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Les fins de droits ou le vrai début de la crise sociale
Un million de chômeurs arriveront en fin de droits en 2010, selon les prévisions de pôle emploi (lire l'article). Doit-on pour autant affirmer avec Laurent Wauquiez que "personne n'est en fin de droits" et que la solidarité nationale continue d'assurer un revenu décent aux plus fragiles? Un constat s'impose : les minimas sociaux français sont les plus faibles en Europe de l'Ouest. Accordés en fonction des revenus du foyer, ils ne concernent par ailleurs que 40 % des fin de droits. Des mesures urgentes s'imposent, d'autant plus justes qu'elles seront nécessaires à la sortie de crise.
Un million de chômeurs en fin de droit en 2010. Ce chiffre, saisissant, a été minimisé par le gouvernement. Selon Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi, « personne n'est en fin de droits » en France, car les personnes qui n'ont plus droit à l'assurance-chômage bénéficient de prestations de solidarité telles que le revenu de solidarité active (RSA) ou l'allocation de solidarité spécifique (ASS).
Il s'agit là d'un étonnant déni. La très forte augmentation du nombre de « fins de droits » en 2010 marque la véritable entrée dans la crise sociale et appelle une réponse urgente.
1 - 60 % DES CHOMEURS EN FIN DE DROITS NE PERÇOIVENT PLUS AUCUNE ALLOCATION
En France, les personnes sans emploi peuvent bénéficier de deux types de revenus : une indemnité issue de l'assurance chômage, l'allocation de retour à l'emploi (ARE), proportionnelle à leurs revenus d'activité antérieurs, et des minima sociaux forfaitaires, principalement le RSA et l'ASS. Depuis la dernière réforme de l'ARE intervenue en 2009, pour en bénéficier, il faut avoir travaillé un minimum de 4 mois (et non plus 6) au cours de la période de référence (28 mois) précédant la perte d'emploi ; le chômeur perçoit alors l'ARE, dont le montant est de l'ordre de 60 % de son salaire antérieur, pour une durée égale à celle durant laquelle il a travaillé au cours des 28 derniers mois, dans la limite de 2 ans.
Au terme de cette durée, le chômeur est dit « en fin de droits » : il n'a plus droit à l'ARE. Il bascule alors sur la solidarité nationale : les minima sociaux. Mais d'une part, leur montant est bien inférieur à celui de l'ARE : il ne dépend pas du salaire antérieur et est au maximum de l'ordre de 450 € par mois pour une personne isolée. D'autre part, beaucoup n'ont droit à rien. En effet, le droit aux minima sociaux est apprécié en fonction des revenus du ménage et pas uniquement de ceux de la personne en question. Si le conjoint gagne sa vie, même modestement, les revenus du ménage sont supérieurs aux plafonds de l'ASS ou du RSA et le chômeur en fin de droits n'a droit à rien. De plus, les jeunes de moins de 25 ans, fortement touchés par le chômage, n'ont en général droit ni à l'ASS (il faut avoir travaillé au moins 5 ans au cours des 10 dernières années) ni au RSA (malgré la création du « RSA - jeunes », qui ne devrait d'ailleurs entrer en vigueur qu'au 2e semestre 2010, très peu de jeunes seront concernés car il faudra avoir travaillé 2 ans au cours des 3 dernières années). Or ces situations sont en réalité les plus fréquentes : selon Pôle emploi, 16 % des « fins de droits » de 2010 bénéficieront de l'ASS, 22 % du RSA et 62 % de rien du tout. Même ceux qui bénéficieront du RSA ne le percevront le plus souvent qu'à un taux très réduit, du fait des revenus de leur conjoint qui en sont partiellement déduits.
Deux exemples illustrent la gravité de la perte de revenus occasionnée par une fin de droit.
Exemple 1 : Madame X, employée avec 15 ans d'ancienneté, a perdu son emploi lorsque son entreprise a fait faillite fin 2008. Elle touchait 1500 € de salaire mensuel lorsqu'elle travaillait. Pendant deux ans, elle a perçu l'ARE à un montant de 940 €. Aujourd'hui, elle a droit à l'ASS, mais ne touche plus que 454 €. Elle perd donc encore près de 500 € par mois. Son pouvoir d'achat a été amputé de près de 50% par rapport à la période de chômage indemnisé, de 70% par rapport à son revenu d'activité.
