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Le point de fusion des retraites par Frédéric Lordon

Samedi 23 octobre 2010, Frédéric Lordon a consacré son blog à la « réforme » régressive des retraites. Il pose les questions essentielles et y répond. Une réforme pour qui ? Quelle organisation pour la décote ? Va-t-on vers une capitalisation rampante ? Et bien d'autres. A lire et faire lire....

 

Peut-être plus qu'aucune autre, la présente affaire des « retraites » se prête-t-elle à illustrer ce propre des grands conflits sociaux qui est de porter au jour des mécontentements bien au-delà de l'objet circonscrit de la « réforme » en débat. Seul l'élargissement de perspective qui permet de faire entrer le cortège de ces motifs latéraux, et en fait principaux, dans le tableau d'ensemble peut en livrer le sens, celui-là même que les gouvernants se refusent obstinément à voir, bien aidés il est vrai par la cohorte des experts amicaux, eux aussi adeptes de la « réduction technocratique » et surpris de ne rien comprendre à ce qui se passe sous leurs yeux. Si cependant, et pour le malheur de tous ces mal-comprenants, la question des retraites offre une caractéristique singulière, c'est bien celle de faire passer avec une parfaite continuité des questions les plus techniques de la plomberie financière des pensions aux questions les plus politiques des formes mêmes de notre vie sociale - de ce point de vue, on ne pouvait pas mieux, ou plus mal !, choisir le lieu de l'affrontement, selon le degré, au choix, de rouerie ou de bêtise qu'on prêtera aux « réformateurs ».

 

Pour lire la suite (fort conseillée !) :

Blog « La pompe à phynance » de Frédéric Lordon.

http://blog.mondediplo.net/2010-10-23-Le-point-de-fusion-des-retraites

 

 

Tous les commentaires

Lordon est passionnant, incontournable pour sa vision décoiffante de l'économie.

Pour décoiffer, il décoiffe !

Cela fait du bien...

Merci pour cet autre billet sur les retraites, Velveth. Pas le premier ..

Sans cesse expliquer, il faut les outils, maîtriser l'argumentaire, pour pouvoir expliquer simplement. Pour aider à sortir de cette attitude fataliste selon laquelle c'est comme ça, y a pas d'autre solution (que les 62 - 67 ans et les comptes notionnels).

Merci Anne pour ces encouragements...

Bien à vous.

Merci aussi... Ayant des difficultés à lire à l'écran, je suis allée sur le site du "Diplo", j'ai imprimé et m'en vais le lire au lit...

De façon à répondre demain à certains zozos lecteurs de la Charente Libre (remarquez, comment savoir s'il s'agit de simples lecteurs ou de membres locaux de l'UMP?)

Das cet article Lordon donne des arguments qui permettent de répondre à toute sorte de Zozos bien audelà des lecteur de la Charente Libre. Je n'en ferai pas la liste ils sont trop nombreux.

Remercions Velveth d'avoir donné à cet article l'écho qu'il mérite ici sur Médiapart où malheureusement les zozos ne sont pas totalement absent.

Mais surtout remercions Frédéric Lordon de nous aider dans cette bataille des retraites qui est une bataille qui a déjà changé "l'horizon" .

Quelle que soit la suite du mouvement social, dans l'opinion et notamment chez les salariés et les jeunes, la réforme Woerth - Bettencourt - Sarkozy est entâchée d'illégimité.

@Velveth

"....entâchée d'illégitimité" C'est le moins qu'on puisse dire.

Et merci d'avoir posté le lien pour cet article de Lordon.

NB Je l'ai, quant à moi, posté ce matin sur Facebook.

Merci à vous d'autant que je me tiens à l'écart des réseaux sociaux.

Merci en effet à Velveth de nous signaler cette nouvelle contribution, toujours très stimulante, de Lordon. Celui-ci décrit clairement le processus et en quelque sorte la contre-finalité qui en résulte pour les salariés. Plus généralement on pourrait même penser que l'essentiel du capitalisme financier, et du mécanisme de la dette par exemple, fonctionne selon cette contre-finalité par laquelle nous devenons comme captifs de nous-mêmes. Les fonds de pension, en somme, réinventent de manière admirable la vieille figure de la servitude volontaire.

C'est donc l'occasion de relire, outre La Boétie, Spinoza et par conséquent de se procurer le dernier livre de Lordon : "Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza" éditions La fabrique.

Je l'ai acheté mais pas encore lu, plongé que je suis (ça va faire rire) dans "Maurice et Jeanette", la bio des dirigeants du PC d'avant Marchais...

