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Pierre-François Grond (NPA): "jamais la possibilité d'infliger une défaite à ce pouvoir n'a été aussi forte".
Après 18 mois d'existence, le NPA, créé en février 2009 après l'auto-dissolution de la LCR, traverse-t-il une crise ? De quelle nature ? Comment se porte réellement le NPA à moins de trois mois de son congrès ? Quels débats le traversent ? Rencontre avec Pierre-François Grond, 44 ans, professeur d'histoire-géographie dans un établissement de Seine-Saint Denis, dirigeant du NPA, membre de son Comité exécutif. .
JRV : L'Université d'été du NPA s'est terminée samedi dernier. Quel bilan tirer de ces quatre jours d'échanges et de débats ?
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PFG : Un bilan très largement positif : tant par l'affluence - plus de 1200 participants - que par l'ambiance générale marquée par deux éléments : une volonté studieuse d'approfondir la réflexion et les échanges sur des thèmes variés (près d'une centaine d'ateliers et d'initiatives !) , un impératif de mobilisation en cette rentrée si particulière qui a fait de notre meeting unitaire sur les retraites l'événement de cette université d'été. Tous les observateurs en sont convenus : l'ambiance était à la digestion des problèmes et à la relance du NPA, pas au remâchage de nos divisions.
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Pierre-François Grond.
JRV : Signataire, avec une quarantaine d'autres membres du Comité exécutif, d'un texte qui apparaît assez critique sur les premiers pas du NPA, quels en sont les points essentiels ?
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PFG : Au printemps dernier, il était normal qu'une discussion sérieuse s'engage dans le NPA sur la stratégie et les premiers enseignements de deux ans d'existence du processus fondateur de notre mouvement. Il y a eu donc plusieurs contributions et c'est bien normal. Nous sommes à la recherche d'un équilibre entre une nécessité de rassemblement face à la droite, face à la brutalité de la crise du capitalisme et en même temps l'égale nécessité de rechercher des réponse radicales, de construire un projet de rupture avec le capitalisme alors même qu'une grande partie de la gauche y a renoncé.
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JRV : Après des scores très modestes lors des « régionales », on a pu lire, ici ou là, que le NPA était en crise. Il a enregistré des démissions, des textes se sont opposés lors de la réunion de ses instances comme lors du vote des militants. Qu'en est-il exactement ?
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PFG : C'est une vision déformée : on confond crise et débats. Il n' y pas de démissions massives et nous sommes en train de dépasser les problèmes posés par les élections régionales. Le débat est sérieux et se reposera sans doute dans le parti, mais, franchement, le poids des régionales dans la situation politique présente qui s'accélère n'est pas d'une lourdeur insoutenable ! Le glissement vers l'extrême droite de l'équipe Sarkozy, la bataille sur les retraites qui se joue dans les semaines qui viennent, l'affaire Woerth-Bettencourt créent les conditions d'une situation nouvelle. J'ai l'impression que nous avons pris la mesure du basculement politique.
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JRV : Et comment se prépare le congrès du NPA ? Sur quelles bases, sur quels textes ? Y verra-t-on s'opposer de multiples plates-formes ? N'y a-t-il pas un risque que se dessine une « majorité introuvable » au sein du prochain exécutif ?
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PFG : Un congrès, au NPA, ce sont les militants qui le font par leurs votes. Les textes soumis aux militants - avec possibilité d'amendements - seront adoptés par notre instance de direction large (le Comité Politique National) les 18 et 19 septembre et alors commencera réellement le débat. Donc, avant de parler de plateformes, de majorité introuvable, sérions les problèmes essentiels : la mobilisation contre la droite, la définition d'un projet anticapitaliste valable dans la rue comme dans les urnes, le rassemblement des forces anticapitalistes en indépendance vis à vis des sociaux-libéraux qui s'adaptent au FMI et, dans l'Union européenne, à la brutalité du système capitaliste. Et alors, nous aurons un débat constructif tel que le souhaitent les membres du NPA.
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JRV : Olivier Besancenot laisse poindre son désir de ne plus représenter seul le NPA voire d'y jouer un rôle différent. Quelles sont les mesures qui pourraient être prises par le congrès et les instances qui en seront issues dans ce domaine ? Le NPA n'a-t-il pas trop tardé sur ces questions ?
