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A France 24

Suite à un reportage diffusé par France 24 et présentant Marseille comme une ville dangereuse, où les caïds règnent en maitres sur les grands boulevards, et où les mamies se font agresser de façon barbare, j'ai souhaité écrire à la chaine d'information en ligne afin de leur faire part de mon point de vu de Marseillais:

Je m'interroge, à qui profite le crime? Il doit y avoir une raison, la désinformation ne se justifie que par d'obscures explications qui dépassent ma capacité d'analyse!

Propagande! Voilà le mot qui me vient en tête. A l'image d'un média assujetti au contrôle dictatorial d'une ploutocratie en mal de sensation forte, vous faites croire à qui vous regarde sans discernement ce que vous souhaitez qu'ils fantasment.

Je n'en reviens pas!

On ne peut plus se promener sur la Canebière après 18h???!!! Des mamies se font trainer sur dix mètres lorsque des sauvages leur piquent leurs sacs à mains?! Non mais êtes-vous devenus complètement fous? Le "journaliste" qui témoignent de ces barbaries a-t-il constaté de tels faits lui-même?

J'habite Marseille, et ne suis pas un natif de la cité phocéenne. Je n'ai aucun intérêt à "défendre" ma ville contre de telles accusations. Je n'ai pas la fierté locale chevillée au corps. Mais je vis en ville. Dans le 13ème. Ici, soit disant, je vis dans les "quartiers nord". Je prends le métro souvent. Je suis souvent sur la Canebière, et sur le Vieux-Port. Alors certes, je ne suis pas un gringalet facilement abordable. Je suis un type normal: 1M80, 75 kg. Jamais je ne me suis fait agresser à Marseille. La dernière bagarre, ou rixe, ou prise d'otage, ou fusillade, ou agression dans la rue dont j'ai été témoin? Je ne m'en souviens pas, et pour cause: je n'en ai jamais vu! Je ne suis pas enfermé dans ma tour d'ivoire. Je sors, avec des amies. Comprenez ce qu'est notre réalité de Marseillais: à des années-lumière de votre analyse partisane dénuée de toute observation et logique rationnelle. Les filles peuvent rentrer chez elles de nuit, même sur la Canebière, et seules. Les mamies sortent faire leur marché. Et si elles trébuchent, un jeune à casquette viendra l'aider à se relever, comme partout ailleurs, en proférant un éventuel "oh m'dame ça va ou quoi?". Les enfants rentrent seuls de l'école, les nanas mettent des jupes courtes, les mamies ne tremblent pas derrière leurs rideaux en attendant la mort!

Oui Marseille est une ville jeune, populaire et ensoleillée. Si votre but est de décourager les parisiens d'acheter des résidences secondaires, tant mieux, les prix de l'immobilier ont explosé depuis l'arrivée du TGV. Mais votre mission n'est-elle pas tout simplement d'informer?

Il y a mille reportages à faire sur cette ville. Pour la prochaine fois, cette métropole d'un million d'habitants devrait vous inspirer de plus profondes enquêtes:

*certains quartiers nord ne sont desservis par aucun métro, et les bus mettent deux heures pour rejoindre le centre-ville

*le métro s'arrêtent en semaine à 22h30: les commerces, débits de boisson et restaurants ferment tôt

*il y a UNE grande salle de spectacle

*les fonds de pension américains possèdent des avenues, les pauvres ont été expulsés du centre-ville, le projet EuroMed ignorent le destin de millers de gens

*la mairie ne produit ni ne diffuse de dépliant ou de livret référençant les associations de la ville et de la région (si si, garanti!)

etc...etc...etc

Les idées ne manquent pas, plutôt que de stigmatiser la population, en mélangeant tout: "...il ne faut pas oublier que Marseille a une longue tradition de grand-banditisme, on se souvient de Francis le Belge..." Oui, ça explique les mémés qui se font trainer derrière leurs sacs dans une flaque de sang...

Je vous écoutais et vous regardais, essayant de m'extraire des médias dominants: vous venez de me rappeler à l'ordre. Aucune raison d'apporter plus de crédit à votre voix qu'à celle d'LCI ou du Figaro.

Tous les commentaires

Merci.

Une marseillaise exilée depuis quinze ans (pas native, mais c'est tout comme, à trois ans près ... - bon, OK, des quartiers sud, mais quand même).

Quand on pense que vous pourriez nous envahir, à Aix, ça fait peur ....

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