Ven.
28
Nov

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Triumvirat à la romaine - Loge P2 and co

Valls, Bauer, Fouks : le pacte de Tolbiac

LE MONDE |              26.11.2012 à 14h19

• Mis à jour le 28.11.2012 à 19h04

Par Ariane Chemin

 

Manuel Valls, ministre de l'intérieur, le 6 novembre 2012, à l'Assemblée nationale, à Paris.Manuel Valls, ministre de l'intérieur, le 6 novembre 2012, à l'Assemblée nationale, à Paris. | AFP/PATRICK KOVARIK

 Les deux étages de Drouant, le restaurant parisien des prix Goncourt, place Gaillon, ont été privatisés. Un e-mail – avec annonce d'une cagnotte pour un cadeau commun – est parvenu à la bonne centaine d'invités conviés ce 5 mai 2012. Manuel Valls, Alain Bauer et Stéphane Fouks fêtent leurs 150 ans. Prudemment – et pour cause –, les spécialistes d'intelligence économique et les fonctionnaires de police ont noté le rendez-vous, puis effacé l'e-mail: "On ne sait jamais."

Il y a là des patrons, des pontes du renseignement, des politiques, autant de cercles qui s'emmêlent tandis que sur les tablées le bon vin abolit les frontières. L'aréopage d'initiés digresse sur le rituel qui accompagne chacun de ces anniversaires, où les couches d'invités prospèrent et se sédimentent au fil des ans: c'est toujours un fraisier qui clôt le déjeuner. Le dessert préféré de "Baubau", comme le ministre de l'intérieur et le coprésident d'Havas Worldwide continuent aujourd'hui d'appeler le consultant et ancien conseiller pour la sécurité de Nicolas Sarkozy, Alain Bauer.

Cette année, pourtant, la fête ne ressemble pas tout à fait à celle de Reims, l'an passé, ni aux précédentes. Alain Ducasse a fini par arriver mais il manque "Manuel". In extremis, le porte-parole de la campagne du candidat socialiste a séché. Le lendemain, en effet, François Hollande joue sa place à l'Elysée, et Julien Dray vient de manquer de tout gâcher en invitant Dominique Strauss-Kahn, mis en examen pour proxénétisme, à son anniversaire à lui.

ASSEMBLÉE HÉTÉROCLITE

Les trois hommes sont trop copains pour ne pas savoir pardonner cette absence prudente; trop professionnels pour ne pas anticiper les risques d'une telle réunion. Que dirait-on d'agapes réunissant un futur ministre de gauche, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, homme lige de la droite, et... le porte-parole de l'UMP sur les questions de sécurité, Bruno Beschizza?

Les strauss-kahniens Jean-Marie Le Guen, Jean-Christophe Cambadélis, François Kalfon, Anne Hommel et Jean-Jacques Urvoas se rendent donc sans l'ami Valls chez Drouant retrouver les PDG invités par Stéphane Fouks. Antoine Frérot, le patron de Veolia, est venu avec son communicant Laurent Obadia –un intime d'Alexandre Djouhri, le mystérieux intermédiaire en cour sous la Sarkozye. Autour des nappes blanches, on trouve aussi tout le réseau policier d'Alain Bauer – son "canal historique", dit l'un d'eux : le criminologue Xavier Raufer, formé à la droite extrême, le commissaire André-Michel Ventre, le secrétaire général du syndicat Alliance Jean-Claude Delage...

Les "frères" se saluent d'une table à l'autre : avec Philippe Guglielmi, pas moins de deux anciens grands maîtres du Grand Orient de France, que Alain Bauer a présidé de 2000 à 2003, sont du happening de Drouant. On offre des livres rares, des alcools forts millésimés. Les "anciens" de Tolbiac, les "copains d'avant", ont aussi préparé pour chacun des hôtes un reportage photo : des clichés sépia qui racontent la genèse d'une amitié "de plus de trente ans".

HAUT LIEU DE LA CONTESTATION

Tolbiac. La fameuse fac de béton brut construite cinq ans après Mai 68, que personne n'a jamais réussi à appeler Centre Pierre-Mendès-France, et où un prof nommé Robert Badinter eut droit à vingt minutes d'applaudissements quand son amphi apprit sa nomination au ministère de la justice. En cette toute fin des années Giscard où la politique se fait encore dans les facs, Tolbiac est devenue le haut lieu de la contestation contre la politique économique de Raymond Barre et la circulaire Bonnet hostile aux étudiants étrangers. C'est l'époque où le service militaire est encore la règle – un étudiant vient de descendre en rappel la façade de la fac pour taguer le slogan "Service à six mois".

Lire aussi  L'amphi N, pouponnière d'une génération de tribuns

Pas un hasard si, une ou deux fois par semaine, les "grands frères" de ces jeunes gens qui tentent de jouer les prolongations de Mai 68 viennent faire un tour à Tolbiac. Il y a Julien Dray, pour quelques mois encore trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et Jean-Christophe Cambadélis, la tête d'affiche des lambertistes de l'Organisation communiste internationaliste (OCI), qui couvent les étudiants d'un œil efficace. Il y a aussi Jean-Marie Le Guen, ancien chef de la Jeunesse socialiste. Face à eux, un trio de trois garçons déjà inséparables qui, à 18ans, se sont trouvés et ne se lâcheront plus.

"Quand j'arrive à la fac en octobre 1980, je tombe sur un mec en cravate et un petit barbu", se souvient Manuel Valls. Il est alors un jeune Catalan qui peste de ne pas pouvoir voter pour la présidentielle – il ne sera naturalisé français qu'en 1982 – et porte les mêmes cheveux drus et le même regard sombre qu'aujourd'hui. Le mec en cravate, c'est Alain Bauer. Il est le fils d'un marchand de textiles. Pour impressionner, il laisse dire qu'il est un descendant d'Otto Bauer, le grand marxiste autrichien du début du XXe siècle. Il porte déjà des costumes trois pièces qui enserrent des rondeurs de notable, et jette son loden vert sur ses épaules comme une cape. Il a adhéré au PS à 15 ans et fait partie des plus jeunes francs-maçons de France.

A Tolbiac, il retrouve le "petit barbu" déjà croisé au lycée Arago, à Paris: Stéphane Fouks. Ce fils d'un ancien communiste juif et résistant fut l'un des responsables d'une éphémère coordination lycéenne. Les trois garçons ont le même âge. Bauer potasse le droit constit'. Fouks veut s'orienter vers les sciences politiques. Valls a choisi l'histoire.

