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Scrutin européen: grosse contrariété et petites satisfactions
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Disons-le tout net : le score du NPA est décevant.
Ce résultat, médiocre, était en partie inscrit dans la campagne telle qu'elle s’est déroulée.
On aura beau me dire que friser les 5 % pour un « baptême électoral », ce n’est pas si mal, le désappointement est réel et rien ne sert de le cacher sous des formules alambiquées.
Il fallait que le NPA s’extrait de l’image étroite de l’extrême gauche : mission non réussie.
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Le pouvoir en place (mais également bien d’autres formations politiques) a mis la crise « sous le tapis » alors que le NPA a fait campagne sur le thème « Pas question de payer leur crise ». Ce qui était un peu court et difficile à maintenir de janvier à juin.
En outre, positionner Olivier Besancenot en retrait (à la 3ème place en Ile-de-France) pouvait faire naître un soupçon, non fondé, marquant un désintérêt à l’égard des enjeux de l’élection : élire des eurodéputés.
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Ce matin, une question centrale se pose : à faire campagne uniquement sur la crise du capitalisme sans européaniser suffisamment le discours et en omettant, trop souvent, de mettre en avant la dimension écologique du NPA, la campagne a-t-elle été à la hauteur des principes fondateurs du mouvement éco-socialiste ?
Quand on apprend que 19 % des électeurs d’Olivier Besancenot de 2007 se sont portés sur les listes Europe écologie (EE), la réponse à la question va de soi.
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Têtes de listes, candidat(e)s ou militant(e)s ne sont pas en cause. Ils ont beaucoup donné mais la dynamique d’un vote « révolutionnant la société », en France comme en Europe, ne s’est pas inscrite dans la campagne nationale.
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En outre, comble d’ironie, le NPA a laissé au Front de Gauche le monopole du vote "unitaire" à gauche de la gauche alors que le PCF n’a jamais voulu s’embarrasser d’une alliance avec le NPA qui l’aurait gênée, demain, pour passer des accords avec le PS pour les régionales de mars 2010.
Parfois, dans ses interventions, le porte-parole du NPA a paru se désintéresser de la « question unitaire ». Cette attitude est toujours sanctionnée.
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Certes, « réservoir naturel » du NPA, les couches populaires et la jeunesse se sont massivement abstenues. Cette donnée, réelle, ne peut néanmoins tout expliquer.
Ajoutons, le ratage complet des outils de communication( des affiches énigmatiques jusqu'aux bulletins de vote et aux professions de foi illisibles) à comparer avec la clarté du matériel d’EE ou du Front de Gauche et ce sont quelques centaines de milliers de voix qui s’envolent.
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On m’objectera que le couple PC – PG ne réalise pas davantage que les listes de la « gauche populaire » du PCF de 2004.
C’est vrai. Mais, depuis, le PCF s’était, une nouvelle fois, écroulé ( les 1,93 % de MG Buffet à la présidentielle) et il ne doit son salut (tout relatif) qu’au talent de Jean-Luc Mélenchon derrière lequel la direction du PCF s’est cachée pour ne réapparaître qu’hier au soir.
Au point où l'on se demande si les 5,99 % obtenus par le "Front de Gauche" ne doivent pas être principalement crédités au PG !
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Dans la soirée, l’éxécutif du NPA a terminé son communiqué par une ouverture bienvenue :
«« Nous continuons à proposer à toutes les formations de la gauche antilibérale et anticapitaliste un accord durable valable dans les échéances sociales et politiques à venir, pour encourager la convergence des luttes, plus que jamais nécessaire. »
Pour les non initiés, l’important est la juxtaposition des termes « antilibérale et anticapitaliste » qui donne une tonalité nouvelle. A suivre.
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Le petit séisme électoral du 7 juin – à relativiser du fait des 60 % d’abstentions – montre, avec le succès époustouflant de EE, que la question écologique doit impérativement être traitée en double centralité avec le social et non comme un supplément d’âme.
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Deux satisfactions pour terminer.
- L’écroulement du MODEM, après l’ignominie de son leader à l’égard de Cohn-Bendit mais également du fait de son double langage permanent, est à saluer.
