Henri Regnault publie depuis le début de la crise une lettre très intéressante sur le site du CEIM (Centre d'Études sur l'Intégration et la Mondialisation) [1]. Après les élections françaises, dont on parle beaucoup et bien sur Mediapart, et les élections grecques, dont on parle peu et mal, je propose à votre réflexion ce texte paru dans la lettre n°18 de décembre 2011 qui me parait bien éclairer la situation présente.
Les économistes adorent les maths. L’algèbre a le plus souvent leurs faveurs, férus d’équations qu’ils sont, dans leur frénésie à prendre leur discipline pour une science…pourtant incapable d’accoucher d’expériences reproductibles et de lois atemporelles. Mais ils ne dédaignent pas non plus la géométrie : leur figure préférée est sans doute le triangle et le nirvana géométrique de l’économiste est bien sûr atteint avec le triangle d’impossibilité[2]. On entend par triangle d’impossibilité une situation où trois éléments sont incompatibles entre eux et dans laquelle on ne peut combiner que deux éléments en excluant le troisième.
La gestion de la crise de la dette souveraine des pays développés me suggère un nouveau triangle d’impossibilité mais dont le champ analytique dépasse largement l’économie pour se situer dans la sphère globale des sciences sociales. Les trois sommets de ce triangle sont l’austérité, les inégalités et la démocratie.