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Aoû

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Un peu d'amour et de poésie dans ce monde de brutes

dessin femme couchée.jpg

 

 

L'occasion perdue recouverte


(...)
Par une secrette avenue,
Il fut dans son appartement,
Et la trouva nonchalamment
Dormant sur son lit étendue :
Mais, dieux ! que devint-il alors ?
En approchant de ce beau corps,
Il eut de mouvements étranges,
Lorsqu'une cuisse à découvert
Lui fit voir le bonheur des Anges
Et le ciel de l'Amour ouvert.

Dans cette agréable surprise
Où Cloris n'avait pas songé,
Elle avait assez mal rangé
Et ses jupes et sa chemise ;
Lisandre aussi, trop curieux,
Vit lors les délices des dieux,
La peine et le plaisir des hommes,
Nôtre tombe et nôtre berceau,
Ce qui nous fait ce que nous sommes
Et ce qui nous brûle dans l'eau.

Aimant de la Nature humaine,
Bijou chatouilleux et cuisant,
Précipice affreux et plaisant,
Cruel repos, aimable peine,
Remède et poison de l'amour,
Bûcher ardent, humide four
Où les hommes se doivent cuire,
Jardin d'épines et de fleurs,
Sombre fanal qui fait reluire
Nos fortunes et nos malheurs ;

Nid branlant qui nous sert de mue,
Asile où l'on est en danger,
Raccourci qui fait allonger
La chose la moins étendue,
Fort qui se donne et qui se prend,
Œil couvert qui rit en pleurant,
Bel or, beau corail, belle ivoire,
Doux canal de vie et de mort
Où, pour acquérir de la gloire,
L'on fait naufrage dans le port.

Petit trésor de la Nature,
Etroite et charmante prison,
Doux tyran de nôtre raison,
Vivifiante sépulture,
Autel que l'on sert à genoux,
Dont l'offrande est le sang de tous,
Sangsue avide et libérale,
Roi de la honte et de l'honneur,
Permettez que ma plume étale
Ce que Lisandre eut de bonheur.

Beau composé, belle partie,
Je sais bien que, lorsqu'il vous vit,
II n'observa dessus ce lit
Ni l'honneur ni la modestie ;
Mu d'amour et de charité
Il couvrit votre nudité,
Pour faire évaporer sa flamme,
Et savoura tous les plaisirs
Que le corps fait sentir à l'âme
Dans le transport de nos désirs

Ce beau dédale qu'il contemple
Avec des yeux étincelants
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n'a point d'exemple.
Ce feu qui consume son cœur
Porte partout sa vive ardeur,
Eclate enfin sur son visage.
Et ce lâche de l'autre jour (1),
Se raidissant d'un fier courage,
Ecume le feu de l'amour.

Plein d'ardeur, d'audace et de joie
De remporter un si beau prix,
Le galant sauta sur Cloris,
Comme un faucon dessus sa proie,
Quand cette belle, ouvrant les yeux,
Vit Lisandre, victorieux,
Forçant ses défences secrètes,
Et, la tenant par les deux bras,
Entrer, tout fier de ses conquêtes.
En un lieu qu'on ne nomme pas.
(...)

 

Jean Benech De Cantenac (1630-1714)

 

In Poésies nouvelles et autres œuvres galantes (1662) ce poème d’amour fut attribué un temps, par erreur, à Corneille. On ne prête qu’aux riches

 

(1) dans une précédente tentative, Lisandre…resta piteusement en panne !

Illustration X - Droits réservés


Nonidi 29 Ventose 219 de l'ère de la Liberté

Tous les commentaires

19/03/2011, 15:19 | Par Yvan Najiels

Une fois de plus, un dessin vulgos...

Dur, dur, la gauloiserie !

19/03/2011, 16:52 | Par elisa13 en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 19/03/2011 à 15:19

C'est quoi vulgos ??

Joli dessin, jolie poitrine, joli texte.

Cadeau pour les mal-lunés (sans jeu de mots) d'autant que la pleine lune est pour ce soir...

http://www.bide-et-musique.com/song/4201.html

 

 

19/03/2011, 22:48 | Par netmamou en réponse au commentaire de elisa13 le 19/03/2011 à 16:52

 

Très jolies, les paroles de cette chanson!

Merci, elisa 13

20/03/2011, 12:53 | Par Yvan Najiels en réponse au commentaire de elisa13 le 19/03/2011 à 16:52

Après tout, soit. Je me justifie.

Par exemple, je préfère Otto Mueller (Les Amants).

 

amants-1919.jpg

 

 

20/03/2011, 13:48 | Par Paul Emile en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 20/03/2011 à 12:53

Ben c'est votre choix, Yvan Najiels de préférer celui-ci.

Moi, s'il m'avait déplu, j'aurais regardé 3 secondes et je serais partie ailleurs, c'est pas plus compliqué que ça !!! Clin

Bon dimanche de Printemps !

20/03/2011, 14:29 | Par netmamou en réponse au commentaire de Yvan Najiels le 20/03/2011 à 12:53

J'aime bien aussi votre choix, Yvan Najiels.

C'est une peinture interprétée, hors champ du réel, qui prend de la distance avec l'évocation de la sensualité du corps féminin.

J'ai des goûts éclectiques en peinture !

19/03/2011, 16:40 | Par Paul Emile

Coucou Victor?

J'ai recommandé ce matin, et je repassais comme ça .......

Y a un mec qui s'appelle AUDIARD qui a dit :

"Je parle pas aux cons, ça les instruit !" Clin

 

19/03/2011, 16:40 | Par netmamou

 

C'est affaire de goûts, Yvan Najiels...

Et comme chacun le sait, des goûts zé des couleurs ....

En tous cas, virtuose, le pastel, Victor Sourire

19/03/2011, 18:41 | Par Luce Caggini

Un poète bien inspiré ce Jean Benech De Cantenac

19/03/2011, 21:18 | Par danivance

Merci Victor.

20/03/2011, 01:26 | Par SAINE COLERE

Belle decouverte .

Merci .

20/03/2011, 01:26 | Par SAINE COLERE

Belle decouverte .

Merci .

20/03/2011, 01:28 | Par SAINE COLERE

Ha ! decouverte deux fois .

20/03/2011, 06:36 | Par elisa13 en réponse au commentaire de SAINE COLERE le 20/03/2011 à 01:28

Et même 3. Mais vaut mieux 3 que jamais... Et jamais 2 sans 3 Rire

20/03/2011, 07:03 | Par netmamou

 

 

Ni 3 sans 4RireRireRireRire

20/03/2011, 10:32 | Par Paul Emile

Et 4 sans 5 RireRireRireRirexxx

20/03/2011, 15:48 | Par netmamou

 

Et 506 ... Non, je me trompe, ça doit être un numéro de bagnole, ça... Non ?

Alors on dira ni 5 sans 6 RireRireRireRireRirexxx

21/03/2011, 08:04 | Par alain s bernard

Ca fait du bien de se recentrer sur l'essentiel .

Et le dessin est beau et noblement bandant . Le tableau d'Otto Mueller est bien aussi mais fait plus dans le domaine hospitalier .

14/04/2011, 13:17 | Par JJMU

De la prostitution aux services sexuels coopératifs 14 Avril 2011 Par Dominique G Boullier

Les politiques de la prostitution font tout pour éviter d’assumer leur statut de politiques sexuelles. Tant qu’on ne parlera pas de sexe et de ce qui s’y joue pour les prostituées mais aussi pour les clients et pour toute notre société, dans sa désorientation à définir « l’amour », nous ne pourrons guère faire société avec tous ces êtres qui nous constituent aussi.

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