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Appel des 100 pour Alain Garrigou poursuivi par Patrick Buisson
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Insidieusement, dans la guerre des idées, un nouveau procédé devient « monnaie courante ». Il consiste à entamer des procédures judiciaires - quelles que soient leurs chances de succès - contre les intellectuels ou les journalistes qui dérangent.
Alors, direction le tribunal ! Avec ceux qui les publient.
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Ensuite, il est toujours temps de se dédire. Comme l'a fait Natixis à l'égard de Mediapart, « coupable » d'avoir diffusé un article accusant la banque d'avoir rémunéré François Pérol, secrétaire-adjoint de l'Elysée (avant de prendre la direction de Caisse d'Epargne-Banque Populaire), pour son action dans la société Rothschild et associés. Les plaintes furent retirées. Qu'importe, Mediapart avait dû payer les frais de défense.
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La plainte pour diffamation publique, déposée par M. Patrick Buisson contre Alain Garrigou, a la même fonction : intimider. Engager ceux qui voudraient « l'ouvrir », à se censurer, les inviter vivement à « tourner sept fois la langue dans sa bouche ». Surtout s'il s'agit d'analyser comment l'Elysée procède.
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En tapant au portefeuille. M. Buisson réclame, pour son honneur « bafoué », 100 000 euros de dommages et intérêts, une provision de 15 000 euros pour chacun des quatre médias censé publier le jugement et, bien sûr, la condamnation aux dépens. Rien de moins ! Les frais de M. Patrick Buisson seront payés par le contribuable puisqu'il perçoit 11 900 euros par mois, comme conseiller du Président. En 2008, sa société Publifact a reçu 1,6 millions d'euros, de l'Elysée toujours.
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Quel est l'objet de cette plainte ? Une opinion intolérable, invraisemblable, vraiment ! A la suite du rapport de la Cour des comptes publié le 16 juillet 2009 et considérant les listings des sondages de l'Elysée publiés le 6 novembre, Alain Garrigou, professeur de science politique à l'Université Paris-Ouest, spécialiste des sondages, avait eu l'audace de déclarer : « L'Elysée défend le choix d'OpinionWay par Patrick Buisson [directeur de Publifact et conseiller du Président, ndlr] pour la rapidité des études Internet. Or, ils oublient de préciser que les sondages en ligne sont surtout réputés pour être moins chers ! Pourquoi l'Elysée paie beaucoup plus cher en passant par lui au lieu de les acheter à moindre prix directement ? Et pourquoi laisser Buisson se faire une marge de 900 000 euros sur son dos ? Soit c'est un escroc, soit c'est un petit soldat qui constitue un trésor de guerre pour payer des sondages durant la prochaine campagne électorale sans que ce soit visible dans les comptes de campagne du futur candidat Sarkozy. ».
Cette explication, à coup sûr, mérite procès. Comparution immédiate, presque. Rien, certainement, n'est plus grave.
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La plainte de P. Buisson vise évidemment à faire un exemple. Récemment, des chercheurs ont été la cible de ce type d'attaques : Olivier Filleule, Vincent Geisser, Isabelle Sommier. Cette fois, l'attaque vient de plus « haut ». Demain, à qui le tour ? Qui doit décider des territoires autorisés aux scientifiques, aux écrivains, aux journalistes ? Qui doit décider des appréciations qu'ils tirent de leurs enquêtes ? Les tribunaux ? Sartre aurait été condamné cent fois, Foucault, cent fois, Bourdieu tout autant.
« Tu enquêtes, tu critiques ? Gare au procès ! ». Collectivement, nous le refusons. Collectivement, nous reprenons à notre compte - au mot près - les propos d'Alain Garrigou.
