Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer
 
 

Thématiques du blog

 

Joseph Stiglitz, prix Nobel: «Restructurer la dette au lieu de la rigueur»

stiglitzSous la plume de Javier Lewkowicz le site de la diaspora latino-américaine « El correo » aborde le problème de la dette grecque à la lumière de l'exemple argentin.

 

« L'Europe a beaucoup à apprendre de l'Argentine ».

« L'Argentine a démontré qu'il y a une vie après la mort. Cela veut dire que dès que la dette extérieure est restructurée, le pays croît et même peut choisir de revenir sur les marchés. L'Europe a beaucoup à apprendre de l'exemple de l'Argentine », a souligné le Prix Nobel Joseph Stiglitz. L'économiste a participé hier (7 décembre 2011 - NDLR) au séminaire « La vacuité dans l'architecture financière internationale : restructuration de la dette souveraine », organisé par le Ministère de l'Économie argentin avec la Banque Mondiale. Stiglitz a aussi salué le fait qu'en 2005 l'Argentine a fait aux créanciers une offre de « bons attachés au produit national brut » (PIB). « Une innovation importante qui pose la nécessité de répartir le risque entre les parties », a-t-il défini. A la suite d'une enquête, l'économiste a évoqué l'inflation en Argentine, bien que sans faire explicitement référence à la situation locale, mais en recourant à une explication plus orthodoxe. « L'inflation, a-t-il dit, va de paire avec un excès de la demande qui générerait un goulot d'étranglement que le Gouvernement essaie de dépasser ».

 

La négociation réussie de la dette extérieure en cessation de paiement qu'a mené, en 2005, l'ex-président Nestor Kirchner est, dans le contexte de crise de la dette de l'Eurozone, une référence qui chaque fois prend plus d'importance. L'importance de l'expérience argentine répond à la similitude du point de départ avec, par exemple, de l'économie grecque, comme l'endettement excessif et l'échec des recettes de rigueur, et les résultats atteints par l'Argentine une fois la charge de la dette substantiellement réduite. Stiglitz est l'un des économistes qui avec la plus grande ferveur recommandent de diminuer le poids de la dette, de répartir ses coûts entre les débiteurs et les créanciers et d'éviter l'ajustement fiscal comme sortie de crise.

 

« La Grèce ne peut plus attendre. Ella devrait étudier ses options et avancer rapidement, parce que l'incendie devient plus grand et davantage de maisons brûlent. Mener une restructuration a son coût, mais ne pas le faire est encore plus grave », a indiqué le professeur de l'Université de Columbia. L'un des tabous au sujet des processus ambitieux de restructuration que Stiglitz a cherché à faire tomber est le « châtiment divin » qui tomberait sur les pays hérétiques. « Les marchés de créance voudraient que quand un pays restructure sa dette, il soit puni à jamais. Cependant, les marchés compétitifs n'imposent pas de façon collective un châtiment. Ils ne sont pas aussi efficients qu'ils aimeraient l'être. La réalité est que, après avoir réduit la charge de la dette, les pays progressent et recommencent à avoir la possibilité d'accéder aux marchés. C'est une vérité dérangeante que l'on veut cacher aux grecs. En tout cas, les pays ne devraient pas demander des prêts à l'extérieur, parce que cela génère beaucoup de problèmes », a-t-il indiqué.

 

« Supposons que la Grèce soit en cessation de paiements contre la Banque Centrale Européenne. Quelles conséquences réelles y aurait-il ? Est-ce que cela aurait des effets négatifs pour le reste d'Europe ? » se demande Stiglitz. « Les banques disent que si les gouvernements ne sauvent pas les créanciers et les actionnaires, le système économique s'effondre. Je crois que leurs richesses s'effondreraient oui, mais pas le système », a-t-il affirmé.

