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Remarques à chaud sur le congrès de Reims
Dimanche 16 novembre, 10 h
L’intéressant avec les socialistes c’est qu’ils laissent des traces écrites : leurs motions. Et, au contraire des motions des Verts qui, sont des orientations stratégiques résumées sur une page A4 recto-verso, les motions des socialistes sont copieuses mêlant orientation stratégique, ligne et programme politiques et même, pour la motion F, horizon politique.
Ce qui est fascinant avec beaucoup de dirigeants socialistes, c’est qu’une fois les motions positionnées par le vote des militants, toutes les synthèses (mot magique) semblent possibles même entre la carpe Delanoé (motion A) et le lapin Hamon (motion C) que presque tout sépare.
Ce matin, drame, pas de synthèse nous dit Hollande, le grand cuistot qui avec sa tambouille prive depuis plus de dix ans le pays d’un Parti socialiste crédible. Bonne nouvelle si elle se confirme et si elle se traduit par une double candidature Royal contre Hamon pour le poste de secrétaire.
La crise est bien là et en l'absence de plan de relance risque de s'installer durablement. Alors le choix du secrétaire du PS n'a pas l'importance qu'on lui prête. Ce qui est important c'est le travail de clarification des horizons et lignes politiques à gauche. En avance, le NPA et, maintenant, le Parti de la Gauche (PG) en cours de construction par d’anciens membres du Parti socialiste de la motion C (Mélenchon, Dollez,...).En retard le PS et les Verts. La logique des motions voudrait, en l'absence de synthèse, un vote entre Royal et Hamon. Cela permettrait de distinguer clairement le rapport des forces entre une volonté de recentrage à gauche sans compromission sur l'Europe et avec l'horizon politique proposé par la motion F et la ligne de construction d'un grand parti "de centre gauche" portée par Royal, Delanoé ayant perdu.
La confusion actuelle est en grande partie due à la motion D (Aubry et Fabius) qui, comme je l'ai dit dès le début, n'a pas dépassé dans son texte l'opposition sur le référendum, affiche un discours de gauche sans se prononcer clairement sur l'Europe rappelant les synthèses à la Hollande, et n'est en fait qu'une combinaison anti Royal.


Tous les commentaires
Moi j'espére un mouvement de gauche forte et ancrée dans le mouvement social et un parti de gauche gouvernementale rénové et dynamique, qui s'appuie dans les luttes (sur le terrain avec le parti de gauche) et est suffisamment moderne et attractif pour OBLIGER le modem à se rallier.
L'ensemble du spectre politique à gauche doit être occupé. La confusion entretenue par le PS depuis 25 ans devient catastrophique. Royal propose une ligne politique et un positionnement clairs et ouverts, avec lesquels je ne suis pas en accord, mais qui permettrait, prevalli, de proposer le parti que vous souhaitez. Toute autre solution serait nuisible. Mélenchon a été cohérent en choisissant de construire le parti de gauche, parti de gouvernement clairement ancré à gauche et le NPA, qui se refuse à priori à tout accord avec le PS et donc à toute action gouvernementale, est utile pour les luttes à venir. A suivre...donc
Je suis bien d'accord avec vous, clarification. Je pense que les militants vont trancher dans ce sens. Mais vous savez parfois on souhaite entretenir les illusions. Je ne suis pas non plus en accord avec la politique de royal. Mais la clarification est urgente et nécessaire.
@ Prevalli et Thierry Ternisien : d'accord avec vous deux. Une clarification des mouvements politiques français est nécessaire, et il y a encore du temps avant la prochaine présidentielle. L'important n'est donc pas de "tenir" la direction du PS, l'important est que le PS soit tenu par une orientation nettement positionnée. Centre gauche (Royal) ou gauche (Hamon). Si jamais ensuite certains de ces mouvements sont trop proches (PS royaliste et Modem ; ou PS Hamoniste et Parti de la gauche), ils pourront se rapprocher, ou passer des alliances électorales.
On pourrait y ajouter les Verts bien sûr, mouvement dont je ne suis pas certaine de voir l'utilité aujourd'hui, tel qu'il est. (A moins que le congrès des Verts ne provoque des clarifications là aussi ?)
@ Thierry Ternisien : Je n'avais pas compris comme vous la confusion de la motion Aubry. Ayant simplement des doutes sur les personnalités variées qui la soutenaient. Mais il en allait de même chez la A et la E (Guérini !). Mais avec le maintien de Aubry... je me pose bien plus de questions.
Peut-être pourriez vous nous refaire un point sur les positions européennes des 3 courants restant en lice ?