Exemple 2 : Monsieur Y, ouvrier, touchait 1200 € par mois lorsqu'il travaillait. Il a perçu l'ARE pendant un an, pour un montant de 816 €. Son épouse ayant conservé son emploi et gagnant également 1200 € par mois, ils auront droit au RSA, mais pour un montant qui n'est que de 124 € . Son revenu s'effondre : il ne touche plus que 15% de ses indemnités chômage, 10% de son revenu d'activité.
2 - LA CRISE ENTRAINE UNE AUGMENTATION BRUTALE DU NOMBRE DE CHOMEURS EN FIN DE DROITS
En 2008, le nombre de chômeurs en fin de droit était de 700 000. Il a augmenté de près de 50 % en deux ans pour atteindre un million en 2010. La crise est la principale cause de cette augmentation : elle rend le retour à l'emploi beaucoup plus difficile et empêche donc les chômeurs d'y parvenir avant l'expiration de leurs droits. En témoigne l'augmentation tout aussi spectaculaire du nombre de chômeurs de longue durée (plus d'un an), qui augmenté d'un quart en un an depuis le 3e trimestre 2008.
Un second facteur consiste de manière paradoxale dans l'amélioration par la réforme de 2009 de la couverture assurancielle des personnes ayant peu travaillé. Il fallait auparavant avoir travaillé six mois pour avoir droit à l'ARE, il suffit désormais de quatre mois. Le nombre des chômeurs indemnisés pour une courte durée étant ainsi augmenté, le nombre de fins de droit croît mécaniquement. Cet effet est cependant secondaire par rapport à celui de la crise.
3 - LES « FINS DE DROITS » ET LEUR FAMILLE SONT LES PRINCIPALES VICTIMES DE LA CRISE SOCIALE
L'impact de la crise sur les revenus des ménages est beaucoup plus ciblé que ce qui est souvent décrit. Trois catégories de ménages peuvent être distinguées :
Ceux dont les membres conservent leur emploi sans réduction de leur durée de travail, qui sont heureusement les plus nombreux. La crise peut engendrer chez eux de l'inquiétude, mais elle ne diminue pas leurs revenus : au contraire, le pouvoir d'achat des salariés a progressé en 2009 du fait de la faiblesse de l'inflation.
Ceux dont un membre passe en chômage partiel ou perd son emploi en étant indemnisé par l'ARE. Ceux-ci subissent une perte de revenu significative, mais qui est raisonnablement absorbée par les systèmes d'indemnisation du chômage partiel ou total : le membre du ménage concerné conserve entre 60 % et 75 % de son revenu antérieur.
Ceux qui basculent en fin de droits, qui sont les principales victimes de la crise. Il est impossible à un ménage concerné par une fin de droits de maintenir son niveau de vie, ce qui peut entraîner de multiples difficultés : surendettement, difficultés à payer le loyer, etc.
La très forte augmentation des « fins de droits » marque le vrai début de la crise sociale, dont on ne mesure pas encore les effets. Les statistiques sur le taux de pauvreté n'étant connues qu'avec deux ans de retard, ce n'est qu'en 2011 qu'on mesurera véritablement le coût social de la crise.
4 - LA SITUATION DES « FINS DE DROITS » APPELLE DES MESURES URGENTES DE SOUTIEN AU REVENU ET DE PRESERVATION DE LEUR CAPITAL HUMAIN
Les fins de droits étant les principales victimes de la crise, c'est vers eux qu'il convient de cibler l'effort de soutien au revenu. Les mesures de relance décidées en 2009 (« prime de solidarité active » de 200 € pour quatre millions de ménages, distribution de chèques emploi-service universels) étaient mal ciblées, un grand nombre de bénéficiaires n'ayant subi en réalité aucune perte de revenu, et finalement trop précoces. C'est aujourd'hui qu'il faut agir, de façon ciblée et énergique.
Terra Nova vient de faire des propositions en ce sens .
Le versement de l'ARE pourrait par exemple être prolongé de six mois à titre exceptionnel, pendant la durée de la crise, ce qui repousserait d'autant le basculement sur les minimas sociaux. Cette mesure, coûteuse (de l'ordre de 2,5 milliards d'euros) mais ponctuelle, serait efficace pour prévenir le basculement d'un grand nombre de ménages dans la pauvreté.