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PFG: Olivier Besancenot a raison. Un parti comme le nôtre ne peut avoir un porte-parole unique. Peut- être a t-on trop tardé mais je crois qu'il y a maintenant la volonté d'aboutir à un porte-parolat collectif. Nous sommes en train de travailler en ce sens parallèlement au congrès afin de permettre à celui-ci d'avancer.
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JRV : Avec l'auto-dissolution de la LCR, le défi de créer un parti anticapitaliste aux contours larges n'a-t-il pas du « plomb dans l'aile » ? Comment redresser une situation qui, aux yeux de beaucoup, apparaît, pour le moins, délicate ?
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PFG : Le NPA est un chantier de long terme, nous n'avons pas lancé le processus pour préparer 2012 ou tout autre échéance rapide. Nous voulons relever le défi du regroupement des forces anticapitalistes et redessiner à la chaleur d'expérience sociale et politique, un nouveau projet émancipateur. Comment juger la viabilité d'un tel projet sur une période aussi courte et sur des échéances électorales certes importantes mais pas vraiment fondatrices. Nous avons beaucoup de travail d'implantation dans la société, d'immersion dans les mouvements sociaux et écologiques afin, dans le cadre d'une crise globale du système capitaliste, de faire émerger une alternative socialiste et écologique. C'est sur ce travail que nous voulons être jugés.
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JRV : Une crise politique majeure peut, dans les prochaines semaines, s'ajouter aux crises économique, sociale, écologique et démocratique. Quel rôle entend jouer le NPA dans le déroulement de ces « évènements » en devenir ?
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PFG : Etre au cœur des mobilisations - à commencer par les manifestations des 4 et 7 septembre - dans une perspective de construction d'une épreuve de force avec le gouvernement. Depuis 2007, jamais la possibilité d'infliger une défaite à ce pouvoir n'a été aussi forte. A condition que la gauche soit unie et combattive : pour obtenir le retrait du projet de loi sur les retraites, pour bloquer la dérive "Vichyste" du pouvoir, pour exiger la vérité dans l'affaire Woerth Bettencourt . Cela se jouera en quelques semaines. Ceux qui pensent que le vrai match est pour 2012 se trompent, c'est maintenant que se jouent les rapports de force y compris pour la présidentielle prochaine. Un soulèvement social, civique, démocratique contre Sarkozy profitera à tout le monde à gauche. Ce sera également pour nous l'occasion de défendre la nécessité d'une alternative anticapitaliste globale qui, à notre sens, est la condition sine qua non pour non seulement défaire la droite mais également battre toutes les politiques de droite.
Entretien du 31 août 2010
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Tous les commentaires
Velveth,
Vous allez susciter les habituels commentaires désobligeants sur le NPA. Mais vous avez bien fait de publier cette interview.
Personne n'est de trop pour faire pencher le balancier le plus à gauche possible !
La désobligeance, s'il y en a, si elle est argumentée et raisonnée peut être assimilée à des critiques qui peuvent être légitimes.
Je ne m'en prive pas y compris à l'égard du NPA.
Bien à vous.
" Nous avons beaucoup de travail d'implantation dans la société, d'immersion dans les mouvements sociaux et écologiques..."
Il convient de saluer à sa juste valeur un aveu de cette importance et remercier Velveth de nous en livrer l'évidence.
Merci pour ce salut.
Anticapitaliste certes, on commence à le savoir, mais pro quoi?
Bon d'accord, on nationalise la fortune de Lilianne, soit 15 milliards d'euros, divisés par 65 000 000 de français = 230€ par tête de pipe!
Et aprés?
Les prix? Il n'y a plus de marché, OK!
Qui fixe les prix? L'Etat? Les fonctionnaires? Les apparatchiks? Olivier?
On remet en circulation les Ladas: délai de livraison 10 ans!
Moi vouloir savoir...
Vous devriez vous renseigner, débattre, lire un peu.
Il n'y a pas que Le Figaro au kiosque ni des UMP au café du coin.
Pour vous désembourber l'esprit, vous voulez des conseils de lecture ?
