Ven.
10
Fév

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Querido José Luis...

Thomas LecourbeQuelle drôle d'idée... Généralement, j'adhère plutôt aux turpitudes de Ségolène Royal, je la défends même. Je saisis son humour quand elle cite la bravitude en ricanant, admire son courage quand elle demande pardon aux sénégalais au nom de la France, ricane sur ses hésitations sur les sous marins nucléaires, dont personne n'a idée du nombre à part les anciens ministre de la défense... Mais là...

Parce que le coup des excuses a marché une fois, Ségolène se sent pousser des ailes et fait feu : pardonnez, habitants de la planète terre, au nom de la France, les Français d'avoir élu un président si médiocre.


Sur le fond, je suis d'accord, je n'ai pas voté pour lui la denrière fois et ne le ferai pas la seconde, mais la méthode... Discours de fond contre discours de fond, au même endroit, d'accord... mais envoyer une lettre au premier ministre espagnol pour des propos prétendus, démentis...et l'annoncer en France travers un communiqué. Pourquoi ne s'est-elle pas contentée d'un communiqué, comme n'importe quel protagoniste d'opposition ?

 

Mes amis, parfois ségôlatres, répondront que justement elle n'est pas n'importe quel protagoniste de l'opposition, que José Luis Zapatero l'a soutenu elle pendant la campagne, qu'ils ont une relation privilégiée. Soit, donc pourquoi ce communiqué, elle aurait pu se contenter de l'appeler et tatasser sur son ex-rival. Que ce soit par opposition ou par relation, ce procédé et ce double emploi est bizarre et pose question avec une seule réponse : pure coup de comm'.

 

Surtout que sur le fond, cette affaire est quand même discutable...A vrai dire, en lisant la phrase du petit Nicolas dans son ensemble, on sent bien que cette phrase est ironique,et qu'elle a le sens de "c'est peut-être un con mais lui il avance"... Que la presse étrangère s'en offusque, pourquoi pas, la France a ricané de la bravitude, qui était une blague; a retenu "Obama m'a copié", qui était une boutade. Il est étrange que l'auteur de ses phrases ne distingue pas plus l'ironie et la "bourritude".

 

C'était donc un pur coup de comm', mais tellement mauvais... La polémique était lancée, le petit Nicolas était la risée de la presse internationale, et l'angle d'attaque des pit-bulls de la majorité était assez minable. Elle leur a donné un vrai angle d'attaque, et une diversion facile et justifiée... A quand un peu de politique ?

 

Il ne me semble pas qu'elle ait pris position contre Hadopi récemment (sa dernière prise de position sur le sujet - intéressante en plus - remonte à son livre "Maintenant" pendant la campagne), qu'elle ait pris position sur le statut des beaux-parents (continuité de sa propre action au Ministère de la famille)... Il serait quand même temps qu'elle fasse un travail d'opposition politique, et plus de simple réaction polémique. Il serait temps non pas pour moi, mais parce qu'elle est aujourd'hui la seule alternative crédible en 2012 et que sa crédibilité en prend un vrai coup, au dela de son image Je ne suis pas de nature anti-comm' et je suis plutôt porté sur la chose, mais il est important de faire la difference entre une image et une crédibilité. Il est temps qu'elle retravaille sur ce second point, parce que c'est ça qui peut la faire gagner en 2011 (primaires), et il sera trop tard de s'y mettre à ce moment pour 2012...

 

Thomas (www.twistorama.fr)

Tous les commentaires

N'empêche: elle a su toucher là où ça fait mal...

Ce que vous oubliez de dire, mais c'est sans importance certainement, c'est que sans la turpitude récurrente de cette Ségolène Royal qui vous fait rire de temps en temps mais pas toujours, la dernière incartade du gamin capricieux qui ne sait pas se tenir à sa place, qui insulte, agresse et manque de respect avec sa langue bien pendue tout ce qui vole au-dessus de sa tête: presse, gouvernement, citoyens pêcheurs, ouvriers, intellectuels et même ceux qui se promènent sans rien lui demander... le pauv' con par exemple qui s'est trouvé en travers de sa route un jour, en réalité vous et moi, nous étions tous englobés dans le crachat, donc, je reviens, si Madame Royal n'avait pas mis les pieds dans le plat, nous serions restés à l'intérieur de nos frontières, les seuls en Europe et de par le monde, tout comme en dictature, à ne pas profiter des derniers excès de la charmante expression de notre Président. . Oui, j'approuve ce que vous appelez turpitudes et que pour moi n'est que la réaction saine d'une responsable politique qui va à l'encontre du conformisme ambiant qui étouffe cette République. Au nom de qui ou de quoi, un élu(e) de la nation ou un citoyen lambda ne serait pas en droit de s'élever contre la sottise et l'inculture? Pourquoi elle ne se permettrait d'écrire son sentiment à un autre socialiste européen? Pourquoi aurait-elle dû faire cela en cachette? Avec ce coup de pied dans la fourmilière, Madame Royal a permis aux citoyens français d'être tenus au courant des excès de langage et d'ego de son Président. Des mensonges venant de l'Elysée. Deux élus socialistes et pas n'importe qui, l'un c'est érigé souvent en Robespierre, présents à ce déjeuner se sont trouvés en défaut de vassalité et de mensonge. Le Ministre des Affaires Extérieurs s'est englué en explications et formulations plus incongrues les unes que les autres. Des responsables de l'UMP ont montré ses limites républicaines. Pour ma part, je trouve salutaire que l'arbre ait été secoué. Aux citoyens de prendre son parti. Quelqu'un devait rappeler au monarque que la Révolution fut en 1789 et que tout de même nous sommes en 2009. Peut-être cela lui servira de leçon et le fera prendre plus au sérieux sa fonction et la hauteur que nous attendons de notre Président de la République. Quant à Madame Royal, je ne m'en fait pas pour elle. Elle fait bouger les lignes et assume.

