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Parole d'un ex: Rouillan, la LCR, le NPA et les crapules

Le sondage du jour accueillant l'internaute sur le site NouvelObs.com visait bas. La question et les quatre réponses possibles étaient ainsi libellées:

 

 

Action Directe : Jean-Marc Rouillan ne regrette pas l'assassinat du PDG de Renault

il doit s'excuser

il doit quitter la LCR

il doit retourner en prison

c'est son droit

 

 

Ainsi, le site du Nouvel Observateur se saisissant - au même titre que le porte-parole du gouvernement - de propos contestables de Jean-Marc Rouillan distillés à l'Express fait de ce dernier un militant de la LCR qu'il devrait quitter !

Hier, de bonnes âmes tel François Hollande intimaient à Olivier Besancenot (qui évidemment décide de tout tout seul depuis son vélo de facteur) de "se débarrasser" de l'individu en semi-liberté conditionnelle.

 

 

Les faits sont simples: Rouillan a fait part, voici quelques mois, de son désir d'intégrer, comme simple militant, le NPA qui verra le jour fin janvier 2009. Jamais, comme tente de l'attester le Nouvel Observateur, JM Rouillan n'a fait partie de la LCR qui a toujours condamné Action Directe et ses meurtres.

 

 

Dès le 1er octobre au soir, la LCR faisait parvenir à toutes les rédactions le communiqué suivant:

 

 

 

 

 

Communiqué de la LCR.

 

Le parquet de Paris vient de demander la réincarcération de Jean-Marc Rouillan. Celui-ci a purgé sa peine : 20 ans de prison...

La LCR qui a toujours défendu les droits démocratiques et les droits des prisonniers est contre sa réincarcération.

 

La LCR tient aussi à réaffirmer qu’elle a toujours rejeté et condamné les actions et la politique d’Action directe. La LCR est en désaccord avec les déclarations récentes de J.M.Rouillan, publiées dans le prochain numéro de l’Express.

 

Ayant purgé sa peine, il a bien le droit à l’engagement politique. Il a demandé son adhésion au NPA. Du point de vue de la LCR, il avait sa place dans ce nouveau parti à partir du moment où il renonçait à ses actions du passé.

 

La LCR dénonce enfin une opération politique visant à tenter de criminaliser le NPA au moment où les préoccupations principales des français, de la population tournent autour de la crise économique et de ses conséquences et au moment où les réponses politiques du NPA rentrent de plus en plus en écho avec ces préoccupations.

 

Le 1er octobre 2008.

 

 

 

 

 

Ces quelques lignes ont le mérite de la clarté.

 

Que l'on soit proche ou non de la LCR, que l'on soit intéressé ou pas par le processus devant aboutir au "Nouveau Parti Anticapitaliste" (NPA, appellation de transition), on ne peut qu'assimiler à de la crapulerie médiatique ce sondage qui, au-delà du non-respect des règles élémentaires d'un réel sondage, met en cause, gravement, faussement mais en toute connaissance de cause, une formation politique.

 

 

Devant l'ampleur de la crise qui est celle du système capitaliste, la naissance prochaine du NPA semble fortement ennuyer pouvoir sarkozyste, dirigeants et hebdos du social-libéralisme.

 

Nonobstant ces boules puantes, les militants anticapitalistes pourraient presque s'en réjouir !

Tous les commentaires

Tout à fait d'accord. J'ajouterais dans ma condamnation, l'article du "Monde" de ce soir, qui insiste sur l'embarras de la LCR, dont le porte-parole (je suppose Olivier Besancenot car ces journalistes ont du mal à concevoir qu'il y ait d'autres porte-parole) aurait coupé son téléphone portable pour esquiver les questions des journalistes. L'idée que la LCR réunisse sa direction pour adopter une position collective sur une question délicate leur semble apparemment aberrante. Sur le fonds, la déclaration publique de la LCR est parfaitement équilibrée, mais les journalistes ne chercheront pas à la discuter. Que souhaite-t-on? Qu'il soit interdit à Jean-Marc Rouillant de rejoindre le NPA et qu'Olivier Besancenot hurle avec les loups, à propos d'une interview dans laquelle Jean-Marc Rouillant ne fait que réaffirmer ce qu'il a toujours dit? L'appareil judiciaire l'a libéré en parfaite connaissance de cause. Il y a tellement d'hypocrisie que cela sent la manipulation a plein nez.