@Cacochyme,
je ne suis pas pour le NPA, mais le capitalisme doit disparaitre car responsable des maux de l'humanité. Même aux USA il y a des voix pour reclamer sa disparition avec des propositions concretes pour remplacer un economie monetariste par une économie de gestion des ressources. Voir cette video qui explique comment le capitalisme a cassé le monde et comment on peut changer du système :
http://dotsub.com/view/a34fba0d-4016-4807-b255-021b58dbc9a4
www.thezeitgeistmovement.com
Il faut de l'imagination pour changer notre monde.
Salutations.
Si vous pensez que le scientisme est une idée nouvelle, en matière d'imagination il y a mieux.
Régler les sciences humaines suivant les principes des sciences naturelles, Hitler et Staline ont déjà essayé.
Ce fut d'ailleurs l'erreur majeure (et ça l'est toujours, je vous l'accorde) du néolibéralisme qui nous a conduit droit dans le mur.
On ne met pas l'humanité en équation!
@cacochyme.
Alors, on ne fait rien, nous continuons à vivre sous ce système suicidaire?
Je pense aux générations qui viennent. Il me semble que vous n'avez pas écouté ou lu la traduction du vidéo. Stalin et Hitler ont toujours triché avec la science et les technique: les orangers du lac Balaton et les avances de la génétique sovietique (Lysenko) sont des exemples. Rien à voir avec les personnes qui travaillent dans le projet auquel fait référence la vidéo.
L'humanité a besoin d'organisation social en faveur de tous les êtres humains: protection social et économique pour tous, éducation pour tous. Nous avons les ressources nécessaires pour que toute l'humanité puisse vivre d'une manière digne, mais les entreprises petro-chimiques ne voudront pas faire des avances réelles pour utiliser les énormes ressources d'énergie que la nature nous a donné.
Entièrement d'accord sur l'analyse de votre second paragraphe.
Les moyens pour régler ces problèmes sont à inventer, à découvrir, je fais confiance aux jeunes pour cela. Ce que je recherche, comme dirait Popper, ce n'est pas la vérité, c'est l'erreur! C'est déjà du boulot...
Je brûle d'impatience de voir le NPA avec de nouvelles idées, sincèrement...modestement, je chercherai les erreurs :o)
Velveth (que je lis toujours avec intérêt, contrairement à ce qu'il doit penser) s'inquiète de ma cacochymie pseudonymique, je le rassure, elle n'est ni physique ni mentale. Je suis simplement un peu malade de ce monde et souvent agacé d'entendre et de lire ici ou là, la connerie épistémique érigée en dogme.
Ce n'était qu'une bien facile moquerie...
Faire disparaître le capitalisme avec 2,5 milliards de chinois et d'indiens, pour ne compter qu'eux, n'est-ce pas un peu présomptueux, même pour le NPA?
J'aimerais des arguments plus raisonnables. Les SCOP (Socièté Coopérative Ouvrière de production) par exemple http://www.scop.coop/entreprise-cooperative.htm
Enfin, ce n'est pas le capitalisme qui a cassé le monde mais les capitalistes.
Certains adeptes du capitalisme comme Karl Popper avaient une autre idée de la chose:
« La liberté, si elle est illimitée, conduit à son contraire ; car si elle n'est pas protégée et restreinte par la loi, la liberté conduit nécessairement à la tyrannie du plus fort sur le plus faible. » Aussi l'État a le devoir de limiter la liberté de telle sorte qu'aucun individu ne doit être amené à être aliéné à un autre :
« C'est pourquoi nous exigeons que l'État limite la liberté dans une certaine mesure, de telle sorte que la liberté de chacun soit protégée par la loi. Personne ne doit être à la merci d'autres, mais tous doivent avoir le droit d'être protégé par l'État. Je crois que ces considérations, visant initialement le domaine de la force brute et de l'intimidation physique, doivent aussi être appliquées au domaine économique. […] Nous devons construire des institutions sociales, imposées par l'État, pour protéger les économiquement faibles des économiquement forts.»
Vous voyez Monsieur Velvet, je ne lis par que le Figaro, d'ailleurs je ne le lis pas...
Et bien oui, je suis partagé entre les idées de Proudhon et de Popper je vous conseille de les lire, ou de les relire...
Merci de vos conseils.
Vos idées semblant en accord avec votre pseudonyme, je crains que ma liste de "conseils de lecture" soit un peu trop longue pour ce post......
