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Promenade au "Bois de la Tuerie"
Pour rendre hommage aux morts de la Grande Guerre, François Hollande, s'est rendu dans la Marne, au Cimetière du Bois de la Gruerie, près du village de Vienne-le-Chateau.
Pendant la guerre de 14-18, Vienne-le-Chateau se trouvait sur la ligne de front et fut le théâtre des assauts les plus meurtriers de la région. Les lignes françaises et allemandes se trouvaient seulement à quelques mètres les unes des autres et elles n'ont pas bougé pendant les quatre années de guerre. Les combats cessèrent le jour de l'armistice, le 11 novembre 1918. Tellement les combats ont été meurtriers, que les poilus appelaient ce lieu "Bois de la Tuerie". Sur une superficie de 9,8 hectares, 36,206 corps de militaires morts pour la France ont été recueillis. "Le 11 Novembre doit rester le rappel des ravages des nationalismes à cette époque où nous observons la remonter des égoïsmes et des peurs des nations", dit-il.
Monsieur Hollande n'est pas favorable au projet du Président Sarkozy qui voudrait transformer le 11 Novembre en une sorte de "Memorial Day" comme aux Etats-Unis où les morts de toutes les guerres sont commémorés le même jour. "Chaque commémoration doit garder sa signification spécifique", dit-il. "Le Président de la République doit rassembler, il doit permettre le "vivre ensemble" plutôt que de favoriser la division." dit le candidat socialiste.


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DISCOURS IMPOSSIBLE DU 11 NOVEMBRE
Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens, chers enfants des écoles,
en ce jour commémoratif de la fin de la Première Grande Boucherie Mondiale, je tiens à vous dire combien je suis écoeuré, dégoûté, atterré, de constater que tous ceux qui ont participé à cette guerre fraîche et joyeuse ont été trompés, méprisés, voire ridiculisés.
Cela a commencé par un superbe bourrage de crâne, où l’Eglise et l’Ecole Primaire devenue obligatoire depuis peu se sont alliées pour inculquer à plusieurs générations la nécessité de récupérer l’Alsace et la Lorraine.
On a accumulé les neuvaines, enfilé les pardons, glorifié Jeanne d’Arc dont a acheté la sainteté au Vatican toujours en manque d’oseille, encouragé les jeunes au sacrifice suprême.
Les « hussards noirs » de la République ont fait manœuvrer les enfants, leur ont parlé de « revanche », de « gloire », de « sacrifice » et ces jeunes cerveaux ont été si bien conditionnés que l’Etat-Major a été stupéfait de la faiblesse du nombre de réfractaires lorsque l’on a rappelé sous les drapeaux les dernières classes.
Certes, on avait eu droit à des discours pacifistes, à des mises en garde, qui coûtèrent la vie à Jaurès. Les syndicats, tout jeunes, eux aussi, ont très vite retourné leur veste et tu leur antimilitarisme.
Mais que pèse un Jaurès devant la puissance des maîtres de forges, devant les puissances de l’argent ?
Rivalités d’Empires, besoin d’espace vital, élargissement des marchés, le tout goupillonné au plus haut niveau, avec une papauté derrière l’Empire Austro-Hongrois, face à une France honnie à cause de sa laïcité, de son esprit républicain, de son indépendance d’esprit.
Ah ! Ils sont partis, en août 14, des deux côtés de la frontière, la fleur au fusil, avec Berlin ou Paris « avant Noël ».
Guerre de matériel où tout un peuple ne fait plus qu’un pour vaincre l’autre. La haine à l’état impur. Et la terre tout imprégnée de sang, toute bouleversée des explosions, une végétation réduite à néant, et des morts et des blessés, et des estropiés à vie par millions.
Génération sacrifiée qui a cru, un moment, au regard des sacrifices qu’on lui avait imposés qu’elle avait fait « la der des ders ».
Tu parles ! Les survivants enverront leurs propres enfants au casse-pipe au cours d’une autre sale boucherie et tout cela pour la finance, l’industrie, et la bourgeoisie mondiale, mais au nom des valeurs humanistes, de la Civilisation contre la Barbarie. Nos troupes coloniales ont su apprécier notre originale supériorité et dans la civilisation technologique, et dans la barbarie.
