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Habit de fête.

Récemment un magazine sur la France néerlandais publiait plusieurs témoignages de personnes vivant depuis plus longtemps en France qu’ils n’avaient vécu jadis aux Pays-Bas. Plus de la moitié de leurs vies.

Frappante était la solitude qui émanait de ces histoires. Les personnages semblaient isolés par leur distance avec la culture et la langue française. Ils ou elles semblaient échoués. Même après tant d’années. Leurs histoires étaient celles de vies subies, de figures imposées, de vécus quasi tristes.

J’ai éprouvé un sentiment de malaise. Cela aurait pu être mon histoire. Certains débuts de ces histoires me rappelaient mon arrivée en France il y a plus de 30 ans. Décidée, jeune, j’arrivais dans l’aventure française de Belle et Sébastien, Thierry la Fronde, Sagan, Beauvoir, Sartre, quelques 8 ans après 68. Quittant tout, j’allais « jouer à devenir Française». Sans savoir combien de temps j’allais aimer ça. Sans idée sur l’avenir. Fille d’artiste, donc invulnérable, je saurais vivre d’air et d’eau fraîche.

Mon histoire que je ne vous livrerai pas d’avantage ici, était tout autre bien sur. Elle fut composée de jolies histoires, de belles aventures, de rencontres, de chagrins, galères et désillusions, semblables à ceux vécus par tous et chacun resté dans son pays natal.

Il y a toute fois une grande différence avec les personnages du magazine néerlandais : Ce pays, mon pays d’adoption (que j’ai adopté) n’est pas resté plat. Au fur et à mesure que les années ont passé, un relief est apparu. J’ai assimilé naturellement un passé qui s’étend au-delà du jour de mon arrivée. Aujourd’hui la culture et la société française m’apparaissent en 3D et me sont plus familières que la culture et le passé de mon pays d’origine. Comme pour l’enfant qui entend les histoires des grandes personnes sur la vie d’avant lui, j’ai entendu ce pays me parler d’une France d’avant moi. Cette assimilation naturelle de la culture est passée par l’apprentissage d’une langue qui me joua des tours et m’interdit d’être pendant de longues années. Aujourd’hui encore chaque phrase écrite est un défi. Mais aussi un bonheur quand les mots s’organisent naturellement et me procurent le plaisir de pouvoir me balader dans la langue comme habillée par un bel habit de fête dont je suis la couturière qui continuera avec un bonheur secret à apporter ses ajustements et ses retouches.

Tous les commentaires

Merci pour votre joli billet qui met mes yeux et mon coeur en fête :-)

Merci Myriam. Que voyez vous de votre fenêtre?

La preuve que l'avant dernière phrase dit vraie : témoignages de personnes vivant depuis plus longtemps en France qu’ils n’avaient vécu jadis aux Pays-Bas, doit être "qu'elles n’avaient vécu jadis aux Pays-Bas"... je me trope? Encore une retouche à faire...pardon!

Bonjoir, Un grand merci pour votre texte!

Merci Bonne-voglie, L'enfant sur la photo de votre blog me donne un impression de déjà vue.......

Bonjoir, Ce sont des photos d'enfants travailleurs, prisent sur le site Shorpy ("Shorpy is a blog about old photos and what life a hundred years ago was like: How people looked and what they did for a living, back when not having a job usually meant not eating.") . http://www.shorpy.com/ . l'histoire de Shorpy: http://www.shorpy.com/shorpy . les enfants au travail (pas tous, certains sont "bien-né"!) http://www.shorpy.com/historical-photographs-of-children . mon 1er poste pour parler des enfants vendeurs de journaux (clin d'oeil au gamin crieur de Médiapart) http://www.mediapart.fr/club/blog/bonne-voglie/310508/rubis-sur-onglets . ps: moi, ce sont les chars à voiles (enfin je crois!) de vos postes, qui me font tilt! (photos de famille?) encore merci pour vos textes.

