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Face à la crise mondiale du capitalisme, régulation ou rupture anticapitaliste ?

« La roue de l’histoire tourne et elle n’est pas arrêtée sur un numéro. »

(Entretien avec Robert Castel, Médiapart, mars 2009)

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La crise s’est désormais diffusée dans le monde entier. A la différence de celle de 1929, elle est globale. Le mode de production capitaliste est étendu à la totalité de l’économie mondiale. La globalisation capitaliste a bâti un marché mondialisé de marchandises, infligeant des conditions d’un « marché mondial de la force de travail ».

La globalité de cette crise s’éclate en plusieurs composantes : économique, financière et bancaire mais aussi alimentaire, énergétique et climatique.

 

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Les tenants du capitalisme et leurs « experts » sont préoccupés. Ils n’ont pas de modèle alternatif. Ils discutent de divers scénarios mais aucun d’entre eux n’envisage de sortie de crise. Ils entrevoient de possibles reprises « molles » fin 2010 ou retiennent le scénario d’une crise à la japonaise : une déflation d’une dizaine d’années  mais personne n’ose pronostiquer une issue à la crise actuelle. A la différence de la crise de 1929, les gouvernements et les pouvoirs publics ont massivement et rapidement secouru les maillons les plus faibles pour tenter de la contenir. Dans une série de pays, les systèmes de protection sociale (si décriés par leurs contempteurs)  jouent certes un rôle d’amortisseurs … mais jusqu’à quand ?

Tant qu’il n’y a pas d’alternatives, c’est-à-dire de solutions anticapitalistes crédibles en mesure de s’imposer, la fin du capitalisme n’est qu’une sympathique vue de l’esprit. Le système n’est pas « sans issue(s). Le capitalisme peut vivre et survivre avec ses crises, ses convulsions, ses régressions. Hormis ses habituels thuriféraires, tous voient néanmoins les limites atteintes par le système, son coût social, économique et écologique. La sortie de ce système, sa réforme, son dépassement pour certains, la rupture pour les anticapitalistes sont, pour la première fois depuis fort longtemps, à l’ordre du jour…des débats.

En cela, cette crise est historique : il y aura un avant et un après. 

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Une crise profonde et longue ?

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D’une part, la crise bancaire et financière continue : les produits « toxiques» ont gangrené le système et de stupéfactions en effarements, les « découvertes » se poursuivent.

Le nettoyage des « bad bank » pour éliminer les produits financiers « toxiques » dont on mesure mal leur diffusion fait que les gouvernements font soit machine arrière, comme aux États-Unis, soit appréhendent de mettre en oeuvre des mécanos qui feraient apparaître l’immensité des créances non solvables. Les paradis fiscaux – qui annoncent, sans rire, vouloir se « réformer », continuent de fonctionner. L’opacité et l’enchevêtrement des marchés financiers avec « l’économie dite réelle » empêchent la mise en oeuvre de nouveaux mécanismes de contrôle. Les banques se prêtent toujours aussi peu voire, nonobstant les mesures étatiques prises, de moins en moins. Les prêts, aides et financements des États ne peuvent être garantis, car la situation des banques reste incertaine. Même les emprunts d’États connaissent des difficultés !

Des États, comme l’Islande, sont en banqueroute, la situation en Grèce, Hongrie, Pakistan, Espagne, Lituanie… est critique.

 De nouvelles faillites bancaires ou de sociétés d’assurance ne peuvent être exclues. Les finances publiques ne sont pas indéfiniment élastiques, sauf à faire fonctionner « la planche à billets ». Nous entrerions alors dans une nouvelle phase de la crise….

Dominique Strauss Kahn, pour le FMI, est d’ailleurs intervenu pour demander une aide encore plus massive des États aux banques pour relancer le crédit, en regrettant que les financements des États ne soient pas à la hauteur !

Il y a des limites à la solvabilité des États et l’explosion de leur dette ne peut tendre vers l’infini. A cette étape, seuls les États-Unis, grâce au rôle du dollar comme monnaie mondiale, ont les moyens de continuer leur politique d’endettement…

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Une crise de surproduction généralisée 

L’économie mondiale est en récession. Les prévisions de croissance mondiale tournent autour de 0,5 %. Elles sont négatives pour les États-Unis et les pays de l’Union Européenne. On assiste à la chute vertigineuse de la production industrielle notamment aux Etats-Unis et au Japon. Des milliers d’entreprises ferment ou licencient. Tous les secteurs sont progressivement touchés. En quelques mois, aux États-Unis, le chômage frôle les 8 % soit 11 millions de salariés. Un récent rapport de Christina Romer et de Jared Bernstein, responsables économiques d’Obama, dévoile le chiffre de 3 à 4 millions d’emplois supplémentaires qui pourraient être détruits dans les prochains mois. General Motors et Chrysler exigent encore des dizaines de milliards de dollars pour ne pas « plonger » définitivement. Les prévisions en matière de chômage sont ahurissantes : de 40 à 50 millions de chômeurs pour les seuls pays de l’OCDE. Une véritable déferlante. Les suppressions d’emplois vont  s’amplifier, au moins durant les années 2009 et 2010. Des taux de chômage les plus hauts depuis les années 1930 sont envisagés...

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La crise épargne-t-elle certaines régions du monde ?

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L’hypothèse d’un découplage entre la crise des pays capitalistes développés et la situation des pays émergents, en particulier la Chine, n’a pas été confirmée. La croissance chinoise a baissé de 11 % à 7 %. Les exportations ont baissé de 2,2 % en novembre et de 2,8 % en décembre selon les chiffres des douanes chinoises. Les importations se sont contractées de 21,3 %. Des milliers d’entreprises ont fermé dans la province de Shanghaï et des millions de Chinois, en premier lieu les travailleurs migrants, errent sans emploi à la recherche d’un improbable toit de fortune. Certes, maintenir environ 7 % de croissance illustre la dynamique économique chinoise. La crise va même confirmer les  mutations des centres de gravité de l’économie mondiale vers les pays dits émergents, mais cette économie reste encore dominée par les États-Unis et l’Europe. Cette crise va-t-elle conduire le régime chinois à donner la priorité au développement d’un marché interne ? Cela dépendra amplement des luttes politiques et sociales (de nombreuses révoltes, vite réprimées, se produisent), y compris au sein du PCC…

L’économie chinoise pourrait-elle représenter une locomotive pour relancer l’économie mondiale, un moteur alternatif à celui des pays capitalistes développés pour la croissance mondiale ? Rien ne l’indique pour le moment. Parallèlement, des pays comme la Russie ou l’Inde commencent à s’enfoncer dans la récession. 

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Le « modèle » néo-libéral, une défaite historique ?

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Le consensus de Washington a explosé. Les classes dominantes et les gouvernements néo-libéraux ou sociaux-libéraux ont connu une défaite politique et idéologique. La « cohérence néo-libérale » faite de privatisations, de flexibilité toujours accrue, de déréglementations accélérées est aujourd’hui disloquée. Mais ses initiateurs et défenseurs (ces derniers, toujours invités sur les plateaux TV à l’image, caricaturale, d’un Jacques Marseille) postulant que le néo-libéralisme régnant n’a pas encore connu de défaite sociale, ils peuvent encore parader...

Pour bien peu de temps.

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Loin de s’engager dans un changement de politique ou de cap, la politique des « classes possédantes » consiste à « tenir bon », à faire payer la crise aux travailleurs, et à combiner le cadre néo-libéral avec une série de dispositifs permettant de « tenir bon » en espérant… que la crise s’arrêtera et que les affaires reprendront !

En outre, les capitalistes utilisent la crise pour restructurer les entreprises, avancer dans des processus de concentration-fusion des groupes et…continuer à comprimer les salaires !

Il y a donc des changements, de nouveaux discours, des mesures de sauvegarde ou de relance partielles mais jamais, elles ne remettent pas en cause la globalité malsaine du système.

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Les ministres des finances et banquiers centraux du Groupe des Vingt (G20) se sont  réunis, vendredi 13 et samedi 14 mars, à Horsham en Grande Bretagne. Objectif affiché : l'élaboration d'une feuille de route commune pour endiguer la plus grave crise financière que le monde ait connue depuis 1929.

Dernière réunion préparatoire au sommet des chefs d'Etat du G20 du 2 avril à Londres, elle s'ouvre sur de graves divergences entre étatsuniens et européens quant aux exigences du moment. Ainsi la demande des envoyés d’Obama pour amplifier les plans de relance, soutenue par le Japon, est combattue par les sherpas de Sarkozy qui veulent surtout des mesures « pour rétablir la confiance » dans le secteur financier.

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Tous les acteurs s’accordent sur un point : "il ne faut pas s'attendre à des décisions spectaculaires" à l'issue de cette réunion.

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Doux euphémisme.

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L’agence Reuters faisant le point à mi-réunion communiquait laconiquement : « Les ministres des Finances des pays du G20 ont promis samedi de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les grandes institutions financières, assainir le système financier mondial et relancer le crédit. »

« Un membre d'une délégation a déclaré à Reuters qu'il avait été question de "plus que doubler" les ressources du FMI, qui s'élèvent actuellement à 250 milliards de dollars.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui accueillera le 2 avril le sommet du G20, a annoncé de son côté un "important changement" dans la régulation des marchés financiers, avec en particulier une supervision des fonds spéculatifs ("hedge funds") et d'autres domaines peu réglementés.

C’est donc le FMI qui est chargé de « purifier » avec la délicatesse que l’on lui connaît.

Point à la ligne !

La question clé des paradis fiscaux a-t-elle seulement été traitée autrement que médiatiquement ? Dans les jours précédents la réunion, une succession d’annonces de bonnes intentions est parvenue d’Andorre, du Liechtenstein puis, en rafale, de la Suisse, de l’Autriche et du Luxembourg. Tous s’accordent pour déclarer qu’ils sont disposés à examiner au cas par cas d’éventuelles fraudes fiscales sur demande des fiscs mais aucun ne veut toucher au secret bancaire, seule mesure qui serait efficace quant à la nocivité des paradis fiscaux qui ne sont pas que des blanchisseries !.

Paradis fiscaux, faîtes jouer du Feydeau !

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Vers un tournant keynésien ?

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A vrai dire, des injections de doses homéopathiques de keynésianisme ont lieu. Il y a comme un  ersatz de keynésianisme introduit dans les politiques néo-libérales, mais en aucun cas, on ne peut parler de tournant néo-keynésien.

Nous assistons, incontestablement, à un nouvel interventionnisme de l’État dans l’économie, dans le sauvetage des banques, dans des politiques de concentrations et de restructurations industrielles et financières. C’est une modification d’ampleur eu égard à tout le discours ultra- libéral daté des années Reagan-Thatcher.

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Il y a souvent méprise, en France, dans ce domaine :  c’est État qui a déréglementé, c’est l’État qui a privatisé, c’est l’État qui a démantelé les acquis sociaux. Ne confondons pas discours et réalité : l’État n’a jamais disparu. Et aujourd’hui ses interventions, c’est de sauver, à tout prix, le système, et en aucun cas de (re)construire « l’État social ». D’ailleurs, en France, l’équipe sarkozyste continue la mise en œuvre d’un plan de déréglementation généralisée du code du travail et de la protection sociale. L’État n’intervient que pour la défense des classes possédantes, passant par pertes et profits couches populaires et classes moyennes dont les intérêts n’ont jamais été aussi étroitement liés.

Comme le dit d’ailleurs, dans son blog, Paul Krugman, prix Nobel de l’économie et inspirateur de la gauche du Parti démocrate : « Soyons clairs, c’est tout simplement le socialisme citron : socialiser les pertes et privatiser les profits ».

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De ce point de vue, il ne s’agit pas ici d’avoir une vision « romantique » du keynésianisme. Si l’on prend comme référence les politiques de relance keynésienne de la fin des années 1930 aux États-Unis et en Europe d’après-guerre, « y’a pas photo » !

Les politiques keynésiennes n’ont été qu’un choix de construction socio-économique après un débat idéologique au sein des classes dominantes. Il a été imposé par des rapports de forces, une montée des luttes ouvrières ( notamment aux Etats-Unis) exigeant un virage des politiques publiques et salariales. Mais son déploiement s’est effectué, principalement, sur la base de l’économie d’armement, dans une économie de guerre et au sein d’un rapport de forces liés à des mouvements sociaux et politiques exceptionnels qui ont imposé les « compromis sociaux » de l’après-guerre.

Ce sont les destructions de la guerre qui ont exigé les reconstructions de l’après-guerre et créé les conditions de relance.