Ce n'est pas triste !

Bien à vous.

Personnellement, je suis pour la création d'un ''lordonistan libre'' Tranquile

Rire

On va peut être avoir un "Lordon calling"Clin d'oeil

Clin d'oeil

Je suis depuis longtemps un lecteur asssidu et studieux de Lordon - depuis 2004 pour être précis- et encore une fois j'ai pu apprécier la mise en oeuvre de sa vision du monde - nous sommes au stade financier du capitalisme : ce que cela signifie-.Bravo l'artiste et le penseur. Et Merci. Bien qu'il soit mon cadet je le considère comme mon mentor.

Cela dit j'aimerais qu'il soit possible de confronter sur le problème des retraites Lordon et Piketty et en particulier que Lordon apprécie - dans le sens de emettre une valeur- la réforme par point que propose Piketty.

Je ne crois pas un seul instant, pour bien le connaître, que Lordon apprécie les théories néo-libérales de Picketty...

Quelle chance de bien connaître Lordon.

Je suis un inconditionnel, je le suis régulièrement sur le diplo, c'est le seul qui me soulage.

''Lordon, fini le bourdon.''

C'est le seul qui comprenne quelque chose à l'économie politique.

Je dis bien politique.

le Diplo, toujours passionnant, Lordon, l'intelligence contre l'obscurantisme d'état, merci Velveth de diffuser, mais pourra t on jamais surmonter la connivence des forces et pouvoirs de la finance internationale ? On peut en douter tout en l'espèrant, cela ne sera jamais sans une qualité sensiblement suppérieure du systéme d'enseignement. C'est d'ailleurs une des raisons de la privatisation de l'éducation et de l'accés a la culture. Elle sera réservée aux élites dominantes. Aux prolos esclaves les apprentissages de savoir faire justes necessaires au fonctionnement de la machine a produire.

L'obscurantisme n'est pas seulement d'Etat. Il l'est aussi par les jeux du PS ou de ses alliés...

 

*** A rapprocher, me semble-t-il, de l'intervention de Frédéric Lordon lors de la conférence Attac-Marianne, en juin dernier...

 


3. Frédéric Lordon - réunion publique Attac 19 juin
 

Oui, bien sûr, il existe une conspiration des sachants, croyant savoir, qui ne font que répéter la doxa mise au point par les "think tanks" du pouvoir libéral.

Ont-ils tous un intérêt pécuniaire, ou sont-ils simplement des perroquets qui se croient plus malin que les autres ?

Quoiqu'il en soit les média sont remplis de ces conseilleurs et penseurs auto-proclamés, qui répètent tous le même discours métaphorique, comme une simplification de la réalité économique, laquelle serait remplie de concepts abstraits et fumeux :

- Qu'est-ce que le marché ? Où se trouve le marché ? Comment le marché peut-il traiter, en même temps, les légumes et la titrisation avec les supermarchés ?

- Qu'est-ce que la croissance ? la croissance de qui, la croissance de quoi ? Agglomérations urbaines, accélération ou allongement des flux économiques ? Et leurs reflux ?

Et la compétitivité est rapportée à quelle population, productive occupée ou demandeur d'emplois ?

On pourrait encore multiplier les exemples de syllogismes qui semblent avoir entré dans la pensée commune, mais qui n'ont aucune réalité économique, c'est juste un discours délirant, mais mondialisé. On pourrait même dire le discours américain du dollar.

Nous baignons en pleine mythologie libérale et les petits malins, qui avaient un peu vite adopté le discours commence à se brûler les doigts, mais beaucoup d'autres n'ont pas encore compris, peut être qu'ils vont commencer ?

J'aimerai partager l'optimisme de vos dernières lignes...

Bien à vous.

Le Parlement européen préconise la fin de la retraite par répartition

L’Assemblée européenne a adopté mercredi un rapport sur la crise économique qui se veut critique envers la finance, mais s’aligne sur les recettes néolibérales de la commission.

Le rapport du Parlement européen sur les mesures à prendre dans le cadre de la crise financière n’a cure des mobilisations sociales contre l’austérité. Le texte, dont la rapporteure est l’eurodéputée socialiste française Pervenche Berès, a été adopté mercredi par 501 voix pour, 67 contre et 50 abstentions. À gauche, seule la Gauche unitaire européenne, a voté contre.