Tiens, j'aime bien la perception "Char à voiles", car j'adore celà. Mais ce sont des bâteau de peche aux moules du début du siècle dernier, et en effet une photo de famille

Merci, Tink. Nous venons tous d'un pays que nous ne connaissons pas encore. Entre les mots de votre billet, je le vois, fugace, ce pays, qui se dessine par moment. Il ne se trouve pas derrière une frontière, sur une mapemonde ou sur un passeport et l'on y trouve ni montagne, ni fleuve, ni ville. Mais lorsqu'on y rencontre quelqu'un, et que ce quelqu'un nous ressemble tant que ça en devient troublant, regardez bien, à côté de vous, un autre, dix autres, mille autres sont là et vous tiennent la main. pdn

En fait c'est quelque chose commeça. Pour moi ce pays se nomme "la vie". Dans le sens plus large que seulement la nôtre. Comprenant tout ce qui se trouve dans l'univers. Et nous, espèce animale parmi d'autres, nous avons développé non seulement une forme d’intelligence, mais surtout la parole, le verbe, comme une porte ouverte sur cet univers, mais surtout comme moyen d'échanger plus que des regards, des bruits, des coups. Cela nous permet d'interpeller, de communiquer, rassurer, engueuler parfois mais sur tout de poser des questions. Parfois aussi, d'imaginer ensemble des réponses. Qu’il faut ensuite traduire, faire comprendre, expliquer. Cette parole de l’homme est déclinée en autant de langues qu’il y ait de peuples sur la terre et est l’expression de la culture et l’histoire de ces mêmes peuples. D’ailleurs il faut que je retrouve le mot que Kundéra cite pour illustrer le phénomène d’un mot unique dans une langue, n’existant dans aucune autre. Que l’on peut expliquer, mais pas traduire littéralement. Merci PdN, d’apporter vos phrases qui permettent à nos pensées de cheminer..de suivre le fil.

Aujourd’hui encore chaque phrase écrite est un défi (on ne le dirait pas à vous lire, chère Tink Mais aussi un bonheur (alors sachez que pour nous aussi )!!!

Merci Grain de Sel. Bonheur partagé = g-é-n-i-a-l!

Qu'est-ce que l'on peut ajouter à ces commentaires, sinon dire: "Je souscris à deux mains"? Ca va faire des pâtés sur le cahier de Tink? Quand nous étions à l'école, en train d'apprendre à faire des phrases, Tink, vous savez ce qu'on faisait des pâtés? On y ajoutait là une oreille, ici une patte, ailleurs une aile... Et ça faisait des jolis dessins...

Ah oui Tony, faites encore des Pâtés avec des oreilles et des pattes. Détails d'autant plus parlant que les pâtés furent au départ des mini catastrophes. Une fois j'en ai caché une (ou un?) pendant 4 jours à la maîtresse (pourtant gentille) avant de passer aux aveux par l'intermédiaire de ma maman. Inquiète de me voir de plus en plus silencieuse à la maison, elle avait fini par me tirer les vers du nez, assise sur le bord de mon lit, sur un énorme « bouniette » d’encre qui s’était étalé contre tout attente sur la page de mon cahier d’écriture en classe de CP. Des tentatives de réparation avaient aggravé la situation par un trou à force de frotter avec mon petit doigt. Le trou avait traversé 2 pages, je m’imaginais coupable d’un crime horrible… Donc des oreilles et des pattes c’est mieux, si on a le courage d’assumer l’ensemble…. (PS je n’ai pas été punie. Les 4 journées d’angoisse suffisaient à elles mêmes.)

Vous me faites - pleurer - Tink et ces larmes sont douces , car elles brisent les digues. " aller vers l'humain, ça veut dire -sauter par dessus la pierre ", Quelle joie de vous avoir "rencontrée", vous me réapprenez le français ! Avec vous, on entend qu'il ne faut pas quitter l'enfance, jamais ! Merci Tink. De vous, de votre écriture, de votre Tank, qu'il persévère et dure. C'est vrai ce que dit tonymaj..un puzzle . Je vous embrasse, sous votre arbre de vie !