"BUVEURS DE CAMOMILLE"

Tous les trois, surtout, sont rocardiens. Rocardiens? Le mot désigne une espèce rare à l'époque. "Des gens en costume, alors que nous on est en blousons de cuir, prêts à dégainer les manches de pioche de nos sacs marins achetés aux puces, se souvient le journaliste Serge Faubert, alors au service d'ordre de la LCR – l'homme qui a descendu la façade de la fac en rappel. Ils étaient comme des buveurs de camomille à une fête de la bière. Pour nous les socialistes étaient des sociaux-traîtres, alors l'aile droite du parti..." A l'époque, l'étiquette veut surtout dire qu'on se méfie de ce Mitterrand qu'adulent Le Guen et ses amis et – point commun avec les lambertistes – qu'on vomit les "cocos".

"On était déjà très sociaux-démocrates, pas très refaiseurs de monde, se souvient Alain Bauer. L'autogestion, on n'y croyait pas nous-mêmes. Notre référence, c'était Mendès France, pas Lénine ou Trotski." Pendant que L'Echo des cocos d'éco se félicite des nationalisations à 100% et de la rupture avec le capitalisme promises par François Mitterrand, "SF", "MV" et "AB" s'indignent dans le Rosé de Tolbiac, une feuille ronéotypée qui sent bon l'alcool à brûler, du passé de travailleur volontaire en Allemagne de Georges Marchais ou de la destruction d'un foyer d'immigrés à Vitry.

"Nous étions les sabras du rocardisme", sourit Fouks, le plus militant des trois. Pour le trio, Michel Rocard n'est pas seulement l'homme du "parler vrai". "Pas encore ce type incompréhensible que les Guignols mettront en boîte", comme dit Valls dans un excellent livre d'entretiens (Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche!) menés en 2008 chez Robert Laffont par le journaliste Claude Askolovitch – un autre convive de Drouant. L'ex-leader du PSU est le champion qui doit les emmener au sommet.

"NETTOYER LA FAC DES GAUCHISTES"

Curieuse ambiance et étranges alliances qui se nouent en ce début des années 1980. "On ne se méfie pas d'eux, alors que les rocardiens n'avaient qu'une mission: nettoyer la fac des gauchistes en faisant alliance avec les lambertistes, raconte Serge Faubert, imposer les socialistes à Tolbiac sous l'étiquette d'un nouveau syndicat, fondé en 1980, l'UNEF-ID", "indépendante et démocratique", chargée de concurrencer l'UNEF dirigée par le PC.

"Entre nous, les vieux rocardiens, nous disions en rigolant: "Ces trois-là, on a intérêt à bien les former, au moins, le jour où ils nous assassineront, ils feront ça proprement!"", raconte le constitutionnaliste Guy Carcassonne. "Nous étions idéologiquement des rocardiens, et politiquement des mitterrandistes", confirme Fouks. Prêts à tout, y compris à accepter de devenir les paravents de ces lambertistes sulfureux.

UNEF-ID, conseil d'administration de la MNEF, la mutuelle étudiante qui finira par briser les socialistes qui l'ont approchée de trop près, clubs rocardiens: le trio est partout. Les lambertistes de l'UNEF-ID aident Alain Bauer – que "Camba" présentera ensuite à Pierre Lambert, le dirigeant de l'OCI et le pape caché de toute cette histoire – à devenir, en 1982, vice-président de Paris-I-Tolbiac.

"Quand on a vu Bauer arriver à la fac avec sa voiture et son chauffeur, on s'est dit que, là, il avait des réseaux qu'on n'aurait jamais, même à 50 ans", soupire un adversaire d'alors. En remerciement du coup de pouce, Alain Bauer fait confier – discret hold-up – la gestion de la cafet' de la fac (une mine d'or dans ce 13e arrondissement étudiant) à un homme tout de cuir noir vêtu : Bernard Rayard, autre lambertiste officiel, plus sûrement joueur de poker et homme d'affaires.

"CHACUN UNE TÂCHE"

Premiers coups politiques. Premier succès. Déjà, au sein du trio, les zones d'influence se dessinent. Julien Dray jure que l'anecdote est vraie. "J'arrive un jour à la cafet' de Tolbiac, confie le conseiller régional socialiste. J'ai le triumvirat en face de moi. Je dis à Bauer qu'on va bosser ensemble dans l'UNEF-ID, que je vais coordonner tout ça. Bauer se lance dans les confidences: "Moi, je rêve un jour d'être grand maître." Fouks prend la parole à son tour: "Moi, je ne veux pas forcément faire de la politique mon métier; j'aime la communication." Valls prend la parole le dernier: "Moi, j'aime la France, j'aimerais bien devenir président de la République. Mais pour ça, avant, il faut que je sois français."" Le pacte secret...

"Chacun des trois avait déjà un morpho-type: communicant, agitateur politique, et, au choix, flic ou homme de réseaux", résume "Camba". "Aux Jeunesses socialistes, ils ont chacun une tâche, confirme Jean-Claude Petitdemange, le patron de l'appareil rocardien, qui couve le trio : Manuel, la politique et la vie publique ; Bauer, la tactique et les manœuvres d'appareil ; Stéphane, la communication. Stéphane pensait d'ailleurs à l'époque à créer sa petite boîte, mais je l'avais mis en contact avec Jacques Pilhan [gourou de la comm' politique] qui cherchait quelqu'un..."

Lire  Les seigneurs de la com'

Dès 1985, aux Arcs, en Savoie, pour les journées des Jeunes rocardiens, l'étudiant déploie son savoir-faire. "Stéphane me remplissait les salles avec 500 ou 1000 personnes. Tout était fait au cordeau", raconte Petitdemange. Lors du mouvement de l'hiver 1986 contre la loi Devaquet sur l'université, ils se partagent de nouveau le travail. A Bauer, les contacts avec la préfecture de police afin d'éviter les dérapages. "Alain était notre ministre de l'intérieur", sourit Fouks. "Il était comme un poisson dans l'eau. C'est tout juste s'il ne faisait pas estafette lui-même", ajoute "Camba". Il noue ainsi des contacts avec les renseignements généraux, alors dirigés par Philippe Massoni, emballé par cet interlocuteur étudiant si respectueux de l'ordre. Ou avec Jean-Marc Berlioz, le nouveau "M. Sécurité" de Renault, ex-conseiller de Sarkozy et futur convive du "dîner chez Drouant"...