Car, en vérité, la mondialisation a réellement commencé en cette première guerre mondiale. Il n’y a qu’à visiter certains cimetières militaires pour constater que cette jeunesse fauchée par la camarde venait non seulement de toutes les régions d’Europe, mais aussi de tous les continents. Soudain, en quelques mois, les matières premières ont été amenées vers l’Europe, puis les USA ont mis en branle leur formidable pouvoir d’industrialisation et ne se sont jamais remis de cette économie de « guerre totale ».
Chaque année, depuis le 11 novembre 1919, nous fêtons l’anniversaire de l’armistice de 1918, « pour que plus jamais ça » ne revienne.
Vaste rigolade.
Occasion de rassembler des citoyens dans l’émotion qui n’a jamais servi de leçon à quiconque et moyen d’aller boire un coup aux frais de la municipalité. S’en suit un banquet d’anciens combattants de plus en plus clairsemé et basta jusqu’à l’an prochain. Entre temps, on aura continué à fabriquer des anciens combattants, dans la guerre du Rif, à Madagascar, en Europe centrale, puis un peu partout entre 39 et 45, en Indochine, en Algérie, au Moyen-Orient, au Tchad, et je ne parle pas de l’Afghanistan.
Mes chers concitoyens, faudrait-il croire que la guerre est indissociable de notre façon de vivre ? A peine commençons-nous à rentrer de Kaboul, à peine en avons-nous terminé avec une Libye écrasée sous nos bombes, que des bruits de bottes et des explosions s’annoncent sur l’Iran tandis que Bachar, le Lion, écrase systématiquement son peuple sans que cela ne nous tire trop de larmes.
Alors ? Que faisons-nous, réunis ici autour de ce monument aux morts ? A quoi sert cette commémoration qui n’a jamais empêché un seul conflit ?
Fort heureusement qu’ont été enterrés tous les survivants de 14-18. Leurs petits enfants, leurs arrière-petits-enfants, et leurs arrière-arrière-petits enfants se marient entre eux : allemands et français, autrichiens et anglais, belges et hongrois…
Depuis des décennies, ceux qui prennent la parole devant ces gerbes enrubannées, parlent de vous comme des héros.
J’ose espérer que nul d’entre vous n’entend de tels mensonges. Car en vérité, vous n’aurez été à jamais et pour toujours que des cocus magnifiques, comme nous le sommes aujourd’hui face aux puissances de l’argent qui nous grugent quotidiennement.
11/11/2011
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pour cette cause , je suis d'accord avec ce principe,
sarkozy qui a décider de mettre les soldats français dans le bourbier afghan, ne trouve pas mieux que cette façon pour faire valider son choix de COBINNARD MUTANT !
@ PATRICK G,
Non, soyons honnêtes.... au départ c'est le duo Chirac-Jospin, après les attaques du 11 septembre 2001, et le vote de l'ONU qui nous ont mis dans le bourbier Afghan.....en envoyant les militaires Français se battre en Afghanistan.... et ensuite N. Sarkozy en réintégrant la France dans le commandement militaire de l'OTAN a fait allégeance à G.W. Bush, comme il l'a fait envers B. Obama quand ce dernier demanda plus d'implication militaire française..... et cela sans que le peuple français ne soit consulté... alors que l'opinion publique est majoritairement opposée à cette intervention militaire.
c'est vrai, néanmoins l'attirail propagandiste est utilisé par celui ci
merci pour la précision...
je vous renvoi un lien vidéo qui rappel d'autre envois de militaires à l'étranger qui sont sur zone à protéger les émirs ! Suite aux accords pour une base dans le golfe persique , armements et Rafales , plus de 500 hommes, ce qui oblige l'Etat français de prendre part à défendre ces pays en cas de conflit régional . En fait l'armée Française utilisée comme "entité de mercenaires" à l'attention des riches propriétaires de l'or noir et dans l'espoir de vendre des Rafales de Dassault , un tolier privé ...En plus a l'époque les 4 EPR Abou Dabi étaient aussi dans le deal ! Sarko OOOO !