 

Le Nobel a aussi glissé quelques critiques envers le FMI, bien que nuancées. « Le Fond a la mentalité des créanciers. En tout cas, Dominique Strauss-Kahn - l'ex-titulaire de l'organisme - a fait quelques changements. Maintenant le FMI reconnaît l'importance d'appliquer un contrôle sur les flux de capitaux. Il serait souhaitable d'avoir un cadre de refonte plus efficient, une organisation internationale qui fonctionne comme tribunal de faillites et qui ait une représentation de débiteurs et de créanciers. La Grèce et les autres pays en situation de risque ne peuvent pas attendre », a-t-il dit. Il a pris comme exemple la situation de l'Italie, où la dette représente 120 % du PIB. « Ils vont dépenser 10 % par an de leur produit pour le paiement de la dette. Il n'y a pas de manière de faire cela sans affecter l'économie et les services publics. En revanche, si on restructurait la dette, peut-être n'y aurait-il pas d'entrée de capitaux mais on paierait moins. Ces fonds pourraient êtres injectés dans l'économie pour réduire le chômage », a-t-il indiqué.

 

Dans l'Argentine des années 90 les traités bilatéraux d'investissement ont été très utilisés. Ces accords fixes d'étroites limites pour la politique économique quand il s'agit d'affecter les intérêts des multinationales. « L'Argentine sait qu'il faut faire très attention au sujet des contrats d'investissement, parce qu'ils finissent par lier les pays pieds et poings. Si les économies en développement peuvent sortir de ces schémas, qu'elles en sortent. De plus, les traités n'améliorent pas l'investissement  », a critiqué Stiglitz.

 

L'économiste a aussi remarqué que la renégociation de la dette argentine incluait dans l'offre aux créanciers des bons attachés au rendement de l'économie. « C'était une innovation importante parce que cela permet de répartir le risque. Les marchés ont beaucoup résisté à cette nouveauté », s'est-il souvenu.

 

Sources : El Correo

Quartidi 24 Frimaire 220

Tous les commentaires

Mais en plus, l'Argentine pouvait compter sur ses richesses naturelles, sa main-d'oeuvre spécialisée, ses immenses terres agricoles et sur une conjoncture favorable à l'exportation de biocarburants et la culture céréalière pour soutenir son relèvement graduel. Le tourisme et les olives suffiront-ils à sortir la Grèce du gouffre ?

Encore une fois, démonstration est faite qu'il n'y a pas à attendre des autres quoique ce soit, surtout s'ils sont… 27, 28 comme l'U.E. La démarche multilatérale est bien mieux adaptée que le plongeon de tous dans le Grand Tout fédéral !

LA DETTE, QUELLE DETTE ?


A écouter, l'émission de Mermet « La dette ou la vie », avec Éric Toussaint du CADT de Liège (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-monde) dette qui arrive chez nous, mêmes acteurs, mêmes principes, il a étudié le problème depuis 1989 :


L'essentiel de la dette publique est illégitime, parce qu'elle a été accumulée dans le cadre d'une politique qui a favorisé une seule classe sociale, une infime minorité de la population, au détriment du reste.

1% des contribuables les plus riches ont perçu depuis 10 ans 150 milliards de cadeaux fiscaux.


Elle est illégitime parce que augmentée par le sauvetage des banques, les États n'ayant posé aucune condition, et n'ayant pas repris le contrôle de ces mêmes institutions ;

Dexia, sauvée en 2008 par l'État français et l'État belge, est retombée en faillite début 2011 et sauvée une deuxième fois, après que l'on ait laissé à sa tête Pierre Mariani qui a dilapidé les fonds que l'on avait injecté en 2008.


Les recettes fiscales ont baissé à cause de la dérèglementation mise en place par les banques.


Dans le cadre européen, spécialement dans la zone euro, les états ne peuvent pas emprunter à leur Banque nationale ou à la BCE.



Les citoyens se doivent de constituer des collectifs locaux pour mettre à nu le système de la dette.


51avb9OjrRL._SL500_AA300_.jpg

 

 

41f1hmpjTrL._SL500_AA300_.jpg

 

 

dixit le FMI, novembre 2010:

«LES PRESSIONS DES MARCHÉS POURRAIENT RÉUSSIR LÀ OÙ LES AUTRES APPROCHES ONT ÉCHOUÉ.»

 

Avez-vous conscience que rien de tout cela ne tient debout? Vous savez argumenter ce tissu de non-sens?

Newsletter
Je m'identifie