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Corbeil-Essonnes : l’hôpital de la honte.

 

hôpital Corbeil-Essonnes1.jpg

Le triple A mode Sarko, c’est fini. Bon débarras. Mais le triple P, vous connaissez ? C’est une invention très ultralibérale des sarko-trafiquants qui consiste en un partenariat public privé. En clair, pour la construction de grandes infrastructures, le privé construit et entretien à ses frais et le privé utilise l’infrastructure moyennant un loyer annuel avec un bail de trente ans. C’est beau sur le papier. Dans la réalité c’est une usine à gaz qui consiste à pomper le pognon du public pour le transférer dans les poches du privé.

 

La vitrine de ces PPP est le nouvel hôpital Corbeil-Essonnes. Dans les années 2000, les conseils d'administration des deux hôpitaux de Corbeil-Essonnes et d’Evry décident la fermeture des sites, pourtant quasi-neuf  car construits tous deux dans les années 80 dans la perspective de la construction d'un site unique pour ce bassin de population. L’opération doit se faire selon la procédure du PPP. C’est la société Eiffage qui enlève le marché. Le ministre de la santé qui a signé ce partenariat est un certain Douste-Blazy (le nouvel « ami » de Bayrou). Et en route les bulldozers, et coule béton. Le chantier est officiellement terminé depuis le 17 janvier. Parait que c’est aussi accueillant qu’un aéroport ! Des couloirs de plus de cent mètres. Bonjour la chaleur humaine…

 

Et c’est un beau bordel ! On découvre début 2011 que l'hôpital, truffé de malfaçons (8 000 erreurs constatées par huissiers sur le site), n'est pas prêt d'ouvrir et qu'Eiffage demande une "rallonge" de 100 millions d'euros pour terminer les travaux ! Quant au loyer, évalué à l'origine à 29 millions d'euros annuels, il s'élèvera à près de 43 millions d'euros chaque année ! Un gouffre abyssal. Un rapport de la chambre régionale des comptes épingle quant à lui le PPP, décrivant une "opération juridique contraignante et aléatoire" et évalue à 500 millions d'euros les économies qu'aurait occasionnées une maîtrise d'ouvrage publique dans la construction du site. Et voilà le travail ! 500 millions d’euros que le privé vole au public « grâce » à cette horreur qu’est la PPP !

 

Cet hôpital est toujours inoccupé car insalubre et mal conçu. Le Centre hospitalier sud-francilien paie pourtant depuis plus d’un an un loyer exorbitant à Eiffage. Tout le monde reconnaît l’échec du « partenariat public-privé » : un gâchis financier et sanitaire. Financier : 500 millions de trop payé à la sortie ; sanitaire : selon Didier Lecointe, responsable sanitaire de l’établissement, le boulot a été mal fait. Par exemple des meubles en aggloméré, « véritables nid à bactéries » (bonjour les maladies nosocomiales !) dans la salle de réanimation, pas de biberonnerie ni de chambres mère-enfants, de l’eau à 25% véritable bouillon de culture alors que la loi impose 60°, etc. 8000 malfaçons ont été constatées par huissier ! Des économies drastiques sont imposées afin de pouvoir payer le loyer de près de 4 millions d’euros par mois ! Au détriment de l’offre de soin ainsi sacrifiée au profit des bénéfices d’une société privée !

 

 

Eh ! François, toi que l’on a découvert pugnace, volontaire, réaliste et…de gauche hier, voilà un premier chantier à dépoussiérer lorsque tu seras au pouvoir. D’autant plus que…c’est chez ton porte-parole, Manuel Vals !

 

Quatridi 4 pluviose 220

 

Photo X – Droits réservés 

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Rapacité destructrice.

Un scandale dont il faut tirer les leçons : fini ce principe des PPP.

Très opportun rappel  "des affaires et des options" qui animent depuis longtemps les défenseurs du privé, quitte à inventer des sigles grotesques "PPP"!

Et vous avez raison de rappeler au porte-parole de Hollande ce qu'il affirmait dans  Libération du 19  septembre 2011 :  «Le PPP, j’étais contre, explique Manuel Valls. Mais ce n’est pas nous qui décidons.» Et il raconte : «Il était clair qu’il fallait réunir les deux hôpitaux de Corbeil et d’Evry. Et construire pour ce grand bassin de population un seul établissement. Dassault voulait à tout prix qu’il soit à Corbeil chez lui. D’où ce terrain, entre nos deux villes.»

Ils ont vraiment besoin de faire le ménage, les Corbeil-Essonnois, où les "tricheurs" semblent avoir pignon sur rue :

http://blogs.mediapart.fr/blog/arthur-porto/290310/les-tricheurs-de-corbeil-essonnes

Hormis le coût intrinsèque de cette opération ratée, il serait bon de regarder de très près l'impact sur les structures de santé aux alentours.

Actuellement, plusieurs projets de restructuration sont bloqués par l'ARS - Agence Régionale de la Santé - qui "croise" le fer avec différents maires- députés, voire anciens ministres. Une belle pagaille, une vraie gabegie. Le sud Seine et Marne mériterait par exemple une approche à la loupe. Pour commencer, Cour des Comptes ?

Votre billet vient tout à fait à propos.

Dans le Monde d'aujourd'hui, un article précise bien l'enjeu de ces partenariats: Les collectivités ne peuvent plus se passer des PPP. "Les 18 milliards de partenariats public-privé depuis 2006 risquent d'asphyxier, à l'avenir, les budgets publics".

Extrait de l'article :

«Qui décide du recours au contrat de partenariat ?

Théoriquement, le contrat de partenariat ne peut être utilisé que dans le cas d'un projet complexe, urgent et, depuis 2008, si son bilan coût-avantage est favorable. En réalité, il peut être utilisé quasiment dans tous les cas car il est facile de démontrer qu'un contrat de partenariat est avantageux, quitte à biaiser les données. "J'ai vu des études préalables délibérément faussées pour justifier le recours" aux PPP, se souvient Michel Klopfer, conseiller financier des collectivités locales. "J'ai vu des erreurs grossières sur les frais financiers ou qui attribuaient, sans raison, une économie sur les prestations techniques de 20 % à 25 %, en faveur du privé, poursuit-il. Tous les cabinets, juristes, conseillers financiers ont un intérêt évident aux PPP, qui leur assurent du travail pour des années.»

Ce sont les groupes forts du Bâtiment et Travaux Publics qui se partagent, en grande partie le marché, notamment Eiffage concernée par l'hôpital de Corbeil, Vinci et Bouygues.

Voilà plus de 10 ans qu'ils se sont mis en place, les PPP.

Lamentable...

 

Vous avez ailé les SEM (société d'économie mixte), vous adorerez les PPP (partenariat public-privé): le public casque et le privé encaisse!

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