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Or ce qui est frappant, c’est le décalage entre la profondeur de la crise, les discours des uns et des autres sur la nécessité de « refonder le capitalisme » et les actes. Au-delà de décisions symboliques — les revenus de quelques grands dirigeants plafonnés aux États-Unis ou la présence de représentants du gouvernement britannique dans les conseils d’administration des banques anglaises —, aucune nouvelle norme financière ni contrôle effectif du crédit pour relancer l’activité n’a vu le jour. Des mesures, techniquement et financièrement possibles, ne sont prises ni par Sarkozy ni par ses « amis » de l’UE ou d’ailleurs. Un seul exemple, affolant : les « short sellings », ces produits financiers qu’on vend alors que ne les détient pas continuent de polluer la finance…

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Tous les plans de relance sont considérés par les experts, tous penchants confondus, comme sous-dimensionnés. Des différences existent : si le plan français ne dépasse pas les 2% du PIB, le plan Obama  en représente, lui, près de 6%, ce qui est plus significatif. Encore faut-il mettre en rapport ces plans avec la profondeur de la crise américaine.

Les décisions gouvernementales états-uniennes intègrent de nouvelles dépenses publiques pour l’école, l’aide sociale, des grands travaux publics, mais si l’on ajoute les 2 000 milliards pour les banques, la baisse d’impôts pour les plus riches, l’aide à l’investissement dans les entreprises — sous quel contrôle ? — et les limites des mesures de relance par le demande, il y a de la marge avant d’entrevoir quelconque sortie de crise.

Selon Paul Krugman, le plan de relance, écorné par les républicains du Congrès, ne pourra, au mieux, combler que la moitié du potentiel de croissance perdu.

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Aux États-Unis et en Europe on a (re)parlé de « nationalisations » des banques. On ne peut théoriquement écarter des « nationalisations étatiques » de banques avec un caractère « temporaire et partiel » pour sauver le système bancaire, mais il ne faut pas se méprendre sur le sens de ces interventions.

Il ne s’agit, une nouvelle fois, que de socialiser les pertes pour cuirasser le système et créer les conditions pour « reprivatisation », à terme, relançant, ainsi, la course effrénée aux profits.

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Aucun des gouvernements n’a remis en cause les privatisations effectuées ces dernières années. Les attaques contre les services publics, les suppressions de postes de fonctionnaires sont confirmées. Là encore, nous sommes loin des rapports sociaux et politiques qui prévalaient dans l’après-guerre pour obtenir les nationalisations ou la création de services publics et de protection sociale.

Nous connaissons les premières phases de la crise. Son approfondissement peut bouleverser toutes les données politiques. La rationalité économique et politique « peut pousser à plus de relance, de concessions salariales et sociales, à plus de croissance verte ». Des changements substantiels dans la politique des classes dominantes, en fonction des rapports de forces sociaux et politiques, peuvent se produire. Mais, le capitalisme n’est pas un système rationnel, c’est la concurrence de capitaux qui commande leurs propres intérêts, les multinationales ont aussi leurs propre logique, les États leur stratégie spécifique.

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De nouvelles tensions et de nouveaux affrontements sont à redouter mais ce qui prévaudra demain comme aujourd’hui, pour les dirigeants actuels, ce sont les intérêts sociaux et politiques des classes dominantes.

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Et le « capitalisme vert », alors ?

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Peut-on avoir un capitalisme qui s’ouvre sur les problèmes environnementaux en tentant d’en faire de nouveaux champs d’accumulation et de nouveaux débouchés ? Il y a à ce sujet tout un discours autour de certaines propositions d’Obama.

Un « capitalisme vert » est théoriquement possible. Dans l’abstrait, un capitalisme basé sur les sources énergétiques renouvelables semble imaginable, puisque le potentiel technique des « renouvelables » équivaut huit à dix fois la consommation mondiale d’énergie. En pratique, la transition vers ce « capitalisme vert » à partir du capitalisme réellement existant basé à 80 % sur les sources fossiles est totalement incompatible avec les exigences de sauvetage du climat. Il est impossible de relancer le capitalisme actuel sans relancer les émissions de gaz à effets de serres.

Le capitalisme ne prend en compte que l’indicateur quantitatif de réduction des émissions alors que le pilotage d’une transition requiert de nombreux indicateurs qualitatifs. 

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Nous allons assister, vraisemblablement, à l’introduction de nouvelles technologies, d’éco-taxes, de conversions dans le domaine des transports ou du logement. Mais, parler  de « fordisme vert » ou de « sortie verte de la crise », c’est accorder au capitalisme des vertus de « long terme », contradictoires avec sa course aux profits immédiats.

Une réorganisation « écologique » de l’économie mondiale exigerait de la coordination, des normes internationales, des choix et orientations à long terme. Autant de choix antinomiques avec les lois de la concurrence et du marché.

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Une logique autre, satisfaisant les besoins sociaux, répondant à de nouveaux modes de production et de consommation ne peut s’accompagner d’une exigence de profitabilité dominée par la concurrence de capitaux individuels. Une coordination et une planification internationales pour une réorganisation de l’économie mondiale seraient, d’ailleurs, le fondement premier d’une alternative éco-socialiste qui n’est évidemment pas à l’ordre du jour des tenants du capital.

 

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Crise économique et radicalisation sociale et politique ?

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Il n’y a pas de rapport mécanique entre crise économique et lutte de classes. Sur un plan plus général, comment ne pas mettre en rapport les résistances en Amérique latine avec l’explosion de la jeunesse grecque, les événements aux Antilles françaises et les 2 millions de manifestants du 29 janvier à Paris. Malgré les « défaites sociales et politiques » des années 1980 et 1990, l’émergence de nouvelles générations disponibles à la lutte constitue un des points d’appui pour résister voire, selon les pays et les séquences, contre-attaquer.

Ce double mouvement : évolution sociale-libérale de la gauche traditionnelle et résistances sociales, sur des bases radicales, donne de nouveaux espaces à la gauche anticapitaliste. En témoignent maintes enquêtes d’opinion – qu’il convient toujours de prendre avec « des pincettes ».

D’autant que des réflexes protectionnistes, réactionnaires et xénophobes peuvent être actionnés par les pouvoirs en place.

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L’anticapitalisme à l’ordre du jour ?

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Les tenants de l’ordre libéral et leur porte-parole dans les médias sont certes déstabilisés et, souvent, décrédibilisés. La « cohérence » du discours néo-libéral a explosé en plein vol. Les incantations à la moralisation ou à la refondation du capitalisme manquent totalement de vraisemblance. Elles expriment plus la panique dans laquelle sont les dirigeants et SArkozy y répond par des tours de vis autoritaristes (Cf. articles d'Edwy Plenel).

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Les réponses anticapitalistes prennent une actualité et le lien est souvent fait, désormais, entre les revendications sociales  immédiates et des objectifs de transformation sociale.

Parler de transition anticapitaliste, d’éco-socialisme, d’un « autre monde possible » ne rencontrent plus que les sarcasmes des médias aux ordres avec ses Apathie ou ses Christophe Barbier.

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Sauver les peuples ou les banquiers ?

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Face aux licenciements, aux suppressions d’emploi, à la baisse du pouvoir d’achat, à la destruction des services publics, à la dégradation de l’environnement, il faut un plan d’urgence social et écologique. Refus des licenciements, du chômage technique et partiel, réduction du temps de travail et répartition du travail entre tous les salariés, précaires, chômeurs, un emploi garanti avec un salaire décent, augmentation des salaires pour relancer la demande, défense et réorganisation des services publics au service de la population, grands travaux publics centrés sur la priorité écologique (économies d’énergie, énergies renouvelables, lutte contre la pollution, transports en commun, logements sociaux, créations d’emplois dans des activités écologiques socialement utiles). Les revendications spécifiques des femmes contre le travail partiel subi, la précarité ou pour de nouveaux services publics, notamment dans la petite enfance, doivent aussi prendre toute leur place dans l’urgence sociale.

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Durant les dernières décennies, au nom de la concurrence, de la compétitivité ou de la lutte contre les déficits budgétaires et de la dette, les possédants se sont arc-boutés pour refuser toute revendication substantielle…

Et en une nuit, des centaines de milliards étaient débloqués pour les banques !!!

Cela laisse des traces « dans l’inconscient collectif » !

Nombreux, dans la population, sont celles et ceux qui se questionnent sur les fonds accordés aux banques. N’auraient-ils pas du servir à financer les revendications sociales prioritaires ?

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Au-delà, commence le débat stratégique sur les réponses à la crise

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Une première option, néo-keynésienne, tourne autour de nouvelles régulations : condamnation des paradis fiscaux, nouvelles normes financières, taxes sur les transactions financières. 

L’autre option recouvre ces mêmes axes mais les lie à une remise en cause du système capitaliste. D’abord, par une politique radicale de redistribution des richesses : prendre sur les profits pour attribuer aux salaires, à l’emploi, aux prestations sociales, à la sécurité sociale, aux services publics.

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Mais la crise pose une autre question : qui contrôle, qui décide, qui possède ?

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C’est la question de la propriété. La faillite des banques ou de grandes entreprises n’est pas seulement le résultat d’excès financiers ou de fraudes, c’est la conséquence d’un système dominé par la recherche du « tout profit » pour une petite minorité de privilégiés. Il faut changer de logique pour agréger autour de la notion de « bien commun » - une des revendications du mouvement altermondialiste.

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La crise élargit la notion de « bien commun ». Le « bien commun » ce ne sont pas seulement, l’eau, la terre, la santé, l’éducation. Cette notion désigne, dans l’esprit d’un plus grand nombre, l’ensemble des secteurs de l’économie nécessaires aux besoins sociaux. Et, si l’économie est considérée comme un bien commun, alors, la question de l’appropriation sociale des secteurs-clés de l’économie, de la démocratie et du contrôle est posée. De ce point de vue, des objectifs comme la nationalisation des banques sans indemnisation, la réduction du temps de travail sans baisse des salaires, le développement des formes de propriété sociale, ont une résonance qui n’est pas mince.

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Mais le comportement des classes dominantes, qui défendent bec et ongles leurs intérêts, le confirme : même pour obtenir des réformes partielles, des mobilisations sociales d’envergure seront (seraient) indispensables pour ébranler le pouvoir.

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Pour qu’une autre histoire s’écrive, ce ne sont pas des rendez-vous…tous les deux mois pour battre le pavé qui suffiront…

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Sources diverses: Michel Husson, François Sabado, Vincent Gay...

Tous les commentaires

Toujours les mêmes salades depuis 30 ans (pour moi) et sans doute depuis bien plus longtemps pour des plus anciens. Quand on n'a rien à proposer d'autre que la réouverture des camps de concentration (car sinon comment gérer les "ennemis du peuple" et plus encore comment règler les conflits potentiels au sein du futur parti unique distribuant tickets de rationnement et accès aux magasins spéciaux ?) comme "contre-projet" au "capitalisme" ce n'est d'ailleurs guère étonnant. Il y a toujours eu des cycles économiques, et des crises. Alors que le communisme n'existe plus guère qu'à Cuba, en Chine et en Corée du Nord, le capitalisme quant à lui est en pleine forme.

Qui parle de communisme ? Vous n'avez pas du lire mon texte. Je vous croyais parti. Malheureusement...non !

C'est quoi votre solution pour sortir du capitalisme si ce n'est le communisme concentrationnaire ? Moi aussi j'espérais que mon abonnement s'arrêterait plus tôt aujourd'hui. Peut-être pourriez-vous utiliser vos relations en tant que co-fondateur de l'ALM pour obtenir qu'on me fasse le plaisir de désactiver mon compte au plus vite ? Bien à vous.

vous êtes bien assidu pour quelqu'un qui trouve ce journal nul... ou bien masochiste, on retrouve votre fiel sur tous les fils de commentaires , vous n'êtes pas obligé de lire ou d'écrire bien que toujours abonné , surtout si c'est pour balancer ceci: "C'est quoi votre solution pour sortir du capitalisme si ce n'est le communisme concentrationnaire ?", un peu trop éventé , vraiment, aller jouer ailleurs ...

j'ai fait une réponse qui a été publiée puis qui a disparu. que se passe t'il ? En bref la revoilà : le capitalisme vert, c'est le marché des droits à polluer. ce système n'est pas réformable, il n'y rien à négocier avec ces gens. Au point où nous en sommes, ils ont bloqué tout contre pouvoir conventionnel ; y compris par le jeu des élection. par conséquent, il faut recourir aux seuls moyens légitimes qui nous restent. l'union derrière les forces non encore compromises et l'action.

OUi, j'ai eu qqs soucis informatiques (à moins que cela ne soit Médiapart) et mon billet avait disparu. Merci à vous.

