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Démocrates, laissez-nous ! Révolutionnaires, levez-vous !
"Démocratie ! Démocratie !". Les hommes politiques de droite comme de gauche n'ont plus que ce mot à la bouche.
Révolte en Tunisie: pour la démocratie ! Insurrection en Egypte: au nom de la démocratie ! Rebellion en Lybie: Vive la démocratie !
Aujourd'hui, on voit bien les résultats donnés par ce "vent démocrate", en réalité très mitigés voire assez critiquables. Résultats que l'UPAC avait vu très tôt dans son article du 8 août dernier intitulé "Révolte populaire ou Révolution prolétaire ?".
Extrait :
" En conclusion, nous ajouterons que tout ceci se tient aussi dans une différence conceptuelle importante : celle de la différence entre populaire et prolétaire. Parce que dans le mot populaire, tout peut y entrer.La notion de populaire est une notion vague, parfois démagogique et souvent dévastatrice pour les peuples car utilisée par les tenants du pouvoir pour donner, par exemple, l'illusion de la démocratie et de la liberté.
La notion de prolétaire,elle, est la seule voie idéologique qui ouvre une réelle perspective de changement par la prise de conscience particulière qui est celle de la conscience de classe. Puisqu' elle est la seule qui protège de la manipulation des foules par les pouvoirs en place, puisqu'elle est la seule qui rejette toute récupération financière par les puissants, et qu'elle est la seule qui permet le réveil et l'avènement des classes exploitées.
Alors ? Révolte populaire ou Révolution prolétaire ? L'UPAC a son avis sur la question et concernant ces peuples contestataires dans leur ensemble, ce n'est malheureusement pas la seconde solution qu'ils ont empruntés. "
Comment pouvons nous feindre alors actuellement d'être étonnés voire "indignés" de ce qui se passe dans ces pays, malgrè tout , liberés de dictateurs, mais dont les peuples sont récupérés par les tenants du capital qu'ils ont juste auparavant combattus, allant même jusqu'à entamer une seconde épreuve de force avec les nouveaux gouvernants comme en Egypte ?
Comme l'UPAC n'a de cesse de le souligner : Il ne suffit pas de "couper la tête à un dictateur"- ce qui est toujours légitime- pour faire la révolution.
La lutte doit être globale, totale et radicale c'est à dire anti-systémique sur les bases de la lutte des classes.
Et l'écran de fumée porté par l'islamisation du maghreb avec la mise en place de système "démocratiques" de gouvernance religieuse ne doit pas occulter que c'est le même système -et souvent avec les même individus- qui va diriger les peuples soient disants libérés.
L'émancipation des peuples n'est pas affaires de conception spirituelle ou non, mais affaires de libérations réelles, tangibles, empiriques et prolétariennes. Ce n'est pas le spirituel que nous devons considérer comme transcendant à l'Homme mais l'existentiel, ce qui équivaut à rejetter par là-même la notion de transcendance. Le reste n'est que balivernes, manipulations et asservissements.
Pour preuve, on peut évoquer l'exercice de la démocratie sur le continent judéo-chrétien européen.
Sous couvert d'un scénari politico-financier bien ficelé par les tenants du pouvoir politique et économique dont le titre premier est la fameuse "crise de la dette", les peuples Grecs et Italiens se sont vus privés d'expression démocratique.
Les organisations européenne (UE) et mondiale (FMI), entre autres, ont imposé des changements, plus précisément, des adaptations capitalistes de gouvernance dans ces pays.
On pourrait alors crier au dénis de démocratie s'il n'y avait pas le contre-exemple de l'Espagne. Les espagnoles n'ont pas été privés de leur droit d'expression, le vote. Mais quel en a été le résultat ? Ils ont rejetté la peste (PS espagnol) et ont permis l'accession au pouvoir du choléra (Droite populaire, tiens "populaire"...).
Alors, cette démocratie dont on nous parle à chaque page de journal ouverte, à chaque radio écoutée et à chaque télé regardée, est-elle dans son expression, dans son application si différente entre l'Espagne, l'Italie, la Tunisie ou la Lybie?
Cette démocratie dont on nous asséne frénétiquement les mérites depuis tout jeunes, ne tient-elle pas dans ces fondements propres et intrasèques le lit du capitalisme et de l'exploitation des peuples ?
En résumé, cette démocratie est-elle encore LA démocratie ? C'est à dire le peuple souverain, "démos" le peuple et "Kratos" le pouvoir, la souveraineté, ethymologiquement en grec.
La réflexion est ouverte...
L'Union Prolétaire Antifasciste Creusoise (UPAC), par Antifa 23.


Tous les commentaires
Et que ça saute !
Bon, j'vous laisse. Quant aux révolutionnaires, ils ne sont pas encore levés, contrairement au dard sanglant. L'avenir est pourtant à ceux qui se lèvent tôt.
