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Benda bilili - regarde au-delà des apparences!

"Ne sommes-nous tous pas des handicapés?" Cet à ce renversement de notre regard que nous convie le groupe musical Staff Benda Bilili. Et voilà trois minutes de musique tonique pour surmonter notre dépression monétaire.

L'orchestre Staff Benda Bilili est composé de cinq chanteurs handicapés, atteints de poliomyélite, et de deux enfants des rues, des "shégés" comme on les appelle dans leur ville Kinshasa. Ici, dans le Jardin Zoologique - un lieu improbable, repère des shégés situé en plein centre de cette mégapole de 7 millions d'habitants à un ou deux millions près - les Benda Bilili rendent avec ce "Sex machine" un hommage vibrant à James Brown. Et sans le savoir, vous assistez à une première mondiale en écoutant le solo de Roger Landu, 16 ans, sur le "satongé", un instrument cordophone qu'il a créé.

 

Benda bilili signifie "regarde au-delà" en Lingala, la langue la plus communément parlée dans la capitale de la République démocratique du Congo. C'est à cette invitation qu'il nous faut répondre en dépassant les clichés ancrés dans notre imaginaire qui considèrent ces territoires comme autant de Coeurs des Ténèbres. La musique des Benda Bilili ne rejette pas les traditions mais elle s'inscrit dans une culture urbaine ouverte à toutes les influences. Elle témoigne de la dureté des conditions de vie dans une mégapole, les Benda ont été mendiants, et nous éloigne, là encore, des images toutes faites d'une Afrique qui vivrait le bonheur d'un âge d'or que nous, Occidentaux, aurions quitté avec l'accès tragique à la modernité. J'arrête là, sinon je sens que la saga Guaino va reprendre. Ce dernier d'ailleurs reprend du service, telle la pythie de l'après-dernière heure pour nous annoncer que nous sommes en crise. Cette chanson témoigne surtout de l'esprit d'entreprise et de la capacité de réunir des talents au-delà des handicaps qui dans nos sociétés enferment les personnes dans une identité spécifique.

 

Remercions les réalisateurs du label Bellekinoise pour nous avoir fait découvrir ces groupes kinois. Et malgré le principe fondateur de Mediapart, je ne peux m'empêcher de vous recommander leur film " Jupiter's dance" (2007), plongée dans les quartiers chantants et dansants de Kinshasa. On nous promet, prochainement sur les écrans, un documentaire consacré aux Benda Bilili, à suivre...

 

Nalingi yo, Nakupenda sana, I love you, je t'aime...

 

Staff Benda Bilili, ya za très fort! ils sont très forts

Tous les commentaires

Quelle fabuleuse trouvaille, quelle fabuleuse interpretation, merci de ce grand moment de minuit !!

Formidable, merci ! Je suis ravie d'avoir sélectionné votre blog.

Je les ai vus en concert à Kinshasa, très chouette.

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