Je vais résumer mon commentaire que le bug a bouffé…et qui voulait répondre au premier commentaire d' Arquius. Je suis souvent en grande sympathie avec les emportements d'Arquius. Mais là je suis en désaccord frontal (et fraternel…) avec lui. Je mets en effet tous mes espoirs dans un réformisme radical. Dans radical il y a racine. Il s'agit donc bien de réformer de fond en comble et pas de replâtrer plus ou moins pour rendre à peu près présentable. Je ne suis pas convaincu que toute forme de capitalisme est l'ennemi du genre humain, comme l'est de toute évidence son actuelle forme dominante, le capitalisme mercantile aggravé par la financiarisation déréglementée. Je suis persuadé qu'il y a à chercher du côté d'une liberté d'entreprendre sous des formes associatives cadrées de façon démocratique et rigoureuse par l'impératif du bien commun. L'important étant d'arriver à une organisation sociale libérale au sens politique (opposé à autoritaire) fondée sur la coopération et la solidarité, contrairement à ce dont nous vivons les prémices et dont les néolibéraux nous préparent l'avènement total si nous nous laissons encore faire : la guerre de tous contre tous.

@virgil Brill Il ne s'agit pas de remettre en cause la liberté d'entreprendre, ni d'un retour au communisme. j'ai combattu le communisme pendant 30 ans et j'ai même fait partie d'organisation adhérantes à la WAKL (world anti Komunnnist league ) pourtant, aujourd'hui, toutes choses rehiérachisées, je me sens extrèmement proche de Velveth et au delà de lui, du NPA. (alliance d'opportunité, pas de fonds sur tous les sujets) L'urgence est au combat plus qu'à la refléxion politique. Pour moi, communisme et libéralisme sont les deux faces d'un même matérialisme contraire à la nature humaine; ce en quoi ils ne peuvent triompher que par des moyens totalitaires : opposition des catégories sociales entre elles, haine, peur, compétition par élimination, écrasement des plus faibles, écrasement de la raison et de la culture. Par conséquent, je partage vos vues à une nuance près concernant le libéralisme philosophique politique et social qui font partie de Manière indivisible du libéralisme global. Le libéralisme politique conduit à dérouler le tapis rouge au libéralisme économique; ce en quoi la gauche de pouvoir a été l'idiôt utile du libéralisme. Elle ne pèsera rien dans les débats à venir tant qu'elle ne se sera pas livrée à une critique fondamentale du libéralisme politique. Individualisme, relativisme, subjectivisme, sentimentalisme ; tous éléments qui concourrent à la réduction de la pensée politique dans la pensée unique et le slogan autorisant au final le triomphe de ceux qui maîtrisent les médias, et du slogan le plus facile à propager par l'affect C'est le point auquel nous sommes et dont il faut en effet sortir de manière radicale. Je crois bien que nous pensons la même chose à ceci près que notre lecture du libéralisme politique n'est pas la même. Je reconnais que c'est un énorme combat que de tenter de réformer les esprits sur ce point. Pour moi, le régime actuel a atteint un point d'auto serrage tel qu'il n'est plus amendable, il faut trancher pour reconstruire. Amicales salutations.

A Virgil Brill, je n'ai pas la même façon de répondre qu'arquius, ayant été depuis le coup d'Etat au Chili convaincu des thèses associant marxisme, révolution et autogestion. Le réformisme révolutionnaire a été soutenu dans l'histoire par les eurocommunistes de façon détaillée. Force est de constater que cela n'a pas abouti à grand chose. Au Chili, cette position fut assumée crânement et jusqu'à la mort par l'Unité Populaire et Allende. La question est celle de porter une analyse des rapports de force entre les classes, de porter une analyse la plus serrée possible du rôle de l'Etat et des forces répressives, des stratégies politiques des uns et des autres. En ce sens, je ne crois pas que le réformisme révolutionnaire ait quelque possibilité d'existence, en ces temps où les capitalistes ne sont nullement enclins à négocier. Mais ce n'est qu'une position politique discutable. L'important est la construction d'un mouvement populaire massif et pluraliste (un peu comme le LKP sans doute), où ces débats pourraient avoir lieu. Nous sommes d'accord à ce sujet, je pense.

Va pour "un mouvement populaire massif et pluraliste". Mais vous conviendrez que chacun des quatre mots (des six même) fait problème. . Si vous voulez tirer vos conclusions d'une analyse des événements chiliens de 73, alors il faut aller au bout de votre démarche et examiner aussi l'expérience portugaise de l'année d'après, et le Cambodge de l'année d'encore après... L'Histoire ne se morcelle pas.

Vous avez raison. Il faudrait parler de toutes ces expériences politiques... Ce qui est un peu trop ambitieux pour cette discussion. Je cite le Chili pour l'importance qu'il a eu dans ma formation politique à ce moment-là de ma vie; je ne saurais dire que la vie politique mondiale se structure autour de ce coup d'Etat, certes. Avant le coup de Pinochet, l'idée d'un réformisme révolutionnaire me semblait intéressante. Jeune homme, je n'étais pas convaincu par ceux qui voyaient arriver la révolution au coin de la rue, encore moins par les outrances du premier Libération et de ses soutiens maoïstes, ni par les appels au lynchage d'un notaire du Nord par des normaliens de la Cause du peuple.

Réformer sans replâtrer ? Cela me semble une vue de l'esprit. Un simple rappel: les "réformistes" (partisans, dans les discours, d'une organisation libérale sociale au sens politique, comme vous dîtes) de la gauche plurielle, de 1997 à 2002, ont signé les traités européens d'Amsterdam (contrairement à la promesse de Jospin), de Barcelone et l'agenda de Lisbonne. Tous ces traités prévoyaient la dérégulation et la déréglementation des services publics et du code du travail. Jamais les marchés financiers ne se sont autant régalés que sous cette législature qui a privatisé davantage que Balladur et Juppé réunis ! Il ne s'agit évidemment pas, comme le stupide procès en est fait plus haut, de "rétablir" un système communiste au sens que j'ai toujours combattu: le totalitarisme et ses goulags. Il s'agit, durant cette crise dont nous ne connaissons que les prémisses, d'imaginer "un nouvel ordre démocratique, économique et social qui retire le pouvoir aux puissances d'argent. A moins de faire confiance à l'OMC et au FMI pour nous inventer une société de justice sociale !

Si Jospin était un réformiste radical ça se saurait, non ? La gauche dite de gouvernement (PSG, comme dit Frédéric Lordon) est une forme bénigne de la droite, n'en parlons plus (en France et en Allemagne elle a joué à fond la déréglementation). La révolution, c'est un machin qui tourne en rond, qui sélectionne les pires et qui revient au point de départ, en voiture Simone c'est reparti pour un tour. Merci bien. Le libéralisme politique, qu'est-ce que vous lui trouvez de si vilain, tous les deux ? Expliquez moi. Peut-être qu'on ne parle pas de la même chose, tout bêtement ? Et pourquoi le Velveth il vient me parler du FMI et de l'OMC, qu'est-ce que je lui ai fait, ma parole, dis ! J'm'appelle pas beber, mon bon.

Rupture, bien sur.

Il faut et régulation et rupture: régulation de l'économie de marché (la seule économie viable) et rupture avec la domination (quasi dictatoriale) du capitalisme financier. Je rejoins donc le réformisme radical qu'évoque Virgil Brill. Version à l'usage de Thierry: il faut réguler l'accroissement de productivité, et rompre avec le productivisme... . Vive la gauche joyeuse, à bas les rabat-joie de la droite compacte, du centre évanescent et des gauches désunies et contre-productives ! Unidos venceremos.

Quelques questions à Arquius. Pour mieuxw comprendre ce que vous dites, et votre rejet du libéralisme politique, j'aimerais savoir: - êtes-vous pour ou contre le suffrage universel ? -êtes-vous pour ou contre le pluralisme des partis? -êtes-vous pour ou contre la liberté de la presse ? -êtes-vous pour ou contre le préambule de la Constitution de la République française ? . Merci !

à MGL Je réponds aussi: Pour le suffrage universel sans restriction y compris pour les immigrés extra-UE. Cela ne peut suffire. Il faut une représentation proportionnelle, le mandat unique, la révocabilité par voie référendaire, la limitation à deux mandats. Pour le pluralisme sans entrave des partis, pour une presse libre: le droit à l'information est un des biens communs. Il ne peut être entre les mains du CAC 40 et de leurs amis. Pour le préambule mais pour changer TOUTE la constitution. Elire une Constituante pour une sixième République. Tout cela demanderait force détails.

à Melchior : Sur le suffrage universel, oui mais : pas uniquement par partis politiques interposés, après purge des élites actuelles, interdiction pour tout détenteur d'un mandat de se peprésenter, et pour l'avenir, interdiction du cumul des mandats; enfin responsabilité personnelle et pénale des élus; contrôle systématique de la balance d'enrichissement avant et après exécution du mandat. Egalement sur le suffrage dans le cas d'une réorganisation sociale et d'une mise en place effective des principes de solidarité et de subsidiarité : un bicamérisme : 1 chambre élue au suffrage universel dans les conditions décrites supra, + une chambre issue des corps intermédiaires et communautés solidaires composant la nation. (compétances relatives à définir ) Le tout dans le cadre d'un état fédéral qui n'assumerait plus que les fonctions régaliénnes que lui délègueraient les entirés subsidiaires de rang inférieur. Pluralisme des partis politiques, oui mais représentation limitée à ce qu'ils représentent réellement dans la nation soit 2% des votants. (mezzo à trouver, mais en tout cas, ils n'ont pas vocation seuls à assurer la médiation vers l'universel) Liberté de la presse, naturellement, et incompatibilité absolue avec la participation à des marchés publics ou tout contrat avec l'état. Pour le préambule de la constitution, il faut que je le relise, je ne me risque pas à une réponse de chic.

Je suis d'accord avec tout votre diagnostic, mais en revanche la solution que vous proposez : prendre sur les profit pour distribuer en salaires et en services publics, reprendre aux riches pour redonner aux pauvres, nationaliser, etc n'est pas crédible à moins d'être dans une dictature mondiale, ce que je ne souhaite pas. C'est justement là que le Mouvement Démocrate se distingue du NPA et des altermondialistes. Il faut reconstruire ce monde avec plus de justice, plus de gouvernance mondiale, plus de démocratie avec l'adhésion des citoyens au nouveau modèle (qui devra coexister et composer avec d'autres modèles, sans pouvoir s'imposer à eux). Il faudra être radical au sens étymologique (reprendre tout à la racine) sans tout exploser, car sinon c'est soit la grande dictature, soit le chaos général.

@ anne marie, J'ai parlé du NPA pour le combat qui va devoir être conduit hors champ électoral. Pour moi, une alliance avec le NPA est un choix opportuniste de rejoindre une entité structurée dont je partage beaucoup de vues, mais pas toutes. Après renversement du régime, ils ne seraient pas seuls à avoir les clés. Par contre selon moi, il faudra veiller à tenir écartés tous ceux qui ont participé à des partis de gouvernement qui depuis 30 ans se sont compromis avec le néo libéralisme ; sauf à eux de se soumettre à une rude critique des erreurs du passé et notamment de leur adhésion au libéralisme politique. Il n'y aura pas de recomposition possible sans un renoncement radical au libéralisme politique. Et en particulier pour ceux du Modem une critique de leur participation que je veux bien croire naïve à la construction Européenne qui a assuré le triomphe à l'echelle continentale des pratiques économiques et sociales qui nous font le plus souffrir. Par ailleurs, il est du magistère de la France dans les idées et les organisations politiques et sociales d'initier cette démarche et ainsi d'ouvrir la voie aux autres peuples opprimés. Il s'agit d'un bouleversement de très grande ampleur dont l'ignition doit bien partir de quelque part. Enfin, le réformisme est sans issue, la maîtrise des ultralibéraux sur tous les secteurs du pouvoir et du contre pouvoir est telle que c'est sans espoir. Bien sûr qu'il faut réorganiser la distribution des richesses et en particulier rendre au travail sa juste valeur et son juste prix. Quand on parle des riches c'est par exemple de Total. le riche c'est pas le voisin qui a un duplex. Que croyez vous que serait total sans les positions que lui assure la France dans les contrats pétroliers qui sont discutés d'état à état? Que croyez vous que seraient les sociétés du CAC sans les infrastructures, les moyens, le cadre global,la main d'oeuvre ultra qualifiée que leur fournit collectivement la nation. D'ailleurs la première chose qu'ils se sont empressés de faire financer dans les pays de l'est à bas coûts de main d'oeuvre nouvellement entrés dans l'europe, c'est précisément les infrastructures qui leur ont permis d'y délocaliser conforatblement leurs usines. Leur prélèvement sur ces richesses dépasse largement leur contribution. sans compter la pollution et les destructions sociales, écologiques et de tous ordres qu'ils laissent sur leur passage. Pour le moment, on en est à socialisation des coûts et de pertes et à la privatisation des sprofits. C'est bien cela qu'il faut réformer. Ils ont même trouvé le moyen d'organiser un marché spéculatif des droits à polluer... Il n'y aaucune contention progressive à espérer. Amicales salutations;