Si dans ses recommandations, Pervenche Berès rappelle que «la diminution de la part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée depuis les années 1980» est l’une des raisons de la crise, les solutions avancées par l’assemblée ne préconisent en rien une inversion de tendance… Le rapport appelle à la mise en place de «marchés du travail (...) qui offrent plus de souplesse aux employeurs», suivant la rengaine selon laquelle la flexibilité crée de l’emploi.

Les recettes avancées sont la redite des politiques impulsées par la Commission. Ainsi, le rapport met un point d’honneur à appeler à l’achèvement du «marché intérieur», donc à la libéralisation des marchés qui ne le sont pas encore. Le principe d’une taxation des transactions financières a certes été retenu dans le rapport. Mais l’amendement sur un autre texte, visant à alimenter le budget de l’UE avec une telle taxe, a été repoussé par la droite.

Concernant l’austérité, le rapport prie pour que la consolidation des dépenses publiques ne se fasse pas «au détriment des systèmes de protection sociale», tout en réclamant plus loin des «mécanismes d’incitation et de sanction» pour les États ne respectant pas le pacte de stabilité (qui limite le recours à la dette publique). Une exhortation ressassée à plusieurs reprises dans le document !

 

 

*** Parfois vous et quelques autres m'accusiez, depuis quelques temps, d'en faire trop dans "l'alarmisme"..., mais je me demande, à vous lire, à présent, si vous n'en revenez pas quelque peu de cette "Europe" ? Et ce n'est que le début...

Cdlt J Rex

Je suis profondément européen mais lutte "pour une autre Europe" que celle concoctée pour les marchés financiers.

Tout repli souverainiste serait une régression civilisationnelle.

 

*** Nous le sommes tous "européens" et dans l'âme certes, mais ce que je m'évertue à démontrer de mon coté, c'est que celle qui se concrétise actuellement, se fait sur un mode de régression paroxystique, avec à la clé l'aliénation à un système supranational incontrôlable et dictatorial.

Je suis certain que vous le (p)ressentez vous même, donc "Une autre Europe", je veux bien, sans doute, mais elle n'est pas près d'être écrite, si seulement, au train ou vont les choses, elle s'écrit un jour.

Alors si vous voulez être, par vos positions tout à fait respectables et humanistes, le garant de nos libertés et de nos acquis, voyez ce qu'il y a d'essentiel aujourd'hui à secourir et sauver ce qui peut l'être, au moins au niveau de notre propre pays, car je suis persuadé que personne ne viendra de l'étranger nous rendre ce que la pieuvre européenne est en train de nous voler.

 

Cdlt JRex

Velveth,

Je suis d'accord avec vous, je suis pour une autre Europe sociale le repli serait catastrophique

 

*** GMM, Il ne s'agit pas dans mon esprit de repli sur soi, mais de reprendre comme ces quarantes dernières années un coopération intelligente entre les nations (Ariane, Airbus pour ne citer que les plus visibles...). Il ne faut pas aller vers ce grand état européen centralisé, dont vous voyez dès à présent toutes les dérives: une réglementation ahurissante, un alignement par le bas de tout les acquis du CNR, autant de points qui faisaient le modéle français en termes de protections sociales, d'accés à la santé et plus largement du "bien vivre".

L'avenir nous dira si j'ai tort, mais les faits, que nous constatons tous quotidiennement, sont têtus... comme je le dis souvent...

Mon petit discours est un peu compliqué, j'aurais bien pu résumer : ceux qui doutent et ceux croient savoir; ceux qui se remplissent les poches avec des syllogismes ultra-libéraux, mais il faut bien que d'autres payent, et c'est là que ça commence à coincer.

Donc JORION, à la différence de la logorrhée mystique des économistes, explique des choses simples et réelles… Que nos média, nos gouvernants, l'Europe Unie, entièrement passés du côté du dogme économique ultra-libéral, veulent ignorer : Que les producteurs de marchandises n'ont rigoureusement rien à faire de la croissance, pas plus que du grand marché libéral européen ou mondial, de la circulation mondiale des capitaux, etc…

Tout cela est du dogmatisme, quasi-religieux;

Jorion dit des choses justes - pas plus que d'autres antilibéraux - mais j'ai du mal à comprendre le sens de votre message.

Oui, ce que j'essaie d'exprimer est que le discours néo-libéral, parfaitement passé dans les mœurs, est un discours métaphorique, il n'a aucune réalité quotidienne, aucune réalité productive ou même marchande. On peut s'interroger, que représente réellement la croissance pour un salarié ? Les lois du marché ? La compétitivité ? Etc…?

Sinon des régressions.