Si vous faites de la quantité une qualité, restons en là!
"jamais la possibilité d'infliger une défaite à ce pouvoir n'a été aussi forte".
renverser ce gouvernement ok, pour y mettre QUOI à la place ?
Et surtout QUI ???
Je ne vois guère d'espoir... car ce que prône le NPA, on a déjà vu, c'est une recette d'hier ou d'avant-hier.
Les "nostalgiques" pourraient aller faire un tour en arrière du temps de l'anti-capitalisme heureux, du "socialisme réellement existant", comme en Allemagne de l'Est ou en Pologne... les habitants leur en raconteraient les bienfaits...
On peut rêver, mais tout ceci n'est applicable que par la violence, et s'écroule au bout d'un certain temps... plus ou moins long.
Il s'agit "d'infliger une défaite" au gouvernement sarkozyste.
PF Grond ne parle pas de le renverser.
Quant au "socialisme réellement existant", vous devez savoir, Etoile, que l'ex-LCR ou le NPA ont toujours combattu les totalitarismes.
Pour en revenir à l'actualité, il convient de briser la spirale des défaites sociales et démocratiques enregistrées depuis des années par le mouvement social.
Le moment s'y prête.
Ce n'est pas une prophétie mais un espoir, Etoile.
@ étoile,
il n'y a pas d'assurance face à l'Histoire, pas de guichet, il faudra faire avec.
le choix est tout simplement le suivant : soit être moteur, soit subir.
généralement quand les choses s'accélèrent, il n'y a que deux camps, nombreuses sont les incertitudes et rares sont les assurances.
Velveth, il faut que tu changes d'urgence la photo. On dirait un gourou cherchant à hypnotiser de futurs ouailles.
Sinon sur le fond, l'interview brasse beaucoup de vent. Il faut admettre une bonne fois que le NPA est en crise même si la crise est moins grave que certains médias l'ont dit. Il faut aussi admettre que les recompositions politiques à la gauche de la gauche sont en cours et que le NPA ne pourra pas se contenter pour peser dans ses recompositions et participer à l'émergence d'une alternative politique au social-libéralisme, de prôner la grêve générale et la résistance dans la rue face à Sarkozy.
PF Grond fait comme si le retour des luttes suffira à sortir le mouvement social de la mouise. Alors que la précédente séquence début 2008 a montré toute les limites d'une politique et d'un discours qui se contente de s'appuyer sur les dynamiques de résistances sociales pour pointer la nécessité d'une grêve reconductible. Le NPA ne peut pas être un super syndicat rouge.
S'il veut être crédible, il doit aussi proposer concrètement des pistes pour élaborer avec d'autres (Front de Gauche entre autre) un programme d'urgence et une stratégie démocratique de prise du pouvoir (articulant mobilisations sociales et mobilisations électorales) pour pouvoir être en mesure d'appliquer ce programme et créer une dynamique visant à renverser le capitalisme.
Langue-rouge,
Je suis plutôt d'accord avec toi.
Sauf pour ce qui s'agit de "prise du pouvoir" avec le Front de gauche. Penses-tu que le Front de gauche, et le Pcf qui en est la force dominante, soit prêt à autre chose qu'à une longue discussion bureaucratique avec le PS? Bien loin d'une volonté de "renverser le capitalisme".
La ligne de rupture avec le Ps et ses alliés, prônée par le Npa, me semble juste. La stratégie d'alliance ne saurait oublier les groupes écologistes et libertaires.
Je suis plutôt d'accord avec vous deux sur cette interview et j'attendais de Pierre-François des analyses un peu moins "convenues".
Sans doute, la proximité du congrès fait-elle que ce dirigeant est d'une certaine timidité dans ses réponses...
j'ai surtout ressenti qu'il ne voulait pas faire apparaitre de différence avec la direction actuelle pour ne pas prêter le flan aux critiques portant sur une éventuelle division.
On commence par l'unitaire, et puis on souligne quelques mini différences.
La difficulté du discours unitaire à toujours été celui-ci: comment échapper aux généralités. Mais l'urgence est à l'unité, y compris avec les autres forces de la gauche. C'est une franche unité parce que la défaite à infliger est concrète, datée et précise: le retrait de la retraite.