Vanc, on ne quitte jamais l'enfance, on s'en éloigne, parfois seulement dans le temps. Parfois aussi dans l'espace. Il suffit alors d'écouter des paroles d'antan qui viennent parfois portées par un parfum, un odeur, une mélodie, mais qui ont la faculté de nous accompagner toute notre vie. Celles et ceux qui ont changé de langue, de pays et de culture font la différence entre la langue de l'enfance et la langue de la vie d'adulte. Ca fait de nous des gentils doubles, parfois un peu perdus. D'où l'importance de pouvoir endosser un jour la nouvelle langue comme un jolie habit et non seulement comme un bleu de travail, même si tous vous assurent qu'il vous sied si bien. Brise digues, brise larmes, brise glace… la parole sert à tout ! J’aime penser que si l’on pourrait extraire de tous les mots déjà énoncés sur la terre leurs humeurs premières, cela donnerait une eau cristalline et limpide. Car un mot énoncé est toujours clair pour celui qui parle. Ce sont les mots entendus qui posent problème. C’est pour cela aussi je pense qu’il faut souvent se parler à soi même pour être compris. Bonne soirée

Oui. Au revoir Tink. Le mois d'Août est fini. Bonne nuit.

Bonne nuit Vancouver, je vois que vous êtes encore là! Ne disparaissez pas complètement, je n'ai pas encore faite la confiture de figues... A bien tôt quand même?

Oui-oui, chère Tink, le proverbe dit qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis..la dépression virtuelle a lieu finalement, mais j'ai un bon fond génétique,

Bon! C'est bête mais j'aime bien savoir que tout le monde va bien, même virtuellement. Surtout quand dans le journal le monde va comme ci-comme ça A bien tôt Vancouver.

Tink, je relis votre commentaire ci-dessus aujourd'hui... et je me dis bon dieu, ce qu'elle nous manque ! Dites, quand revenez-vous ?

Des gentils doubles un peu perdus.... Exactement ça , Tink, ce que nous sommes !

Chère Tink, votre billet fait penser à cette phrase de Christian Bobin : "Avec le regard simple, revient la force pure."

Merci Anne, j'aime bien vous entendre!

Très chère Tink, Vous vous êtes absentée, sans prévenir, discrètement, sans faire d'histoires, tout en restant bleu, sans bruit. Je suis venu poser mon millième commentaire - ça fait un peu de bruit- je suis bordélique- Je vais à mon tour, rester en bleu, mais faire une pause, écouter l'art de la fugue, aller marcher sur ma plage, regarder un cerf volant, ( et chercher du travail). Je pense à vous, A bientôt, aux croisements et carrefours,

Tu as raison encore une fois, Vancouv'. Tink nous manque. Qu'elle revienne vite ! Et toi, bien sûr que tu restes en bleu. mais dis-moi que tu sera là demain, pour le N°1001 ! PS: marche tout ce que tu veux sur la plage, mais ne regarde pas trop les cerfs-volants

Je me sens un rien coupable de mon absence prolongée. Je vous rassure je vais bien, la vie est passionnante, bien que pas toujours parfaite, et même très moche suivant la position des êtres dans l'espace et le temps. Mon bleu de travail ne me quitte pas en ce moment. L'habit de fête reste un peu figé, dans mon "dressing" spacieux mais imaginaire : mon Tank. N'hésitez pas vous autres à venir pour vous parler tout comme au début. Vos messages en écho de mes pensées versées dans le "Tank", sont autant de gouttes d'eau précieux lors des traversés forcés du désert , quand le bleu de travail devient Djellaba des hommes Bleu. Bon Vent Vencouver, comment pouvons nous aider dans la recherche du travail? A bient tôt Grain, C'est émouvant de se savoir lu......

Comme au début...mais Bonne-voglie est parti...Le travail est revenu, Tink, ça va. Votre billet me fait aussi penser aussi à ce film de Jane Campion - La leçon de piano- Il y avait plusieurs fins, ou plutôt, plusieurs débuts de fin.

On peut toujours recommencer la fin..... ça s'apelle un début. amitiés Vancouver!

Je découvre votre billet aujourd'hui, Tink, et vos traversées du désert réveillent beaucoup d'échos chez moi.
On peut se sentir exilée aussi en son propre pays, et rêver d'un ailleurs. J'avais quant à moi un rêve de pays anglo saxons. Voire, nordiques. Et, ayant visité les Pays Bas récemment, j'ai eu un coup de foudre pour ce pays (La Haye, entre autres), y retrouvant peut-être quelque chose de ma nostalgie idéalisante d'une vie à l'anglo saxonne. Voilà, pas plus d'analyse que ça, juste des sentiments....