Le criminologue Alain Bauer a été conseiller sécurité du président Sarkozy.Le criminologue Alain Bauer a été conseiller sécurité du président Sarkozy. | AFP/BERTRAND GUAY

 

La politique est un monde plus cruel que celui des affaires. Pendant que Stéphane Fouks invente la communication politique et institutionnelle chez EuroRSCG et évite de se montrer trop regardant sur ses clients en Afrique ou en Europe de l'Est, tandis qu'Alain Bauer, surfant sur le développement des polices municipales, se lance dans l'ingénierie sécuritaire et la vidéosurveillance à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Manuel Valls, atypique licencié d'histoire dans un monde d'énarques, gravit les marches du pouvoir.

Avant le congrès du PS de Lille, en 1987, le trio est convoqué par Petitdemange. "J'ai une place au comité directeur, à vous de choisir qui y va." D'après Bauer – mais aussi Fouks –, le trio met le poste aux voix : trois bulletins secrets pour Valls – le futur député de l'Essonne a voté pour lui-même. "Ils sont revenus en me disant : ce sera Manuel", raconte Petitdemange.

"Tout ça est une légende absolue inventée par Alain", soupire aujourd'hui le locataire de la place Beauvau. A un quart de siècle de distance, la "légende" peut en effet devenir politiquement encombrante pour un ministre ambitieux. Car la donne a changé. Fouks, qui voyait déjà son champion DSK à l'Elysée, a accueilli avec une grimace l'outsider Hollande et s'est trouvé fragilisé cet été chez Havas. Quant à Bauer, il a purement et simplement basculé à droite en... 2007.

"Si Alain pense qu'être sarkozyste est utile et cohérent, il en a le droit, balayait Valls il y a quatre ans. L'amitié transcende les clivages politiques (...). On se retrouve sur la sécurité et, globalement, on est toujours en phase." Aujourd'hui, le ministre précise: "Je lui ai dit que je regrettais qu'il ait travaillé pour Sarko, car je ne peux plus le prendre dans mon cabinet."

Lire aussi  Manuel Valls, l'aiguillon et Manuel Valls, un habitué des idées contre son camp

Qu'importe l'organigramme. Le criminologue est toujours là, au bout du fil ou dans le bureau du ministre, pour livrer les derniers chiffres de la délinquance, son avis sur le terrorisme, les quartiers nord de Marseille, le danger islamiste, la mafia en Corse. Toujours vigilant, aussi, pour protéger le réseau, qu'il s'est constitué sous la droite, des purges, dont la place Beauvau a, de fait, été épargnée. Quant à Fouks, l'autre "plus proche ami", il reste prêt à surveiller l'opinion, peaufiner son image, commander un "quali" ou tester les discours du ministre: avant le congrès annuel de l'USM à Toulouse, cet automne, il l'a fait sur des magistrats.

AMITIÉ DURABLE

"Dans un monde politique qui revendique l'amateurisme comme une vertu, nous voulons être un îlot de professionnalisme", confie non sans ironie l'un des membres du trio. Dans les couloirs de Tolbiac, ils ont appris l'essentiel. "Le parcours de Manuel s'est fait autour de ce logiciel découvert à la fac: à 18 ans, nous avons compris qu'on peut être minoritaire dans les amphis et majoritaire dans les urnes, que notre rapport de force dans l'opinion était plus important que dans l'appareil", dit Stéphane Fouks.

"A notre fausse fraternité militante, trois mecs d'un pragmatisme consommé ont préféré l'amitié durable", convient aujourd'hui Serge Faubert. Trois inséparables qui mettent depuis trente-deux ans connaissances et réseaux au pot commun. Un exemple ? Depuis juin, Bruno Beschizza, porte-parole de l'UMP sur la sécurité, est chargé de répliquer à chaque "coup" ou annonce de Manuel Valls. Alors, il rappelle à chacun – que peut-il dire d'autre ? – que "le ministre est de gauche", à défaut d'avoir autre chose à lui reprocher. La mansuétude de l'élu UMP doit peut-être aussi à d'autres détails. Alain Bauer a gentiment accepté il y a quelques années de devenir le parrain de l'un de ses enfants. Malgré l'alternance, Valls lui a gardé un bureau place Beauvau. Et Fouks a trinqué avec lui chez Drouant.

Ariane Chemin

 Jean-François HERDHUIN Hier

Aucune conviction chez ces gens là, le pouvoir, rien que le pouvoir...Ce sont des gens dangereux qui s'amusent de nos propres engagements et s'engraissent dans leurs réseaux.  Voir mon blog:http//jeanfrancoisherdhuin.blog.lemonde.fr Article. "Les réseaux transversaux de la police nationale"

All So Obvious Hier

@Pierre. En 2022, Manuel aura 59 ans au moment de l'élection, donc il sera encore un jeune candidat. Hollande a été élu à 58 ans... Le "pire" avec Manuel, c'est que même s'il a toujours été un arriviste absolu, il est irrésistiblement sympathique. Il a d'ailleurs un autre atout extraordinaire pour la présidence : il plaît beaucoup aux femmes, et qu'on le veuille ou non, c'est un atout majeur :o)

jfrancoisB il y a 3 jours

L'idéologie de droite ou de gauche est étrangère à ces trois hommes(sans compter leurs affidés )Seul l'exercice du pouvoir et sa prise les guide.ils sont complémentaires et efficaces.

MO64 il y a 3 jours

Martine avait dit : "pas d'agence de com , pas de Fuks" , elle savait bien de quoi elle parlait . Entre le clinquant grosses bagnoles Fuks et ce Bauer plein aux as qui a presque réussi un holdup très contestable et contesté sur la criminologie , le troisième larron Valls apparaît décidément pour un arriviste .On coupe une tête il en repousse X. Sincèrement ras le bol de ces hydres de Lerne forcenées , à l'image surfaçonnée .

 

Tous les commentaires

01/12/2012, 23:41 | Par Véronique HURTADO

HISTOIRE - La loge P2, association criminelle

Écrit par Milan

P2 fait partie de l’histoire sombre de l’Italie des années 70-80. Cette loge déviante de l’ordre maçonnique, de sensibilité ultraconservatrice, a œuvré pour le retour à "l’ordre"au mépris des règles démocratiques italiennes. Retour sur un scandale

(Photo libre de droits) Licio Gelli au moment de l'explosion du scandale P2

Créée en 1877, la loge "Propaganda massonica"n’avait à l’origine rien de secret, son objectif étant la diffusion des valeurs maçonniques comme le progrès, la laïcité ou la liberté auprès des institutions.

En 1925, Mussolini a interdit la franc-maçonnerie, d’où l’exil de bon nombre de ses initiés, en France notamment. La loge PM est alors devenue un des piliers du Grand orient d’Italie et un des symboles de la République italienne en exil.

 A la libération, elle s’est ouverte à des personnes en opposition avec les principes maçonniques, communistes, catholiques et démocrates chrétiens.