C'est vrai.
On ressent que c'est ce que PF Grond a voulu "faire passer": oui, il y a des débats mais en ces jours de national-sarkozysme, ce n'est pas le plus important et laissons le prochain congrès trancher.
Je regrette simplemet, pour le connaître, qu'il n'ait pas laissé pointer ses sensibilités personnelles.
Deux nouveaux slogans pour le cortège: (je ne sais plus où est le fil pour jouer à ça)
Sarkozy! juppé! devaquet! même tabac
Retrait! retrait! retrait-du-plan-retraite!
à propos de PFG: il t'a senti venir, il t'a résisté. Ton caractère critique sur certains aspects du parti lui sont connus. Il ne voulait pas glisser là-dedans. On peut lui donner raison, pour cette occurence là.
Il est vrai que certaines de mesquestions "me découvraient"...
"Penses-tu que le Front de gauche, et le Pcf qui en est la force dominante, soit prêt à autre chose qu'à une longue discussion bureaucratique avec le PS? "
Non bien sûr. Encore que le FdG et le PCF ne vivent pas en vase clos. Ils sont traversés de contradictions et ils sont influencés aussi par les soubresauts du mouvement social. La démarche du congrès de fondation du NPA, on ouvre, on construit quelque chose de nouveau mais uniquement avec les individus et quasiment pas avec des courants organisés a très vite trouvé ses limites. Du coups, maintenant, soit on se débrouille seuls en s'imaginant qu'à force de convictions et de luttes sociales, des dizaines de milliers de militants et sympathisants s'arracheront à l'influence notamment des directions du PCF, du PG voir d'Europe Ecologie (pour les quelques écolos radicaux qui se sont fait avoir), soit on choisit sous certaines conditions (indépendance avec le PS entre autre) de faire un bout de chemin avec les directions concernées (j'exclus évidemment EE) sans se faire d'illusion sur elles.
Discuter programme, discuter stratégie, nouer des alliances ponctuelles sur le terrain des luttes et des élections quand c'est possible, cela ne veut pas dire qu'on est convaincu qu'on pourra aller jusqu'au bout d'un processus révolutionnaire avec elles (on en est même pas sûr pour l'ensemble des militants du NPA et rien ne dit que nous-même militants révolutionnaires convaincus nous le resterons éternellement) mais que provisoirement certains compromis, certaines médiations sont nécessaires.
Quant aux groupes libertaires, sauf à vouloir déserter le terrain électoral, faire alliance avec eux dans les luttes quand c'est possible oui, mais s'allier politiquement, vraiment je ne vois pas comment. Il y a certes des analyses, des traditions et des pratiques libertaires qui seraient des apports intéressants pour l'ensemble du mouvement social français. Mais il y a aussi ce refus de se confronter réellement aux "institutions bourgeoises" et donc aux fondements de l'hégémonie politique des classes dominantes qui est un obstacle insurmontable. La sous-estimation de l'importance des batailles électorales dans de vieilles démocraties bourgeoises condamne à la marginalité sociale et politique. Et le NPA ne doit pas se laisser enfermer dans les marges du système car justement ce serait faire le jeu d'un système capitaliste qui a souvent toléré sur ses marges des ferments de radicalité et qui n'a jamais hésité à puiser dans celles-ci des idées pour rebondir. Voir la façon dont une partie de l'héritage de mai 68 a été recyclé.
Je suis "grosso modo" d'accord avec tes remarques et j'attendais de PF Grond qu'il soit au niveau du texte dont il est signataire et qui reprend beaucoup des thèmes que tu évoques.
Je crains, néanmoins, qu'il ne faut entretenir aucune illusion sur le caractère des PC, PG et a fortiori EE.
Ils sont dans le système et ne souhaitent aucunement en sortir. Leur pré-accord avec le PS pour 2012 montre quel chemin PC, PG et EE entendent suivre: celui d'une molle alternance sous gouvernance du FMI (que DSK soit Président ou pas).
Je parle bien sur des "directions" de ces formations car ce n'est pas vrai pour une partie de leurs militants.
Ce qui ne veut pas dire "ne rien tenter" avec eux que ce soit dans le rue voire, si c'est possible de s'accorder sur un programme anticapitaliste - ce dont je doute -, dans les urnes...
la vraie place du NPA est au coeur des luttes.
je me réjouis de voir que l'appareil a pu surmonter les conséquences des régionales.
