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May

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Je cherche un homme

Un ami africain m'a dit: quand tu ne sais plus où tu vas, arrête-toi, retourne-toi, et regarde d'où tu viens.

Une fausse allure de sérénité m'avait jadis proféré: lorsque je me considère, je me désole; lorsque je me compare, je me console. C'était un blanc. Un polytechnicien. J'avais trouvé, déjà, que sa vérité se constituait de trop de "je". Mais je me suis soulagé l'âme quelques temps en me comparant. Et parce que je souffrais de longue date de choisir mes héros comme seuls sujets d'exemplarité, et qu'ils me renvoyaient trop de "je" décevants, j'en vins à observer la médiocrité, et à me féliciter régulièrement.

Les flaques sombres et inertes que je me plaisais à étudier avec condescendance et en guise de compensation ne remplirent aucune de mes facéties caverneuses, et je renonçai vite à la stratégie de l'auto-satisfaction propre aux égos corrompus. Il fallait que j'apprenne à contempler les géants sans me sentir tout petit. Sans mettre des "je" partout. J'ai observé mes champions sans admiration. J'ai oublié leurs victoires et me suis penché sur leurs combats. J'ai d'abord peiné à identifier les cicatrices.

Plus j'enquêtais sur les secrets leur permettant de parvenir à de tels états de satisfaction, plus mon admiration se muait en indifférence. Le chemin parcouru pour parvenir à une félicité de façade ne me semblait pas plus dur ni plus périlleux que celui qui m'avait conduit, soit disant, nulle part. Le nombre de mes héros diminuait aussi vite que je comptais les efforts accomplis de part et d'autre.

Depuis je cherche un homme. Lorsque je suis impressionné, je m'accepte.

 

 

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