Je suis d'accord aussi avec le texte de Velveth. "La LCR est en désaccord avec les déclarations récentes de Rouillan" est aussi une phrase politique à discuter. Les meurtres "politiques" effectués par Action directe n'étaient pas des gestes "radicaux", mais une dérive hors de la politique. Le désaccord entre Rouillan et une vraie politique d'émancipation est total, selon moi. A l'époque de leurs actions, les militants d'Action Directe n'étaient pas celles et ceux qui auraient osé ce que les autres révolutionnaires hésitaient à faire; ils étaient une bande organisée fonçant dans le mur. Ceci dit, le lynchage médiatique occasionné, le ravissement de l'appareil répressif sont abjects.

Merci à François Hollande et au Nouvel Obs... Ainsi, Jean-Marc Rouillan voit sa semi-liberté conditionnelle supprimée. La Justice aura entendu l'appel de François Hollande. Certes, Rouillan, dans son interview à l'Express, a tenu des propos qui renouaient, en partie, avec ses dérives antérieures. Fallait-il, pour cela, le condamner encore à la torture de l'isolement ? Le lynchage médiatique qui visait la LCR - NPA a provoqué un gros dégât collatéral en enfermant à nouveau JM Rouillan. Beurk.

Non pour clore l'affaire (Rouillan est de nouveau incarcéré) mais pour l'éclairer, ci-dessous extrait d'une dêpêche de l'AFP: Le jeune postier [Olivier Besancenot] rappelle toutefois ses "désaccords politiques" avec M. Rouillan sur "la conception qu'il a de la lutte armée" et "sur l'opportunité de la faire". "La LCR a toujours dénoncé les méthodes de l'Action directe", et "le NPA ne se bat pas pour la lutte armée". De son côté, Alain Krivine, fondateur de la LCR, rappelle à l'AFP que l'organisation trotskiste "avait totalement condamné l'assassinat de Georges Besse", un "acte terroriste". "La ligne du NPA et celle d'Action directe sont contradictoires". "Quant à ce que Rouillan dit aujourd'hui, c'est confus et demanderait discussion", souligne M. Krivine. "Pour le moment, rappelle-t-il, le NPA n'a ni programme, ni statuts" mais "une fois qu'il existera en janvier on demandera à Rouillan d'être d'accord avec l'orientation du NPA". "Alors, la balle est dans son camp", à lui de "décider s'il veut tourner la page". M. Krivine dénonce aussi une campagne contre son parti: "il y a une crise fantastique et le NPA et Olivier ont le vent en poupe. C'est le moment où l'on ressort l'affaire Rouillan", qui "ne représente que lui-même et n'est pas un courant politique". Mais pour Christian Picquet, chef de file d'une tendance minoritaire à la LCR, le parti devrait tout de suite "dire de façon claire, nette et précise que Rouillan n'a rien à faire dans le NPA". "C'est la seule manière d'en terminer avec cette polémique qui cherche à nous nuire en nous assimilant à un groupe terroriste", dit-il.