C'est très certainement en 2011 que l'histoire va nous livrer une circonstance exceptionnelle.
"la vraie place du NPA est au coeur des luttes."
Au coeur des luttes oui mais pas seulement. Sauf à vouloir faire du NPA un super syndicat rouge. Comme si les luttes suffisaient ? Comme si la stratégie politique se limitait à l'intervention dans les luttes pour les unifier et les radicaliser ?
Même si je ne suis pas léniniste, tout de même Lénine entre autre condamnait très justement ce "mouvementisme" purement syndicaliste. On a une bataille idéologique à mener, on a une stratégie de prise du pouvoir démocratique à élaborer et on ne peut en rester au simplisme d'une stratégie consistant à croire que le socialisme naitra spontanément de la radicalisation des luttes en extériorité totale aux institutions, aux élections.
On pourrait au moins relire Gramsci. On n'a pas besoin de réinventer la roue sur ces questions.
" C'est très certainement en 2011 que l'histoire va nous livrer une circonstance exceptionnelle."
Oh non ! ça ne va pas recommencer ! On ne va donc jamais apprendre de nos erreurs. En 68, on disait que la prochaine serait la bonne et que ce n'était qu'une répétition générale, début 2008 on disait qu'avec la gravité de la crise et l'ampleur des luttes, il y aurait bientôt un affrontement de grande ampleur avec les classes dominantes.
Et là on veut remettre le couvert avec 2011 ?
la place du NPA est-elle dans des éléctions proportionnelles à 2 tours, sans stratégie d'alliance ?
L'électoralisme, c'est un métier, si on y va, il faut y aller en sachant ce qu'on y fait et comment s'y prendre.
Si vous voulez rester dans l'électoralismen il va falloir apprendre le métier.
Par ailleurs, de mon point de vue et je l'ai déjà dit ici, même si la NPA donne la primauté à l'électoralisme, sa présence dans les luttes lui attirera beaucoup plus de voix que n'importe quelle campagne.
Une campagne s'adresse aux gens qui votent ; ors 60% des gens ne votent plus.
De mon point de vue c'est là que se trouve votre électorat potentiel qui vous attend d'abord sur ce terrain.
Mais bon, je ne suis pas chargé de la formation des militants du NPA.
Quant au léninisme, vous feriez bien de vous y remettre sérieusement.
Enfin, c'est mon point de vue.
Tout, dans Lénine, n'est évidemment pas à jeter.
Je pense que "langue rouge" dit ne plus être "léniniste" au sens de la conception de parti d'avant-guarde que Lénine a vulgarisé.
Je le rejoins sur ce point.
"L'électoralisme, c'est un métier, si on y va, il faut y aller en sachant ce qu'on y fait et comment s'y prendre.Si vous voulez rester dans l'électoralismen il va falloir apprendre le métier."
Quitte à caricaturer, je pourrais te répondre le gauchisme c'est aussi un métier. Quand on sait que Lénine défendait contre les gauchistes justement la nécessité et l'importance de participer aux élections à la douma tsariste, élections encore moins démocratiques que dans notre système actuel. Quand on sait que Gramsci expliquait que dans une démocratie bourgeoise, la bataille contre l'hégémonie des classes dominantes passait aussi par la participation aux élections et même par l'obtention d'élus dans les institutions bourgeoises, on se demande bien ce que certains militants de la gauche radicale ont retenu des leçons de l'Histoire.
"même si la NPA donne la primauté à l'électoralisme, sa présence dans les luttes lui attirera beaucoup plus de voix que n'importe quelle campagne."
Ah bon ? Depuis quand ? Tout démontre justement le contraire. La présence dans les luttes justement, c'est d'abord être visible auprès des autres militants et non de la plupart des gens qui plongés dans leur vie quotidienne n'ont ni le temps ni la volonté de s'intéresser la plupart du temps aux luttes et donc à ceux qui luttent.