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signé par :
Alain Accardo (sociologue, université Bordeaux III)
Jean-Christophe Angaut (philosophe, Ecole Normale Supérieure)
Mathieu Bara (sociologue, université Bordeaux IV)
Christophe Baticle (sociologue, université de Picardie Jules Verne)
Francine Bavay (vice présidente du Conseil Régional d'Ile de France)
Eric Beynel (porte-parole national de l'union syndicale Solidaires)
Laurent Bonelli (politiste, université Paris Ouest - Nanterre)
Jacques Bidet (professeur de philosophie, université Paris Ouest Nanterre)
Noelle Burgi (chercheure en science politique, CNRS)
Leila Chaibi (co-présidente de la Fondation Copernic)
Véronique Champeil-Desplats (professeur de droit public, université Paris Ouest-Nanterre)
Stéphane Chantegros (sociologue, CRESPA Limoges)
Antonin Cohen (politiste, université de Picardie Jules Verne)
Annie Collovald (professeure de sociologie, université de Nantes)
Philippe Corcuff (politiste, IEP de Lyon, conseil scientifique d'ATTAC)
Jacques Defrance (professeur de sociologie, université Paris Ouest Nanterre)
Jean-Luc Deshayes (sociologue, université de Nancy)
Paul Dirkx (sociologue, université Nancy II)
Keith Dixon (professeur de Civilisation britannique à l'université Lumière Lyon II)
Vincent Dubois (professeur de sociologie et science politique, Institut d'études politiques de Strasbourg et Institut Universitaire de France)
Stéphane Dufoix (sociologue, membre de l'Institut Universitaire de France)
Cedric Durand (économiste, université Paris XIII)
Hervé Fayat (professeur de sciences économiques et sociales, Fondation Copernic)
Jean Ferrette (professeur de sciences économiques et sociales)
Gérard Filoche (inspecteur du travail, CN du Parti Socialiste)
Julien Fretel (professeur de Science Politique, président de l'AECSP, université Picardie Jules Verne, Sciences Po Lille)
Sandrine Garcia (sociologue, université Paris IX - Dauphine)
Delphine Gardey (professeure de sociologie, université Versailles St Quentin en Yvelines)
Bertrand Geay (professeur de sociologie, université de Picardie - Jules Verne)
Dominique Glasman (professeur de sociologie, université de Savoie)
Stéphane Guillemarre (professeur de philosophie, co-secrétaire de la Fondation Copernic)
Françoise Guillou (diététicienne)
Jean-Marie Harribey (économiste, université Bordeaux IV)
Mathieu Hély (sociologue, université Paris Ouest Nanterre)
Michel Husson (économiste, conseil scientifique d'ATTAC)
Bruno Jetin (économiste, université Paris Nord)
Samuel Johsua (professeur émérite en sciences de l'éducation, université de Haute-Provence)
Nicolas Jounin (sociologue, Université Paris VIII)
Michel Koebel (sociologue, université de Strasbourg)
Bernard Lacroix (professeur de science politique, membre de l'Institut Universitaire de France)
Stéphane Lavignotte (pasteur, théologien)
Rémi Lefebvre (professeur de science politique, université Lille II)
Frédéric Lebaron (professeur de sociologie, membre de l'Institut Universitaire de France)
Francis Lebon (sociologue, université Paris XII)
Brigitte Le Grignou (professeure de science politique, université Paris Dauphine)
Patrick Lehingue (professeur de science politique, université de Picardie-Jules Verne)
Jacques Le Bohec (professeur de sciences de la communication, université Lyon II)
Stéphane Le Lay (sociologue, revue Mouvements)
Claire Le Strat (politiste, université Paris ouest-Nanterre)
Catherine Lévy (sociologue)
Frédéric Lordon (sociologue, CNRS)
Jean Malifaud (mathématicien, Paris VII, secrétaire national du Snesup - FSU)
Antoine Math (économiste, Ires)
Lilian Mathieu (sociologue, CNRS)
Olivier Masclet (sociologue, université Paris V)
Gérard Mauger (sociologue, CSE-CNRS)
Dominique Merllié (sociologue, EHESS)
Olivier Michel (professeur d'informatique, université Paris XII)
Corinne Nativel (géographe, université de Besançon)
Frédéric Neyrat (sociologue, université de Limoges)
Gérard Noiriel (historien, directeur d'études à l'EHESS)
Fabienne Pavis (sociologue, université de Nantes)