Merci Fantie. Et moi j'avais eu le coup de foudre pour la France.... comme quoi, nous rêvons tous d'un "quelque part" souvant ailleurs, jusqu'au jour où l'exil , forcé on non , devient "Maison".

Chère Tink, Impossible pour moi, de retrouver ton billet sur Kundera dans le gros bug de ce soir... Amitiés,

Je l'enverra en billet privée vancouver, je pense que ce billet restera en suspens dans le vide sur le www.... Parti pour de bon? au fait qui sait où est bonnevoglie ?

Bonne-Voglie est parti sur le dernier cerf-volant qu'il avait fabriqué de ses mains. Grand cœur, il nous en a donné la recette avant de prendre son envol vers d'autres cieux. Tu trouveras son message d'adieu là, Tink: http://www.mediapart.fr/club/blog/bonne-voglie/150908/du-papier-et-du-vent-0 Depuis, de nombreux billets (sur le blog de Tonymaj, sur celui de Sofisafia) lui ont été adressés et nous avons eu de ses nouvelles par Florès: il avait lu tous ces messages et nous remerciait. Il est parti vivre une autre vie... On lui souhaite bon vent, même si c'est avec une boule dans la gorge... et si on croise très fort les doigts pour qu'un vent contraire nous le ramène un de ces beaux matins, nous émerveiller à nouveau de ses "Boujoir" qui n'appartenaient qu'à lui ! Mais j'ai une autre mauvaise nouvelle: notre amie Vancouver, elle aussi, a troqué son habit de fête, son humour et ses poésies douces-amères contre un nouveau costume, rèche, austère et peu fait pour elle, d'un gris brouillard atrocement triste et bien uni qui nous plombe le moral... Besoin de répit, a-t-elle dit. Elle a fait ses adieux sur son billet "test", le plus petit des deux jumeaux qu'elle nous avait offerts et qui resteront dans la mémoire médiapartienne comme deux purs moments de bonheur et de complicité partagée. http://www.mediapart.fr/club/blog/vancouver/280808/test Ne nous reste plus à nous, ses ami(e)s, que de coudre de nos mains à petits points une splendide robe bleue de lune, bleue de ciel, bleue d'espoir, bleue de nuit, qui lui donne envie de revenir, ne serait-ce que pour l'essayer, ne serait-ce que par pure coquetterie ! Cela prendra un peu de temps, Tink, je le pressens. Et je sais aussi que la tâche sera rude à mener. Il y a des aiguilles qui piquent, des ciseaux qui déchirent, des fils qui cassent, des cals qui se forment et du découragement qui s'amasse... Mais nous serons plusieurs à nous relayer. Je suis triste, Tink. On se sent un peu cloche en habit de fête quand la fête est finie. Mais tu es là. Alors un peu de musique va revenir. Et le bal, doucement, repartir...

Merci Grain, au moins je n'ai pas tout loupé.... mais quel drôle de vague à l'âme.... Vanc m'avait dit qu'elle partait, mais avec les bouchons « internautiques » je n'ai pu m'accorder assez de temps pour aller voir sur les blogs. Ni nulle part ailleurs, d'ailleurs. Comme je disais je ne sais plus où, ni à qui : le boulot m'a happé. Et ce n'est pas prêt de changer. J'en vie tous ceux qui ont le temps d'écrire encore et encore. Drôle de choses que nos blogs et nos ami(e)s frères et sœurs qui s'en vont. C'est la poésie du non-dit et non savoir qui rend cela quasi magique. En fait, peut-être devrai-je partir aussi et revenir sous un pseudo. Pour que mes écrits ne soient plus rattachés à ma personne. Comme lorsque Spinoza demanda que soit publié "l'Ethique" sans mention de son nom..... Et si le monde virtuel tendait vers quelque chose comme ça? Je vais continuer à réfléchir à tout cela et à ce que je comprends du gris de Vancouver.... En fait je pense que par ailleurs elle est toujours en Bleu... A bien tôt ! Bien bientôt?

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