"Et que ça saute !", c'est un peu court, quand bien même non dénué d'ironie.
"Quand aux révolutionnaires, pas encore levés" c'est assez vrai. Mais soyons utopistes, pas dans ce qui est impossible à faire ( ce que l'on veut nous faire croire) mais dans ce qui n'est pas encore fait et donc à faire. D'accord avec vous, à la vue de la situation actuelle ce n'est pas encore le "grand soir". Mais l'utopie est ce qui devrait nous pousser à y tendre sans paraitre de doux rêveurs.
"L'avenir est pourtant à ceux qui se lève tôt". A moins d'être un supporter du dicton Sarko and co, il faudrait plutôt dire : l'avenir appartient à ceux qui se réveillent tôt. Ceci dans le sens d'un réveil de l'esprit et de la conscience politique. Parce que se lever tôt pour ne rien faire autant rester couché, à moins de se lever tôt pour aller" travailler plus pour gagner plus"...sans doute...
Comment vous situez-vous dans le débat "Parti, pas parti" ?
Cf http://blogs.mediapart.fr/blog/marcelhic/281111/le-parti-un-outil-depasse
Désolé de vous répondre un peu tardivement mais l'actualité sociale est tellement chronophage ces temps derniers que nous ne pouvons être sur tous les fronts.
Difficile question que celle de l'utilité réelle des partis politiques. Et n'ayant pas eu le temps de consulter précisément mes camarades de l'UPAC, je vais donc vous répondre de manière personnelle.
Il est vrai qu'aujourd'hui avec le jeu institutionnel et politique qui amène au bi-partisme à l'anglo-saxonne en France notamment, nous pouvons considérer que les partis dits de gouvernance ou dits institutionnels ne sont qu'un frein à l'expression des peuples et à l'instauration d'une véritable démocratie. Et qu'ils conduisent plus à porter une conception de gestion des états que d'émancipation des peuples. La professionnalisation du cadre politique ainsi que la maline utilisation des personnalités dites civiles ne sont en effet que l'avènement d'une classe qui constitut un véritable potentat.
L'expérience de 2007, lancée par la LCR pour devenir le NPA et dont j'ai partagé l'aventure jusqu'en 2010 (élections régionales) était en soi une bonne idée dans sa conception "populaire" et "ouverte" du départ. De nombreux "apartides" (libertaires, anarchistes) et des déçus de la gauche de gouvernement se sont précipités aux premières heures de cette expérience politique. Malheureusement, cette expérience a pris un virage un peu trop "élitiste"et "sectaire" dans sa majorité, ce qui a même conduit les unitaires à officialiser leur tendance afin d'affirmer des valeurs plus rassembleuses.Certains disent que cette expérience n'est pas encore née. Par expérience (j'étais membre du 1er CPN de 2008), je dirai que malheureusement elle est plutôt morte née. Nous verrons bien...
Alors, quelle issue ? Le parti est-il réduit à ne plus être l'outil de l'ensemble des individus qui y adhère pour leur bien commun ?
Il est, en faite, comme tout ce que crée l'homme, c'est à dire ce que nous en faisons ou ce que nous acceptons qu'il soit.Si chaque individu, dans son libre arbitre, en conscience, se jette dans la mêlée, pourquoi les partis ne serviraient-ils pas la cause populaire ? C'est la responsabilité de chacun. De vous, de moi, de tous. Faut-il encore le vouloir, vouloir s'y engoufrer, s'y user, s'y tenir. Se battre tout simplement. Ce que je dis peut paraitre illusoire mais je préfère l'idée d'utopie. Aussi le déclin et l'aversion envers les partis sont pour une part l'abandon de l'utopie. Pour l'autre, elle est affaire soit de positionnements intelectuels bien précis ou soit, plus vague, de l'acceptation du "Tous pourris !".
Et cette question des partis rejoint la question tout aussi symptomatique du dénis populaire de celle des syndicats et plus précisèment des centrales syndicales. Et la problématique est la même par rapport à l'institutionnalisation et à la professionalisation des acteurs syndicaux. Les élections professionnelles syndicales sont devenues comme des élections législatives en politique.
Est-ce que pour autant il ne faut pas se syndiquer ?
Pour ma part, je suis syndiqué, militant politique et membre de collectifs de citoyens. Et je pense que, quand bien même nous aurions toutes les raisons d'ignorer et de douter du vecteur de rassemblement et de lutte que peuvent constituer les partis (comme les syndicats), tous les moyens mises encore à notre dispositions par les puissants doivent être utilisés, réappropriés par le mouvement populaire et retournés contre ces mêmes puissants. Sinon, il faut faire le choix clair de la clandestinité ou attendre qu'il n'y est plus que cette solution.
En conclusion, oui : parti.
Antifa 23.