Eh ben ça rigolera pas, dites donc ! . "rendre au travail sa juste valeur et son juste prix" : cela veut dire quoi, exactement ? (Il y a quelques mois un Médiapartien s'indignait du prix exorbitant du chausson aux pommes, et réclamait qu'on en revienne à un "juste prix". Je lui ai demandé ce qu'il entendait par là, il s'est fâché tout rouge et a rompu son contact avec moi. J'espère que vous n'allez pas vous fâcher tout rouge comme lui. )

à Marie-Anne Que veut dire, je vous cite "reconstruire ce monde avec plus de justice, plus de gouvernance mondiale, plus de démocratie avec l'adhésion des citoyens au nouveau modèle (qui devra coexister et composer avec d'autres modèles, sans pouvoir s'imposer à eux)." ? Cette idée "généreuse" déconnectée totalement des rapports de classe nationaux et planétaires ne va pas nous mener bien loin. Je me suis efforcé dans mon billet de démontrer combien la nature des rapports économiques déterminent le social, l'écologie et la démocratie. Pour cela, à moins de retomber dans les ornières social-libérales, il convient d'inventer une rupture qui ne peut "laisser de côté" les tenants des capitaux. Se pose, alors, la question de l'appropriation sociale - ce qui n'implique pas nécessairement des nationalisations - pour tout ce qui relève du bien commun. Jamais la rapacité capitaliste et sa course au profit immédiat ne donnera des logements aux sans-logis et encore moins de l'eau au milliar d'humains qui n'y ont pas accès. C'est comme le scorpion, c'est dans leur nature.

Chère Marie-Anne, Vous seriez vous égarée?

A Arquius, l'urgence est au combat, dites vous, et c'est à ce titre que vous semblez vous rapprocher du NPA. Inversement, vous dites que capitalisme et communisme sont les 2 faces d'un même matérialisme, ce en quoi je suis d'accord avec vous. Cependant, je n'ai pas l'impression que le NPA ait rompu avec le communisme, même si il a mis quelques couches de peinture verte, voire de noir. Comment pensez vous gérer cette contradiction?

@ Alain, c'est une alliance d'opportunité pour rejoindre une structure dont je ne partage pas toutes les vues, mais qui est la seule en état de conduire un combat hors champ électoral. Pour moi l'urgence immédiate est à l'action plus qu'à la réflexion. Il est malheureusement trop tard ou encore trop tôt pour réfléchir. De surcroît, quand ont fait bien les comptes, rares sont les structures qui ne sont pas compromises depuis 30 ans dans l'avènnement et le triomphe du libéralisme. Je place ce critère au premier rang de mon choix. Croyez bien que de là d'où je viens, ce n'est pas simple, mais c'est raisonné, les yeux bien ouverts. On comptera les bouzes à la fin de la foire. Moi, le seul truc qui m'intéresse, c'est d'en finir avec ce régime avant que nous ne soyions tous ficélés avec du fil de fer. Je considère que globalement notre génération > 50 ans a tout foiré et que c'est aux jeunes de s'organiser entre eux pour l'avenir. En revanche, il est de notre devoir de les aider à se libérer. mais ils sont bien confits dans l'individualisme, le sentimentalisme et le relativisme. c'est bien ça le problème et ce sur quoi il faut convaincre. Les dégats dans les esprits sont considérables, même si tous sont sincèrement et de bonne foi en recherche, tous sont encore en déshérance.

Nous en sommes tous à "des alliances d'opportunité". Sinon, il faut se précipiter chez MG Buffet !

Le plus simple pour connaître "ce que veut le NPA" n'est-il pas d'aller voir sur son site "ses principes fondateurs" ? Ni Lénine, ni Trotsky ne sont au programme. Le NPA est formé d'ex-LCR bien sûr, mais l'immense majorité (moyenne d'âge 37 ans - les Verts et le PS: 59 ans) ne veulent plus, tout simplement, d'un système de spolliation de leur travail et ne désirent pas l'avenir autoritariste d'un Sarkozy. Une vision éco-socialiste, avec une grille de lecture marxiste - non obligatoire. Avec la plus grande crise mondiale du capitalisme, tout le monde lit ou relit Marx...

Le problème, dans l'idée de confisquer aux capitalistes ceci ou cela, c'est qui le fera. Si le pouvoir repasse dans les mains d'une bureaucratie évaluative, on repart vers la possibilité d'un totalitarisme. De droite ou de "gauche", au nom du capitalisme ou au nom du "peuple", une bureaucratie décidant de ce qui est bon ou mauvais c'est toujours totalitaire.

Pour le fun.
Aujourd'hui, comme hier, la radicalité pour l'Europe (entre autres combats) c'est de relancer le projet de taxe Tobin sur tous les flux financiers que nos grands révolutionnaires comme Krivine et Arlette Laguiller ont fait échouer lors du vote au parlement européen quand ils étaient députés… voir Politis , n°586 : «Taxe de Tobin : le coup de poignard dans le dos». [[ICI]].
pinocchio_450.jpg et les révolutionnaires de pacotilles!

Et voila Dany Cohn Bendit, Europe écologie et le capitalisme vert: les vrais révolutionnaires! Financiers et spéculateurs, tremblez! Avec le causeur Dany, finis les profits illicites! Enfin, l'Europe va changer de baases...ah non Dany trouve que toutes les bases sont saines.

C'est totalement faux, mon cher --- LOrsqu'il y a eu vote POUR ou CONTRE la taxe Tobin, seuls 1/5ème des eurodéputés ont voté pour. Ce qui n'est pas étonnant quand on connait la composition du Parlement européen. Vous confondez avec un vote (en 2001) où la question posée était: " Pour accroître le bénéfice des échanges des marchés financiers, seriez-vous disposé à crééer une commission d'étude sur une taxation des flux financiers ?". Ce n'était en rien pour ou contre la taxe Tobin mais pour ou contre une commission dont les membres hostiles auraient été ultra-majoritaires ! Pour accroître le bénéfice des échanges financiers ! RENSEIGNEZ-VOUS. ARRETEZ DE LIRE LE FIGARO et SON DOUBLE, LIBERATION !

Le vote concernant « la motion demandant à la Commission de Bruxelles de proposer, d’ici 6 mois, un projet de "taxe de Tobin » ( * ) a eu lieu le 19 janvier 2000 au PE, et, en effet, il manquait 6 voix ( les voix de vos députés trotskistes de LO et de la LCR) pour que la motion passe; ci-joint, l'extrait de la déclaration du Bureau d’ATTAC (et non pas du Figaro) en date du 28/01/2000 : « Il s'en est donc fallu de très peu que la résolution ne recueille une majorité : il aurait suffi pour cela que les 3 voix « contre » de LO et l'abstention des élus de la LCR se transforment en votes « pour ». Le Bureau d'ATTAC regrette vivement que, chez ces élus, des considérations secondaires (les attendus de la résolution qui, effectivement, ne correspondent pas à sa vision de la globalisation) aient ainsi pris le pas sur l'essentiel : l'enclenchement d'un processus mettant pour de bon la taxe Tobin à l'ordre du jour du calendrier européen. »
OUI! Votre sens de l’information et de la vérité historique a véritablement de forts relents de propagande Trotsko-léniniste, voir néo-stalinienne l’ami !
(*) le Parlement, qui (hélas) n’a pas le pouvoir d’initiative législative, demande toujours à son gouvernement (la Commission) de lui présenter quelque chose ("dans les 6 mois"), que lui-même pourra alors amender et voter. C’est compliqué ? C’est réformiste ? C’est le travail des parlementaires !
36esp_kronsdat.jpgPetite affiche de propagande sur les marins de Cronstadt quelques temps avant la terrible répression sanglante organisée par le grand Léon: http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/AL-Cronstadt.html

Le bureau d'ATTAC a été trompé par des pantins. D'une part, les deux eurodéputés, alors de la LCR, se sont effectivement abstenus pour les raisons que j'ai expliqué plus haut (il ne s'agissait en rien d'un vote POUR ou CONTRE la taxe Tobin qui n'a jamais recueilli plus de 20 % des voix dans cette enceinte quand la question lui fut posée en 2002). Ressasser cette histoire est l'oeuvre d'esprits sectaires. D'autant que si les eurodéputés LCR avaient voté OUI à une vague commission, le texte ne serait pas passé ! Je suis membre d'ATTAC. Nombre de responsables ou militants de l'ex-LCR font partie de son Conseil Scientifique et n'ont pas tenté de fausser les élections internes , eux. Quant à Cronstaddt, la Ligue l'a condamné en son temps et, de toutes manières, je ne me suis jamais défini comme trotskyste. Mais vous êtes bien muet sur l'objet de mon billet... CE silence en dit long sur vos voeux.