Une autre mesure forte est l'augmentation des minimas sociaux. Le niveau des minimas sociaux, stigmatisés par la dénonciation idéologique de l'assistanat, est en chute libre. La France paupérise ses plus pauvres. Elle est aujourd'hui le pays d'Europe de l'Ouest qui a, et de loin, les minimas sociaux les plus faibles. Nous avons proposé de ramener le RSA d'une personne seule à 50% du SMIC (soit une augmentation de 15%, de 454€ à 525€). Et de l'étendre aux jeunes actifs de moins de 25 ans : c'est le cas dans la quasi-totalité des pays européens.
L'autre risque majeur est de voir un grand nombre de chômeurs s'éloigner durablement du marché du travail à cause de difficultés conjoncturelles. C'est la capacité de croissance de l'économie française à la sortie de la crise qui serait alors affectée. Un consensus existe en principe sur l'opportunité de faire bénéficier les personnes en chômage partiel ou total de formations qualifiantes. Un « fonds d'investissement social » (FISO) a été créé à cet effet, à la demande des partenaires sociaux, en avril 2009, et doté de 2 milliards d'euros. A cause de la désorganisation de Pôle emploi et de la difficulté politique du gouvernement à travailler avec les régions, responsables de la formation professionnelle, la majeure partie de ces fonds n'a pas été utilisée.


Tous les commentaires
Le parti socialiste a fait ces propositions aux gouvernement, qui bien entendu les a balayées d'un revers de main, comme tout ce qui vient de la gauche : question d'idéologie ! Sarko s'en fout de la pauvreté et du déclassement, il ne vit pas sur la même planète que la grande majorité des français. Combien de jeunes sont à la charge des parents qui n'ont plus les moyens de suivre, combien de jeunes couples avec 1 ou 2 enfants sont obligés de compter sur la solidarité familiale pour survivre, combien de famille qui vivaient à peu près correctement et dont on pouvait dire qu'ils étaient dans la catégorie basse des classes moyennes se sont retrouvé asphyxiés. Sarko and co. sont des privilégiés qui s'assoient avec morgue sur les angoisses et les souffrances d'une population qui n'en peut plus d'écoeurement, de résignation, de colère sourde. Il leur donne des débats sur l'identité nationale, des burquas, des faits divers qui font pleurer dans les chaumières, ou des prime times façon TF1 pour leur occuper le cerveau que TF1 s'est chargé de vider soigneusement auparavant !
Il faudra un an et demi à deux ans avant d'espérer que la croissance, si elle est bien au rdv, génère de vrais emplois, (en croisant fort les doigts qu'il n'y ait pas une autre crise bien plus forte dont les conséquences seraient incalculable sur une population déjà affaiblie) mais dans l'intervalle combien vont dans tomber dans l'ornière du chômage longue durée avec toutes les répercussions à long terme sur les familles, les enfants.
Il faudrait obliger les Wauquiez et cie à vivre et à faire vivre leur famille avec des minimas sociaux, sans aucune autre ressource et sans copains privilégiés ne serait ce que pendant six mois, et ils verraient à quel vitesse on dégringole la pente et comme il est difficile de la remonter !
Ajouter à ceci la couverture maladie, la CMU, la bonne blague.
Je suis en ASS depuis des lustres, j'ai besoin de soins médicaux coûteux. Dans la région où je suis, TOUS les médecins sont en dépassement d'honoraires, il faut donc une bonne mutuelle. D'autre part, ils ne vous prendront jamais si vous annoncez la CMU, ou alors vous aurez un rendez-vous 6 mois plus tard, au mépris de toute légalité. Pas de CMU, régime général de cotisations donc PLUS mutuelle hors de prix pour couvrir les dépassements. Avec 14 euros par jour.
Je signale d'autre part que les diplômés subissent aussi cette situation, j'ai 3 bacs+5 un CV "énorme"et 10 ans d'expérience.Je n'ai jamais refusé aucune offr, on ne m'a jamais rien proposé. Les quelques missions en free lance que j'ai faites, je les ai trouvées seule.