A Fantie B., Seule la motion C (Hamon) est restée sur la position ayant conduit au non au référendum. La motion E est clairement sur une position proche de celle ayant conduit au oui. Quant à la D elle dit avoir dépassé cette divergence sans que son texte, de mon point de vue, soit convaincant. Elle rend encore plus tactique, au mauvais sens du terme, les positions de Fabius lors du référendum, de la présidentielle et de ce congrès. J'avoue être très déçu par Aubry qui n'aurait pas du s'embarquer dans la galère de la motion D.
Merci de votre réponse. Je me demande vraiment si des textes nouveaux et précis sur l'économie et donc l'Europe (niveau décisionnel) vont être produits par les 3 candidats, ou bien s'ils vont demander aux adhérents du PS de se prononcer sur ... Sur quoi, alors ?
Je viens faire la mouche du coche en émettant une hypothèse sur la difficulté de positionnement du PS : la question du rapport de classes dans la société évacuée par ce parti (un peu pris en compte par Hamon, et parfois légèrement par Aubry) . Ce parti n'est pas celui qui peut vraiment écouter et représenter les intérêts des classes populaires compte tenu de l'origine sociale de beaucoup de ses représentants (classe moyenne et produits des grandes écoles) et puis de son histoire (il y avait le PC pour ça). Mais ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, et que certains taxeraient de populisme : il n'y a pas que des ouvriers qui peuvent représenter des ouvriers, bien sûr. Cependant, je ne crois vraiment pas que ce sont des discours compatissants et pleins d'humanisme de pacotille (du type : aimons-nous, mes frères) qui peuvent aider à poser la grave question du partage des richesses, à mener une pensée politique pour ce 21ème siècle. Je pense qu'il faut poser la question du rapport des forces, ce qui ne veut pas dire attiser la violence : j'aimerais voir dresser la carte de la situation (inégalités en France, ses lieux, ses courroies de transmission - état des lieux de l'Europe : dumping social et fiscal ....- clarification des nouvelles alliances possibles au plan mondial ... ) et construire des projets, fondés sur une vision du monde (type motion F, ce n'est qu'un exemple) qui ne masquent pas l'inévitable, à savoir, si certains doivent gagner plus, c'est que d'autres doivent gagner moins ; et là, il y aura "lutte", on ne peut le cacher sous peine de prendre les gens pour des imbéciles (lutte ne veut pas dire violence, je le répète, mais plutôt sens des radicalités fondé sur des convictions). C'est bête mais évident, et le maintenir dans le non-dit empêche la pensée, de mon point de vue (comme l'empêche tout refoulement). En attendant, moi je rame et d'un coup de rame supplémentaire, je vais aller voir ces partis en construction comme vous le dites. Allez, gardons le sourire, et merci de ces discussions partagées. Marielle Billy
Marielle, nous serons quelques uns à ramer avec vous, en essayant de garder l'esprit ouvert, mais fixé sur la grande question que vous évoquez. -Faut-il définitivement abandonner l'idée de changer de système économique, et donc, se borner à proposer des rustines sur le capitalisme, pour soulager un peu les souffrances qu'il engendre? -Peut-on changer radicalement de système, sans effusion de violence, voilence qui, l'histoire le monte, ouvre les opportinités aux "plus forts "? -Ou peut-on encadrer ce système, encadrer l'économie par la politique, une politique pluraliste qui laisse les contre-pouvoirs jouer leurs rôles respectifs dans la clarté ? (media, lobbies, syndicats, luttes sociales, environnementales, luttes pour les droits, luttes locales...)
Je vous conseille de relire la critique de la social démocratie par Rosa Luxemburg (contre bernstein). C'est très intéressant. Il n'y a qu'une chose pour arrêter le capitalisme, c'est l'achever. Il s'auto détruira par le manque de ressources et par les guerres. Et il y aura violence car l'état est au service de ce système. Et les syndicats (elle l'explique très bien) si au début ils arrivent a corriger le systéme, plus le systéme aura de crises et plus le taux de profit baissera plus ils seront condamné à défendre les acquis et finalement à reculer sous la pression (concurrence, mondialisation). Donc il faut la dictature du prolétariat ... Si vous voulez vous intégrer dans la démocratie bourgeoise, il faut assumer ! Et comprendre que vous ne ferez que retarder l'inéluctable. Moi je suis pour le moins de souffrance possible, en attendant.
Je conseille, pour ma part, la lecture du remarquable billet sur Mediapart de Philippe Corcuff et son approche du « face-à-face à venir du capitalisme humanisé et de l’anticapitalisme rénové ».