Et justement, les militants du NPA ont appris un certain nb de choses des expériences électorales récentes. On a vu de nombreux militants qui louent notre engagement sans faille dans les luttes, des syndicalistes en opposition comme nous aux directions syndicales nous expliquer qu'ils voteraient ou qu'ils avaient voté FdG justement parce que même si le FdG accorde relativement moins d'importance que nous aux luttes et était trop suiviste à leur gôut par rapport aux directions syndicales, ils trouvaient néanmoins qu'il proposait une alternative crédible au social-libéralisme, bref un débouché politique à leur lutte. Ce que à leurs yeux, un NPA qui faisait des élections une simple tribune ne pouvait pas incarner.
"Mais bon, je ne suis pas chargé de la formation des militants du NPA. "
En quoi ce que j'exprime et mon désaccord éventuel avec vous pourrait être assimilé à un pb de formation ? Sauf à être un orthodoxe, un moine répétant bêtement la seule stratégie possible, la seule réponse acceptable ou plus précisément ce que doit être selon lui le marxisme VERITABLE. Il se trouve justement que le NPA reconnait contrairement aux orthodoxes gauchistes de toute sorte, la pluralité des réponses possibles et donc la nécessité de discuter, de se confronter aux réels, de revenir sur ses erreurs et d'évoluer.
"Une campagne s'adresse aux gens qui votent ; ors 60% des gens ne votent plus. "
L'erreur c'est de croire que les 60% de gens qui ne votent pas n'accordent pas une importance démesurée aux élections par rapport aux luttes et ne sont pas imprégnés d'illusions électoralistes. Au mieux allez, on pourrait enlever 5% d'anars, de trotskystes qui ne votent pas et qui ne se font pas d'illusions sur les institutions. Ne pas voter ne signifie pas qu'on n'est pas influencé par les résultats d'un vote et par la campagne électorale. Croire que les abstentionnistes ne sont pas influencés par les discours des uns et des autres dans une campagne c'est ne rien comprendre au système dans lequel on vit. On a vu des gens qui s'étaient abstenus et qui au vu des score du NPA et du FdG se sont mis à trouver le FdG plus crédible que le NPA. Les contradictions comme dirait l'autre, les contradictions.
"Quant au léninisme, vous feriez bien de vous y remettre sérieusement. "
En plus vous êtes prétentieux. Excusez l'ignorant que je suis d'avoir osé vouloir défendre ce qu'est sa conception de ce que doit faire aujourd'hui le NPA.
Merci de préciser à qui tu t'adresses car je ne me sens pas concerné par ton commentaire ayant signalé à plusieurs reprises mon accord, presque total, avec ce que tu avances.
Je répondais à arqius et j'ai même mis entre guillemets les citations auxquelles je répondais plus précisément.
@ langue rouge,
Ce sont tes semblables qui riaient comme des baleines quand il y a 30 ans nous leur annoncions l'effondrement du communisme. Certains riaient encore 6 mois avant.
En fait,ça veut dire quoi "infliger une défaite à ce pouvoir?"
Stopper la spirale des défaites sociales et démocratiques en obtenant le retrait du projet de loi sur les retraites serait une "petite victoire" qui redynamiserait le mouvement social et réhabiliterait le sens d'une politique combative.
Pourquoi aucune question concernant la candidate voilée?
Parce que c'est déjà traité dans un autre article - qui est le énième sur cette question qui n'est en rien centrale au sein du NPA même si le débat existe.
Posez la question au PS et au PC pourquoi ne débattent-ils pas de cette question alors qu'ils ont des élues voilées...
Ils ne se posent pas de question parceque, ce voile ne leur en pose pas, tout simplement. Ce renvoi systématique au PC et au PS est un peu puéril de ta part, cher Velveth...et quasi pavlovien .
Patrick44,
Selon vous, le fait d'avoir des élus voilées au Ps ou au Pcf , fait "ne posant pas de questions" à ces deux partis de gouvernement, cela a une signification? Ou pas?
Selon moi, rien n'a de signification pour un parti de gauche dit "de gouvernement", capable de justifier que l'un des siens soit à la direction du FMI et un autre à la direction de l'OMC.
Et donc on a bien raison de demander des comptes au Npa et pas au Ps (tous courants confondus) et à son allié le Pc qui sont étrangers à tout échange politique.
Il serait "puéril" de vouloir discuter politique avec un dirigeant du Ps, c'est certain.