Ajouter à cela le non renouvellement arbitraire de l'ASS
Je crois lire ma biographie!!! Ajoute à cela que que mes deux DEA, j'ai dû me les payer en enfilant les petits boulots pendant des années, avant de commencer à faire quelques piges. Après 10 dans d'une vie active normalement rémunérée, la dégringolade. Je touche encore l'ASS... mais pour combien de temps? Ce qui me navre dans ce pays, c'est le gâchis de cerveaux pourtant bien formés et expérimentés (j'en suis, j'ose le dire!!), mais qu'on abandonne un jour et qu'on oublie une bonne fois...
Je suis comme vous. C'est terrible à lire... et à vivre.
Bac +5 aussi. Je viens de passer au RSA. Qui me permet à peine de payer mon loyer...
Ceci n'est qu'un nouveau mensonge d'un ministre ! En 2009 j'ai répèré près de 90 mensonges du gouvernement et de sa majorité. C'est devenu un mode de gouvernance.
Et imaginer que l'ump va encore récolter 30% de voix aux élections. C'est inimaginable. Les français sont donc à ce point débiles? et aussi nombreux?. Que leur faut-il de plus. Ne me dîtes pas que 30% de la population est aisé.
"Terra nova" ?
des experts spécialistes du flou.
Sauf pour leur adhésion au libéralisme.
Refondation du droit social : "ponte" medef sur bureau Fillon....
la cata au bout du fusil medef!
Refondation du droit social : Concilier protection des travailleurs et efficacité économique.
Introduction
Le rapport qui suit porte sur une question dont l’enjeu économique et social est évident et il a l’avantage de combiner et d’intégrer les points de vue de l’économiste et du juriste. Le point de départ est un constat relativement sévère : le droit social français, de nature très réglementaire, n’assure ni une bonne protection des travailleurs ni une bonne efficacité économique. La forte intervention réglementaire peut être illustrée par de nombreux exemples, en particulier dans les domaines de la durée du travail, du salaire minimum ou des seuils en matière de droit du travail.
Une refondation du droit social est à l’ordre du jour pour mieux satisfaire et concilier les objectifs de protection sociale et d’efficacité économique. Cette refondation passe par la réduction du droit réglementaire au profit du droit conventionnel et de la pratique des contrats. Mais pour qu’une telle substitution intervienne de façon harmonieuse, plusieurs conditions doivent être satisfaites : renforcement de la légitimité des acteurs concernés qui passe en particulier par une augmentation du taux de syndicalisation, amélioration de la conduite de la négociation collective, meilleur traitement des litiges en donnant, par exemple, plus de place aux procédures de conciliation et de médiation, etc. Innover sans affaiblir les droits, tel est l’esprit général de la démarche privilégiée dans ce rapport. On retrouve in fine, lorsqu’il est question de la sécurisation des parcours professionnels, la jonction avec la notion de flexicurité qui tient une telle place dans le débat économique et social en France comme à l’étranger.
Ce rapport a été présenté à Xavier Darcos, ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, lors de la séance plénière du CAE du 19 janvier 2010. Il a bénéficié du concours efficace de Stéphane Saussier, conseiller scientifique au CAE.
Christian de Boissieu Président délégué du Conseil d’analyse économique
Jacques Barthélémy Avocat, Conseil en droit social ancien Professeur associé à la Faculté de droit de Montpellier
Gilbert Cette Directeur des Études microéconomiques et structurelles, Banque de France et Professeur associé à l’Université de la Méditerranée (DEFI)
Introduction
Les mutations profondes de la vie économique – spécialement des modes d’organisation du travail, essentiellement induites par les progrès des technologies de l’information et de la communication (TIC)(1) – appellent des transformations importantes du droit social, pas seulement du droit du travail, mais aussi de celui de la protection sociale. À défaut, on assisterait à des dérives technocratiques, les règles juridiques n’étant plus en phase avec le contexte auquel elles sont destinées. À terme, cela ne pourrait qu’amener l’ineffectivité totale du droit social, situation paradoxale dans la mesure où les réticences au changement auront été dictées par la volonté de préserver sa fonction protectrice.
Le besoin d’une réflexion sur l’adaptation du droit social aux mutations économiques est donc fort. Il faut veiller à ce que sa vocation protectrice ne se traduise pas par des rigidités qui freineraient les évolutions économiques adaptées aux changements technologiques et sociaux, brideraient la croissance et fragiliseraient la situation des travailleurs, en particulier ceux dont le pouvoir de négociation est le plus réduit (les peu qualifiés…). Il faut que le droit social parvienne à concilier sa vocation protectrice et la capacité à s’adapter aux mutations économiques et sociales (voire à les anticiper).