Vous avez l’art et la manière de noyer la réalité, et, en effet, de prendre les gens pour des pantins ; à titre de démonstration, je vous propose de lire la lettre d’un de mes amis, ex-responsable d’Attac qui dénonçait déjà, en son temps, les pratiques trotskystes et staliniennes au sein de ce mouvement d’éducation populaire :
Les dérives d’ATTAC: du noyautage de la LCR... à Nikonoff, sous marin du PCF .
On a pu s’interroger sur les raisons qui ont poussé B.Cassen, le premier président d’ATTAC, à coopter J.Nikonoff pour prendre sa succession.Bien sûr, il est de bon aloi au sein d’ATTAC, de ne pas faire état publiquement de son affiliation à tel ou tel parti politique. Mais lorsqu’il s’agit de présider une association comme ATTAC qui se veut transversale aux partis politiques, il n’est pas indifférent de savoir que celui qui est mis en place à une telle fonction est précisément membre de tel parti. Surtout lorsqu’il n’accède pas à cette fonction par la voie démocratique de l’élection par l’ensemble des adhérents. Une telle mise en place n’avait pas été d’ailleurs sans susciter alors bon nombre de réactions dubitatives voire négatives.
Il semble qu’on y voit un peu plus clair maintenant dans la stratégie qui devait conduire à la Présidence d’ATTAC , J.Nikonnoff, membre du parti communiste français. Chacun le sait, un certain nombre de groupes ATTAC départementaux se trouvent noyautés et pratiquement dirigés par des militants de la LCR.. Ne fallait-il pas enrayer de façon ou d’une autre un tel entrisme tellement contraire à l’esprit d’ATTAC ?
Qui mieux qu’un militant communiste du PCF était à même de le faire ? L’aversion phobique et récurrente du PCF pour tout ce qui le menace sur sa gauche et qu’il dénonce pêle-mêle comme « gauchiste » lui redonnerait à la fois une certaine crédibilité institutionnelle dans le petit microcosme politicien et le présenterait comme un élément incontournable et responsable d’une recomposition d’une gauche exsangue. Par ailleurs n’était-il pas dangereux de laisser croire qu’un mouvement comme ATTAC se trouvait peu ou prou noyauté par un parti s’affichant comme « révolutionnaire » sans s’être jamais confronté à la gestion des affaires publiques ? ATTAC ne s’en trouverait-il pas à terme gravement décrédibilisé ?
Le « pompage » par un parti irresponsable de ses meilleurs analyses concernant la mondialisation libérale n’introduirait-il pas à gauche une certaine confusion entre les partis à vocation de gouvernement et les partis à seule vocation contestataire… ?
D’autant que dans la débandade des partis « de la gauche plurielle » compromis avec la politique sociale libérale de Jospin, la déconfiture du PS et les atermoiements des Verts, on pouvait penser que même s’il s’était lui-même gravement compromis dans la politique mondialiste de l’ultra libéralisme dénoncé par ATTAC, le PCF, malgré ses scores électoraux désastreux (de l’ordre de 3% aux présidentielles) restait sans doute néanmoins le seul susceptible de rebondir.
Ayant touché le fond, n’était-il pas le mieux placé pour remonter à la surface jurant ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus ? ! On peut se tromper, non ? même si cela devient récurrent au PCF !… Cependant, doté d’infrastructures locales encore solides, encore honorablement représenté dans certaines collectivités territoriales, reconnaissant ses erreurs gouvernementales, proclamant haut et fort qu’il restait le seul garant et le héraut d’une vraie transformation sociale (sans pour autant dire, il est vrai, comment et avec qui il s’y prendrait, ni proposer, lors d’une prochaine alternance, ne serait-ce que les grandes options d’une véritable politique alternative), le PCF pouvait espérer devenir le fer de lance d’une reconstruction d’une gauche multipolaire et rendre l’espoir aux millions d’hommes et de femmes déçus par une « sociale démocratie » acquise au capitalisme et à l’économie de marché ultra libérale mondialiste.
Le PCF, fort de ses increvables militants, pouvait toujours rêver… ou du moins toujours « faire rêver » les « gens » ! Parti politique reconnu au sein du microcosme politicien, même s’il est de plus en plus rejeté et ignoré de ceux qu’il se dit avoir mission de regrouper, les petits, les pauvres, les ouvriers, les classes défavorisées et ghettoïsées des « banlieues », bref, ce que le chanoine Raffarin appelle la « France d’en bas », le PCF reste un parti respectable dans la course au pouvoir, même s’il n’est plus guère respecté par les « gens ». Il faudra encore compter avec lui lorsque les Français, épuisés et lessivés par quelques années de gouvernement-MEDEF, voudront émerger du marasme social dans lequel l’aura plongé la girouette Chirac pour qui tous les partis de gouvernement avaient appelé à voter en avril 2002. Et en prévision d’échéances qui ne manqueront pas de survenir, le PCF a des cartes à jouer. N’ayant constitué qu’un force d’appoint dans la sociale démocratie du PS, il peut, plus aisément que ce dernier, toute honte bue et relevant la tête pour la nième fois, se dédouaner des raisons de l’échec de la « gauche ».
Mais dans la perspective d’une refondation d’une nouvelle gauche, les partis de l’ancienne « gauche plurielle » doivent désormais compter avec la montée en puissance d’une « extrême gauche » qui a ravi aux partis de gouvernement plusieurs millions d’électeurs désabusés et déçus. Or ces partis, essentiellement le LCR et LO constituent un vrai danger pour les partis représentés à l’Assemble Nationale. L’un d’entre eux, la LCR s’est mis en tête d’investir une association qui refuse d’entrer dans le jeu politicien mais dont les analyses économiques et sociétales constituent des outils de qualité pour mettre en cause le système néo-libéral capitaliste mondialiste. En l’absence de tout programme crédible de gouvernement, de telles analyses, mêmes si elles sont souvent dévoyées au profit d’une démagogie révolutionnaire irresponsable, donnent à la LCR un semblant de crédibilité même si ses cadres sont davantage issus du secteur tertiaire ou du secteur public que des « masses laborieuses ».
Le style et les objectifs « révolutionnaires » affichés de ces partis qui, bien qu’ils disent se situer à la gauche du PCF, sont constitués selon les mêmes principes que les partis politiques traditionnels (structure pyramidale, hiérarchique, corpus de « doctrine » défini au sommet par un Organe central, centralisme « démocratique », discipline de parti etc.) représentent des concurrents non négligeables dans la course au pouvoir, ne serait-ce que par les voix qu’ils prennent à la « gauche respectable ». Parce qu’ils fonctionnent comme lui, parce qu’ils se proclament « communistes », ils ne peuvent pas ne pas être des adversaires redoutables pour le PCF. Parce qu’ils acquièrent une audience certaine dans les couches « populaires », ils constituent la cible première d’un Parti Communiste Français.
Or, que de tels militants investissent durablement un mouvement comme ATTAC est aussi dangereux pour ATTAC que pour le PCF. Le noyautage de la LCR, programmé au sommet, est redoutable pour ATTAC qui continue d’affirmer son refus de s’engager politiquement et sa vocation d’éducation citoyenne. Mais il l’est aussi pour le PCF qui paraît rester à la traîne de la critique altermondialiste.
On comprendra qu’il était difficile à un universitaire comme B.Cassen qui se refusait à entrer dans quelque jeu politicien que ce soit et qui affirmait bien haut qu’ATTAC est un mouvement ouvert à tous, de s’engager dans une lutte frontale contre des « gauchistes » ou des « extrémistes » en dénonçant l’entrisme d’un parti politique qui par ailleurs trouvait dans ATTAC des outils pertinents d’analyse économique, ce dont on ne pouvait d’ailleurs que se réjouir. Mais se servir d’ATTAC comme d’un tremplin d’attrape gogos ou comme une plate forme de propagande pour son propre développement devenait inacceptable et décrédibiliserait le mouvement. Conscient de la difficulté, B.Cassen préférait faire faire le ménage par un autre que lui. C’est ainsi que fut coopté J Nikonoff.
Qu’hier Nikonoff réponde à l’invitation de Chirac pour bavarder avec lui à l’Elysée sur la mondialisation libérale, on peut le comprendre, lui qui en avril dernier avait voté et appelé à voter pour lui ; il s’agissait alors pour une gauche plurielle sonnée et défaite de mettre en scène le psychodrame nécessaire pour que les apparatchiks de tous les partis, du PS à la LCR, gardent leur troupes en main, ou ce qui l’en restait, en vue d’une alternance qui finirait bien par se produire un jour. Avouons cependant qu’on était déjà là au début d’une dérive politicienne qui s’accroît de jour en jour. ATTAC est un mouvement qui regroupe une majorité d’hommes et de femmes qui, bien qu’ayant une conscience politique personnelle, n’ont jamais adhéré à un parti politique ou bien l’ont quitté par refus d’embrigadement institutionnel ou idéologique, mais aussi parc qu’ils ont conscience que l’ère de « Partis » touche à sa fin. ATTAC est composé de citoyens adultes qui n’ont que faire de mises en garde ou de consigne de vote émanant de « dirigeants » et dont la majorité recherche et explore de nouvelles voies permettant de « changer la société » sans forcément « prendre le pouvoir », du moins tel qu’il s’exerce aujourd’hui.
Or, donner des consignes de vote à des gens qui considèrent la démocratie représentative, telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée, comme une démission citoyenne, entrer dans un jeu de tactique politicienne totalement inefficace quant à la naissance d’une « autre façon de faire de la politique », proférer des « mise en garde » envers des groupes qui ont l’ambition de fonctionner « autrement » en instaurant des nouvelles structures de participations responsables, constituent des régressions majeures dans la volonté affichée d’instaurer un « autre monde » et une « autre société ».
Quoi d’étonnant qu’ATTAC soit ainsi invité en rentrer dans le rang du conformisme politique par un membre d’un Parti qui n’a rien appris de ses échecs ni rien oublié de ses compromissions avec le pouvoir étatique en plus de cinquante années d’Histoire !
Que Jacques Nikonoff fustige aujourd’hui, les éternels « gauchistes » (entendez des groupes ou des individus « irresponsables » qui ont le tort de cheminer et de penser librement dans l’exploration de nouvelles voies sociétales et bien dont les idées ne sont pas moulées dans un cadre idéologique bien repérable ou pré mâchées par des idéologues patentés ) dans les mêmes termes et pour les mêmes raisons que tous les communistes l’ont fait depuis toujours, cela devient intolérable.
Le sous-marin du PCF Nikonoff est en train de faire surface, lui qui m’écrivait dernièrement que son appartenance du PC ne regardait que lui, au même titre que ses convictions religieuses, confirmant par là, si besoin en était, que le communisme peut toujours être assimilé à une religion et le PCF à une Eglise … Mais de cette église et de cette religion, les Français n’en veulent plus. Les partis politique, écuries de la course au pouvoir, ont fait faillite. Il faut trouver d'autres façon de « faire de la politique », de faire participer les citoyens au choix de société qui commandent leur destin et l’avenir du monde. Inversant la course folle d’une croissance délétère destructrice de l’Homme et de la nature, ceux qui ne désespèrent par de l’Homme doivent explorer de nouvelles voies de vie en société, tant au plan économique qu’au plan politique.
Lorsque J.Nikonoff m’écrivait dernièrement qu’il fallait se méfier du noyautage d’ATTAC par les partis politiques (entendez la LCR), je comprends mieux aujourd’hui que c’était une façon comme une autre de donner le change. Mieux vaut sans doute pour lui bien évidemment qu’ATTAC contribue à constituer la nouvelle plate forme idéologique d’un PCF relooké et à apporter du sang neuf à un parti exsangue. Mais peut-on ressusciter un cadavre, même s’il bouge encore. Peut-on mettre du vin nouveau dans de vieilles outres ?
On vous remercie de vos conseils, Monsieur Nikonoff. Mais nous n’avons pas besoin de vos consignes tacticiennes et n’avons que faire de vos conseils institutionnels. Nous sommes de grands garçons et de grandes filles. Nous avons passé notre vie à lutter contre l’injustice d’une société » fondée sur le Fric.
Certes, il ne faut pas opposer les « forces sociales » au politique, mais aujourd’hui il faut prendre acte que les forces sociales s’opposent bel et bien à LA politique, j’entends celle des partis politiques qui se sont tous discrédités et prostitués avec un capitalisme ultra-libéral vis à vis de qui ils ne proposent aucune alternative crédible.
Or, sachez le bien ce sont bien ces forces sociales, dégoûtées de la politique politicienne et que vous stigmatisez comme « gauchistes » qui sont le fer de lance de cette véritable alter mondialisation que vous appelez de vos vœux pieux. Comme l’étaient les forces sociales de mai 68 que vous avez obligé de rentrer dans le rang ! Ce sont bien ces forces sociales qui veulent changer le monde sans prendre le pouvoir, bref, créer un nouvelle société.
Je persiste à penser (ou à espérer) que la grande majorité des adhérents d’ATTAC n’adhère à aucun parti politique et ont de bonnes raisons pour cela. Il ne faudrait pas que tel ou tel parti en « profite » pour y « faire son beurre » et se refaire, au delà de décennies d’erreurs et de compromissions, une sorte de virginité politique aux yeux des millions de « gens » qui ont de bonnes raisons eux aussi de se détourner de tout engagement au sein d’un parti, quelqu’il soit.
André Monjardet septembre 2003 (ex-responsable d’Attac) http://www.viaveritas.fr/_Andre-Monjardet_

Pourriez vous faire un résumé? Utiliser une attaque contre Nikonoff qui aurait été discrètement au PCF (au Comité Cental -ou à la structure qui lui a succédée- tout de même, dire que Nikonoff était discret sur son appartenance à ce parti montre une absence d'information inquiétante) parce que Cassen voulait lutter contre le soi-disant entrisme de la LCR: je m'y perds. Utiliser ce qui est d'abord une dénonciation ratée de Nikonoff comme argument pour dénoncer la position de la LCR: c'est un peu confus.

à pascal b Laissons tomber. Ce monsieur --- (franc maçon ?) évoque des conflits internes à ATTAC en rendant public des dissertations de truc ou machin. Quel intérêt ? Membre d'ATTAC, j'ai combattu Nikonoff et Cassen pour leur autoritatisme et, finalement, leur tricherie lors des élections internes. Je n'en fais pas un article à la suite d'un billet qui pose la question "réforme ou révolution ?". C'est pour le moins déplacé, malhonnête. On dirait du Nikonoff. Quant à la LCR, elle n'existe plus et il faudra que ce monsieur s'y habitue. Les anticapitalistes vous salue bien. Dîtes bonjour à Pasqua, il a voté oui à la question biscornue dont vous nous rabattez les oreilles. Revenons plutôt aux choses sérieuses !

Franc maçon et pourquoi social-traitre ou social-fasciste ? ..."Revenons plutôt aux choses sérieuses !" Sacré plaisantin!

@ Monjardet. Et puis ...? A vous lire on a envie de prendre une grosse loupe et de vous regarder avec des yeux d'entomologiste. Vous rendez vous compte du spéctacle que vous donnez, c'est confondant. Quelles valeurs positives portez vous derrière toute cette haine ? A vous lire je vois bien la confirmation de ce que je pensais d'ATTAC, un truc ultra bunkerisé sur lui même , il n'y a plus que vous qui puissiez communiquer entre vous. Vous n'êtes certainement pas un espoir même si certaines de vos idées méritent d'être retenues et appliquées par d'autres que vous. Je crois que chez vous les question d'ego priment sur toute autre considération, selon moi, vous êtes radicalement condamnés à l'impuissance politique et à l'auto destruction. Désolé d'être si net, mais symétrie des formes oblige ...