En 1964, Licio Gelli ancien serviteur du régime fasciste de Mussolini a été initié. Son influence s’est répandue dans cette loge, dont il est devenu "vénérable", autrement dit président, en 1975. C’est à ce moment que la loge, rebaptisée loge P2 (Propaganda massonica n°2), a dévié de ses fondements. De 1971 à 1979, alors que le parti communiste était à son apogée en Italie, Licio Gelli, clairement d’extrême droite, militait pour un retour à l’autorité et à la morale. La loge rassemblait des personnalités issues du monde des affaires (dont Berlusconi), de la politique, mais aussi des journalistes, des magistrats et des militaires.

Un Etat dans l’Etat En 1980, Gelli a livré ses idées et son programme dans une interview donnée au Corriere della Sera. Le Grand orient d’Italie l’a immédiatement condamné pour avoir trahi l’idéal maçonnique. C’est le début d’un énorme scandale politico financier. La loge P2 est accusée d’avoir participé à un complot visant à empêcher le parti communiste italien d’accéder au pouvoir exécutif. L’intégralité des responsables des services secrets italiens était impliquée. Les dégâts de ce scandale ont été nombreux, à commencer par la démission du gouvernement italien en 1981 dont les "piduistes"étaient proches. On suivi, des arrestations et des accusations pour conspiration, dont certaines n’ont jamais été élucidées. En 1991, le juge Monastero, en charge de l’enquête, a qualifié P2 d’"association criminelle destinée à modifier et altérer l’essence même du fonctionnement des pouvoirs constitués de l’Etat et de ceux de la Constitution", autrement dit, de créer un Etat dans l’Etat. Des zones d’ombre subsistent toujours sur ce scandale.

 Nathalie ROUVEYRE. (www.lepetitjournal.com - Milan) mercredi 23 mai 2007 

 

01/12/2012, 23:39 | Par Véronique HURTADO

EMEL MATHLOUTHI - Un engagement pour la libertéPour une parole libre !

EMEL MATHLOUTHI - Un engagement pour la liberté

En 2008, la chanson Kelmti Horra (“Ma parole est libre”) d’Emel  Mathlouthi, artiste tunisienne expatriée à Paris, crée le buzz sur le  net tunisien. Elle deviendra l’hymne informel du soulèvement populaire  tunisien en 2011. Mélangeant son traditi... Read more

01/12/2012, 23:47 | Par Véronique HURTADO

Anne Lauvergeon, la femme à abattre

Créé le 08-02-2012 à 16h06- Mis à jour le 09-02-2012 à 11h17

Le Nouvel Observateur

Par Le Nouvel Observateur

Evincée en 2011 de la présidence d'Areva, "Atomic Anne" dénonce "l'acharnement" d'un clan qui veut faire main basse sur l'atome. Par Marie-France Etchegoin et Caroline Michel.

  

Anne Lauvergeon et Nicolas Sarkozy (ERIC PIERMONT-LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Anne Lauvergeon et Nicolas Sarkozy (ERIC PIERMONT-LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Sur le même sujet

(Extrait de l'enquête "Anne Lauvergeon, la femme à abattre", publiée dans "le Nouvel Observateur du 9 février 2012)

Elle s'est retranchée dans un petit bureau, boulevard Haussmann, "prêté par un ami". L'ex-"Atomic Anne" a toujours ce visage de grande fille simple qui ne trompe que ceux qui n'ont jamais eu à l'affronter. En escarpins et jupe de cuir noirs, elle aura sa revanche. N'est-elle pas "proche de François Hollande" ? Ne pourrait-elle pas devenir ministre après la victoire de la gauche ? Ou pis, pour ses adversaires, régner à nouveau sur Areva, cette forteresse qu'elle a édifiée et dirigée pendant dix ans ? C'est cela, dit-elle, qu'ils craignent tant dans "le camp d'en face". Et c'est pour cette raison, elle en est persuadée, qu'ils ont repris les hostilités dans cette guerre qui fait à nouveau rage autour de l'atome et qu'ils pensaient avoir gagnée au printemps dernier.

Ex-générale en chef du nucléaire français

20 juin 2011 : Anne Lauvergeon a rendez-vous à l'Elysée. On l'a longtemps dite "l'une des femmes les plus puissantes du monde", mais elle sait qu'elle n'a rien à attendre de Nicolas Sarkozy. Sinon la confirmation de sa défaite, les yeux dans les yeux. Le président de la République n'a pas renouvelé son mandat. Elle n'est plus la générale en chef du nucléaire français. Pour le plus grand plaisir de son rival, Henri Proglio, l'homme fort d'EDF, autre géant du secteur, qui revendique le titre de commandant suprême, notamment quand il s'agit d'aller vendre des centrales aux quatre coins du monde.

"Tu as laissé la loge P2 avoir ma peau !", lance la patronne déchue au chef de l'Etat. La loge P2 ? C'est ainsi, en souvenir de cette nébuleuse de francs-maçons et d'affairistes qui défraya la chronique dans les années 1980 en Italie, qu'Anne Lauvergeon appelle la coalition de ses ennemis. Ministres, éminences du CAC 40, conseillers occultes, banquiers. Tous ceux qui, accuse-t-elle, ont conspiré à son éviction pour "faire main basse sur les grands contrats du nucléaire" […]

Un document explosif

Le petit monde de l'énergie nucléaire, qu'on imagine hautement sécurisé, est à l'image des cuves de Fukushima. Fissuré. Miné par les luttes internes et les conjurations. Partout des as du double jeu, des rois de la manip, des traîtres... Areva est désormais dirigé par Luc Oursel, l'ancien bras droit d'Anne Lauvergeon, nommé avec la bénédiction d'Henri Proglio. Mais la "reine mère" a gardé des fidèles dans son ancienne maison.

En décembre dernier, l'un d'eux lui a envoyé, "par la poste", un document explosif qui aurait dû rester confiné dans les coffres du groupe. Elle y a lu la vie de son mari, passée au crible par un détective suisse. Comptes en banque, appels téléphoniques, voyages. Tout avait été soigneusement épluché...

Marie-France Etchegoin et Caroline Michel

(Lire l'intégralité de l'enquête "Anne Lauvergeon, la femme à abattre" dans "le Nouvel Observateur" du 9 février 2012)

01/12/2012, 23:51 | Par Véronique HURTADO

On prend les mêmes et on recommence ?

L'argent n'a pas d'odeur, ni de couleur.

 Encore moins de "parti (politique) pris".

Cette franc-maçonnerie-là n'appartient à aucune mouvance.

Elle n'est ni de gauche, ni de droite, elle est juste celle de l'argent et du pouvoir.    