Willy Pelletier (sociologue, coordinateur général de la Fondation Copernic)
Claude Pennetier (historien, CNRS-CHS, Paris I)
Jean-Marie Pernot (chercheur en sciences politiques, Ires)
Roland Pfefferkorn (professeur de sociologie, université de Strasbourg)
Louis Pinto (sociologue, CSE-CNRS)
Bernard Pudal (professeur de science politique, université Paris Ouest-Nanterre)
Gilbert Quelennec (musicien)
Emmanuel Renault (philosophe, Ecole Normale Supérieure)
Emmanuelle Reungoat, (doctorante en Science politique, Université Paris 1, CESSP)
Philippe Riutort (professeur de sciences sociales, lycée Henri IV)
Violaine Roussel (professeur de sociologie, université Paris VIII)
Thomas Sauvadet (sociologue, CERMES)
Nicolas Sembel (sociologue, université Bordeaux II)
Arnault Skornicki (politiste, université Paris Ouest Nanterre)
Patrick Simon (sociodémographe, Ined)
Luce Sommier (puéricultrice)
Charles Soulié (sociologue, université Paris VIII)
Annie Thébaud-Mony (sociologue, Inserm)
Sylvie Tissot (sociologue, université de Strasbourg)
Jacques Tolédano (président d'ETICITE)
Josette Trat (sociologue, université Paris VIII)
Jérôme Valluy (politiste, université Paris I)
Christophe Voillot (politiste, université Paris Ouest-Nanterre)
Louis Weber (ancien président de l'Institut de Recherche de la FSU, rédaction de Savoir/Agir)
Loïc Wacquant (professeur de sociologie, université de Californie - Berkeley)
Tanguy Wuillème (enseignant chercheur en sciences de l'information et de la communication, université Nancy II)
Jean-Pierre Zirotti (professeur de sociologie, université de Nice-Sophia Antipolis)


Tous les commentaires
c'est un appel fermé, donc, puisqu'il n'y a pas de renvoi sur site. J'ai constaté qu'effectivement sur Fondation Copernic, l'appel était fermé.
merci à vous
Membre de la Fondation Copernic, j'ai mis en ligne ce billet sans spécifier qu'il s'agissait d'un appel "fermé" et non d'une pétition.
Remarquons l'extrême diversité des engagements politiques des signataires...tous de gauche néanmoins (du NPA au PS) !
Alain Garrigou se rapprochera utilement de Jean-Pierre Marguénaud, Professeur à la Faculté de droit et des sciences économiques de Limoge, Jean-François Flauss, Professeur à la faculté de droit de Strasbourg, Vincent Berger, Chef de division au greffe de la Cour européenne des droits de l'homme, Professeur au Collège d'Europe de Bruges ou Frédéric Sudre, Professeur à l'Université de Montpellier, qui sont tous de grands spécialistes des drotis de l'homme. La justice française peut aussi déclarer irrecevable une plainte aboutissant à la violation de la liberté d'expression.
Oui, vous avez sans doute raison.
Je crois qu'Alain Garrigou ne manque pas de conseils.
Le problème n'est pas celui là.
Rétablir le droit malmené par des personnes dont le comportement est le problème permet de résoudre le problème.
Oui journalistes, intellectuels,syndicalistes, manifestants et mouvements autonomes...faudrait recenser tous les procès politiques actuellement en cours en sarkozie.
C'est ce à quoi un groupe de travail de la Fondation Copernic s'est attelé avec Eveline Sire-Marin, magistrate, Présidente d'honneur de cette fondation.
Bon, on soutient, et plus si nécessaire.
Tenez-nous au courant.
Depuis qu'on a assisté à cette énormité : un élu nommé Raoult s'est permis l'attaque que l'on sait contre Marie Ndiaye qui avait eu l'audace inouïe d'affirmer haut et fort une opinion politique, il fallait s'attendre à apprendre que des actions effectives, réelles, concrètes, ont été entreprises contre des intellectuels, à raison de leurs opinions.
Triste nouvelle, mais que, si Mediapart le veut bien, rien ne nous échappe de ces attaques contre l'esprit. Tout le monde saura et pourra agir, réagir, rugir, et plus si nécessaire.
Merci Velveth
Effectivement, il y a une "liaison" entre les graves propos d'un Raoult concernant Marie Ndiaye et l'action entreprise par le conseiller spécial de l'Elysée, Patrick Buisson (ex-Directeur de Minute...).