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AC Le Feu allume la banlieue
Le collectif AC-Le Feu, créé après les émeutes de 2005, lança mercredi 9 novembre une campagne pour encourager les jeunes des quartiers populaires à s'inscrire sur les listes électorales en vue de l'élection présidentielle de 2012. Cette association, comme d'autres, constate que le fossé ne cesse de grandir entre les partis politiques et les classes populaires. Ils sont préoccupés par la situation sociale et économique dans ces villes, les banlieues, qu'ils pensent les politiques nationaux, droite et gauche, ont tendance à ignorer. Le taux d'abstention dans les banlieues lors des dernières élections cantonales, 56% d'abstention en moyenne, a battu tous les records. Et pourtant, la citoyenneté ainsi que la volonté de vouloir briser les préjugés sont bien vivaces en banlieue.
S'inspirant du mouvement "rock the vote" aux Etats-Unis qui avait été fondamental dans l'élection de Barack Obama à la Présidence des Etats-Unis, AC Le Feu a fait venir des artistes et comédiens tels Jamel Debbouze, La Fouine, Black Barbie, Kamel le magicien, Grand Corps Malade, Yvan Le Bolloc'h, à Clichy-sous-Bois qui se sont succedé au micro pour livrer un message devant les 400 jeunes et moins jeunes: "inscrivez vous! Votez pour qui vous voulez mais votez! Ne négligez pas le pouvoir que vous avez entre les mains!" (Dans son discours, Jamel Debbouze a laissé apparaître un penchant très nette pour les Verts-Europe Ecologie.)
Après les évènements de 2005 et les années suivantes, Mohamed Mechmache, président d'AC Le Feu, s'étonne que les partis politiques continuent d'afficher leur désintérêt pour cet électorat. "Les partis insistent beaucoup sur le déclassement de la classe moyenne, mais pas du tout sur la ségrégation des quartiers populaires... que ce soit pour la droite et sa politique agressive de désunion nationale, ou pour la gauche et sa politique "d'union sélective".


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On comprend facilement le désintérêt pour les élections: L'impression que la gauche et la droite se valent dans les promesses non-tenues.
Les mois jeunes qui ont pu "apprécier " la petite ère de gauche de 1981 (quinze à vingt ans déjà) et le souvenir n'en est pas impérissable, beaucoup de déceptions sont restées et ce n'est pas les figures de quelques célébrités de l'époque (hors Badinter) qui vont remonter la cote (Dumas! Kiejman! Tapie! ...etc...).
La gestion extrèmement dépensière des Conseils de région ou de département ( construction des Hôtels de région, administration pléthorique pour placer les "amis", subvention à la tête du client ...) ne donne pas l'envie de faire confiance à la gauche. La conduite de certains députés et sénateurs (Pastor, Guérini, ...et d'autres) apparemment bien tolérée par le(s) parti(s) entretient la rumeur du "tous pourris".
Vu de la base, " l'offre " politique n'est pas " brillante " et beaucoup d'électeurs s'abstiennent, à tort sûrement. Et ce n'est pas quelques discours de plus qui vont changer leur point de vue!
Ségolène Royal - trop seule- n'a pas pu réactiver le vote des banlieues aux primaires ( peut-être s'est elle trompée d'élection ? ) . Pourtant elle ne s'est pas trompée en faisant campagne contre le cynisme qui consiste, à gauche, à laisser tomber cette catégorie de la population qui n'aurait plus de conscience politique . La perte de confiance n'est pas irréversible , sortir les banlieues de l'isolement individuel dans lequel on a cantonné- volontairement- sa population et permettre à une culture contestataire vivace de se transformer en force électorale : ce doit être l'un des combats majeurs de la gauche pour 2012 ( n'en déplaise à Terra-Nova ) .