01/12/2012, 23:55 | Par Véronique HURTADO

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. 

Propaganda Due

Autres appellations 

 Loge P2, Propaganda Massonica

Création   1877 - Dissolution  1981  Personnes-clés Licio Gellimodifier Consultez la documentation du modèle

Propaganda Due (prononciation italienne : [propaˈɡanda ˈduːe]) ou P2 était une loge maçonnique dépendant du Grand Orient d'Italie de 1945 à 1976, puis une loge pseudo-maçonnique (également qualifiée de loge « noire » ou loge « clandestine ») dont l’existence était illégale (au regard de la constitution italienne interdisant les loges secrètes et l’appartenance de représentants de l’Etat à des organisations secrètes) de 1976 à 1981.

Durant les années pendant lesquelles la loge était dirigée par Licio Gelli, P2 a été impliquée dans plusieurs affaires criminelles italiennes, dont la faillite de la banque Ambrosiano étroitement liée au Vatican, les assassinats du journaliste Mino Pecorelli et du banquier Roberto Calvi, et des affaires de corruption reliées au scandale des pots de vin de Tangentopoli. Les agissements troubles dans le cadre de la P2 ont commencé à être révélés au début des années 1980, avec les enquêtes sur la faillite de l’empire financier de Michele Sindona, un banquier lié à la Mafia et au Vatican.

La P2 a parfois été qualifiée d’« Etat dans l’Etat », ou de « gouvernement de l’ombre »[1]. La loge comprenait parmi ses membres des journalistes influents, des élus parlementaires, des industriels, et des officiers militaires de haut rang. On pouvait par exemple y croiser Silvio Berlusconi, l’héritier du trône d’Italie et les chefs des trois branches des services secrets italiens.

En perquisitionnant dans la villa de Licio Gelli, la police a trouvé un document baptisé « Plan de la Renaissance Démocratique », qui en appelait à la concentration des médias, à la suppression des syndicats et à la réécriture de la Constitution de la République italienne[1].

En dehors de l’Italie, la P2 a également été active en Amérique latine pendant la période de la Guerre sale."

02/12/2012, 00:41 | Par Véronique HURTADO

Evidemment la P2 n'a jamais infiltré la Riviera française.

J'rigole. Lol !

Laquelle Riviera française est gérée par Marseille qui gère la Corse.

Trois points... symboliquement forts de la criminalité française.

Un hasard, une coïncidence, une rencontre fortuite et très malheureuse, comme l'assassinat de Yann PIAT, exécutée à bout portant par deux tueurs à moto (déjà !). Le 25 février 1994, à Hyères. Yann Piat, nouvelle députée UDF du Var, est assassinée. Cette femme politique subissait, depuis sa dernière campagne législative, des intimidations sérieuses. En politique, Yann Piat a, en effet, une réputation de franc-tireuse, depuis ses débuts, en 1982, au Front national, aux côtés de Jean-Marie Le Pen. Elle devient l'un des 35 députés du parti en 1986, mais en sera exclue, en 1988, après sa prise de position en faveur du RMI. Trois ans après, elle intègre finalement l'UDF-RPR. Yann Piat entame alors un combat contre l'implantation de la mafia en France, et brigue, par la suite, la mairie de la ville de Hyères. Ses ennemis politiques et mafieux dans le département commençaient à se multiplier...

En particulier Yann PIAT dénonça l'affairisme de Jean-Louis FARGETTE qui fut un intime de Maurice Arreckx, homme politique de droite et longtemps maire de Toulon. Les deux hommes vont mettre leurs ambitions respectives au service de l'autre. En 1980, Arreckx confie à JLF la CAM (le comité d'action pour la majorité). Il est un temps membre du SAC. Il entretient une relation d'amitié. Fargette lui payant des vacances. Maurice Arreckx a beaucoup souffert de cette relation qui lui a été beaucoup reproché et qui lui a coûté une carrière nationale. En 1982, Arreckx devient Président du Conseil Général. Arreckx redistribue l'argent public auprès de ses amis-associés. Fargette commence à réclamer sa part (environ 5% par marché public).

L'infiltration mafio-maçonnique de la P2 en Amérique du Sud n'a eu aucun impact sur le développement des réseaux de trafiquants  de stupéfiants corses. Aucun ! Si je vous le dis...

 Stupéfiant ! La criminalité maçonnique d'origine italienne s'est arrêtée aux frontières françaises, comme le nuage de Tchernobyl. Et encore, il venait de loin, le nuage de Tchernobyl : de la Russie. L'Italie, c'est loin de la France ?   

Des morts ? Où ça ? En Corse et à Marseille. Quelques règlements de comptes à Nice. Si peu...

Secret, secret !

  "Si vous savez, il faut parler !"  Moi, je suis bête et disciplinée. J'obéis.

Donc, Monsieur le Ministre, si vous voulez combattre la criminalité en France, commencez par combattre ses réseaux clandestins.

Et ses "infiltrés".  A moins que...