« un truc ultra bunkerisé sur lui-même » « … Ben oui ! Et, surtout bunkerisé par la LCR, entre autres groupuscules trotsko et néo-stals qui n’ont rien à cirer des mouvements d’éducation populaire ; c’est pour cette raison, qu’en 2003, l’auteur de cette lettre a démissionné d’ATTAc… et, moi-même, quelques années plus tard ! Allez ! Apprenez à lire avant de sortir des âneries... et pour votre éduc' pop' vous pouvez toujours visionner le film de Franck Lepage sur le blog de Christel.

J'ai d'excellents amis franc-maçons. Ce n'était pas une injure comme vous semblez, vous, le penser !

Il y a dans le texte de Velveth une analyse de la récession économique, récession mondiale, durable, planétaire. Tous les intervenants sur ce blog sont-ils d'accord avec ce diagnostic? J'ai l'impression que l'on parle d'autres choses. Pourtant cette question aussi est digne d'intérêt. Il est aussi dit, dans le ete deVelveth, que les solutions d'inspiration keynesienne ne sont pas à l'ordre du jour; les bourgeoisies ayant un rapport de forces maintenu ne s'orientent pas vers quelque négociation sociale en vue du rétablissement d'un Etat social digne de ce nom. Là il faut attendre un peu plus de voir ce vont faire les USA et la Chine, pour vérifier cette hypothèse. Mais cette hypothèse de refus de toute politique sociale de la part des classes dominantes me parait probable (au vu de l'histoire récente). La solution d'un capitalisme vert comme sortie de la crise du capitalisme est réfutée aussi par Velveth. Qui est en désaccord? Ceux qui sont d'accord sur ces points pourraient discuter ensemble des formes de militantisme à mettre en oeuvre pour agir, alors que les choix politiques des oligarchies en place pour réagir à cette crise sont les licenciements massifs, une mise en pièces des droits sociaux, une répression tous azimuts. Oui, c'est la politique de Sarkozy. C'est une politique qui est sans doute d'allure brouillonne, mais dont l'aspect de défense inconditionnelle des intérêts moraux et matériels de la classe dominante s'affiche crûment. Il y aurait deux débats: 1. ceux qui sont à peu près d'accord avec ces éléments d'analyse, et se posent les questions des regroupements politiques et sociaux à constituer. Et les questions posées ici sont importantes; il y a plus de questions que de réponses. 2. ceux qui ne sont pas d'accord avec tout ou partie de cette analyse, et qui se situant en défense des intérêts des exploités proposent en conséquence un autre type de solutions politiques et sociales. Deux gauches se dessineraient peut-être, en fonction des tâches de l'heure. Ce qui permettraient des débats productifs . Un vrai pluralisme, au-delà des déclarations d'intention.

Trop schématique. Il y a au moins quatre gauches. La vraie (la mienne évidemment), la gauche de la gauche (ancrée), la gauche de la gauche de la gauche (Velveth et vous), et la gauche de la gauche de la gauche de la gauche, qui trouve Besancenot vraiment droitier (Badiou, l'épicier de Tarnac, Falies...). Bon courage pour le grand mouvement populaire massif et pluraliste. . Heureusement qu'on vous a pour nous aider à décrypter le billet. Mais qui décryptera votre commentaire ? Quand vous parlez d'"Etat social digne de ce nom", je me prends à regretter que Lénine et Trotski ne soient plus vos références... . Je crois que le vrai problème a été évacué dès le départ: celui de l'organisation de la conscience politique de la classe ouvrière européenne. Et quelque chose me dit que le NPA ne s'y attellera pas de sitôt.

@melchior, Attention quand même, si quand en train de pisser dans l'eau vous vous voyez deux paires de couilles, surtout ne vous prenez pas pour un surhomme ...

A Melchior, Assurément ce que j'ai dit est trop schématique. Mais la référence à l'Etat social est celle qui a été reprise à la suite de Pierre Bourdieu, je doute que vous ignoriez cela. Et la reprise de ce terme par la gauche altermondialiste fut une rupture de fait avec le concept de dépérissement de l'Etat de Marx (ça ne se dit plus). Alors certes "un état social digne de ce nom" est une formule faible, alors je dirais "une politique qui mettrait un coup d'arrêt au démantèlement de l'Etat social- ce qui fut appelé aussi Etat providence- et à la construction de nouvelles solidarités sociales reprenant le meilleur de ce que furent les combats mutualistes et les principes redistributifs de la Sécurité Sociale" ou quelque chose comme ça. La gauche se reconfigure. Je suis au NPA sans être en phase avec les déclarations médiatiques de son très populaire porte-parole que je trouve un rien arrogantes, et qui reste jeune pour les non-jeunes, non point pour les jeunes. Je sais qu'il y a d'autres forces dans la gauche de gauche; je ne suis pas sûr que nous ayons entre nous la même hypothèse sur l'analyse de la crise économique. C'est un débat utile. Je vois aussi le MJS avoir une place importante dans le mouvement étudiant et dans les manifestations; c'est un fait politique et je pense bien rapide de considérer le PS hors de la gauche et du mouvement ouvrier. Il y a une gauche où sont les réformistes combatifs du MJS et des militants du PS, actuellement. Et la gauche qui veut réformer de façon écologiste et morale le capitalisme avec la liste de Cohn Bendit. Ce sont des gauches qui existent. Mais au fait, quid de l'analyse de la crise économique? Quelles conséquences en terme de programme politique en déduire? Puisque presque tous les économistes disent maintenant qu'elle est la plus grave depuis "la seconde guerre mondiale/depuis 1929, ce qui ne peut que rendre obsolète les programmes politiques antérieurs. Enfin, je ne cache pas que la référence à Trotsky et à son programme de transition, à son concept de Front unique, à Lénine et à "l'Etat et la révolution", restent dans mes références, même si le porte-parole du NPA ne s'y réfère jamais (puisque vous citez Lénine et Trotsky).

@Velveth, Je suis allé sur le site du NPA et c'est ce qui nourrit mes doutes.

Des doutes sur quoi? Des doutes sur le totalitarisme et le NPA? Sur le communisme, il y avait aussi le communisme révolutionnaire de la Quatrième internationale qui se serait dissous dans le NPA, il y a le communisme libertaire d' Alternative libertaire et l'Organisation communiste libertaire(qui n'est pas une organisation...), il y a encore et toujours la référence à Marx et à son Manifeste. Ces références sont redécouvertes par une fraction significative de la jeunesse.

@pascal b et à tous, il semble bien que les questions de vocabulaire ne soient ps réglées entre nous : réformisme : volonté d'améliorer par la réforme. revolution : transformation radicale par renversement Ce n'est quand même pas la même chose. Pour moi, il n'est pas question de réformer un système qui porte par nature la loi du plus fort et la primauté de l'économique ou de l'argent sur toute autre considération. Par ailleurs, de mon point de vue il y a nettement primauté du politique et du social sur l'économie. C'est l'économie qui doit être asservie à l'homme et non pas l'inverse. Il n'y a pas d'organisation sociale harmonieuse sans pérénisation de cette primauté. Quant au libéralisme politique c'est considérer que toutes les idées se valent et qu'il suffit de les laisser se hiérachiser entre elles sans règles. On aboutit au consensus qui est la plateforme minimale qui ne fait de mal à personne mais laisse tout l'espace libre aux prédateurs et, les faibles sans défense contre les plus forts que plus rien n'arrète. C'est exactement le point où nous sommes. Or, c'est bien aux fruits que l'on juge les arbres, il n'y a pas de bon libéralisme politique, l'espérer, c'est repartir à coup sûr pour un tour. Attention, ne pas confondre libéralisme et liberté et surtout pas libéralisme et libertés.

"Quant au libéralisme politique c'est considérer que toutes les idées se valent et qu'il suffit de les laisser se hiérachiser entre elles sans règles." . Tandis que ... ?

@ Melchior, Tandisque le rôle du politique c'est précisément de permettre et d'orienter le débat des idées vers une construction sociale acceptable par tous. Et surtout, de protéger la culture, la diversité de la pensée, de promouvoir le pluralisme. Non pas que de tout réduire dans la pensée unique et le consus mou qui ouvre les espaces aux prédateurs. Surtout, c'est rétablir la pensée classique qui considère que toutes les idées ne se valent pas et qu'individualisme, relativisme et sentimentalisme sont des cul de sac, des éléments de destruction sociale, et d'asservissement des plus faibles aux plus forts. Il est vrai que ce mot libéralisme fait désormais partie des mots slogans finaux qui ne veulent plus rien dire et que plus personne ne peut contester. Il y a autant de libéralisme que de libéraux et ce sont les plus forts qui sont les plus libéraux. Je n'ai aucun espoir de rétablir la pensée classique à moi seul. On peut néanmoins écouter Finkelkraut dont je partage toutes les vues sur ce point. amicales salutations.

Par "pensée classique" vous entendez la pensée d'avant le libéralisme, c'est bien ça ? Les inquisitions tant catholique que protestante, avec leurs chasses aux sorcières, leurs chambres de torture, leurs bûchers ? En ce cas je vous souhaite bien du plaisir.

@melchior, Mais avez vous quelque chose de positif, ou de constructif à dire ? Vous êtes un esprit paradoxal embusqué sur ce fil à l'affut de toute opportunité de contradiction sans jamais apporter d'élément construit au débat. On ne discerne rien de net dans ce que vous dites. Vous voulez quoi précisément ? Est ce que vous vous souvenez vous même où vous avez la main droite au moins ?

Mais le marxisme - non perverti - est l'école du doute.

Et le marxisme est aussi une des praxis politiques, elle tient compte des expériences historiques. Le débat sur la réforme et la révolution ne peut que tenir compte de l'évolution des partis ex réformistes socio-démocrates d'une part, des révolutions ayant réellement existé et de leurs conséquences d'autre part. La dichotomie proposée par Arquius n'est pas fausse, mais trop simple. D'où la non-opposition entre réformes et révolution que nous pouvons faire. Et une rédéfinition des buts d'une révolution, ("le contenu du socialisme" disait Castoriadis par exemple), tenant compte de l'incertitude inhérente à l'issue de tout engagement populaire prolongé. Doute et incertitude sont liés. Et toute décision est alors un pari; il y a des situations où l'absence de décision est un renoncement, en politique aussi.

Je n'ai pas beaucoup de temps et je ne peux donc pas suivre le fil et m'exprimer comme je voudrais mais ce n'est pas grave car pour le moment je peux me contenter de cosigner ce qu'écrit Pascal Boissel. D'ailleurs avec Velveth et Arquius il semble qu'il y a surtout des malentendus terminologiques…(Peut-être bien que c'est pareil pour Melchior ? Qu'en pense ce corrosif baudet réformiste ? A plus tard

Devons-nous, ensemble, établir un dictionnaire ? Pourquoi pas ? Je crains, tout comme vous, que des malentendus peuvent se créer sur des appréciations différentes portés sur des termes qui, pour certains, sont encore trop entachés de l'histoire tragique du XXème siècle. Je me définis personnellement comme socialiste révolutionnaire ou communiste libertaire. Les deux définitions portent en elles bien des débats qu'il convient de dépasser. C'est une des raisons qui a fait choisir le terme "anticapitaliste" pour cette nouvelle formation politique. A y réfléchir, c'est sage. Alors que j'étais furieusement contre !

Tout à fait d'accord. Cela n'étonnera pas grand monde !

@ Pascal B et Velveth, Le NPA n'est pas très clair sur les formes d'organisation de la société qu'il propose. Par exemple, les principes fondateurs parlent d'une expropriation des grands groupes capitalistes (jusque là tout va bien...), mais ne dit pas ce qu'il ferra de ces grands groupes. Est-ce pour les garder tels quels sous le contrôle de l'état? on reviendrait alors au communisme qui a déjà échoué. Au contraire, propose-t-il d'éclater ses grands groupes en unités de production indépendantes sous le contrôle de ses salariés? Voilà le type de questions qui nourrit mes doutes. Cela ne se veut pas une agression (le NPA me paraissant plutôt sympathique), mais des questions qui me semblent légitimes pour comprendre le projet du NPA.

Les formes d'appropriations sociales sont multiples et ne passent pas obligatoirement par des nationalisations étatiques (concevables pour l'EDF ou la SNCF). Régies municipales ou régionales, SCOP, entreprises de formes mutualistes, réseaux d'entreprises etc me semblent plus adaptés à une autogestion que des grands goupes étatisés. L'important étant que les "producteurs" et non les bureaucrates aient voix au chapître !