Jospin, c'était et c'est un crétin qui a finit le boulot de Mitterand à travestir les idéaux de la gauche en pactisant avec le libéralisme, tout comme l'assemblée nationale en 40 qui avaient salué l'antisémite Pétain !
http://www.dailymotion.com/video/xbpu35_revue-de-voeux-et-mots-de-cabot_news
SARKOZY oubli que bien des guerreS qui ont fait des morts, ont l'objet d'envoi de troupes que pour garder des avantages des amis très riches amis avec le pouvoir. IL faut retirer au plus vite nos troupes en afganistan et en lybie. Car leur envoi n'a été que pour servir l'orgueil de notre Président. Je crois inadmissible que l'on est invité des enfants en bas âge pour êtres près de SARKOZY pour la cérémonie de comémoration. Pour moi l'essentiel c'est dénoncer les raisons de guerre inutiles. ainsi que les massacre que nous avons commis sur des personnes innocentes. Dont j'ai été témoin et c'est avec honte que malgré moi j'en ai été témoin et que je n'oublierais jamais. Le fait de rassembler en un seul jour n'est pas l'essentiel, c'est le pourquoi des guerres et les conséquences humaines de tous les camps bien souvent innocentes
DISCOURS IMPOSSIBLE DU 11 NOVEMBRE
Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens, chers enfants des écoles,
en ce jour commémoratif de la fin de la Première Grande Boucherie Mondiale, je tiens à vous dire combien je suis écoeuré, dégoûté, atterré, de constater que tous ceux qui ont participé à cette guerre fraîche et joyeuse ont été trompés, méprisés, voire ridiculisés.
Cela a commencé par un superbe bourrage de crâne, où l’Eglise et l’Ecole Primaire devenue obligatoire depuis peu se sont alliées pour inculquer à plusieurs générations la nécessité de récupérer l’Alsace et la Lorraine.
On a accumulé les neuvaines, enfilé les pardons, glorifié Jeanne d’Arc dont a acheté la sainteté au Vatican toujours en manque d’oseille, encouragé les jeunes au sacrifice suprême.
Les « hussards noirs » de la République ont fait manœuvrer les enfants, leur ont parlé de « revanche », de « gloire », de « sacrifice » et ces jeunes cerveaux ont été si bien conditionnés que l’Etat-Major a été stupéfait de la faiblesse du nombre de réfractaires lorsque l’on a rappelé sous les drapeaux les dernières classes.
Certes, on avait eu droit à des discours pacifistes, à des mises en garde, qui coûtèrent la vie à Jaurès. Les syndicats, tout jeunes, eux aussi, ont très vite retourné leur veste et tu leur antimilitarisme.
Mais que pèse un Jaurès devant la puissance des maîtres de forges, devant les puissances de l’argent ?
Rivalités d’Empires, besoin d’espace vital, élargissement des marchés, le tout goupillonné au plus haut niveau, avec une papauté derrière l’Empire Austro-Hongrois, face à une France honnie à cause de sa laïcité, de son esprit républicain, de son indépendance d’esprit.
Ah ! Ils sont partis, en août 14, des deux côtés de la frontière, la fleur au fusil, avec Berlin ou Paris « avant Noël ».
Guerre de matériel où tout un peuple ne fait plus qu’un pour vaincre l’autre. La haine à l’état impur. Et la terre tout imprégnée de sang, toute bouleversée des explosions, une végétation réduite à néant, et des morts et des blessés, et des estropiés à vie par millions.
Génération sacrifiée qui a cru, un moment, au regard des sacrifices qu’on lui avait imposés qu’elle avait fait « la der des ders ».
Tu parles ! Les survivants enverront leurs propres enfants au casse-pipe au cours d’une autre sale boucherie et tout cela pour la finance, l’industrie, et la bourgeoisie mondiale, mais au nom des valeurs humanistes, de la Civilisation contre la Barbarie. Nos troupes coloniales ont su apprécier notre originale supériorité et dans la civilisation technologique, et dans la barbarie.
Car, en vérité, la mondialisation a réellement commencé en cette première guerre mondiale. Il n’y a qu’à visiter certains cimetières militaires pour constater que cette jeunesse fauchée par la camarde venait non seulement de toutes les régions d’Europe, mais aussi de tous les continents. Soudain, en quelques mois, les matières premières ont été amenées vers l’Europe, puis les USA ont mis en branle leur formidable pouvoir d’industrialisation et ne se sont jamais remis de cette économie de « guerre totale ».