02/12/2012, 00:24 | Par Véronique HURTADO

JEAN-LOUIS FARGETTE

Une Vie qui Bascule, Voyou à 15 ans
Si l'enfance de Jean-Louis Fargette au sein de sa famille composée de huit enfants aimés de leur mère Micheline et de leur père Roger, militaire, fut tranquille, c'est à la suite d'un drame qu'elle prendra un tournant. Né le 20 mai 1948 à La Valette, un quartier de Toulon, Jean-Louis Fargette va rapidement aller vivre en Nouvelle-Calédonie avec sa famille où son père est en poste, pour retourner dans sa ville natale en 1959. Cette année-là, une terrible innondation secoue le Var. On dénombre 423 victimes. Parmi celles-ci, Roger Fargette. À onze ans, Jean-Louis se retrouve donc orphelin de père. La vie de la famille bascule, et Jean-Louis Fargette, JLF de ses initiales, vire voyou. Petit délinquant d'abord, préférant les bagarres contre les mecs des quartiers rivaux ou les militaires de la basse ville que l'oseille. Mais le jeune JLF a déjà une vocation de chef, et à quinze ans il tient une réputation. Ses premiers billets il les obtient en empochant les revenus de prostituées de Bandol travaillant pour un proxénète incarcéré. Voyou au grand coeur, Fargette va rapidement s'écarter de la profession de macrau, et avoir quelques litiges avec des membres de ce corps de métier, notamment d'origine arabe. Ainsi, il en blessera un à Toulon pour avoir maqué une fille qu'il appréciait, et en abattera un autre à Marseille, au Pharo. Malgré son jeune âge, JLF se fait donc un nom.
La Carrière est lancée aux côtés du Seigneur des Sablettes
Quelques temps plus tard, vers 1970, Jean-Louis Fargette va faire la rencontre de celui qui lancera véritablement sa carrière dans le Milieu : Louis Régnier, le "Seigneur des Sablettes", l'une des principales figures de la Pègre varoise. Plusieurs versions de leur rencontre existent. Celle qui est la plus souvent avancée : apprenant que Louis Régnier avait été enlevé et embarqué en Italie par des truands qui en voulaient à sa vie, JLF aurait prit un sac d'affaires et quelques flingues, serait partit pour l'Italie pour revenir quelques temps plus tard aux côtés d'un Loulou Régnier sain et sauf, l'ayant délivré de façon héroïque. Vrai ou pas, ce qui est sûr c'est que le "Seigneur des Sablettes" se prend d'affection pour ce courageux et audacieux voyou. Jean-Louis, pour sa part, voit en Régnier une sorte de deuxième père, qui le baptise de son surnom de truand : Le Grand.
En 1971, JLF est inscrit au Fichier du Grand Banditisme avec la note suivante : "capable de toutes les actions pour s'imposer au Milieu toulonnais". Son argent, Jean-Louis le gagnerai principalement grâce au racket, et en 1972 il achète un bar à Toulon, le Tonneau. Et n'est pas près de se laisser faire mettre à l'amende. Les deux truands qui ont essayé auront reçut du plomb en guise de réponse. Innocenté pour cette affaire car concidéré comme étant en état de légitime défense, Jean-Louis Fargette sera tout de même condamné à quinze mois de prison avec sursis pour port d'arme illégal. Puis après cette histoire, Jean-Louis achète un deuxième bar dans le "Petit Chicago", un quartier de Toulon, et prend des intérêts dans un autre à Paris, élargissant le cercle de ses associés, que ce soit à Toulon, Marseille, Avignon, Lyon ou Paris.
Fargette construit son empire
En 1976, Fargette se marie avec une jeune femme du nom d'Argelia, à Londres. Le couple fera deux enfants: Linda et Romain. Et, bien qu'ayant choisit la voie de la marginalité plutôt que l'honnêteté, Jean-Louis sera un père exemplaire, passioné de gadgets et ayant un grand sens de l'humour, possédant comme animal domestique une lionne.
Au milieu des années 70, la carrière du "Grand" est donc bien avancée, mais c'est en 1975, âgé de 27 ans, que Fargette va percer pour de bon. Lancé par son mentor Loulou Régnier, escorté de ses fidels lieutenants (ses deux frères Robert et Guy, son homme de terrain Jacky Champourlier, mais aussi Paul Grimaldi, José Ordioni, Henri Diana, Tony Donati, et son relais sur Marseille Daniel Savastano), Fargette va commencer à construire un empire à la hauteur de ses ambitions. Vers la fin des années 70 il prend possession de plusieurs boîtes de nuit du Var, quatre lui appartenant directement, les autres étant dirigées en sous-main. On oppose peut de résistance. Et puis JLF multiplie les sources de revenus, du trafic de chèques volés (pour lequel il passera trois mois en détention provisoire, et dira à ce propos "je veux bien qu'on m'accuse d'avoir dégommé dix mecs à la mitraillette, mais pas d'une embrouille aussi minable") aux paris truqués, en passant par les affaires légales. Par ailleurs, on l'a soupçonné un temps d'avoir participé à l'assassinat d'un juge toulonnais. Et puis pendant la deuxième moitié des années 70 Fargette va aussi rencontrer la politique en la personne de Maurice Arreckx, "parrain politique" du Var. Les deux hommes vont devenir des intimes, mettant leur pouvoir en synergie pour mieux satisfaire leur ambition démesurée. Et, en 1977, Arreckx confie à Jean-Louis Fargette la responsabilité du CAM (Comité d'Action de la Majorité).  Mais la politique ne lui suffit pas, et Fargette se met à s'intéresser au show-bizz, organisant des concerts de stars au stade Mayol. Aussi, il a le projet de racheter le paquebot France pour en faire un casino flottant. Avec son associé Simon Waintrop il arrive à amasser 130 millions de francs, mais l'affaire tombe à l'eau pour des raisons administratives. Ce qui ne freine pas Fargette, qui créé en 1980 une société de distribution de boissons, les "Caves Varoises", imposant ses produits dans le Var, ainsi qu'un regroupement d'intérêts économiques, le CO-DI-PRA.
En 1982, tout va donc très bien pour Fargette et son véritable empire. Mais cette année-là, il est présenté à un tribunal pour avoir été vu en compagnie d'un braqueur italien recherché, Pascal Damiano, et condamné à un an de prison. Refusant catégoriquement l'incarcération, Fargette se met en cavale et part pour l'Italie. C'est là que son mythe prend véritablement naissance.
L'Exil Italien
Si la plupart du temps les cavales affaiblissent les truands, cela n'est pas vrai pour Jean-Louis Fargette, dont on mesurera toute la puissance pendant son séjour en Italie. Installé d'abord à Rome sur un conseil de Tany Zampa, JLF va ensuite se rapprocher de la frontière franco-italienne en achetant l'appartement d'un immeuble de luxe de Vallecrosia. À Toulon, Fargette devient une légende, on dit qu'il fréquent des hommes de la Mafia et de la franc-maçonnerie, qu'il aurait même été reçu par le Pape. Habitant à seulement 200 kilomètres de Toulon, il reçoit régulièrement sa famille et ses amis, et consulte ses lieutenants deux fois par semaine dans le salon privé d'un palace de San Remo, accueillant aussi les politiques avec qui il s'est associé. Et lorsqu'il ne reçoit personne, JLF passe sa journée au téléphone pour gérer ses affaires, utilisant un langage codé que même ses hommes ont du mal à comprendre. Autant dire que malgré son exil, celui qu'on appel désormais "Savonette" garde la haute main sur ses affaires. Il a notamment organisé depuis San Remo des placements de machines à sous et un trafic de fausses pièces.
En mai 1983, les carabiniers italiens l'arrêtent puis le relâchent deux mois plus tard contre une caution d'un million de francs. En 1984 et en 1987, c'est la même chose : Fargette est arrêté puis relâché quelques mois après chaque incarcération. Depuis son repère italien, il continue de vouloir toujours plus, sa mégalomanie devenant encore plus importante qu'auparavant. Vers le milieu des années 80, il prend des parts dans la radio "Hyères FM" par l'intermédiaire de son lieutenant Henri Diana, et en 1988 il tente de faire assassiner Bernard Franck, le patron de la foire qui lorgnait sur la galaxie Fargette. Cette voracité vaut à JLF de n'avoir pas que des amis, et en 1988 on attente à sa vie à Rome. Il en sort indemne. Par ailleurs, pour justifier ses revenus, "Savonette" monte aussi quelques affaires en Italie : il ouvre une pizzeria et lance une ligne de jeans "JLF" qui fera faillite.
En 1991, Fargette réussit à réunir 15 millions de francs pour ouvrir la plus grand boîte de France, le "Cosmos", à la Valette. Mais malheureusement pour lui, elle fait faillite. Il commence alors à s'intéresser à plusieurs affaires légales, un peu dans les pays de l'est et en Afrique, et surtout dans le Var, notamment à propos du projet Sophia-Esterel à Fréjus, de l'extension de l'aéroport d'Hyères et du projet de la création d'une société d'importation de ciment, baptisé "Ciment Varois".
Par ailleurs, le mal du pays commence à gagner Jean-Louis "le Grand", qui espère pouvoir rapidement regagner le Var car la prescription pour sa condamnation de 1982 approche. Mais en 1992, le FISC lui réclame plus de quatre millions de francs. Tant pis, JLF restera en Italie. Pour toujours : le 18 mars 1993 son corps est retrouvé criblé de cinq balles de 357 Magnum tirées par un tireur embusqué. Meurtre politique commandité par les ennemies de Arreckx pour l'affaiblir? Possible (on a notamment soupçonné Yann Piat), mais la véritable raison de ce meurtre semble plus proche du Milieu, et plus d'un pense que ce sont les lieutenants de Fargette, Jacky Champourlier en tête, qui ont voulu se débarasser d'un boss trop encombrant, trop gourmand. Ce qui est sûr, c'est que beaucoup de voyous vont se sentir pousser des ailes et se mettre à vouloir grapiller quelques morceaux de l'empire laissé par Fargette. Les guerres de succession vont s'étaler jusqu'en 1995 et faire une bonne dizaine de morts, une grande partie des ex-lieutenants de JLF y laissant leur peau.
À Toulon, deux mille personnes se massent pour l'enterrement du Parrain. Sur une couronne de fleurs, on peut lire "Tu es le boss et tu le resteras toujours...".