"L'important étant que les "producteurs" et non les bureaucrates aient voix au chapître !" (Velveth) Je suis d'accord là dessus, Velveth. Mais le problème, c'est la "représentation" des producteurs.
C'ets quand se constitue une "représentation" , que se constitue une bureaucratie, c'est-à-dire, le pouvoir des "bureaux". Très vite, ces bureaux acquièrent une compétence à gérer les affaires. Ce qui leur donne un pouvoir véritable. Et une reconnaissance, etc. Et la division producteurs/gérants se réinstalle.
Ceci se produit ici et maintenant dans tous les groupes, syndicaux, politiques etc. Je pense donc que ça se reproduira dans l'hypothèse d'un simple renversement des "pouvoirs" en place.
"il n'est pas question de réformer un système qui porte par nature la loi du plus fort et la primauté de l'économique ou de l'argent sur toute autre considération." (Arquius) Je suis en désaccord là dessus, Arquius.
La loi du plus fort est inscrite dans la nature humaine. Elle sera toujours là - entre "frères" aussi. Tout ce qu'on peut faire, c'est se mettre d'accord pour la limiter.
Lors d'un renversement brutal, des plus forts "nouveaux" émergent, pour remplacer les plus forts "anciens". Les bureaucrates, par exemple. Ceux qui sont "compétents", pour savoir, ou pour faire. Ou bien, des "charismatiques", ceux qui savent parler, plaire, convaincre. (chez Bourdieu : les possesseurs de capitaux symboliques, sociaux, culturels).
La révolution brutale n'est qu'une fausse bonne idée. Un raccourci par rapport au problème de la véritable transformation des rapports humains de domination.

Mais Fantie, la brutalité, la violence sociale sont d'abord celles que nous connaissons aujourd'hui. 30 000 enfants meurent de faim ou de soif CHAQUE JOUR ! Il n'est pas question, dans mon billet, de "révolution brutale". La transformation sociale, démocratique et écologique de nos sociétés ne pourra se faire si nous laissons "les maîtres argentiers" au pouvoir. Les pousser dehors ne sera pas chose facile ? Certes. C'est en quoi, au-delà du suffrage universel, il conviendra qu'un immense mouvement social appuie la légitimité des "transformateurs sociaux". Dire comment cela peut se passer relève du marc de café.

Autre réponse à Fantie. Les rapports de domination, qui sont multiples, tels qu'analysés par Bourdieu visaient à ce que les dominés prennent conscience de leur domination et sachent lutter contre. Bourdieu est sorti dans la rue à partir de la grève de 1995 pour le dire et participer au mouvement social. Ceux qui s'engagent dans la gauche radicale n'ignorent pas les effets des processus de représentation. La LCR avait dans sa besace une analyse fine des processus de bureaucratisation, de confiscation du pouvoir par une minorité au nom du peuple ou de la classe dominée. Bensaïd continue à écrire à ce sujet. Il n' y a aucune garantie a priori. Il y a le pluralisme politique, les organisations de type divers dont l'expression doit être non seulement permise mais prise en compte. C'est un pari à faire, collectivement.

"que les dominés prennent conscience de leur domination et sachent lutter contre." C'était le pari de la conscientisation. Mais tient-il toujours ? Est-ce que les dominés désirent ne plus l'être, ou bien est-ce que ce sont les militants qui le désirent pour eux ?

Les mobilisations en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à la Réunion, la manifestation du 29 janvier, les directions syndicales dont même les plus couardes hésitent à trahir le mouvement unitaire, les mobilisations étudiantes et lycéennes, les grèves avec occupation voire en gardant son patron pour discuter plus avant, tout cela donne à penser que les "dominés" ne sont pas que des dominés et le savent et le prouvent. Ils le prouvent aujourd'hui comme c'était peu arrivé depuis des années. Et puis les militants ne sont pas extérieurs à la catégorie des "dominés", loin de là. Le désir du militant (qui ne postule point à devenir permanent à vie en quelque association ou syndicat, voire parti) n'est généralement point de manipulation et d'idéalisation. Depuis les années 80, la pauvreté des idéaux, le "résister malgré tout et malgré ces opprimés" qui auraient trop aimé leurs chaines a connu une certaine mode chez les militants. Nous avons changé de période; une nouvelle génération militante arrive.

@ tous, je suis un vieux catho bien structuré et bien armé, j'ai bien visité le site du NPA et bien lu leurs textes, je n'y vois rien d'inquiétant, ni explicite ni en filigrane. Ils ne pèsent pas suffisamment pour assumer seuls la reprise du pouvoir; il y aura d'autres forces, leaders naturels, grandes consciences pour définir les conditions de la reconstruction. On aura plus à craindre des libéraux de gauche genre cohn bendit, syndicalistes affidés au système et autres; voire de certains egos, que du NPA.

Arquius, Merci pour cette lecture honnête. Tant de "commentateurs" commentent avec les commentaires de Libé ou du Figaro ! Il m'arrive d'être en désaccord avec le NPA et surtout sa façon réductrice de communiquer. Le NPA, joyeux mélange de socialistes révolutionnaires, d'écolos radicaux, de libertaires avec une pincée de trotskystes n'en est qu'à J + 2 mois. Laissons-lui le temps d'affiner ses fromages !

Je souhaite bien volontiers au NPA de rester longtemps un "joyeux mélange", mais je me méfie de l'affinement. Avez-vous beaucoup de "cathos bien structurés" comme notre ami ? Sous sa sympathique faconde méridionale on sent comme une angoisse...

@Velveth et Arquius Vous êtes sourds ou quoi ? @Pascal b Je vous entends bien. Etat social digne de ce nom (résumé) c'est ce que j'essaie de faire entendre. Et qui passe (que je veux voir passer) par la RÉFORME RADICALE (moi aussi je peux crier, Velveth) c'est à dire en aucun cas la réforme telle que la définit Arquius. Ni en aucun cas la révolution, telle que l'Histoire la montre sans exception. Disparition du capitalisme mercantile et financier, de la concurrence "pure et parfaite" (guerre de tous contre tous) au profit d'une concurrence cadrée rigoureusement et démocratiquement selon les critères du bien commun. Je l'ai dit plus haut mais apparemment c'est sentimental-petit-bourgeois ? Renaissance et développement de véritables services publics (selon des modalités à préciser pour éviter le phénomène "bras cassés")

à Virgil Brill . "Disparition (...) de la concurrence "pure et parfaite" " . La concurrence "pure et parfaite" n'a jamais existé et n'existera jamais (dans l'économie réelle tout au moins), c'est juste un modèle théorique de l'école marginaliste, qui sert tout au plus au raisonnement sur le fonctionnement des marchés. . Ne pas confondre avec la "concurrence libre et non faussée", c'est à dire la lutte contre les monopoles et le protectionnisme quand il est au service des plus forts. Littéralement, dans sa version de gauche, c'est la "concurrence cadrée rigoureusement et démocratiquement selon les critères du bien commun" que vous appelez de vos voeux. Mais nos bons amis ne peuvent pas, pour des raisons idéologiques profondes, concevoir la distinction entre l'économie de marché (même régulée à gauche) et la malfaisance du capitalisme financier. Ce serait contraire au dogme, qui ne se discute pas. Ils sont prêts à renoncer à la conception marxiste de l'Etat, à la conception léniniste du Parti, mais pas à l'inéluctabilité de la chute de l'économie de marché et des libertés qui vont avec, qui représentent pour eux le Mal dont ils veulent débarrasser la terre.

Disparition du principe de concurrence comme le principe dirigeant toute l'économie et toute la société. On en est à mettre en concurrence, au sens marchand du terme, systèmes sociaux et fiscaux. Remettre l'économie dans le lit dont elle n'aurait jamais du sortir et remettre la politique aux commandes.

@melchior, Mais enfin ou voyez vous une discontinuité entre économie de marché et capitalisme financier ? Je ne suis absolument pas marxiste mais catho. Surtout, je suis contre le matérialisme dialectique bien sûr que j'ai combattu pendant 30 ans, mais contre le matérialisme libéral qui place l'économie avant l'homme, la société, la nature et le politique. Voyez vous, le pape JPII a écrit dans sa grande encyclique de doctrine sociale centesimus annus :'' le capitalime est le plus sûr moyen de produire des richesses, mais il faut sérieusement en contrôler les excès'' Si je vous lis bien, cette formule devrait à peu près vous convenir, j'y ai moi même adhéré un moment, mais c'est fini. Pour moi, le capitalisme n'est pas divisible, il porte en lui par construction le triomphe de la finance sur toutes les autres activités humaines, il n'est ni amendable, ni contenable. ses moyens de corruption sont tels que rien plus ne lui résiste. La preuve aujourd'hui. De surcroît, personne jusqu'à présent n'a imputé à son grand compte de résultat ni les destructions sur la nature ni les destructions sociales qu'il a provoquées. Donc ...

J'ai été catho, j'ai été marxiste. Du marxisme je conserve la dialectique matérialiste et le souci du concret. Du catholicisme l'idée que le diable est dans les détails. . Je ne sais pas ce que vous appelez le "matérialisme libéral", je ne l'ai vu ni chez Montesquieu, ni chez Smith (pasteur protestant) ni chez Tocqueville. . La formule de Popaul est défectueuse dans les mots employés ( excusables chez un Polonais de la fin du XXème siècle) mais assez juste sur le fond. . Je n'ai pas d'objection à ce que vous disiez le plus grand mal du capitalisme financier (prédateur). Quant à le confondre avec l'économie de marché en elle-même et les libertés fondamentales qui vont avec: que vous ne puissiez voir la différence ne m'étonne pas: j'ai dit un peu plus haut qu'il ne peut pas en être autrement pour le courant politique dont vous vous rapprochez. Ce n'est pas grave, beaucoup de gens sont daltoniens en politique, et tant qu'il ne s'agit pas de traverser aux feux tricolores... Reste à savoir si les travailleurs européens auront envie de vous faire confiance.

@Melchior Je sais exactement ce que je dis. Je parle bien de la concurrence pure et parfaite dont je prône la disparition comme modèle, au profit de ce que vous préférez appeler concurrence libre et non faussée, formulation à mon avis piègée par l'usage perverti qui en est fait actuellement par la Commission Européenne et tout le mouvement néo-libéral qui ne rêve que de destruction sociale pour établir le règne sans partage du marchéisme. concevoir la distinction entre l'économie de marché (même régulée à gauche) et la malfaisance du capitalisme financier C'est en effet un point fondamental et là, gare aux vulgates !

La c p & p n'est pas un modèle au sens exemple à suivre, mais juste un modèle théorique de raisonnement, d'ailleurs abandonné par presque tous les économistes... Tout au plus l'évoque-t-on pour montrer qu'elle est impossible. . L'évocation de la concurrence libre et non faussée était ce qu'il y avait de meilleur dans le projet de traité, et naturellement c'est là-dessus que se sont braqués les "grrravé dans le marbrrre ! grrravé dans le marbrrre ! brrr !" souverainistes... Que les néo-libéraux en fassent un usage perverti n'est pas une raison pour la leur abandonner. Il y a d'ailleurs ici une alliance objective des libéraux dégénérés et des marxistes décatis pour piétiner le meilleur du double héritage du libéralisme ancien et de sa critique marxiste ancienne. .

Mais Virgil, En quoi la succession de réformes radicales, transformant et révolutionnant la société, s'oppose à ce qu'Arquius, Pascal b ou moi-même disons? A l'antagonisme "réforme ou révolution", je propose de substituer "réforme et révolution". A condition que dans les réformes (je préfère le terme "mesures"à celui, cafouilleux PS de réformes), l'expropriation des "grands argentiers qui entendent régir notre vie soit l'une des mesures phare. Ils résisteront ? Certainement. C'est au peuple à qui il reviendra de trancher. (pas les têtes !)

J'approuve. Mais c'est ici que commencent bien des complications. Et que des procédures démocratiques devront être mises en place; et il n' y a pas de modèle existant convaincant, il n'y a que des expériences historiques à étudier et des mouvements sociaux actuels où agir puis réfléchir (puis agir).

à Virgil Brill Vous dîtes et je ne vous contrarierai pas: "Disparition du capitalisme mercantile et financier, de la concurrence "pure et parfaite" (guerre de tous contre tous) au profit d'une concurrence cadrée rigoureusement et démocratiquement selon les critères du bien commun. Je l'ai dit plus haut mais apparemment c'est sentimental-petit-bourgeois ? Renaissance et développement de véritables services publics (selon des modalités à préciser pour éviter le phénomène "bras cassés")". Il serait évidemment des domaines ou la concurrence privée doit pouvoir s'exercer. Pas seulement boucheries, restaurants ou boulangeries du coin . Bien d'accord. Quant à tout ce qui relève du "bien commun", les formes d'appropriation sociale ou collective doivent s'inventer dans un cadre soucieux de rendre aux producteurs ce que les "profiteurs" lui volent depuis des siècles. JE NE CRIE PAS !