Les déclarations du NPA sont d'un flou qui pourrait prêter à sourire s'il n'était pas finalement question du respect de la vie humaine. Mais quelle est-elle donc, cette conception de la lutte armée que partagent Olivier Besancenot et ses amis, dont on sait seulement qu'elle est en "désaccord politique" avec celle d'Action Directe ? Et à quelles conditions jugent-ils opportun de mener cette lutte ? On trouve aussi dans ces déclarations le totalement incongru "le NPA ne se bat pas pour la lutte armée", qui a été préféré (et sans doute pas par hasard) à une forme affirmative du type "le NPA condamne toute forme d'assassinat politique". Seul "La LCR a toujours dénoncé les méthodes de l'Action directe" est assez clair, mais de gomme pas l'ambiguité des autres phrases. Derrière les formules alambiquées, n'y a t'il pas en réalité une difficulté quasi génétique à se positionner sur le fond, c'est à dire à répondre à la question : "quel est le niveau de violence qui peut être légitimement exercé dans les luttes auxquelles le mouvement participe ?" Ou bien n'est-ce là qu'une opération de communication ayant pour but de mettre la radicalité du mouvement en avant ? Je suis convaincu que la quasi totalité des sympathisants de ce mouvement sont clairement opposés aux assassinats politiques, plus clairement en tout cas que ceux qui portent leur parole devant l'opinion. Dommage pour les idées qu'ils défendent.

Il faut bien admettre de la premiere reponse d'O Besancenot, concernant Mme Besse qui "aurait un compte a regler avec Rouillan" était pour le moins stupide. Rouillan est une momie rouillée des années 70. Son come back narcissique dans l'Express (que ne s'est-il exprimé dans "Rouge" qui ne lui a heureusement pas proposé!!!) pue la manipulation. Mais que ce mec soit assez con pour tomber dans le piege montre bien son degré de maturité politique. Il s'exprime comme un ado anar comme si la prison l'avait simplement mis sur "pause". Il n'a sans doute rien a faire au NPA je regrette que la LCR ne soit pas plus claire la dessus. Le fait qu'elle soit obligée de s'y reprendre a plusieurs fois pour "clarifier" montre bien qu'il y a du flottement entre les fascinations gauchistes des uns et la sagesse des autres.

Il y a un très bon texte, daté de ce jour, de la tendance unir de la lcr, du moins de trois de ses animateurs, sur le site unir.asso.fr, qui développe la formule lapidaire de Picquet reprise dans les médias.

Hypothèse : le pouvoir accorde à Marc Rouillan la liberté conditionnelle, en même temps l'Express est actionné pour lui tendre un piège qui a toute les chances de réussir, Rouillan sortant de plus de 20 ans d'isolement. Le coup est double, il se referme sur le NPA. Il faut croire que le pouvoir commence à avoir du succès grandissant du NPA.

Il conviendrait peut-être de lire les déclarations de Besancenot et d'Alain Krivine reprises par l'AFP plutôt que de supputer: "Le jeune postier rappelle toutefois ses "désaccords politiques" avec M. Rouillan sur "la conception qu'il a de la lutte armée" et "sur l'opportunité de la faire". "La LCR a toujours dénoncé les méthodes de l'Action directe", et "le NPA ne se bat pas pour la lutte armée". De son côté, Alain Krivine, fondateur de la LCR, rappelle à l'AFP que l'organisation trotskiste "avait totalement condamné l'assassinat de Georges Besse", un "acte terroriste". "La ligne du NPA et celle d'Action directe sont contradictoires". "Quant à ce que Rouillan dit aujourd'hui, c'est confus et demanderait discussion", souligne M. Krivine. "Pour le moment, rappelle-t-il, le NPA n'a ni programme, ni statuts" mais "une fois qu'il existera en janvier on demandera à Rouillan d'être d'accord avec l'orientation du NPA". "Alors, la balle est dans son camp", à lui de "décider s'il veut tourner la page". M. Krivine dénonce aussi une campagne contre son parti: "il y a une crise fantastique et le NPA et Olivier ont le vent en poupe. C'est le moment où l'on ressort l'affaire Rouillan", qui "ne représente que lui-même et n'est pas un courant politique".

Il faut croire que le pouvoir comence à avoit PEUR du...enfin il fanfaronne moins

Il y a un article de Daniel Bensaïd sur la violence sur le site contretemps.eu qui remet le terrorisme et ceux qui utilsent ce mot dans une perspective historique.

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