La cocaïne nuit à la santé (de la planète)
Récemment, un meeting au Muséum d'histoire naturelle de Londres a été l'occasion d'évaluer l'impact environnemental du commerce de la cocaïne : stupéfiant !
D'après la chercheuse Liliana Davalos, un gramme de cocaïne produit conduirait à quatre mètres carrés de déforestation, et donc de mise en péril de l'exceptionnelle biodiversité colombienne. Bilan : 100 000 hectares déboisés par an.
Rajoutez à cela les herbicides nécessaires à la pousse de la coca. Ne pas oublier les 20 millions de litres d'acétone, 13 millions de litres d'essences, et 81000 litres d'acide sulfurique nécessaires annuellement pour extraire les substances psychotropes. Aux dernières nouvelles, ces produits toxiques ne sont pas ramenés à la déchetterie locale, mais plutot gaiement rejetés dans les rivières. Joie.
Evidemment, il faut ensuite transporter la cargaison hors de la zone de production, donc vous rajoutez le déboisement pour les routes et toutes les conséquences écologiques qui en découlent, le trafic routier, et merci pour le bilan carbone. Sachant qu'il n'est pas rare que ces aménagements traversent joliment des zones préservées. Ce n'est pas fini : mettez aussi dans la balance les herbicides anti-coca qui sont répandus par le gouvernement colombien dans sa lutte contre les narcos, et le déboisement consécutif à la migration permanente des producteurs d'un point à un autre.
Reste à voir si le surgissement, dans le débat public, de ce décompte peu réjouissant entraînera des modifications comportementales chez les leaders d'opinion et les vedettes si promptes à se déclarer éco-compatibles ! Oui, je sais, je me vautre dans le politiquement correct et on peut éventuellement en sourire, mais alors sans perdre de vue la tendance problématique à la banalisation de cette consommation.
Taquine, une des collègues du Dr Davalos, Sandy Knapp, a suggéré de revenir à la bonne vieille consommation de café, que l'on peut cultiver en assurant une biodiversité quasi similaire à celle de la forêt sauvage. Ami fêtard, un bon expresso et ca repart ( ne t'en fais pas un rail pour autant)...


Tous les commentaires
Il s'en passe dans les Muséums d'histoire naturelle ! Un meeting sur l'impact environnemental de la coca mais peut-être s'étaient-ils dopés au coca.... C'est décidé je reste accro au café !
Pour diminuer l'intérêt économique de la production de la cocaïne, je pense que l'on pourrait légaliser ce produit. Alors, comme cela s'est déjà produit à la fin de la prohibition de l'alcool aux Etats-Unis, la production redeviendrait celle d'une denrée comme une autre au prix bas contrôlé et avec de critères de qualités exigés par les instances de contrôle internationales. Le commerce et la vente du produit pourrait en outre être taxé par des impôts qui permettraient de financer les campagnes de prévention de l'abus de l'usage de cette substance. Des contrôles de la culture sans pesticides, une culture bio dynamique, une surveillance de la déforestation, des entreprises Fair Trade de commerce équitable pourraient en outre être mises en place pour cette matière. Des prix justes et une meilleures qualité du produit seraient aussi obtenus pour le consommateur. Bien à vous R Zaslawsky (Intervenant en dépendances & préventologue)