- La résistance du pouvoir sarkozyste est à tempérer. Si les 28 % obtenus par l’UMP forment un socle non négligeable, les réserves à droite ne se trouvent qu’à ses extrêmes villiériste et lepéniste. Cela ne rassure aucunement sur l’avenir tant le Chef de l’Etat nous a habitué à trouver des « boucs émissaires » pour faire passer ses politiques antisociales et sécuritaires. D’autant, qu’hier au soir, Fillon a soudainement redécouvert la crise et ses effets récessifs.


Tous les commentaires
Il faudrait être plus sévère, le NPA a failli sur la question du Front Unique Ouvrier. Si le "vieux" (Léon pour ceux qui ne comprendrait pas) était encore là, il aurait sans doute écrit une thèse sur la nécessité de faire l'alliance avec le Front de Gauche. Le problème c'est que la non alliance apparaît comme un replis sectaire du NPA et une course à la part de marché. Si c'est le PCF qui a refusé l'alliance, il faudrait m'expliquer pourquoi une partie de l'ex ligue communiste s'est retrouvé avec Mélanchon. Certes 60% d'abstention, 80% chez les 18, 35 ans cela n'aide pas... Mais le NPA aurait problablement dû expliquer pourquoi il fallait voter... Alors que la leçon pour la gauche c'est la claque au PS, c'est vraiment dommage que le PC n'ai pas vraiment pris la sienne. Pol
Cher POL, J'ai rédigé maints billets sur cette question des alliances qui, selon les désirs du PCF, n'auraient joué que pour le scrutin d'hier. Je regrette qu'un large rassemblement antilibéral et anticapitaliste n'ait pas pu voir le jour mais les négociations ont achoppé sur la "durabilité" de l'union...
Cher Velveth, j'ai évidement lu ces billets tout à fait intéressant, mais l'argument de la "durabilité" ne tient pas. En politique -enfin je crois- on ne dit pas au pompier qu'on ne participe pas à la chaîne pour éteindre l'incendie de la mairie, parce que l'on est certain que plus tard les pompiers ne viendraient pas éteindre un éventuel incendie de l'Église. La dynamique unitaire à des vertus que la vertu ne veut semble-t-il pas entendre... Si j'additionne bêtement, je dis bien de façon pas du tout pertinente, les poucentages d'hier On a bien 19,5 points pour les écolo devant le PS et 11,5 NPA+ Front de Gauche devant le Modem et dans notre gentille société du spectacle cela change pas mal de chose... Notamment sur l'alliance des Verts avec le Modem... En fin j'arrête parce que les voix n'appartiennent à personne Pol
Il est vrai que certains auraient préféré "faire le pari" unitaire en disant, une fois l'unité de la gauche de gauche réalisée, celle-ci ne pourra plus se défaire du fait de ses bons résultats (ces avis ont été très minoritaires). Nous "sommes payés " pour savoir (scrutin européen de 2004 avec listes communes LCR - LO) que les voix ne s'additionnent pas, loin s'en faut. Quel % auraient pu faire des listes NPA - PC - PG, nul ne le saura mais certainement pas la simple addition des scores obtenus hier. Un seul point: le nucléaire. Nombreux sont les jeunes votant pour le NPA pour sa dimension écolo (pas suffisammment mise en avant mais quand même). Il n'est pas certain qu'ils auraient porté leurs voix sur des listes faisant silence sur cette question. Ce n'est qu'un exemple, bien sur.
Oui je suis d'accord on ne peut pas ni refaire le match, ni faire des additions, mais je l'ai fait en toute mauvaise fois pour juste indiquer que la logique unitaire aurait pu être féconde. trop tard. Et puis une idée qui me vient par rapport à ce que j'écris sur mon blog aujourd'hui Éva Joly et Olivier Besancenot ont un point commun, il y a la mention d'un travail sur leur carte d'identité. Plus Olivier Besancenot va vieillir plus il deviendra un professionnel de la politque, ce qui est curieux c'est qu'il arrive encore, comme Arlette jadis a apparaître comme un travailleur Pol
Olivier Besancenot a moins de 35 ans. Il travaille toujours comme facteur. Il a toujours dit qu'il ne se laisserait pas "arlettiser" et il est vraisemblable, selon ses dires, que 2012 soit sa dernière participation comme candidat. A moins qu'il ne soit élu !