Chaque année, depuis le 11 novembre 1919, nous fêtons l’anniversaire de l’armistice de 1918, « pour que plus jamais ça » ne revienne.
Vaste rigolade.
Occasion de rassembler des citoyens dans l’émotion qui n’a jamais servi de leçon à quiconque et moyen d’aller boire un coup aux frais de la municipalité. S’en suit un banquet d’anciens combattants de plus en plus clairsemé et basta jusqu’à l’an prochain. Entre temps, on aura continué à fabriquer des anciens combattants, dans la guerre du Rif, à Madagascar, en Europe centrale, puis un peu partout entre 39 et 45, en Indochine, en Algérie, au Moyen-Orient, au Tchad, et je ne parle pas de l’Afghanistan.
Mes chers concitoyens, faudrait-il croire que la guerre est indissociable de notre façon de vivre ? A peine commençons-nous à rentrer de Kaboul, à peine en avons-nous terminé avec une Libye écrasée sous nos bombes, que des bruits de bottes et des explosions s’annoncent sur l’Iran tandis que Bachar, le Lion, écrase systématiquement son peuple sans que cela ne nous tire trop de larmes.
Alors ? Que faisons-nous, réunis ici autour de ce monument aux morts ? A quoi sert cette commémoration qui n’a jamais empêché un seul conflit ?
Fort heureusement qu’ont été enterrés tous les survivants de 14-18. Leurs petits enfants, leurs arrière-petits-enfants, et leurs arrière-arrière-petits enfants se marient entre eux : allemands et français, autrichiens et anglais, belges et hongrois…
Depuis des décennies, ceux qui prennent la parole devant ces gerbes enrubannées, parlent de vous comme des héros.
J’ose espérer que nul d’entre vous n’entend de tels mensonges. Car en vérité, vous n’aurez été à jamais et pour toujours que des cocus magnifiques, comme nous le sommes aujourd’hui face aux puissances de l’argent qui nous grugent quotidiennement.
11/11/2011
Il ne faut pas confondre toutes ces personnes mortes dans des combats que l'on allait chercher dans leurs champs ou dans leurs usines et que l'on envoyaient à la mort et tous ces fonctionnaires de la guerres qui touchent de très bonnes primes lorsqu'ils sont envoyés à l'étranger.
Le 11 Novembre est le jour de commémorations des morts à la guerre mais qui n'ont rien demandé.
Pour ceux dont c'est le métier il n'y a pas de jour car quand on voit tout ces ouvriers, bâtiment, industrie.., qui meurent chaque année pur la France, il n'y a pas de jour de commémoration.
Oui, un jour pour ceux qui n'ont rien demandé ! La chair à canon ! Sinon, pourquoi pas aussi y inclure tous les "mercenaires" qui ont travaillé pour la Françafrique...
Basse propagande électorale et confusion mentale sarkozyenne.... comme d'habitude ! ...
Comment peut-on confondre une armée de conscription ou plusieurs millions de braves types furent envoyés contre leur gré vers l'une des plus grande boucherie de l'Histoire européenne, sous couvert d'un patriotisme béat.... même s'il est vrai que le territoire français était envahi.... et faire l'amalgame avec les guerres coloniales, ou encore avec l'intervention militaire occidentale en Afghanistan, ou des armées de militaires professionnels occupent ce pays dans un but uniquement stratégique et économique ?.. Un "Memorial day" ou un "Veterans day" à l'américaine.... ou l'on mélange tout....sans se poser de question, c'est beau, c'est bon.... circulez, il n'y a rien à voir... cela permettra peut-être de supprimer la journée du 8 mai 1945, commémorant la victoire des alliés sur les nazis ainsi que la capitulation sans condition de l'Allemagne....
On supprimera cette journée de congé au nom de la dette....souvenons nous que Charles de Gaulle avait supprimé le caractère férié de cette journée par décret en 1959, et que c'est à la demande de François Mitterrand que cette commémoration et ce jour férié furent rétablis.......
Donc cet amalgame de N. Sarkozy est loin d'être innocent.... et cela lui permettra encore de se la jouer "gaulliste" .... lui qui met cette idéologie populo-nationaliste à toutes les sauces.... du moment qu'elles le servent.
