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1995, 2002, 2007 et maintenant 2009...où allons-nous ?

Sentiments mêlés en ce lendemain d’élections européennes. Tristesse et colère d’abord. Tristesse de voir jusqu’où est tombé le PS, ce qui était prévisible depuis la désastreuse conclusion du congrès de Reims. Colère de voir conforté, grâce à un PSE sans politique et autre horizon que l’accès au pouvoir pour le pouvoir, une droite européenne tirant profit de l’insécurité généralisée provoquée par la crise qu’elle a elle-même générée !

Interrogations et espoir par rapport au score de la liste Europe Écologie. Réelle nouveauté politique ou attelage improbable de vieux baroudeurs de la politique ? Vote pour un vrai changement d’Europe ou simple prise de conscience d’une urgence écologique à la mode dans les média ?

Interrogations et déception par rapport aux scores du Front de gauche et du NPA. Soumission à la régression sociale généralisée ? Rejet d’un processus électoral discrédité par les suites du référendum de 2005 ?

Enfin, fragilité et limite des aventures personnelles avec le revers du Modem.

Tout est à reconstruire. La droite peut se réjouir aujourd’hui. Mais elle vient probablement de toucher ses limites et devra assumer seule les conséquences politiques de la crise sociale. Quant à la gauche, la social-démocratie venant de toucher, enfin, le fond, il lui faudra résister, inventer et construire. La transformation écologique seule n’y suffira pas. Social et politique doivent retrouver le premier rang devant l’économie. La tâche est immense mais incontournable.

 

Enfin quelques questions essentielles. Avec 60% d'abstentions sommes nous encore en démocratie ? Les sondages remplacent-ils définitivement les scrutins ? Les consommateurs ont-ils tué les citoyens ? Existe-t-il encore un espace public ? Les gestionnaires ont-ils définitivement tué les politiques ?

Tous les commentaires

Sentiments à chaud. Un peu de recul est indispensable.

Cher Thierry, On ne peut pas dire que les électeurs ont suivi les sondeurs (sauf pour l'abstention). Le score époustouflant d'EE et la descente aux enfers du PS comme du MODEM (pas pour les mêmes raisons) montrent une certaine "indépendance d'esprit" des électeurs nonobstant l'avalanche de sondages qui se seront, une nouvelle fois, bien trompés. D'accord, par contre sur ce que tu dis sur "la gauche de gauche".

Sur le vote EE, il n'est pas impossible, cher Velveth, que les sondages aient joué. Le vote "utile" a plutôt était vu comme celui pour EE que pour le Ps et à fortiori pour le NPA et le Front de gauche. A suivre....

tout est à reconstruire Au moins on a la possibilité de reconstruire quand la maison est rasée. Je préfère cela à continuer à monter des parpaings sur une maison totalement fissurée: on gagne du temps!

à propos... Nous avons sans doute été nombreux à partager ce sentiment de tristesse et de colère. Pour ma part tristesse et colère en constatant que très largement en Europe c'est la droite qui est sortie en tête et plus de la moitié des Européens avec le droit de vote ne se sont pas exprimés. A mon sens l'abstention n'est jamais une forme de manifestation, le vote blanc, même s'il est compté "nul", étant autrement engageant. Et c'est juste d'interroger comme vous le faites sur "ces gestionnaires qui tuent la politique", c'est à dire la réflexion et la pensée politique. Je pense aussi que les électeurs qui ont voté UMP ce sont surtout mobilisés contre "le vote sanction" qu'une partie de la gauche a brandi comme un étendard, alors qu'il s'agissait d'un autre enjeu. C'est questionnant ce résultat qui conforte le parti de la majorité alors que rarement autant de secteurs les plus divers d'activité économique, de l'enseignement, de la culture... n'ont été opposés à la politique et aux méthodes d'un gouvernement. * Un seul motif pour se réjouir, l'émergence d'une prise de conscience de l'écologique politique. Mais il ne s'agit pas d'un parti structuré. C'est un mouvement, bienvenu sans doute mais de circonstance car limité dans son champ d'intervention et de mobilisation. Peut-être un deuxième motif d'espoir, que cette chute du PS et l'insignifiance des résultats à sa gauche, puissent ouvrir à une réflexion collective plus large que les états majors et contribuer au départ des "cumulards"...

Cher Thierry, Voilà beaucoup de questions dans votre billet, qui ne servent qu'à masquer les réponses. 60 % d'abstentions, c'est 60% de paumés. Et personne pour leur montrer le chemin. Parce que ceux qui votent passent leur temps à essayer de le couper aux autres. Donc les plus malins sont devant, jusqu'à ce qu'ils trouvent plus malin qu'eux. La tristesse et la colère sont un luxe. Quelle chance de pouvoir encore se les payer. Il y en a qui crèvent.

oui il y en a beaucoup qui crêvent mangent de la terre ou vivent pour travailler 18h/jours, beaucoup, beaucoup de pauvres, d'êtres humains qui vivent dans des conditions déplorables, aussi bien nutrition, que santé ou éducation, quand ce n'est pas la guerre. l'humanité c'est 6 milliards d'êtres humains, nous sommes une infime partie à vivre à peu près dans des conditions decentes malgré tout les problèmes de notre monde moderne : la crise et l'écologie. on gagnerait également de s'en soucier fermement plutot que de se battre entre nous, car c'est cette situation que nous semblons oublier ou être capable de prendre en considération qui cause également nos déséquilibres, et on gagnerait sans doute effectivement comme je l'ai lu ici ou là à permettre d'échanger davantage de venir en aide aux autres plutot que de se préoccuper essentiellement de notre petit confort moderne.

"La transformation écologique seule n’y suffira pas. Social et politique doivent retrouver le premier rang devant l’économie."
Pas d'accord pour découper les choses en tranches comme cela. Le projet des écologistes est global. Et l'économie ne se laisse pas ainsi évacuer.
Il faut sortir du labyrinthe "antilibéral" (soi-disant) et de ses pièges, hérités du marxisme politique. Il n'y a là que des impasses, symétriques de celles du libéralisme.

oui certainement, l'écologie comme synthèse d'une pensée d'un équilibre global, c'est ce que recherche toute ambition politique. et pas seulement comme un moindre mal face à un fonctionnement déraisonnable et sans éthique. cela demande une transformation de notre idée de progrès en prenant en compte les excès du libéralisme. cette pensée politique peut notamment se traduire de façon concrête dans nos habitudes de vie et de consommation, et en permettant ainsi de modifier collectivement nos usages de permettre d'assainir notre fonctionnement collectif, une vision à la fois collective de l'élan économique et également individuelle d'aprés une éthique de vie rendue possible par la volonté politique. c'est la question d'un modèle social, de notre définition de notre relation au progrès et aux autres qui est ici le but de cette transformation et ambition politique.

Eh bien, quelle est votre définition de votre relation au progrès et aux autres ? (ou quelques éléments de)

la recherche d'équilibre contrairement à la recherche permanente de dépassement et de compétition, un dépassement de soi-même qui ne soit pas la contradiction de notre humanité, au niveau individuel et collectif. une approche qualitative et à l'échelle humaine, plutot que de tout relêguer à la technocratie qui est censée être là pour servir les uns et les autres et non les controler. nous avons d'énormes moyens technologiques actuellement et on s'en sert mal que pour nous rendre la vie plus simple et plus performante, et cela ne fait qu'accentuer le manque de rapports humains pour privilégier la performance sans se soucier d'une recherche de cohérence.

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