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L’indispensable perspective historique : Eric Hobsbawm

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Dans un billet récent j’évoquais l’indispensable perspective historique qui semble de plus en plus nous manquer. Je citais le travail de l’historien britannique Eric Hobsbawm avec sa monumentale histoire du long XIXe siècle et sa non moins extraordinaire histoire du court XXe siècle. Le tableau dressé en trois volumes pour le premier et en un seul pour le second est tout simplement vertigineux. A ce niveau l’Histoire englobe, dans une perspective globale et précise, politique, économie, vie quotidienne, sciences, arts...

 

Depuis ce billet Sylvain Bourmeau nous a offert un magnifique entretien avec cet homme de 92 ans toujours aussi lucide et passionnant ! Sept commentaires seulement à ce jour pour un tel apport alors même que les billets sans fin sur comment échanger dans le club provoquent des centaines de commentaires. Quand nous déciderons nous à cesser de regarder notre nombril pour considérer le monde dans lequel nous vivons et son histoire ?

 

Se lancer dans la lecture d’une telle œuvre est une aventure. Je vous la conseille vivement. Pour ma part j’ai terminé la lecture de l’Age des extrêmes, je suis au milieu de celle de L’ère des révolutions. Vous trouverez dans le fichier pdf joint la table des matières des quatre volumes sous la forme d’une carte mentale. Elle permet de naviguer à l’intérieur et entre chaque volume.

 

Le long XIXe siècle :

  • L’ère des révolutions : 1789-1848 (Hachette Littératures/Pluriel)
  • L’ère du capital : 1848-1875 (Hachette Littératures/Pluriel)
  • L’ère des empires : 1875-1914 (Hachette Littératures/Pluriel)

 

Le court XXe siècle :

  • L’Age des extrêmes : 1914-1991 (André Versaille éditeur)

 

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21, 75€ pour "L'âge des extrêmes" sur Amazone, livraison gratuite! Tu as raison, Thierry, je me suis fait la même réflexion: Médiaprt nous offre un document qui, à lui seul, vaut plus que les 9€ de notre abonnement mensuel. Alors, un jour, dîtes-vous que vous allez prendre 1/2h pour écouter Hobsbawm vous expliquer le monde d'aujourd'hui, à la lumière du siècle passé. INDISPENSABLE pour celui qui se dit "intéressé par la politique...et le reste!", bref, tous les abonnés! Il est un peu lent, normal, il a plus 90 piges, mais parle un français parfait et ce qu'il dit est très clair, simple, accessible à tous, lumineux. Les questions, elles, sont intelligentes, ce qui ne gâte rien! Bref, à laisser à la "une" au même titre que "comment se servir de Médiapart"!

Un complément sur le style. Hobsbawm, dans sa version française (je ne l'ai pas encore lu en anglais), se lit très bien. Sa plume est légère, la structure de son travail est précise et il a un talent particulier pour faire des liens avec rigueur et souplesse. Passez de l'écoute de son entretien à la lecture et vous ne serez pas déçus.

. Tu as raison, Thierry, il faut répéter de nombreuses fois la même chose, si on veut qu'elle ait la moindre chance d'être entendue. . Tu as déjà parlé, précédemment d'Eric Hobsbawm que je ne connaissais pas, et qui m'était déjà sorti de la tête. Il est vrai que nous sommes saturés d'informations et que nous trions spontanément selon des critères pas toujours des plus honorables. . Je souscris donc aussi sur la critique du nombrilisme - du genre pourquoi et comment le nombrilisme de l'autre gêne-t-il tellement le mien ? - qui non seulement attire des centaines de commentaires, mais en outre des commentaires souvent stupides, que ce soit volontairement ou involontairement. . Je suis très frappé par la capacité que nous avons à cultiver la fausse réflexion; c'est-à-dire la réflexion que l'on souhaite intelligente et profonde mais à laquelle on ne demande que de renforcer nos opinions pré-existantes et que l'on arrête, ou détourne, ou ridiculise, etc, dès que l'on approche le point où cette réflexion dérangerait nos opinions. (*) . Je commencerai donc par regarder cet entretien avec Hobsbawn réalisé par Sylvain Bourmeau. . jpylg . (*) Au risque de déclencher de nombreuses allergies, oserai-je écrire notre "formatage" ? notre "oui-ouisme" ?

notre "formatage" ? notre "oui-ouisme". Pourrait-on dire "nos idées toutes faites"? N'as-tu, depuis le temps, trouvé la formule française pour exprimer cette façon de penser qui te délivrerait de tant de moqueries, de tant d'allergies?