1. La nécessité d’une refondation Un droit social très réglementaire peut être inefficace sur les plans économique et social (1.1) et même générer un fort sentiment d’insécurité….
Au demeurant, le poids du droit réglementaire en France est sans doute une des raisons significatives de la faible syndicalisation…..
Introduction ............................................................................................... 7 1. La nécessité d’une refondation .......................................................... 11 1.1. Un droit trop réglementaire est source d’inefficacité économique et sociale ................................................................ 11 1.2. Protection réglementaire et protection ressentie ....................... 15 1.3. Les contradictions de la situation française ............................... 16
2. L’architecture de la refondation ........................................................ 32 2.1. Les principaux objectifs et écueils d’une refondation du droit social ............................................................................. 32 2.2. Quelle stratégie de refondation ? ............................................... 35 2.3. L’ordre public social .................................................................. 39 2.4. L’autonomie du droit conventionnel .......................................... 43 2.5. Nature juridique des accords ..................................................... 46 2.6. Illustrations de la refondation proposée .................................... 50 2.7. Pourquoi la société française est-elle prête à une telle refondation ? .............................................................................. 57
3. L’élaboration du droit conventionnel : acteurs et modalités ............ 59 3.1. Renforcer la légitimité des acteurs et développer la syndicalisation........................................................................ 61 3.2 Institutionnalisation des règles de conduite de la négociation collective ....................................................... 64 3.3. Institutions représentatives et expression collective du personnel ............................................................................... 67 3.4. Ingénierie de la concertation ...................................................... 71 3.5. Un projet doublement novateur ................................................. 72
4 CONSEIL D’ANALYSE ÉCONOMIQUE 4. Vers un meilleur traitement des litiges et du non-respect du droit social .......................................................................................... 74 4.1. Le rôle de l’Inspection du travail et l’aménagement du droit des contentieux ............................................................. 75 4.2. Le traitement des conflits du travail .......................................... 78 4.3. L’innovation sans affaiblissement ............................................. 90
5. Flexicurité et protection sociale conventionnelle ............................... 94 5.1. Le concept de flexicurité ........................................................... 95 5.2. La garantie sociale, instrument de la flexicurité ....................... 97 5.3. Vers une Sécurité sociale de nature conventionnelle ................ 99 6. Préconisations ................................................................................... 101 Annexe .................................................................................................. 105 Remerciements ....................................................................................... 113 COMMENTAIRES Pierre Cahuc ........................................................................................ 115 Jean-Paul Fitoussi .............................................................................. 119
COMPLÉMENTS
A. L’évolution de la jurisprudence de la Chambre sociale de la Cour de cassation en matière de licenciement pour motif économique................................................................... 127 Claire Beaumeister
B. La médiation prud’homale ........................................................ 143 Béatrice Blohorn-Brenneur C. Litiges individuels du travail : l’expérience britannique... 157 Henri Fraisse
D. Le système d’inspection du travail français : une administration en forte évolution aux missions réaffirmées avec force .......................................... 175
Les trois événements majeurs des dernières années sont :
• le plan de développement et de modernisation de l’Inspection du travail lancé en mars 2006 qui renforce les moyens humains, le pilotage et l’appui-soutien (voir infra) ;
• la fusion des quatre principaux services d’inspection du travail (« régime général », agriculture, transports, affaires maritimes) au 1er janvier 2009. Subsistent cependant des spécificités pour la fonction publique, les centrales nucléaires, la défense, et quelques installations liées à l’énergie… ;
• la création au 1er janvier 2010 des directions régionales des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) et de leurs unités territoriales qui remplaceront les directions régionale et départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP et DDTEFP), en rassemblant plusieurs services déconcentrés de l’État en lien avec les entreprises.
Laurent Villeboeuf
RÉSUMÉ .............................................................................................. essayez de l’avoir en entier !.... Un sommet de la démotition sociale
Refondation du droit social : "ponte" medef sur bureau Fillon....
la cata au bout du fusil medef!
Refondation du droit social : Concilier protection des travailleurs et efficacité économique.