Il est prouvé qu'aux USA, l'augmentation du vote des quartiers populaires pour les dernières présidentielles s'explique par l'originalité des propositions d'Obama (qu'il n'est pas tenu toutes ces promesses après, est une autre affaire...). Donc, on peut aussi imaginer qu'en France, un candidat véritablement original (jeune, au parcours difficile et originaire de quartier populaire, avec propositions sociales et économiques originales et voire révolutionnaires, en tout cas courageuses...) pourrait peut-être mobiliser les banlieues pour les élections. Il ne suffit pas de faire des injonctions, il faut prouver que le jeu en vaut la chandelle... Or, aucun candidat n'est d'origine populaire et nous propose un discours véritablement original, courageux avec une véritable connaissance de la vie sociale des quartiers pop.
Bin oui, faudrait un candidat issu des quartiers, qui n'ai pas fait de politique et qui parle djeun's...
Ou comment "guettoïser"encore plus des personnes qui sont des citoyens comme les autres (qu'ils ne soient pas considérés comme tels par certains et depuis longtemps est un autre débat).
L'initiative d'AC est bien évidement importante, mais elle n'est pas la seule... les assemblées citoyennes qui se mettent en place partout en France sont autant d'espace de rencontres, de débats où l'on parle politique (c'est à dire de l'organisation de la société dans tous ses aspects)...Que le Front de Gauche en soit l'un des instigateurs n'empêche nullement que les citoyens d'où qu'ils soient, s'en emparent et "utilisent" cet "outil"pour faire entendre et valoir leurs voix...
Le programme du Front de Gauche qui s'intitule "l'humain d'abord"constitue une base de réflexion et d'action déjà bien avancée, mais n'est pas une "bible" avec des articles de lois à suivre à la lettre, mais l'ouverture d'un chemin où tous les citoyens s'impliquent, réfléchissent et agissent dans l'intérêt général par eux-mêmes défini...
A chacun de s'exprimer de la façon qui lui est propre, mais un programme qui s'intitule "l'humain d'abord"s'adresse à tous, sans discrimination et porte haut et fort la devise républicaine liberté égalité fraternité qu'il convient par tous et pour tous, de rendre concrête...
Place à l'humain, place au(x) peuple(s) !
De tout côté le calcul est cynique: pourquoi dépenser de l'énergie pour une population qui ne se rend pas aux urnes?
Autant essayer de convaincre ceux qui vont voter mais ne savent pas quoi , en gros!
Martin Luther King avait tenté de mobiliser en son temps sur l'idée qu'un bulletin de vote est une balle! ("a ballot is bullet"). En France on n'a pas la culture des armes, l'argument sera sans doute moins porteur.
Mais il me semble que si les gens des quartiers ghettoisés se déplaçaient massivement dans les bureaux de vote, il y en a beaucoup dans les partis qui y réfléchiraient à deux fois avant de négliger cette frange de l'électorat.
Il ne suffirait plus d'avoir son beur alibi, ou son association bonne conscience.
AC Le Feu était formidable en 2005 et l'est toujours en 2011 !
On ne les a pas assez vus et entendus entre les deux.
Bravo à ces artistes qui ont répondu à l'appel avec leurs
noms de féérie: Djamel, la Fouine, le Magicien...
En dehors de la traditionnelle opposition droite/gauche, les Verts avec Eva Joly, l'incorruptible, redonne de la confiance, de l'espoir, l'envie de se rendre aux urnes.. Non ? Voici leur réaction à un rapport sur la pauvreté :
L’autonomie de la jeunesse n’est pas un risque, c’est une chance pour notre pays. Pour la favoriser, Eva Joly supprimera toutes les discriminations liées à l’âge en matière d’accès aux minimas sociaux et fera de la lutte contre la précarité (stages contrats atypiques…) sa priorité.
Enfin, un revenu minimum sera attribué à tous les étudiants et jeunes actifs par un complément de revenu quelles que soient leurs activités : études, périodes d’orientation et d’exploration, engagement volontaire ; formation professionnelle ou modules d’accès à l’emploi.
http://evajoly2012.fr/2011/11/08/eva-joly-reagit-au-rapport-du-secours-catholique-sur-levolution-de-la-pauvrete-en-france/