@ patrick 44
Ah bon ? Vous trouvez normal que tous les médias tombent sur le râble du NPA pour une candidate voilée dans une élection subalterne, en position même pas éligible, et qu'ils ne disent rien sur les partis de gouvernement qui ont non pas des candidates mais des élues voilées ?
Montrer le deux poids deux mesures n'a rien de puéril. Par contre, cette façon de la nier est très significative.
Che(r)e Camille Payet,
Le NPA étant l'héritier spirituel de la LCR, et la plupart des journalistes étant gauchistes ou anciens gauchistes, il n'est guère étonnant qu'ils aient été interpellés par cette "évolution" (que le NPA n'a finalement pas assumée, d'ailleurs).
Les deux ou trois autres cas dans des partis moins féministes auto-proclamés correspondent à des personnages moins caricaturaux, mais vous avez raison, les medias les plus rigoureux auraient pu se lancer dans le comparatisme. Cela dit dans notre ère de journalisme fast food il ne faut pas trop leur en demander.
Cordialement
"Ils ne se posent pas de question parceque, ce voile ne leur en pose pas, tout simplement. "
Ah bon ? Et pourquoi se sont ils déchainés contre la candidate NPA portant le foulard si cela ne leur pose pas de pb ?
Je pense plutôt qu'ils ont choisi de faire la politique de l'autruche. Les quelques élus "voilées" qu'ils ont sont des militantes de quartier que ces partis n'hésitent pas à utiliser pour garder une influence électorale dans les quartiers tout en les reléguant dans l'anonymat. Bref, le PC et le PS sont plus hypocrites et peut-être moins démocratiques que le NPA.
à patrick 44
Ce qui est pavlovien, c'est de ne poser cette question qu'au NPA, sans arrêt depuis 6 mois, en exonérant les autres partis qui se taisent sur cette question.
En-dehors des plus jeunes et de quelques bobos ou excentriques plus ou moins intellectualisants, l'électorat du NPA est constitué essentiellement de gens qui vivent du système capitaliste, par le biais des salaires et pensions qu'ils reçoivent de l'Etat. Imaginer qu'ils seraient réellement pour une "alternative écologique et socialiste" est des plus imbéciles. Evidemment, si il y a un changement de régime avec institution d'un pouvoir autoritaire trotskyste, il y aura des collabos et des résistants, et une majorité de planqués juste occupés à chercher de quoi bouffer et ne pas finir dans un camp. Mais en attendant, gesticuler dans la rue ou sur internet, regarder la télévision, constater que les arnaques intellectuelles les plus simples marchent toujours ou en être soi-mêmes les dupes, suffit largement à nos amis, qui ne voudront pas abandonner leurs plaisirs pour de forts incertains lendemains.
Béber en politologue du dimanche !
Les scores à deux chiffres du NPA ont tous été faits dans les quartiers dits populaires.
Dans le dernier sondage TNS - SOFRES, ce sont plus de 20 % des jeunes de moins de 24 ans et 14 % des sans-emplois qui permettent à Olivier Besancenot d'atteindre jusqu'à 9 % d'intentions de vote.
Quant à votre chasse aux trotskystes - dont personne ici se réclame - qui se confond avec celle du national-sarkozysme envers les Rroms, elle est nauséabonde comme chacune de vos lignes.
Merci de passer votre chemin.
Je ne prendrai plus une seule minute pour vous répondre.
Allez donc bloguer sur votre site "démocratique et indépendant" du gratuit "20 minutes".
Cher Velveth,
Nous sommes d'accord, j'avais bien écrit "en dehors des plus jeunes".
Par contre je refuse d'identifier trotskysme et "national-sarkozysme", ce dernier concept restant en outre à valider dans la durée. Et ce en dépit de l'indifférence du NPA au sort des Rroms (puisque vous les évoquez, sans doute pour faire mode) jusqu'à la dernière campagne médiatique de Nicolas Sarkozy.
Cordialement
arrête Bébert, tu vas finir par me faire voter npa.
Cher Bernard Colin,
pourquoi pas, si un candidat de gauche est sûr d'être au 2ème tour.
Ce serait bien la première fois que je vote à des pestilentielles
A Cacochyme...et à tous
http://www.mediapart.fr/club/blog/guydufau/240810/pour-se-desintoxiquer-du-travailler-plus