Besancenot vat-il vieillir ? sera-t-il élu un jour ? Juste pour rire, pour ceux qui ne l'auraient pas vu : http://www.mediapart.fr/club/edition/rires/article/250509/le-president-besancenot-est-mort-politique-fiction-6
Oui, c'est l'une des "morts" les plus amusantes.
kairos La limite à laquelle s'est heurtée le NPA, n'est-ce pas son double refus de fait: l'Europe et gouverner? Pour espérer changer les choses ne faut-il pas déjà les accepter? Savoir passer des compromis et ne pas tout miser sur des "luttes" qui tardent? L'anticapitalisme et le rejet pur et simple du traité de Lisbonne n'offrent pas en eux-mêmes une solution; ils peuvent au contraire donner le sentiment d'ouvrir un vide dont l'électeur comme la nature a une sainte horreur, surtout par temps de crise! De plus rechercher un vote sanction sur un sujet où Nicolas Sarkozy laisse, à tort ou à raison, une image plutôt positive dans l'opinion, le PS et le Modem auront fait la même erreur (ce qui permet, par contre-coup, à l'UMP de crier victoire)... Sinon, je trouve que Olivier Besancenot a fait une bonne campagne, donné encore de l'épaisseur à sa personnalité, mais il reste tributaire de sa configuration politique... de nature purement tribunicienne, selon moi.
La fable du "refus de gouverner" largement répandue par le PS et le PCF a été démentie x fois par le NPA. Ce que refuse cette formation, c'est aller dans un gouvernement pour faire une politique contraire à ses orientations principales (comme l'a fait le PCF de 1997 à 2002, période durant laquelle les privatisations s'enchaînèrent). Dans le cadre d'un exécutif rompant avec le libéralisme, le NPA a toujours dit qu'il était disposé "à en être". L'Europe ? Le NPA a toujours affirmé sa volonté de voir une toute autre construction de l'Europe mais n'a jamais remis en cause le principe d'une "union européenne". Le NPA a bien des défauts. Pas la peine de lui en rajouter.
Pour ma part je suis convaincu que l'abstention a été "sollicitée" par le pouvoir en place. Avez-vous vu beaucoup d'incitations à aller voter ? L'entre déchirement Modem-PS-EE a finalement profité à ce dernier. A qui a profité le déchirement NPA-PdG ? à EE pas sûr car leur position vis à vis de l'Europe capitaliste, de la continuation effective du grand business international ne me semble pas toujours claire. Et n'oublions pas LO... 60% d'abstentions + les votes nuls ou blancs ; ça en fait du monde ! beaucoup étant convaincus de la portée de leur non-vote... au final ça donne quoi ? Je rêve que le vote soit obligatoire... utopie ?! J'ai finalement voté NPA et suis bien sûr déçu de ne voir aucun député élu. Pour autant je n'étais pas convaincu qu'une alliance avec le "Front" de gauche soit souhaitable, j'y sens trop d'ambitions personnelles.
Certes, à quelques dizaines de milliers de voix près dans les régions, le NPA aurait pu avoir 3 ou 4 élus. Ce type de scrutin par "circonscription", mis au point pour éliminer les gêneurs, est à dénoncer.
Velveth, vous posez les bonnes questions. Au début de la "campagne" je pensais voter NPA. Puis , déçu par ce que j'ai perçu comme retour du sectarisme , je me suis intéressé au F.d.G. Aprés discussion avec mon fils, qui fut LCR, nous avons voté E.E. C'étaient des élections EUROPEENNES. Et il y a une urgence qui prime : on peut toujours être solidaire des Bengalais : si la marée les emporte, cela leur ferait quoi?
Vous êtes le prototype de ma démonstration ! (humour)
Et après la campagne, je ne sais toujours pas comment, d'après le NPA, devraient être déterminés les salaires et les prix dans l'Europe future.
Je vous ai répondu voici des semaines. Comme je vous l'ai dit: vos obsessions ne sont pas les miennes.
Cette fixation sur la détermination des prix et des salaires est lassante, Melchior et ne nous avance guère. Qui fixait les prix et les salaires en France dans les années 70 par exemple? On pourrait aussi imaginer une société sans salariat, qu'en dis tu? Ou une autre société où chacun produirait ce dont il aurait besoin, sans prix donc... Ou on pourrait mélanger un peu tout ça. Pourquoi chercher à enfermer le débat dans une vision étriquée?
Melchior aimerait que je lui dise que le projet du NPA c'est la fixation des prix et des salaires par le plan quinquennal. Le projet de société éco-socialiste du NPA est à l'opposé de la conception soviétique centraliste que j'ai toujours combattue.