Quand on a les instances de son propre parti contre soi, quand on est traité par le camp adverse avec violence, vulgarité comme savent le faire les populistes pour vous déstabiliser, quand la plus grande partie des média contrôlés par ces mêmes populistes, pratiquent à votre égard une hostilité permanente et sournoise, Il est alors assez facile de reprocher à Madame Royal"A quand un peu de politique ?" Ses attaques frontales contre Sarkozy ont le mérite de la faire exister dans les média Mais si vous suivez un peu sa pensée politique à travers ses écrits ses discours dont personne ne parle vous vous apercevrez bien vite qu'à gauche elle et son équipe sont les seuls à tenir la route.

Nous sommes bien d'accord cher Christian... Aujourd'hui elle s'oppose........en 2010 elle propose pour les Régionales. En 2011 elle dépose ses petits camarades pour la primaire...en espérant qu'elle explose NS en 2012

Cher Thierry Lecourbe je ne suis ni pro, ni anti Ségolène Royal. Comme le dit E. Plenel, j'essaie de réfléchir au cas par cas, et de varier les angles d'approche. Sur le discours de Dakar, bien que trouvant la réaction tardive et le procédé du "pardon" douteux (le pardon est, à mes yeux, une démarche intime et pas spectaculaire) j'ai trouvé la teneur du discours forte et importante. Et nécessaire, après les propos ignominieux tenus par N. S. sur les Africains. Par contre, les excuses à Zapatero m'ont effectivement paru tenir du procédé et m'ont semblé maladroites, dans la mesure où la énième grossièreté du petit Nicolas n'était pas totalement avérée. Vous dites, et je partage votre avis, qu'"elle leur a donné un vrai angle d'attaque et une diversion facile et justifiée". Vu la part de mauvaise foi et la mysoginie de ces critiques (Ségolène Royal a évidemment été taxée d'"hystérie"...), ces réactions sont fort suspectes, elles-mêmes discréditées par leur virulence. N'empêche que Ségolène Royal a facilité la tâche des avocats-flingueurs. Je ne sais pas si elle "fait bouger les lignes" (expression fourre-tout qui peut servir de prétexte aux pires initiatives) et si elle a raison de faire parler d'elle ainsi dans les medias. Car ces mêmes medias ne brillent pas par leur indépendance et ont été plus sévères avec elle qu'avec NS. (De "simples propos de table", au pays de la bonne chère, pas de quoi fouetter un chat, hein ???) Sauf à l'étranger, mais beaucoup ne lisent pas la presse étrangère. Le problème, c'est aussi le climat politique délétère, la perte de sens démocratique, l'abaissement du nécessaire débat démocratique, la primauté des petites phrases sur la réflexion de fond. D'où la nécessité, pour la gauche, de trouver la bonne stratégie : je ne suis pas sûre que la méthode-Royal serve vraiment sa cause. J'espère me tromper...

Cher Thomas " A quand un peu de politique ?" Mais nous y sommes en plein, dans la politique. Tout d'abord, elle n'a écrit qu'à Zapatero, socialiste, comme elle. Ensuite, elle a agi de façon à ce que les propos de Sarkozy soient évoqués en France, et pas seulement dans la presse étrangère, loin de nos regards, pour la plupart. Enfin, elle a permis de lever un peu plus le voile sur les medias français, quant à leurs complaisances à l'égard de NS. C'est pas si mal. Pour ce qui est de la loi Hadopi, elle avait effectivement proposé la licence globale dans son programme de 2007. Quoiqu'il en soit, c'est le job du Ps, et de sa direction, de faire des propositions, et de s'opposer sur les terrains que vous citez. Pas le sien. Ce n'est pas faute de ne pas s'être proposée on ne peut lui reprocher de ne pas empiéter sur les plates-bandes de la direction du Ps.

>>Quoiqu'il en soit, c'est le job du Ps, et de sa direction, de faire des propositions, et de s'opposer sur les terrains que vous citez. Pas le sien. Pas le sien ? Ce n'est donc pas le rôle d'une ancienne-potentielle future candidate aux élections présidentielles de proposer ? Le sien serait donc essentiellement d'exister ? Pourquoi les Français voteraient pour quelqu'un dont le seul but est d'exister ? Bien sur qu'elle doit proposer, s'opposer (sur les idées), et incarner l'alternative, parce que c'est sa chance pour 2012,et sa chance est certainement la nôtre...

Thomas, elle agit dans sa région, et agit par la parole, en se positionnant avec une stature de chef d'Etat : elle ne peut rien faire d'autre, actuellement. Proposer, encore une fois, est le rôle de l'opposition au Parlement, et au sein des instances du Ps, dont elle ne fait pas partie, parce qu'on ne l'a pas souhaité. Elle occupe donc 'son' terrain, sans empiéter sur celui du Ps, tel qu'il se présente. Tout me paraît normal.

Newsletter
Je m'identifie