Introduction
Le rapport qui suit porte sur une question dont l’enjeu économique et social est évident et il a l’avantage de combiner et d’intégrer les points de vue de l’économiste et du juriste. Le point de départ est un constat relativement sévère : le droit social français, de nature très réglementaire, n’assure ni une bonne protection des travailleurs ni une bonne efficacité économique. La forte intervention réglementaire peut être illustrée par de nombreux exemples, en particulier dans les domaines de la durée du travail, du salaire minimum ou des seuils en matière de droit du travail.
Une refondation du droit social est à l’ordre du jour pour mieux satisfaire et concilier les objectifs de protection sociale et d’efficacité économique. Cette refondation passe par la réduction du droit réglementaire au profit du droit conventionnel et de la pratique des contrats. Mais pour qu’une telle substitution intervienne de façon harmonieuse, plusieurs conditions doivent être satisfaites : renforcement de la légitimité des acteurs concernés qui passe en particulier par une augmentation du taux de syndicalisation, amélioration de la conduite de la négociation collective, meilleur traitement des litiges en donnant, par exemple, plus de place aux procédures de conciliation et de médiation, etc. Innover sans affaiblir les droits, tel est l’esprit général de la démarche privilégiée dans ce rapport. On retrouve in fine, lorsqu’il est question de la sécurisation des parcours professionnels, la jonction avec la notion de flexicurité qui tient une telle place dans le débat économique et social en France comme à l’étranger.
Ce rapport a été présenté à Xavier Darcos, ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, lors de la séance plénière du CAE du 19 janvier 2010. Il a bénéficié du concours efficace de Stéphane Saussier, conseiller scientifique au CAE.
Christian de Boissieu Président délégué du Conseil d’analyse économique
Jacques Barthélémy Avocat, Conseil en droit social ancien Professeur associé à la Faculté de droit de Montpellier
Gilbert Cette Directeur des Études microéconomiques et structurelles, Banque de France et Professeur associé à l’Université de la Méditerranée (DEFI)
Introduction
Les mutations profondes de la vie économique – spécialement des modes d’organisation du travail, essentiellement induites par les progrès des technologies de l’information et de la communication (TIC)(1) – appellent des transformations importantes du droit social, pas seulement du droit du travail, mais aussi de celui de la protection sociale. À défaut, on assisterait à des dérives technocratiques, les règles juridiques n’étant plus en phase avec le contexte auquel elles sont destinées. À terme, cela ne pourrait qu’amener l’ineffectivité totale du droit social, situation paradoxale dans la mesure où les réticences au changement auront été dictées par la volonté de préserver sa fonction protectrice.
Le besoin d’une réflexion sur l’adaptation du droit social aux mutations économiques est donc fort. Il faut veiller à ce que sa vocation protectrice ne se traduise pas par des rigidités qui freineraient les évolutions économiques adaptées aux changements technologiques et sociaux, brideraient la croissance et fragiliseraient la situation des travailleurs, en particulier ceux dont le pouvoir de négociation est le plus réduit (les peu qualifiés…). Il faut que le droit social parvienne à concilier sa vocation protectrice et la capacité à s’adapter aux mutations économiques et sociales (voire à les anticiper).
1. La nécessité d’une refondation Un droit social très réglementaire peut être inefficace sur les plans économique et social (1.1) et même générer un fort sentiment d’insécurité….
Au demeurant, le poids du droit réglementaire en France est sans doute une des raisons significatives de la faible syndicalisation…..