Cher Velveth, Il y a quelque chose de rassurant, dans ce monde, de voir quand même exister un NPA, même à quelques petits pour cent...
Certes. Je viens de parcourir l'édition papier du Monde (que je n'achète plus qu'en ces occasions). Contrairement au FdG qui ne doit son salut qu'à ses quelques bastions, le NPA "se nationalise" dans pratiquement toutes les régions de France autour de 5 %. C'est une bonne base ...pour ne pas s'endormir.
5% de 40%.... Mieux vaut ne pas s'endormir dans l'optimisme , quand même. A mon avis, le NPA , comme toute la "gauche" a de sérieuses questions à se poser , des questions de fond, des questions philosophiques. Fondamentales.
dans mes bras pierre ..., vous êtes le rayon de soleil de ma triste journée et celui qui ose prononcer le mot de philosophie proscrit du débat politique, auquel on préfère les gros bras. inconscient êtes vous ? un dangeureux visionnaire, un doux réveur, êtes-vous capable de prendre la mesure de l'inconscience de votre folie dans un monde ou " home " sur 16/9 ème représente la quintessence de notre élan morale ? AHHHHHHHHHH shakespeare , penser ? pourquoi faire ?
Tiens, tu es déjà revenu? Tu nous as ramené les réponses?
euh ... je cherche ... celle des enfants des bidonvilles ? non, nous n'avons toujours pas vu l'hélico de yann arthus peut-être vous nous avez vu à la télé ? c'était sympa, pas trop secoué ? nous ça va pas de changement.
Petite question : frôle ou autour des 5 %, ça fait combien en fait ? Histoire de savoir si les frais de campagne seront remboursés...
CEla dépend des circonscriptions. Je crois qu'à l'exception de l'IdF, les 5 % sont dépassés dans les autres régions.
Un score décevant par rapport à quel score attendu ? Les 8 à 9 % des sondages d'il y a quelques mois ??? Pour ce type de scrutin il ne fallait pas rêver. La bataille s'est jouée au centre (PS/Modem/Ecolo), ciblée sur les quadras et quinquas des classes moyennes sup, urbaines !
C'est vrai. Vous avez raison. Je pense néanmoins que le NPA aurait pu faire une meilleure campagne et obtenir un score sensiblement plus élevé lui permettant d'obtenir qqs élu(e)s.
Un score décevant par rapport à quel score attendu ? Les 8 à 9 % des sondages d'il y a quelques mois ??? Pour ce type de scrutin il ne fallait pas rêver. La bataille s'est jouée au centre (PS/Modem/Ecolo), ciblée sur les quadras et quinquas des classes moyennes sup, urbaines !
A malheur, quelque chose de bon (parfois) : le NPA envisage fort humblement des négociations en vue de l'unité de gauche-gauche en d'autre termes que d'imposer ses oukazes. Et c'est tant mieux. A la fin du communiqué du NPA, l'ouverture en direction des "antilibéraux" ( = les soi-disant réformateurs de l'économie de marché du FdG) et pas seulement vers les "anticapitalistes" (les vrais de vrais du NPA) en est un signe . Cette querelle de mots interne au LCRNPA, qui semble donc dépassée, a quand même fait l'objet de débats et textes fort théoriques lors de la création du NPA . Elle témoignait surtout d'un état d'esprit particulièrement sectaire et triomphaliste. C'était l'époque ou Besancenot passait chez Drucker. L'espoir renaît donc, même si le dépit (ou la mauvaise foi) fait encore dire à Vevelth que c'est la faute au PC. Vive le Front de Gauche, Vive l'unité !
Les élus du PCF ont dit explicitement pour certains qu'ils visaient à reconstruire une nouvelle union de la gauche, avec le PS. Et, dans le même temps, qu'ils se sentaient trop bien au Front de gauche. Je considère que la direction (représentant la majorité écrasante des militants à n'en pas douter) du NPA aurait dû négocier, ouvrir des négociations publiques, prendre au mot Mélenchon. Je ne suis pas sûr qu'on aurait pu aboutir à un accord. Cette phase de négociations (à faire en termes clairs et simples) n'a pas eu lieu. Certes la direction du PCF ne voulait pas d'un tel accord, j'en suis d'accord avec Velveth. Il aurait fallu en faire la démonstration pratique. La politique c'est discussions et débats sur des principes clairs. Le NPA a des principes, il ne doit pas apparaitre en retrait.