@ Velveth : les producteurs d'aujourd'hui peuvent très bien être les profiteurs de demain.

Mais l'organisation sociale de la société régie par des lois devra "empêcher" de retomber dans ces ornières. Aujourd'hui la loi (code du travail) ne donne aucun pouvoir aux CE. Demain, elle devra donner des pouvoirs, définis et limités, à celles et ceux qui auront un mandat pour faire fonctionner l'entreprise ou la régie. Ils (elles) seront révocables (référendum interne) et ne pourront faire plus de deux mandats consécutifs. (exemple) Ni bureaucratie, ni chefaillons mais une "association de producteurs" sur des bases de représentation démocratique.

Je réponds ici sur la distinction qui serait faite entre économie de marché et capitalisme. Des économies de marché ont préexisté au capitalisme comme mode de production dominant. Il n'est pas si facile, de nos jours où presque tout tend à être transformé en marchandise, de concevoir une économie de marché non capitaliste, même s'il importe de refuser le modèle bureaucratique et liberticide ancien (qui ne fut pas le nôtre). La crise est-elle une crise du capitalisme financier ou une crise globale, systémique on dit je crois, du capitalisme. Dans le texte de Velveth, reprenant je crois Michel Husson, il est question d'une crise globale du capitalisme. Crise économique, sociale, écologique. Autre chose que le capitalisme peut advenir, écosocialisme peut être son nom, ce serait un projet collectif qui donnerait une place à un marché.

Tiens, vous ne voulez pas nationaliser les boulangeries ? Le pain ne fait plus partie du bien commun ? Je vais crier !

Mais Melchior, alors, nous mangerons de la brioche !

Là, je vais carrément danser la Carmagnole.

Les régimes passent. Les abus restent. Il n'y a que les profiteurs qui changent. [Paul Chrétien-Audruger] Extrait de Le Musée de la pensée - 1934 Le "capitalisme mercantile et financier" est aussi présent dans la Chine, où pullulent les profiteurs corrompus, qu'aux Etats Unis. La "force de travail" dans les pays asiatiques cherche naturellement à s'enrichir au dépens des travailleurs occidentaux, la protection des emplois est unaniment dénoncée comme un protectionnisme honteux. Le "bien commun" est généralement défini comme le "bien de la nomenklatura" , la question est de savoir si les privilèges sont monétisés (régimes dits libéraux) ou démonétisés (régimes dits anticapitalismes) . Le "marchéisme" est maintenant universel, les derniers bastions de Cuba et de la Corée du Nord vont tomber. L'intervention de l'état est maintenant pronée pour mieux mettre à la direction du privé les prétendus serviteurs de l'état et leur permettre de s'enrichir. Les pantoufles vont être plus nombreuses qu'à l'entrée d'une mosquée. La régulation va devenir encore plus omniprésente pour mieux assoir le pouvoir des possédants. L'argent public fait les fortunes privées, les profits partent grâce à des schémas de défiscalisation et les pertes sont socialisées. On prétend que les paradis fiscaux disparaissent, alors que ce n'est que le tarif des passeurs qui va augmenter. Désolé, Velveth, mais j'ai comme ça des coups de blues.

On a tous des coups de blues mais je crois que la force de nos modèles de demain, c'est de n'en avoir aucun. Ni Cuba, ni Corée du Nord, ni capitalisme rhénan !

Alors rêvons d'un modèle de demain, où l'on aurait une autre vision de la société, des rapports humains, de la relation avec la nature. La crise peut donner un signal salutaire Aux Etats Unis, même à New York, on voit des habitants acheter des poules, pour avoir des oeufs chaque matin. Il n'y a rien de plus efficace pour enseigner à un enfant le sens de la vie qu'un petit potager (que l'on peut même avoir sur un balcon, a fortiori une terrasse) : quelques tomates, des haricots, peut être un melon. Oubliés les "gameboys", les logiciels de jeux violents. On peut retrouver le gout de la marche, la vraie, lente avec flanerie. On peut aussi retrouver le sens de la lecture, de la discussions sans télévision, après un repas de produits du terroir, où l'on mange les produits de saison, un bon vin, peut être même un petit cognac. On peut aller se fournir chez le paysan, le maraicher, le pêcheur , sans se précipiter avec sa voiture dans une hypermarché. On peut retrouver le plaisir des pull over tricotés, des habits qui durent parce qu'ils sont aussi solides que confortables. On peut refuser les croisières sur des navires qui sont des immeubles aussi marins qu'un fer à cheval, qui n'ont rien d'un bateau, prendre une plate ou un kayak. On peut refuser de contribuer à bétonner toutes les côtes, aller dans l'intérieur, retrouver le charme des bocages. On peut restaurer une vieille ferme au lieu de se faire batir un pseudo palais florentin en parpaing. On peut ... Bah finalement on peut essayer un modèle vintage modernisé, retrouver les valeurs et les plaisirs du passé, amélioré par un emprunt mesuré aux technologies modernes. Quand je rêve à cela, j'ai moins le blues ...alors je me mets un bon disque de blues

@georges de furfande, Mais faites le tout de suite, sans attendre, vous verrez, c'est merveilleux et surtout, c'est possible, même sans doute pour vous ... Des tas de gens vivent comme ça en France, soit qu'ils aient toujours vécu comme ça, soit qu'ils aient harmonieusement géré la régression, soit encore qu'ils aient été brutalement éjectés du système. Sublimer dans l'infiniment petit, ne plus s'interresser qu'à ce qui tient strictement entre vos deux bras, la maîtrise parfaite de votre insersion dans un univers rassurant. Vous mangez à heure fixes, des trucs préparés avec amour dégraissés, mesurés. Fini le cholesterol, fini les digestions pénibles le noeud au ventre. Plus de course à l'aéroport pour prendre cet avion de 6h30 qui doit vous conduire à cette réunion qui va vous crever, et revenir le soir chez vous à 23h45, vos enfants couchées et votre dame qui vous a laissé votre assiette et un post it sur le frigo. Se farcir des clients ou des collègues complètement mécanisés intellectuellement, tous sous pression et dont les comportements relèvent de la stricte survie reptilienne dans une jungle peuplée de gens qui vous poignardent dans les couloirs depuis l'arrière de tentures épaisses avec des stylets enduits d'anesthésique pour que vous ne sentiez même pas la blessure qui va vous vider de votre sang. Si vous êtes patron, c'est encore pire ... Se faire humilier en public par un nain qui ne vous arrive même pas à la cheville mais à qui on a confié un sifflet et un pouvoir qui dépassent sa capacité à en user. Non, fréquentez votre voisin, ce simple au rude bon sens campagnard, ce mécano façon soupe au choux qui ferme pendant toute la saison des palombes, cette crémière canaille au poitrail déployé qui va vous faire circuler un sang de jeune homme. Portez un pantalon de velours l'hiver et un de toile l'été. Allez aux foires agricoles, vous saurez que vous y serez quand un vieux paysan s'adressera à vous le chapeau à la main en vous demandant si c'est vous le marchand de tracteurs. Ne revez pas, il ne s'adresera jamais à vous en patois... mais bon vu d'où on vient, avoir l'air d'un marchand de tracteur c'est déjà un must, quoique ce soit le signe de la prospérité de celui qui s'est enrichi en faisant le commerce, ce qui est mal vu ... Il faudrait que je vous amène tuer le cochon, vous verriez tout de suite si c'est pour vous ou pas. Méfiez vous du style gentleman campagnard, ça ne marche pas, toutes les belles maisons retapées par des parisiens sont vides et leurs volets s'écaillent. La régression, c'est tout ou rien... Amicales salutations.

Bonjour Arquius, belle tirade.

Exquis commentaire. Néanmoins, dans la France de Sarkozy, certains épiciers comme Coupat et ses copains, sont embastillés pour moins que cela !

Velveth, d'accord en tout point avec votre analyse économique surtout sur la prétention qu'ils ont de sortir de la crise sans toucher aux normes comptables et avec comme objectif de rétablir la domination des financiers: comme disait Warren Buffet en 2007 "la guerre de classes existe et nous sommes en train de la remporter". Quant à l'écologie défendue par de fieffés réactionnaires financiers de haut vol qui n'hésitent à créer de faux scandales parce qu'ils verrraient d'un bon oeil les sociétés se désindustrialiser au profit d'un rétablissement de la nature sauvage (voir à ce sujet agriculture et environnement), ils existent, sans compter tous ceux qui ont des responsabilités chez greenpeace et qui ensuite fondent leurs cabinets de conseil auprès de multinionales, ils existent aussi. En un mot pour sortir de la crise et faire un monde vivable, nous sommes seuls. Malheureuseusement la LCR controle le NPA (c'est un nouvel outil comme l'a si joliment dit Krivine) et le NPA est à l'opposé d'un réformisme révolutionnaire même si il se prémunissait d'une contre révolution violente. C'est même là la singularité de la LCR qui a rompu avec les mouvements latino-américains sur ce point. Je vous crois sincère, je pense aussi qu'une organisation à la LKP sur la base de la satisfaction des besoins en dehors de toute organisation politique est le préalable à la refondation du politique: comme ça été jioliment raconté "un beau matin, ils se sont retrouvés d'accord sur ce qu'ils n'admettaient plus quelques soient leurs points de vue politiques" du coup ils se sont attelés à la sociale. N'êtes-vous pas conscient que c'est le politique qu'il faut mettre au pas pour faire plier le patronat. Car en effet c'est l'Etat qui a tout disloqué à une époque où les patrons étaient peu demandeurs de délocalisations et de mondialisation. Politis l'art d'organiser la cité. Réveillons-nous, il est temps d'agir non en se comptant mais en comptant les uns sur les autres. Quant à ceux qui ont les moyens de se bricoler des radeaux et de se mettre à l'abri du navire qui coule, tant mieux pour eux, la ville à la campagne pour tous je n'y crois pas.

La LCR (ex) ne contrôle rien du tout dans le NPA. Ses membres coexistent avec des écolos radicaux, d'ex-PC ou PS et surtout des milliers de jeunes qui "veulent changer le monde" et ne s'en laisseraient pas compter y compris par Besancenot. Sinon, bien d'accord avec vous pour avancer vers un LKP métropolitain !

@lefrançois, non non, ça ne se bricole pas, les bricolos repartent d'où ils sont venus. Au contraire, ça se raisonne, s'organise se prépare. Comme d'ailleurs l'organisation d'une micro contre société de proximité qui puisse rendre les choses supportables quand tout s'aggrave par ailleurs. Non, rien n'est dû au pur hasard, c'est de la méthode. Maintenant en effet ce n'est pas une solution accessible à tous. Pourtant, je vois de plus en plus de familles ''lourdes'' que les services délocalisent à la campagne et les choses s'arrangent très vite pour elles. Je vois des jeunes qu'on a sorti des pires endroits et qui sont totalement épanouis en apprentissage, les voisins vident leurs surplus et les aident à se meubler à s'équiper. Ils retrouvent dignité et confiance en eux, dans leur boulot, dans leur vie personnelle, tout le monde les respecte. A titre perso j'en ai pris quelques uns en protection, ils savent qu'ils peuvent me solliciter. Ils ne le font pratiquement pas et je vois qu'ils se débrouillnt très bien tout seuls et que ce sont eux qui aident leurs parents. Ceci dit, ce n'est pas applicable à tout le monde. Mais c'est une solution qui concerne toutefois beaucoup de gens à des places diverses dans la hiérarchie sociale.

Bon, alors...régulation ou rupture ?

Il me semble que dans l'orgie débridée du capitalime financier une régulation pour de vrai, pas pour amuser le tapis, une régulation draconienne avec suppression des titrisations et des prises de position à découvert, ce serait en fait une belle rupture. On entendrait d'ailleurs, venus des "hautes" sphères, des braillements d'écorchés vifs qui ajouteraient au plaisir d'avoir pris de saines mesures. (Je veux bien dire mesures au lieu de réformes radicales, mais si je me présente comme un mesuriste radical on va se foutre de moi, non ?)

Rupture bien sûr ... mais ... avec la dictature du MATERIALISME, le cynisme et le nihilisme qui lui sont consubstanciels, et qui empoisonent la pensée de gauche depuis ... depuis ... mon brave on s'y perd. Tiens, pour en sourire :mais, ce bon chemin, existe-t-il,assurément? Cordialement

idéalement rupture et place aux jeunes !

Rupture avec la régulation?

OUi ou régulation de la rupture ? On est jamais trop prudent ! (humour)

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