Il est vrai que désormais l'Histoire est enseignée de manière parcellaire aux futures générations, donc la propagande élyséenne va dans ce sens.....moins on en sait et moins on réfléchit sur les raisons des conflits armées.....et mieux l'oligarchie politico-financière mafieuse du Fouquet's se portera...
Quand on entend l'inéffable éminence grise Henri Guaino, annoncer sur les ondes de France-Inter, que Charles Pasqua est un "grand républicain"....... ne soyons pas surpris....
Et en plus, notre guignol élyséen s'entoure des enfants de pauvres types tombés au combat en Afghanistan pour conforter ses dires..... on en a la nausée, tellement la ficelle est grosse.....et obscène....
Sur ce sujet, je ne peux qu'être d'accord avec F. Hollande.
La position de François Hollande me paraît tout à fait juste. Non seulement elle déjoue les intentions manipulatrices de la proposition de Sarkozy, mais respecte la respiration de l'Histoire. Quant à l'idée du "Mémorial Day", elle est la très bienvenue, mais une autre journée et au niveau européen......en attendant qu'elle devienne un jour mondiale. On a le droit de rêver, d'espérer et de croire en ce qu'il y a de plus beau dans l'être humain.....et que celui-ci finisse par triompher….
Il faut bien allumer des contre feux pour cacher le torrent des erreurs du régime en place, on manipule les enfants, on manipule les morts, peu importe il faut rester au pouvoir; la voie est celle du prédateur ignoble qui ne fait mention d'aucune close morale, seul le pouvoir doit rester pour la plutocratie et le népotisme absolu .Les français ont versé et continuent à verser leur sang pour des intérêts qui sont ailleurs et qui ne sont ni les siens , ni ceux de l'humanité...alors utopie garde nous l'espoir et que la voie que nous devons chercher échappera à cela qui veulent faire de nos tourments et de nos morts la monnaie de leur commerce pitoyable.
Indigné, conscient, résitant, lucide chassons les miasme du pouvoir des profiteurs exploiteurs de notre planète et de notre monde vivant!
François H montre nous que tu peux le faire! que les morts de la guerre ne sont ni gloire , ni honneur, seulement douleurs, souffrances inutiles et que ceux qui parlent de liberté sont les esclaves de ceux qui controlent le fouet et les chaines pour leur seul profit.
(Extrait d'un roman)
Le Onze Novembre. Avec les écoliers rassemblés sous le monument aux morts, écharpe à ras ton nez rougi, touillant du bout de la galoche le gravier gris du cimetière, dans le silence des regards baissés, tu entendais sans bien comprendre le clairon corner lentement la lugubre sonnerie « Aux Morts ». Ce monument couvert de noms en colonnes, sagement gravés au sang (et pourquoi parlait-il d’enfants morts, il y avait là comme une antinomie ; tu l’aurais peut-être comprise si tu avais su qu’avant de mourir, ils criaient parfois maman). Ce monument ceint de quatre obscènes obus liés par d’énormes chaînes marronnasses, montrant une mère muette les yeux dans les mains, tête penchée sur le cadavre de son petit soldat de bois mort couché raide en sa capote de pioupiou. Ce monument entouré d’hommes au regard fixe pour ne pas être perdu, jeunes alors, qui vieilliraient à la même place, un peu ridicules d’encore cacher leurs larmes derrière une moustache tremblante face à des gens dont l’indifférence polie croîtrait avec le temps, allant jusqu’à les supposer responsables d’une guerre qu’ils avaient faite malgré eux. Ils portaient des médailles forgées du métal qui avait tué leurs frères de la boue. Ils portaient des drapeaux dont le rouge rappelait leurs pantalons garance, qui fournirent si belles cibles aux balles ennemies et si bon argent aux filatures de l’arrière. Ils portaient l’auréole d’une gloire tressée par des pouvoirs soulagés de ne pas devoir rendre aux morts des comptes de l’ignominie qui avait brisé leur jeunesse, brisé celle de leurs amours statufiées en éternelles veuves de guerre, brisé la vieillesse de leurs parents soudain orphelins, brisé l’enfance de leurs petits condamnés à grandir sans la force d’un père.