à Laskaert C'est tout simplement que libéralisme et capitalisme, s'ils se marrient fort bien ensemble, ce n'est pas la même chose. L'un des principes fondateurs du NPA est la rupture avec le capitalisme et non pas rendre moins libéral le système. Le couple PC - PG n'est pas très clair sur cette question. Avant de crier "Vive l'unité", il s'agit de se mettre d'accord sur un contenu minimum concernant les urgences sociales, démocratiques et écologiques. Il n'y a pas que des convergences...
J'approuve!
à Laskaert C'est tout simplement que libéralisme et capitalisme, s'ils se marient fort bien ensemble, ce n'est pas la même chose. L'un des principes fondateurs du NPA est la rupture avec le capitalisme et non pas rendre moins libéral le système. Le couple PC - PG n'est pas très clair sur cette question. Avant de crier "Vive l'unité", il s'agit de se mettre d'accord sur un contenu minimum concernant les urgences sociales, démocratiques et écologiques. Il n'y a pas que des convergences...
C'est vrai : La campagne du NPA n'a pas été très bonne. Probablement parce qu'elle ne s'est pas vraiment présentée comme une priorité pour de nombreux militants engagés sur le front des luttes sociales. C'est d'ailleurs sur ce terrain que les déceptions me semblent être les plus lourdes. Il convient, en effet, de distinguer anticapitalisme et antilibéralisme, ce qui n'interdit pas des convergences. Elles sont nécessaires et elles sont incontestablement attendues et même réclamées. Il me semble qu'il sera plus facile de les déterminer et de les mettre en œuvre à l'occasion de scrutins locaux. On verra alors où chacun en est, et si la rhétorique de l'unité n'est pas là que pour se refaire une santé!
Je partage en grande partie ce que vous dîtes.
Ce billet et ce fil m'ont beaucoup intéressée. Il ne faut pas oublier la jeunesse de ce parti qui fait que les militants anciens et nouveaux se sont rencontrés il y a peu. Cela produit un certain flottement par ajustements tâtonnants ; pas simple lorsqu'on doit se mobiliser pour une campagne. Une des questions à travailler, c'est de mon petit point de vue celle des compromis - principes et compromis -
kairos La jeunesse... non pas celle du NPA, mais la tranche d'âge: elle s'est abstenue; à 80% ai-je compris! Or n'est-ce pas une des sources vives de l'électorat de Olivier Besancenot? Par ailleurs, si on additionne NPA+FG+LO, on arrive à 12%... Avec ça, on créait l'événement! Mais la division, l'éternelle division groupusculaire... Amicalement.
D'accord avec Marielle. Kairos, Velveth le rappelle: les alliances électorales ne donnent pas la somme des partis séparés: LCR+LO avait été décevant... mais Verts +divers donne un résultat étonnant aussi. A posteriori il semble bien que l'alliance électorale aurait dû être tenté avec plus d'acharnement, que cela s'impose. Car, en effet, dire que le NPA a été une des principales victimes de l'abstention des jeunes et des classes populaires montre que son message qui se voulait clair et mobilisateur n'a pas été perçu comme tel. A part pour ceux dans le NPA qui se satisfont du score de 5% qui n'est pas faible, les questions du programme, de l'unité, de l'analyse du mouvement social et de la façon dont on peut agir pour son développement (une analyse des orientations des différents syndicats, des oppositions syndicales à reconstruire par exemple) se posent.
D'accord avec Marielle et Pascal. Le prochain "Comité Politique National" (CPN) du NPA devra tirer un certain nombre d'enseignements de ce scrutin. Mes échanges, hier, avec Raoul Marc Jennar et d'autres responsables montrent que le débat aura lieu et qu'il aura des suites. Si les résultats sont effectivement biaisés par le très haut niveau d'abstention dans la jeunesse et dans les couches populaires (de 75 à 80 % !), il n'en demeure pas moins vrai que près de 20 % des électeurs de Besancenot de 2007 (qui se sont dérangés pour aller voter) ont choisi EE plutôt que le NPA. Cher Kairos, les additions d'après scrutins, je n'y crois guère. Le couple PC - PG attire encore un peu au dessus de 49 ans et surtout au-dessus de 60 ans, les nostalgiques de la "vieille union de la gauche" des seventies. Les résultats (modestes) du Front de Gauche sont dus au fait que subsistent des bastions communistes dont les résultats ont permis de booster l'ensemble. Pyramide des âges inversée de celle du NPA et radicalité de son électorat qui ne se serait certainement pas reconnu dans le style IIIème République du sénateur Mélenchon. Rappelons que le FdG ne fait que 1 % de voix de plus que le NPA dans le contexte des 60 % d'abstention. Certes, on ne peut, dans ces domaines, jurer de rien car la dynamique (éventuelle) enclenchée aurait peut-être pu changer la donne.