Introduction ............................................................................................... 7 1. La nécessité d’une refondation .......................................................... 11 1.1. Un droit trop réglementaire est source d’inefficacité économique et sociale ................................................................ 11 1.2. Protection réglementaire et protection ressentie ....................... 15 1.3. Les contradictions de la situation française ............................... 16
2. L’architecture de la refondation ........................................................ 32 2.1. Les principaux objectifs et écueils d’une refondation du droit social ............................................................................. 32 2.2. Quelle stratégie de refondation ? ............................................... 35 2.3. L’ordre public social .................................................................. 39 2.4. L’autonomie du droit conventionnel .......................................... 43 2.5. Nature juridique des accords ..................................................... 46 2.6. Illustrations de la refondation proposée .................................... 50 2.7. Pourquoi la société française est-elle prête à une telle refondation ? .............................................................................. 57
3. L’élaboration du droit conventionnel : acteurs et modalités ............ 59 3.1. Renforcer la légitimité des acteurs et développer la syndicalisation........................................................................ 61 3.2 Institutionnalisation des règles de conduite de la négociation collective ....................................................... 64 3.3. Institutions représentatives et expression collective du personnel ............................................................................... 67 3.4. Ingénierie de la concertation ...................................................... 71 3.5. Un projet doublement novateur ................................................. 72
4 CONSEIL D’ANALYSE ÉCONOMIQUE 4. Vers un meilleur traitement des litiges et du non-respect du droit social .......................................................................................... 74 4.1. Le rôle de l’Inspection du travail et l’aménagement du droit des contentieux ............................................................. 75 4.2. Le traitement des conflits du travail .......................................... 78 4.3. L’innovation sans affaiblissement ............................................. 90
5. Flexicurité et protection sociale conventionnelle ............................... 94 5.1. Le concept de flexicurité ........................................................... 95 5.2. La garantie sociale, instrument de la flexicurité ....................... 97 5.3. Vers une Sécurité sociale de nature conventionnelle ................ 99 6. Préconisations ................................................................................... 101 Annexe .................................................................................................. 105 Remerciements ....................................................................................... 113 COMMENTAIRES Pierre Cahuc ........................................................................................ 115 Jean-Paul Fitoussi .............................................................................. 119
COMPLÉMENTS
A. L’évolution de la jurisprudence de la Chambre sociale de la Cour de cassation en matière de licenciement pour motif économique................................................................... 127 Claire Beaumeister
B. La médiation prud’homale ........................................................ 143 Béatrice Blohorn-Brenneur C. Litiges individuels du travail : l’expérience britannique... 157 Henri Fraisse
D. Le système d’inspection du travail français : une administration en forte évolution aux missions réaffirmées avec force .......................................... 175
Les trois événements majeurs des dernières années sont :
• le plan de développement et de modernisation de l’Inspection du travail lancé en mars 2006 qui renforce les moyens humains, le pilotage et l’appui-soutien (voir infra) ;
• la fusion des quatre principaux services d’inspection du travail (« régime général », agriculture, transports, affaires maritimes) au 1er janvier 2009. Subsistent cependant des spécificités pour la fonction publique, les centrales nucléaires, la défense, et quelques installations liées à l’énergie… ;
• la création au 1er janvier 2010 des directions régionales des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) et de leurs unités territoriales qui remplaceront les directions régionale et départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP et DDTEFP), en rassemblant plusieurs services déconcentrés de l’État en lien avec les entreprises.
Laurent Villeboeuf
RÉSUMÉ .............................................................................................. essayez de l’avoir en entier !.... Un sommet de la démotition sociale
Une question :
Pourquoi ne pas FISCALISER les allocations familiales attribuées indépendamment du niveau de revenu et qui, parfois, font "pleuvoir sur le mouillé"? Les sommes récupérées ainsi pourraient peut-être servir à mieux indemniser celles et ceux qui reçoivent, après "fin de droits", des aides insuffisantes.
Malheureusement, on peut craindre que les "caisses" n'étant pas les mêmes, ces Messieurs de Bercy se montrent réticents.
A ce sujet, ne serait-il pas équitable de demander à celles et ceux qui, comme moi, ont eu la chance de faire des études dites supérieures de rembourser en monnaie constante ce que la nation a dépensé pour leur permettre d'avoir des revenus également "supérieurs"?
Ce retour serait alors entièrement attribué aux Universités et autres grandes écoles qui souffrent (principalement les universités) d'un financement insuffisant. Ces versements étalés dans le temps seraient pratiquement indolores dans la mesure où ils débuteraient seulement lorsqu'un revenu "confortable", c'est à dire plutôt élevé serait atteint, précisément grâce aux diplômes obtenus.
Sinon, c'est accepter de faire financer par la collectivité l'accession d'une minorité à un statut privilégié. Quant au mérite là-dedans, il resterait de toutes façons largement récompensé par les honneurs et les espèces sonnantes.
Mais nous sommes dans une société qui n'est ni juste, ni vraiment démocratique d'ailleurs. Jacques Brillot
Les allocations familiales sont totalement dépendantes de la déclaration fiscale et du niveau de revenus.
Quid des "seniors" en fin de droit qui recherchent désespérément un emploi en attendant une retraite que l'on veut repousser ? Les exemples ne manquent pas.
Tiens, Terra Nova fait un article "à gauche"?? C'est que la situation est grave.