À Lire : Fargette, Caïd de la Côte, de Jean-Yves Estrades (éditions Plein Sud)

02/12/2012, 00:36 | Par Véronique HURTADO

Toulon : Certains francs-maçons locaux continuent d’avoir maille à partir avec la justice

Capital - 12 février 2010 

Nombre d’initiés Grand Orient de France 1 370 Grande Loge nat. française 1 000 Grande Loge de France 930 Autres 500

A Toulon, la maçonnerie est chez elle dans les prétoires. Jean-Martin Guisiano était l’avocat de Jean-Louis Fargette, parrain de la pègre locale dans les années 1970, et Jean-Claude Guidicelli celui de Nedo Pedri, autre figure du milieu toulonnais. Les deux gangsters ont été assassinés. Les deux ténors, eux, continuent de porter le tablier sur la robe noire. «Au barreau, 80% des confrères en sont», estime leur consœur Christine Ravaz, qui est partie en guerre contre les frères. Parmi ces 300 plaideurs initiés, deux amis d’enfance sont devenus les nouvelles stars du palais : Marc Rivolet, en loge à la GLNF, et Jean-Pierre Servel, qui en est le «grand orateur», c’est-à-dire le gardien de la loi maçonnique.

Dans les années 1990, les affaires toulonnaises, comme le pillage des arsenaux ou les frasques de l’ancien maire Maurice Arreckx, avaient valu aux membres de la GLNF varoise le surnom de «Frères de la Côte», autrement dit de pirates. Prudent, l’actuel premier magistrat et ministre des Anciens combattants, Hubert Falco, s’était alors débrouillé pour s’en faire exclure en cessant de payer ses cotisations.

Les frères toulonnais ne sont certes pas tous devenus blanc-bleu. Gérard Cerutti, le patron du puissant Medef local, reste par exemple mis en examen pour favoritisme en tant que président de la commission des appels d’offres de la CCI du Var. Et l’ex-président du tribunal de commerce Jean Abran, un fabricant de serres membre de la GLNF, condamné pour gestion de fait. Mais, dans l’ensemble, depuis que la justice est passée, la maçonnerie locale fait moins parler d’elle.

Au point d’être redevenue à la mode dans les milieux politique ou économique. Falco lui-même l’a bien compris : il n’hésite plus à s’appuyer sur deux initiés pour asseoir son pouvoir local, Daniel Colin, ex-député et président de la Maison des technologies, et Patrick Heinz, directeur des services du conseil général, qui démentent tous deux leur appartenance maçonnique.

Les milieux patronaux sont eux aussi gagnés par le virus de l’équerre. Ainsi Jacques Bianchi, un agent immobilier de la GLNF, a-t-il succédé, à la tête de la CCI, à Albert Bessudo, un promoteur de la GLNF, tandis que Laurent Falaize Juane, propriétaire de l’entreprise Fioul 83 et membre de la GLNF, était élu au conseil des prud’hommes, et qu’Ange Pecorella, un (vrai) entrepreneur en maçonnerie de la GLNF, au tribunal de commerce. Propriétaire de la Senec, la plus grosse entreprise de BTP locale, Joseph Cananzi (GLNF lui aussi), qui l’a précédé dans cette juridiction, n’exerce pour sa part plus aucun mandat patronal. Mais avec son (vrai) frère Dominique, il est l’un de piliers du Club 50 de Toulon, baptisé Neptune, ce qu’il dément. Il y croise, entre autres, l’architecte Christian Luyton. Autre figure patronale adepte de la truelle, Pierre Mumbach, l’inventeur du mot «domotique», qui dirige la société Bionergies. Il émarge à la Grande Loge Opéra (GLTSO), une petite obédience.

L’Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise (Audat), sise à Ollioules, est pour sa part un véritable magasin de tabliers : Jacques Bianchi y côtoie Robert Beneventi, marchand de matériaux et maire d’Ollioules (il dément), Philippe Sans, adjoint au maire de Toulon, ou encore Laroussi Oueslati, le président de l’université. Ce membre de fraîche date du GODF vient d’être suspendu de ses fonctions par Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, en raison de son implication dans l’affaire des faux diplômes de Toulon. E.G.

