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Travail, monde, action, nature, politique, pluralité, liberté, responsabilité

Huit mots pour nous orienter dans un monde qui nous échappe de plus en plus.

Huit mots retenus de la fréquentation d’une œuvre et de sa confrontation avec bien des auteurs contemporains à travers les questions qui nous assaillent. Trois blogs[1], dont celui-ci, y sont consacrés avec comme fil directeur comment « Agir dans et sur notre monde ».

Huit mots, six « fils de pensée ».

 

Deux fils de pensée centrés sur le monde :

  • Le travail et la durabilité du monde, ou comment le travail aujourd’hui, bien loin de consolider le monde, le fragilise et contribue à rendre la condition humaine de plus en plus difficile et incertaine. Livre central : Condition de l’homme moderne[2].
  • L’éducation et le renouvellement du monde, ou comment les « nouveaux venus », portent en eux la capacité d’innover et de remettre le monde en place. Livre central : La crise de la culture[3].

J’ai fait un premier travail sur ces deux fils à travers deux séries de billets disponibles sur ce blog.

 

Quatre fils de pensée centrés sur l’action, cette activité propre aux hommes, porteuse de leur humanité, de leur puissance mais aussi de leur impuissance :

  • L’action scientifique et la nature ou comment les hommes en imitant les processus naturels ont permis des progrès considérables mais aussi déclenché des forces qui les dépassent. Livre central : Condition de l’homme moderne mais probablement aussi d’autres textes à découvrir.
  • L’action politique et la pluralité ou comment la puissance, le pouvoir, naissent de l’action de plusieurs, à la fois semblables et différents, et non de la domination d’un seul ou de quelques-uns. Livre central : Essai sur la révolution dont une nouvelle traduction en français m’a été annoncée par Gallimard.
  • L’action politique et la liberté ou comment « la raison d’être de la politique est la liberté et son champ d’expérience est l’action ». Citation tirée de l’essai « Qu’est-ce que la liberté ? » publié dans La Crise de la culture. Livre central : Essai sur la révolution.
  • L’action et la responsabilité humaine ou comment assumer la responsabilité face à la fragilité des affaires humaines. Thème dispersé tout au long de l’œuvre d’Arendt et sur lequel vient d’être publié un livre passionnant[4].

Concernant ces quatre derniers fils je n’ai fait, au mieux, que publier quelques billets épars. Le travail de fond reste à mener.



[1] http://tto45.blog.lemonde.fr/; http://tto45arendt.unblog.fr/; http://www.mediapart.fr/club/blog/Thierry+Ternisien+

[2] Arendt Hannah, Agora/Pocket

[3]Arendt, Hannah, Folios essais

[4] Truc, Gérôme. Assumer l’humanité. Hannah Arendt : la responsabilité face à la pluralité. Éditions de l’université de Bruxelles.

Tous les commentaires

Cher Thierry, je découvre que vous êtes cet après midi dans ma liste de contacts, comme ça, par hasard*. Je ne le regrette pas car ainsi je découvre votre blog. Je suis épatée par cette constance de l'esprit de recherche qu'il exprime et cela me plaît, moi qui suis plutôt butineuse. En attendant dans celui-ci, parmi d'autres thèmes, un m'accroche l'esprit : « la raison d’être de la politique est la liberté et son champ d’expérience est l’action » Je suis très "travaillée" par cette question double : l'expérience / l'action. par exemple : comment être dans "l'action" sur son lieu de travail ? je ne parle pas seulement d'un point de vue syndical, mais aussi lorsque "action" flirte avec engagement de soi dans un changement qui concerne le sujet (soi) d'abord puis les autres en conséquence. Non pas l'action-réaction, mais quelque chose comme l'action-construction (même si c'est d'abord de la déconstruction). Cela interroge pour moi l'éthique : en fonction de la position éthique que je pense défendre, (et si je veux que ce ne soit pas pur discours sur soi), quelle action entreprendre ? comment l'entreprendre ? et puis, non loin, se cache l'autre question : le rapport entre solitude et action (car agir, c'est parfois se couper du groupe) ... . * édité : je viens de comprendre ...je ne connaissais pas l'autre partie de votre nom !!! jeu des masques, et moi j'm'embrouille.

Pas de jeu de masques mais simple utilisation de la deuxième partie de mon nom. Soumis à des insultes répétées de deux abonnés cela a fini par causer des torts à un proche qui n'utilise que la première partie du nom. L'autorégulation a ses limites quand des pratiques de voyou, qui n'auraient probablement pas lieu dans la vie réelle, sont adoptées par des individus qui se réfugient derrière un pseudo. Bien à vous.

Excusez-moi, je n'ai pas voulu vous blesser, c'était un clin d'oeil, ce "jeu de masques", je me suis bien douté que vous aviez des raisons. PS : si vous n'êtes pas trop fâché, dites-moi si votre billet appelle discussion, contribution ou pas.

