Au bistro de la toile: Big Brother

- Oh! Loulle, maintenant quand je rentre dans ton rade m'envoyer quelques gorgeons en discutant le bout de gras avec quelques autres soiffards, il y a l'œil de Moscou qui me surveille...
- C'est la « videosurveillance », la dernière lubie du maire, Victor. Mais comme ce terme fait un peut espionnage, ils appellent ça le « videoprotection ». Ça a un côté plus rassurant. En fait c'est du flicage des rues...
- ...dont les Rosbifs, très en avance en la matière, ont reconnu après expérience que ça ne servait pas à grand chose au niveau de la dissuasion des malfrats... Mais je commencerais à me faire du soucis le jour où je verrais des caméras dans ton antre de débauche Loulle ! Mais il y a bien pire: il paraît que 70% des dispositifs de vidéosurveillance qui s'installent dans les entreprises sont utilisés pour surveiller les salariés! Big Brother, nous voilà!
- Ouais mais ces caméras sont destinées à lutter contre le vol ! Enfin, qu'ils disent...
- Qu'ils disent oui ! En fait c'est pour surveiller les salariés, savoir ce qu'ils font, comment ils se comportent devant les clients, qui va dans les locaux syndicaux, qui copine avec qui... C'est la parano Big Brother.
- On ne peut tout de même pas faire n'importe quoi Victor. Il y a des lois qui encadrent cette pratique.
- Ben voyons! Aucune démarche administrative n'est nécessaire. Une simple déclaration auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) suffit pour installer un dispositif de vidéosurveillance, avec enregistrement ! Les nouveaux systèmes de vidéosurveillance intégrant téléphones portables – et en particulier les téléphone de troisième génération (3G) - et webcams seraient la nouvelle arme massive de surveillance à distance ; en connectant sa caméra à un enregistreur connecté à Internet, on peut visionner les images capturées depuis son smartphone ! 1 000 euros pour un système capable d'être connecté à quatre caméras, selon un vendeur...
- C'est vrai que ces putaing de téléphones portables pour pratiques qu'ils soient, sont un insupportable fil à la patte. Tè! J'ai un client routier que son patron – ou son chef de service - appelle régulièrement, toutes les heures, pour lui demander ce qu'il fait, où il est. Même pas le temps d'aller pisser, le gros. Et son chef le talonne, le pousse à aller plus vite, même en prenant des risques... Sans oublier les mecs qui donnent quelques coups de canifs dans le contrat et se font pièger par Bobonne!
- La vidéosurveillance est un monstre froid qui met à nu le salarié. Or parce qu’« au contrat, le salarié met à la disposition de l’employeur sa force de travail mais non sa personne », celui-ci doit pouvoir exiger une certaine opacité, même aux lieux et temps de la subordination. En altérant cette opacité, la vidéosurveillance est donc, par nature, susceptible de porter atteinte aux droits fondamentaux de la personne. En conséquence, en déduit la Cnil, un système de vidéosurveillance « doit obligatoirement respecter le principe de proportionnalité et être strictement nécessaire à l’objectif poursuivi ».
- On y arrive à Big Brother d'Orwell. Le « héros » de ce bouquin prémonitoire dit: « On devait vivre, on vivait, car l’habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l’obscurité, tout mouvement était perçu. »
- Allez! Buvons un coup, et merde à Big Brother!
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