Cher Velveth, Je connais quelques personnes (jeunes et futurs retraités dans peu de temps) qui ont voté NPA. Ce sont pour moi, des personnes qui ont suivi d'assez près la campagne du NPA et sont plutôt anticapitalistes de nature (délégués syndicaux) et dans ma famille, (des d'jeunes). Ils ont compris ce à quoi amenait l'ultra libéralisme et n'en veulent plus. Ils veulent un changement radical de société. 5%, ce n'est peut-être pas beaucoup, mais ces personnes là sont sures de ce qu'elles ont votée, certainement pas des girouettes. C'est vrai aussi que DCB avait de quoi séduire, mais je le redis, EE ressemble à une très belle salade composée, mais que va-t-il en advenir lors des élections ? ? ?
Chère Marie-Paule, Regretter l'abstention massive de la jeunesse n'est pas oublier qu'un électorat, de tout âge, s'est constitué autour du NPA pour son baptême électoral. Ce socle de 5 % n'est pas une catastrophe mais le NPA, avec une autre campagne, aurait du bousculer l'échiquier politique. Rien n'est perdu mais rien n'est gagné. Certes, EE, comme vous le dîtes, avait l'attrait d'une salade composée (avec goût) mais en aura, dans l'avenir, les défauts. A moins de totalement se renier, José Bové votera-t-il les mêmes textes que le libéral-libertaire DCB ou qu'Eva Joly - qui a failli rejoindre le MODEM ?
He oui, Velveth, je me pose les même questions que vous, c'est pour cette raison que nous avons préféré le NPA, J'avais lu vos billets qui m'ont bien éclairés. Je crois en la jeunesse, même si elle a manqué une bataille, elle sera là pour la guerre. Je suis optimiste. Je crois en l'avenir, malgré les épreuves que nous subissons.
Aux dernières élections présidentielles il y a eu un très fort taux de participation (80 % ?), pour le résultat que l'on connaît... Beaucoup de ces électeurs ne se sont-ils pas sentis découragés ? je pense aux jeunes notamment, qui avaient certainement mis beaucoup d'espoir(s) dans leur vote, pour ceux qui avaient été durs à convaincre de le faire, concluant que finalement, voter ne sert à rien, surtout pas à améliorer la condition des plus défavorisés. ?
Chère Corinne, Je ne crois guère à cette thèse. Avec 85 % de votants, la présidentielle avait "fait le plein". Sans atteindre ce degré de participation, on pouvait légitimement penser que la jeunesse et les couches populaires se saisiraient de l'occasion des "européennes" pour exprimer leur mécontentement. A l'égard de Sarkozy comme des politiques libérales européennes. Tel n'a pas été le cas, loin s'en faut. J'y vois deux raisons principales: L'une est que "leur Europe", jeunes précaires et couches populaires n'en veulent pas dans cette configuration mais ont l'impression, non dénuée de sens, que leur vote ne pourra influer sur ce que décide Bruxelles (en fait, le conseil des gouvernements). L'épisode du NON de 2005, bafoué deux ans plus tard n'incite pas à faire confiance à la "force du vote populaire". L'autre aspect est que la division fantaisiste en 8 circonscriptions aux contours farfelus (qui est une co-production Jospin - Raffarin) permet au pouvoir en place de diluer le débat qui, sur l'avenir de l'Europe, devrait avoir une forte résonance hexagonale. Si cela touche moins les partis avec des bastions de notables couvrant le territoire, il est évident que pour une formation comme le NPA dont seul Olivier Besancenot, à son corps défendant, est connu, cela constitue un handicap supplémentaire d'où une forte abstention qui a touché le potentiel du NPA. EE a réussi, en mettant en vedette un trio DCB - Eva Joly - José Bové (présents tous les trois sur toutes les professions de foi) à contourner cette difficulté.