. Mais ! mon cher M. Philips ! indépendamment de ma (lointaine) formation au latin et au grec, j'ai sous la main, constamment, deux dictionnaires des synonymes. Je peux donc, sans trop de difficultés, trouver des substitut au "oui-ouisme" et au "formatage". . Mais le "oui-ouisme" et le "formatage" sont les mots qui correspondent à la juste expression de ce que je pense et, d'autre part, je pense que leur effet est plutôt encourageant. . Contrairement à ce que bien des oui-ouistes pensent, je ne me délecte pas dans les moqueries et les sarcasmes que cela m'attire. C'est le prix à payer et d'autre part, un signe encourageant : quelque part, cela montre qu'il y a gêne. C'est-à-dire que le "oui-ouisme" et le "formatage" sont attaqués. La répétition fait partie intégrante du traitement. . Si tu ne comprends pas ça, permets moi de te dire, malgré la sympathie et le respect que je ressens pour toi, que tu es dans un état de oui-ouisme beaucoup plus avancé que tu ne crois. . jpylg

@ M. Philips (complément) . Je ne voudrais pas détourner ce fil, où il est question d'histoire. Toutefois, comme il y a, me semble-t-il, un rapport entre histoire et l'expression "idées toutes faites" que tu évoques , j'en profite pour dire qu'à priori, "formatage et oui-ouisme" revient bien à désigner les "idées toutes faites". Pourquoi ne pas utiliser cette expression que bien des personnes accepteraient mieux ? . Pour toute une série de raison. Je porte une grande attention aux mots. Dans cette expression, le mot "idées" ne me semble pas juste. Les idées ne vont jamais seules (comme les souris) : elles s'organisent en théories, comme les souris vivent en colonies. Ce n'est pas la même chose d'avoir chez soi une souris et une colonie de souris qui croît et se multiplie. . Je n'ai pas uniquement comme livre de chevet des dictionnaires de synonymes: j'ai aussi, entre autres, le livre de Raymond Boudon "l'art de se persuader des idées douteuses , fragiles ou fausses". . A cette remarque près que je voudrais voir plutôt employer, dans ce sous-titre (le titre est : l'art de se persuader) "théories", plutôt qu'idées, j'aime beaucoup que R. Boudon traite sur le même plan ce qui est douteux fragile ou faux. Une idée douteuse ou fragile n'est pas nécessairement fausse, elle peut être vraie. Si Raymond Boudon choisit d'amalgamer le tout, d'assimiler le douteux et le fragile au faux, ce n'est pas par distraction ou parce qu'il n'a pas réfléchi à la question. Il a de bonnes raisons de le faire. Ce qu'il recherche, ce sont les causes de l'indestructibilité des idées-théories "douteuses, fragiles ou fausses". . Ce qui est le problème, pour lui, c'est que dès qu'une idée (une théorie) est passée dans les habitudes mentales (formatage), elle acquiert un statut de vérité inattaquable, serait-elle totalement fausse ou seulement plus ou moins douteuse. . J'avais voulu, fut un temps, proposer une réflexion de ce genre dans la série que j'ai ouverte qui s'intitule "L'opinion publique est formatée" (Ce n'était pas la série n° 4, mais la 3 voire la 2). . Les oui-ouistes n'en ont pas voulu. . Bon! Tant pis ! . jpylg

@jpylg, Excuses-moi pour ce retard! habitudes mentales (formatage) Ça, je comprends bien. Tu as la volonté "farouche" de refuser d'être "enfermé" dans ces idées toutes faites, ces "habitudes mentales", ce "formatage", c'est très claire. Et c'est important car si, dés le départ, on est "formaté", ce qui suit risque de l'être aussi. Je pense que ton insistance vient de là. Ce qui est, parfois, gênant c'est quand cette référence au "formatage" tombe un peu comme un cheveu dans la soupe, c'est à dire à un moment où, vaille que vaille, chacun essaye de discuter à partir de "faits". Ça gâte un peu la dite soupe, reconnais le! Bon cette fois, je pense avoir compris la signification de "oui-ouiste" et "formatage" et essayerai d'y penser encore, toujours, sans cesse, pour exprimer une pensée claire! Bien à toi PS Excuses-nous, Thierry, pour cet aparté!

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