Tu les voyais agrippant des drapeaux, coiffés de calots que l’âge ferait glisser de traviole, le bras confisqué par un obus, le visage haché par un éclat de mitraille, la jambe égarée quelque part dans un champ pourri des Ardennes, dans ces forêts dont les arbres de maintenant ont pour sève le sang des morts de jadis, dans ces pays de cauchemar ouverts à tous vents d’invasion et crevés d’âge en âge par des hordes accourues de l’Est. Mais si le corps se tenait là devant toi, droit comme un if, ou appuyé sur un pilon, ou pire voituré par un proche, l’âme courait toujours cette terre de déraison, Côte de l’Homme Mort ou Chemin des Dames – beau nom pour le plaisir – et l’horreur qu’ils y trouvèrent.
Un jour tu vis une carte postale : le petit Pierre à genoux dans son blanc lit-cage, chemise aux plis sages, yeux clairs pointés au ciel, priant Dieu que Papa soldat revienne. (Celui-ci, en surimpression de la bercelonnette, la moustache bien lissée, lisait attendri une lettre de la mère sur fond de verdure mirlitonnante – alors qu’il pataugeait dans l’indescriptible). Bon sang, ce n’était pas à Lui de l’exaucer, mais à Guillaume, à Joffre, à Nivelle, à tous les autres, à toutes les badernes, à toutes les bedaines galonnées qui auraient été trop lourdes pour jaillir des tranchées, trop raides pour courir sous les rafales, trop délicates pour dormir sur la merde des feuillées ! Oh, rendre les pères, ils le firent. Dans un cercueil. Quand on le put.
Tu t’étonnais de ce voisin dont le seul aliment était du lait : l’ypérite ne t’aurait rien dit. Son régime dura dix ans. Tu ne vis pas cette voisine, apprenant la disparition de l’aimé, glisser avec son sourire l’avis de décès sous une pile de draps, que l’un et l’autre n’en ressortent jamais (d’ailleurs, l’avait-elle vraiment reçu). Ni celui-là, arrêtant le travail un certain jour de l’année, non pour le repos mais par incapacité d’affronter autrement qu’à l’écart l’anniversaire de son innommable à lui, ainsi le chat s’isole quand il va mal. Le seul à te faire rire fut la forte tête qui, attendant vainement un ruban mérité, jurait de le refiler à son chien. Le jour enfin venu, il n’eut pas cette audace, s’en voulut, et cessa de plaisanter. Tu ne compris que bien plus tard le silence des hommes du village ou de la famille dès qu’on évoquait La Guerre, dont tu n’avais eu d’échos qu’assourdis : murés dans la douleur, déchirés entre le désir de chasser encore les ombres revenant chaque nuit et la peur de perdre à nouveau leurs voisins de souffrance, taraudés par l’idée que nul ne pouvait comprendre, et qu’au fond, tout le monde s’en foutait. Tu ne les entendras jamais parler des mutins de 1917, ni eux ni personne, d’ailleurs, qui le sut. Ceux-là, morts pour tous, morts pour rien. Pour rien ? Non, pour l’honneur des ganaches.
Toute cette armée en gris sale dont tu ne découvris que bien plus tard l’immensité, tous ces hommes si nombreux et si seuls, la Grande Muette en avait fait des infirmes. Et surtout, des muets.
La commemoration de la premiere guerre mondiale ne doit pas etre remplacee par un fourre-tout a la "gloire" de gens morts en tuant leurs semblables.
La Grande Guerre doit d'autant plus etre specifiquement commemoree qu'on a vu ce que les "der des der" proclames par les politiciens francais ont donne par la suite: accords vexatoires contre l'allemagne qui se retrouva coupee en 2, ....
La premiere guerre mondiale est aussi le socle fondateur de l'Europe, qui a ete finalement construite apres une seconde guerre entre la France et l'Allemagne.
Et pas seulement de l'Europe: l'ONU aussi, qui est une structure de dialogue entre nations qui a evite bien des guerres et sauve bien des vies.
Je pense que ce n'est pas des lettres de Guy Moquet ventant le sacrifice des jeunes qui doit etre transmise par notre ecole (a la facon des discours qui ont justement encourage les jeunes allemands et francais a se faire tuer si stupidement en 1914/18), mais la memoire des erreurs du passe, dont la Premiere Guerre Mondiale fait eminament partie.