On pourrait en multiplier les exemples;

Et pourtant beaucoup de gens croient astucieux d'intégrer ces mots fantômes.

En réalité c'est un discours dogmatique, qui enchaîne des syllogismes bien connus : concurrence libre et non faussée, lutte de tous contre tous, pour un profit privé extra-territorial, lequel doit redescendre comme le saint esprit sur les foules subjuguées…

J'abonde dans votre sens.

idem

Et moi de même.

Les discours de nos gouvernants sur la finance vue de leur fenêtre, c'est comme entendre par le menu les cours de la Bourse à la radio, une minorité qui parle pour tout le monde, Big Brother à ses administrés... Atterrie sur ce fil bienfaisant pour découvrir ce Monsieur qui cause autrement dans le poste, avec des mots simples, bien choisis, de l'humour. Sa prose est tout aussi délectable. Ah, qu'il vienne donc au gouvernement français mais en franc tireur ayant la volonté de sauver notre empêtré et toute sa clique en s'y opposant !

Exactement la lecture qui s'impose après l'échantillon du bourrage de crâne habituel ci-après... Entre les deux économistes, le coeur ne saurait balancer :

Retraites, pensée du jour, blog de Marc Jourdant 

Je ne connais pas. Je vais découvrir.

Merci.

Cet état biaisé de compréhension de l'économie politique remonte très exactement au milieu des années 70, lorsque le patronat français avait entrepris d'enseigner des notions d'économie politique, à ses salariés, qui ne s'intéressaient jusqu'alors que de techniques productives.

On y retrouvait les mêmes slogans que THATCHER, REAGAN, MADELIN, FRIEDMAN, on se trouvait dans le vent de la modernité; quoiqu'on avait, bien sûr sauté par dessus KEYNES, MARX, sinon SMITH auquel on faisait un petit coucou, de la main (qui se croyait) invisible du patronat.

Je crois que la plupart des gens disciplinés et consciencieux de leur carrière et respectabilité, en sont restés à ce vocabulaire précieux, qui leur permettait de montrer à leur hiérarchie, qu'ils ont compris la leçon patronale, sans jamais aller vérifier dans les textes de GALBRAITH, qu'on avait aussi oublié, de J.S.MILL, etc… qu'il existait d'autre -version de la fable patronale qui les avait roulé dans sa propre farine.

Il faut quand même souligner le coup de maître mondialisé qui a répandu la propagande néo-libérale dans le monde entier et principalement l'Europe Unie.

Coup de maître, coup des maîtres...

Bon, alors cette nuit, avant de dormir, je me suis "tapé" la lecture de l'article de Frédéric Lordon. C'est ardu, mais ô combien révélateur de ce qui nous pend au nez!! Et qui serait désespérant, si le peuple ne se lève pas, dans un sursaut salutaire.

En résumé: si on ne réagit pas, si on ne fait pas barrage, alors nous serons assez rapidement acculés à accepter le système dans sa globalité, car nous n'aurons plus d'autre possibilité que de nous exploiter mutuellement les uns les autres (salariés contre pensionnés par capitalisation), permettant à tous les parasites intéremédiaires de se "sucrer" largement au passage (jusqu'à 80% parfois dans le système britannique).

De quoi avoir envie de se tirer carrément une balle dans le crâne tout de suite.

Désolé d'avoir involontairement participé à vos cauchemars...

Il reste les luttes sociales et, un jour, leur éventuel débouché politique - à construire...

Je voudrais aussi signaler qu'on peut avec profit regarder le DVD des Mutins de Pangée "Chomsky et le pouvoir", notamment les parties concernant "le capitalisme" et "le socialisme". C'est très éclairant...

J'avais déjà regardé ce DVD voici quelques mois lors de sa sortie, mais le revoir hier, cela prenanit subitement une autre dimension. Chomsky y explique clairement que le véritable socialisme n'a jamais vraiment été essayé nulle part (ça on le savait...), mais en outre, que ce qu'on nomme le "capitalisme" est en fait très fortement soutenu par tous les états qui investissent dans la recherche, avant que le "privé" ne raffle les bénéfices. Il prend comme exemples l'informatique (recherches militaires à l'origine, puis développement d'IBM...) les firmes telles que Airbus ou Boeing etc etc...

Donc (c'est ma conclusion) la fameuse "concurrence libre et non faussée", ce sont des fables destinées au grand public, pour le faire tenir tranquille... (on s'en doutait!!!)

Tout à fait.

Tout comme les oligarques socialisent les pertes et privatisent les profits.

C'est toujours dans le même sens.

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