@ arquius : ce n'est pas l'OTAN, mais le service de sécurité mis en place. Lorsque le président de l'université, qui craint une occupation du campus pendant la semaine précédent le sommet, a demandé au préfet s'il pouvait compter sur l'aide des force de police, il lui a été répondu : "aucun secours des forces de l'ordre ne peut être attendu, celles-ci étant intégralement mobilisées pour la surveillance et la protection des personnalités." (il s'agit des termes précis d'un courier interne à l'Université de Strasbourg signé par Alain Beretz le président de l'UDS). Cela semble dire que pour protéger quelques hommes politiques on immobilise la police de toute une ville. @cabouin : En 2001, il y avait un sommet à Strasbourg, dans les mêmes lieux (le palais des Rohan) avec 40 chefs d'Etats. Personne n'a jugé utile de bloquer la ville plusieurs jours durant. La vie a continué son cours. L'habitude de la présence de chef d'Etat étrangers n'a rien à voir avec le blocus d'une ville.
Ne soyez pas étonnés, toutes proportions gardées quand Sarko se déplace dans un village de 1600 habitants il fait mobiliser 700 policiers et CRS pour "sécuriser" la zone dans un rayon de 10 km.
Merci pour cet article. En tant qu'ancien Strasbourgeois, je suis aussi estomaque par le volumes des forces de police déployées.
Je vais rajouter quelques articles lorsque j'aurais vu un peu plus de choses. Les badges de sécurité (orange) commence à être distribués. J'attends cependant d'avoir des informations ou des images plus intéressantes pour les non-strasbourgeois. Je pense que les choses ne sont pas si paisible que ça, le numéro vert mis en place par la ville conduit immanquablement à une boite vocale qui invite à rappeler ultérieurement. De plus je me suis laissé dire que les black blocks allemands allaient débarquer en force. D'ailleurs la moindre recherche "Sommet Otan Strasbourg" sur Google commence par donner quelques pages de sites anarchistes avant d'arriver sur les premières pages officielles.