Surement pas fâché avec vous Marielle. Discussion et contribution sont, bien sur, bienvenues.

c'est la question de notre habitus, de notre ordre moral il faut que se crée une construction commune qui permettent a chacun de " fonctionner " en synérgie, de créer une harmonie. cette conception commune n'est pas innée, elle se construit par la recherche et la réfléxion des uns et des autres. - c'est ce qui permet d'établir des langages, des codes, des principes, des législations. il y a à la fois un ordre naturel à notre vie collective, et une invention au sein de cet ordre naturelle d'une compréhension qui nous permet d'améliorer notre organisation collective. - c'est ainsi que l'on permet la création davantage de liberté, en comprenant que si on ne vole pas à l'autre par exemple celui ci ne vous volera pas non plus, et que vous pourrez obtenir ce que vous voulez l'un et l'autre par la collaboration. au niveau politique de l'ensemble de l'entreprise des hommes, cela se traduit par une répartition du temps, des idées, des moyens techniques, de différentes théories politiques qui permettent de s'organiser en permettant à chacun de trouver son utilité. - pour moi, l'organisation idéale d'une construction politique est telle qu'elle se construit par la technologie actuellement un cerveau informatique mondial qui rassemble toute les consciences, et organise de façon chaotique au sens des mathématiques non linéaires, l'ensemble de nos activités de façon a en équilibrer le fonctionnement économique, au sein d'un monde globalisé. - c'est la volonté d'une stratégie de maitrise de notre réel à la fois collective et individuelle pour en concevoir un fonctionnement qui prend en compte la globalité de nos actes, de nos décisions, d'aprés la compréhension d'un système chaotique complexe qui représente notre être au monde.

Jlamo, pourriez-vous, s'il vous plaît m'expliquer ce que vous voulez dire, en lien avec ce papier, je ne vois pas bien comment lier le concept d'habitus et vos lignes, avec le texte de Thierry. Mais, bon, je vous ai lu peut être trop vite. Merci à vous.

la façon dont s'organise le travail, l'éducation, notre rapport à la nature aux autres, d'organiser la société, la politique - renvoit à cette définition qu'est notre habitus, l'ensemble des schémas moraux, sociaux qui créent notre relation au monde - à la fois au niveau individuel et collectif, puisque reliés par un ensemble d'interactions qui définissent cette notion d'habitus en sociologie. dont l'économie représente également une notion fondamentale qui permet d'organiser notre développement philo-éthique.

On aimerait que l'ALM se sente un peu plus responsable au regard de la confiance que lui ont conféré tant "Mediapart" que celles et ceux qui lui ont envoyé des chèques. C'est cela aussi, la "responsabilité".

N'essayez pas de polluer ce fil. Il y a des gens qui sont intéressés, figurez-vous.

Pour défricher ensemble, je vous propose : Travail, Division du travail et société sans classes

Cela paraît intéressant, en effet.
J'aimerais bien l'avis de Thierry.

L'habitus selon Bourdieu La notion d'habitus a été popularisée en France par le sociologue Pierre Bourdieu. Selon les mots du sociologue, l'habitus est un ensemble de dispositions durables et transposables, structure structurée prompte à fonctionner comme structure structurante (une référence au conatus, concept fondamental de l'Éthique de Spinoza). Il s'agit de l'incorporation des expériences, cette incorporation permettra alors à l'agent de se mouvoir et d'interpréter le monde social. Le rôle des socialisations primaire (enfance, adolescence) et secondaire (âge adulte) est très important dans la structuration de l'habitus. Sachant qu'« il n'y a pas deux histoires individuelles identiques, il n'y a pas deux habitus identiques, bien qu'il y ait des classes d'expériences, donc des classes d'habitus - les habitus de classe » (Questions de sociologie, p. 75). Ainsi l'habitus est matrice d'action. Les socialisations de chacun vont être incorporées (les expériences étant elles-même différentes selon la classe d'origine) et donneront les grilles d'interprétation pour se conduire dans le monde (structure structurante). L'habitus est alors la matrice des comportements individuels, et permet de rompre entre un déterminisme supra-individuel en montrant que le déterminisme prend appui sur les individus. La notion d'habitus chez Bourdieu est équivalente à celle de "représentation sociale" chez Doise (Psychologie). Elle est également à rapprocher de la notion "d'ethnométhode" chez Garfinkel http://fr.wikipedia.org/wiki/Habitus_(sociologie)

La structuration de la structure structurée prompte à fonctionner comme structure structurante est un problème difficile. Je retiens que l'incorporation par socialisations qui vont être incorporées permet de rompre entre un déterminisme. Et voilà pourquoi votre fille est muette, et Ségolène Royal "de droite".

perso, je vote martine aubry

Attendez au moins qu'elle soit candidate à quelque chose...

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