02/12/2012, 00:48 | Par Véronique HURTADO

Epilogue d'une vie : Jean-Louis FARGETTE

Sa disparition bouleverse le petit monde Toulonnais. Tant sur le plan mafieux que politique. Yann PIAT se fait descendre quelques mois plus tard, les lieutenants de JLF disparaissent les uns après les autres, Michel LUISI, POTTIER, Jacky CHAMPOURLIER, Paul GRIMALDI... Maurice Arreckx, lui tombe pour corruption active, abus de confiance et complicité. Il est incarcéré.


Et c'est dans cette sombre période que le FN s'empare de la ville de Toulon.

Ho capito bene ?

02/12/2012, 00:57 | Par Véronique HURTADO

Quand le ministre de l'intérieur partage le gâteau de la sécurité publique avec des partenaires privés.  

Délégation Interministérielle à la Sécurité Privée [Site Internet officiel]

La sécurité privée est entrée dans une ère de profonds changements.

Depuis le rapport "Blot" remis au ministre en juin 2010, les lignes ont bougé, les mentalités et les comportements collectifs et individuels ont commencé à évoluer. [continuité et suivisme de la marque BAUER : gauche-droite/droite-gauche, maçons, maçons, euh non  ! Marchons, marchons...]   

La mise en place de la Délégation Interministérielle et les travaux préparatoires au déploiement du CNAPS auront contribué à l’approfondissement de la connaissance mutuelle des partenaires publics et privés et à l’instauration de débats de fond sur l’état du secteur et son avenir. [Et à l'appauvrissement de la sécurité publique !]

Dans un contexte économique malheureusement difficile pour les entreprises, 2011 aura ainsi marqué un tournant pour le monde de la sécurité privée.

Demain le CNAPS doit produire ses premiers effets mais l’effort doit cependant être poursuivi pour progresser encore sur le chemin de la professionnalisation.

Deux chantiers importants, d’ores et déjà engagés, marqueront l’année 2012 ; d’une part, la mise à plat et, je l’espère, la réforme de la formation aux métiers de la sécurité privée, d’autre part, la réflexion sur la refonte du cadre législatif qui organise le secteur.

Le fil conducteur de ces travaux sera le même que celui qui a prévalu en 2011, à savoir,  écoute et concertation. ["Le fil conducteur sera le même..." Heureusement que le peuple français avait voté à gauche ! ]

Jean-Louis BLANCHOU

02/12/2012, 01:24 | Par Véronique HURTADO

Manuel Valls a rencontré les acteurs de la sécurité privée

26 octobre 2012

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur a rencontré, aujourd’hui, les acteurs de la sécurité privée afin d’établir les grandes orientations concernant l’avenir de ce secteur.


Lors de cette rencontre, il a rappelé sa volonté de poursuivre la professionnalisation et la moralisation du secteur complémentaire des missions de l’Etat, afin de garantir la sécurité des Français et permettre à la profession d’évoluer dans un cadre favorable.

Les  fonctionnaires appellent cette délégation de missions du secteur public vers le secteur privé une externalisation des compétences. Ou de fonctions régaliennes ? Qu'est-ce que la sécurité publique ? Pas une fonction régalienne. Mais un marché juteux à se partager...  

Ce secteur fait face aujourd’hui à une concurrence déloyale émanant d’acteurs qui ne respectent pas les règles, notamment en matière de droit du travail. Manuel VALLS souhaite que s’engage sans délais une réforme de ces pratiques professionnelles et que cette minorité d’acteurs soit soumise aux sanctions qui s’imposent.

Parallèlement, pour faire face à l’émergence de nouveaux métiers, les évolutions de la structuration du secteur et la spécialisation croissante de certaines activités, Manuel VALLS a demandé à la Délégation Interministérielle à la Sécurité Privée (DISP), au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) [Qui est le président du CNAPS depuis  le 9 janvier 2012, grâce à NS ? Un certain Alain BAUER. Conflit d'intérêts ? Vous êtes mauvaise langue ou mauvais esprit. Maçon, es-tu là ? Oui-jà.]  ainsi qu’à la direction des libertés publiques et des affaires juridiques de lui faire des propositions sous quatre mois. Ces propositions devront tenir compte de la nécessité de professionnaliser et de conférer un statut juridique à certaines activités mais également à veiller au respect des libertés publiques."

Communiqué officiel

La sécurité publique n'est pas monnayable.

Enfin... tout s'achète ! Même les ministres. Et les présidents de la république comme N.S.. Seulement comme NS ? Attention au FH(aine). 

Donc, citoyens français, soyez contents. "Je suis cocu, mais content !"

Vous aurez le droit à votre heure de célébrité, lorsque vous connaitrez votre dernière heure. Filmé en direct pendant votre assassinat. C'est ça la vidéoprotection, un marché Alain BAUER ! On reconnaît la marque "Satanicas" un rien sardonique. 

Lot de consolation : C'est vrai, vos impôts locaux ont explosé à cause de la vidéosurveil... euh non, vidéoprotection (elle protège, la caméra, avec ses petits bras musclés, ah bon ?) et le renforcement constant des effectifs de la police municipale, tandis que vous voyez de moins en moins de policiers nationaux dans les rues. Logique ! Mais consolez-vous. Votre famille sera tout de suite informée que vous venez de vous faire agresser ou tuer, un réel progrès ! Surtout, votre agresseur partagera votre heure de gloire avec vous, mourant sous ses coups, sur la même photo ! Economie de temps, de moyens et d'effectifs.

Comment ça, pas d'économies de vies ? Mais on s'en fout de ta vie, Tartempion. Même qu'on s'en fout tout court de toi. Marche ou crève. Le principal, c'est que le super-VRP Alain BAUER il place ces caméras qui te protégent [puisqu'il le dit !] et que son copain, le ministre,  partage avec lui les fruits du gâteau "sécurité publique" en surfant sur un sentiment d'insécurité qui, bizarrement, devient de plus en plus un ressenti réel. Comme quand on meurt suite à des coups.

Les riches eux, ils seront protégés. Ils auront leur propre garde du corps. Body-guard, un métier d'avenir ! Pour les pauvres.

 

02/12/2012, 01:28 | Par Véronique HURTADO

Oyez, oyez, le silence assourdissant des syndicats corporatiste majoritaires dans la police nationale !

Tu crois qu'ils ont tout compris ?

Ou alors, ils ont tout pris, grades, primes et mutations, en échange de leur silence.

"Si vous savez, il faut parler !"

Surtout pas. Comment qu'il vendrait ses caméras, l'autre ?  

  

02/12/2012, 08:23 | Par Gilbert Pouillart

Quelle érudition, Véronique!

Ce qui m'affole, c'est qu'il y en a sûrement beaucoup plus à savoir ...

13/12/2012, 13:11 | Par GIULLIETTALASUBVERSIVE

Article d'actualité..

Newsletter