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La possibilité d'une utopie

Le 29 mai dernier, le sociologue Jacques Broda publie dans L'Humanité une tribune, autour du rap et de l'engagement politique, qui s'intitule "La névrose des camarades". Un texte chouette. Son prétexte est un peu (beaucoup) prosélyte, en faveur du Front de gauche, mais contexte éléctoral oblige.

Quelle est, précisément, la nécessité de remiser toutes les dynamiques de changement, même minuscules, qu'on a la joie (même mélangée de peine) de découvrir, dans la structure actuelle d' "un parti" ? Vrai, quelque chose capable de donner à toutes les révolutions subjectives, que le texte tente ici de cerner dans un cas de figure, plus de consistance et de poids, fait cruellement défaut. Mais, après tout, le Front de gauche ne peut-il pas devenir un de ces "discours des maîtres" que l'auteur vilipende ? Au Front d'y répondre, de faire une différence. Quant à la situation des universités, l'enquête des partis politiques de gauche s'organise : voir ici-même la consultation PS-PC-VERTS sur l'enseignement supérieur et la recherche.

On pourrait à partir de ce texte déplacer le regard pour questionner l'autonomie (passée, actuelle, future) du mouvement étudiant vis-à-vis de celui des enseignants-chercheurs, qui d'ailleurs s'y connaissent bien en "discours des maîtres". Peut-on, doit-on partager, entre étudiants et enseignants, le souci de son avenir ? Il semble que les premiers ont été bien plus clairvoyants, sur le sens des mutations en cours à l'université, que les seconds ; c'est une évaluation que partagent en tout cas quelques enseignants-chercheurs interrogés par Antonella Corsani pour la RiLi. Mais, pour autant, l'aspiration égalitaire visible dans les manifs ne se partage apparemment pas partout et/ou avec la même intensité. Il y aurait là comme un problème de traduction à creuser, mais pas exactement dans la direction proposée par Broda, pour qui l'appartenance de classe continuerait d'être l'opérateur quand même un peu magique de la transformation sociale.

Ma gêne face à ce texte vient peut-être de ce que je ne me situe pas spontanément dans la même temporalité que lui, ou que la temporalité me poserait d'autres questions. Ici, la nouveauté apparaît comme une récapitulation des mouvements divergents, ce qui me paraît un non-sens. Quant Félix Guattari parle de "la reconquête d'un degré d'autonomie créatrice" (Les trois écologies), il me semble plus efficace.

Aussi, dans ma fac, des enseignants ont envie de construire, autour de la nécessaire refondation de l'Université, quelque chose par le bas. Pour changer la fac, donc, enfoncer des coins dans l'ambiance générale qui y règne. Pour Philippe Pignarre (dans l'ouvrage collectif La révolution nécessaire, laquelle ?), apprendre à bien agir ensemble constitue un savoir qui compterait d'abord dans la construction d'un mouvement qui puisse se donner quelques objectifs d'action, de réflexion, de popularisation. Ouvrir un chantier, avec l'institution "contre soi", comme dit François Bégaudeau dans la livraison sur l'école de la revue Cosmopolitiques (n°10, 2005).

La question reste entière. Où s'élaborent actuellement les ressources organisationnelles et intellectuelles qui permettraient à la fois d'entamer un antagonisme politique réel, et de viser à travers cet antagonisme une refonte en profondeur des institutions qui produisent et reproduisent les relations sociales concrètes ?

Tous les commentaires

De la part de Jacques Broda : Cher collègue, Je vous remercie de votre réaction, elle ouvre la discussion. Deleuze et Guattari, certes, Spinoza aussi, dont Marx était un fervant lecteur. Aujourd'hui il faut trancher par un acte politique, un acte qui concerne le pouvoir et sa prise. Ceci pose la question du pourquoi faire, de comment faire, avec qui ? A supposer que tout le monde (!) soit d'accord sur ce que nous voulons, souhaitons, espérons (ce qui n'est absolument pas sûr), faut-il encore se donner les moyens de l'obtenir. Je ne vois pas d'autres alternatives que l'expropriation, la neutralisation du capital financier, c'est ce que propose le Front de Gauche. Le Front de Gauche est cohérent dans sa démarche, il construit des propositions, des revendications, des propositions de lois, avec les citoyens dans les usines, les bureaux, à l'université (j'y participe), il faut les porter au lieu du pouvoir (le Parlement), et s'il prenait le pouvoir il pose comme objectif démocratique essentiel la participation permanente, engagée, inventive des citoyens. Il est un outil, un moyen, il rassemble dans la diversité des mouvements, des partis, des associations, qui adhèrent à la démarche et veulent la réaliser. Chacun y est associé. Il y a un social libéralisme, il y a aussi un libéralisme libertaire qui au nom du primat de l'individu, 'moi je', refuse le pouvoir, dénigre tous les pouvoirs, les partis, les organisations, et laissent les sujets impuissants, voire désespérés. De là naît le gouffre dont parle mon article, ce gouffre est catastrophique, il prive les organisations de l'inventivité, la créativité, l'enthousiasme, l'énergie d'une très grande partie de la jeunesse, mais il prive aussi les jeunes d'un débouché politique à leurs justes aspirations. Le veulent-ils vraiment ? C'est ici que je parle de névrose. Une névrose collective où chacun neutralise l'autre pour le bien commun du capital tout puissant. Vous avez écrit par ailleurs sur les étudiants et les mouvements de l'université, je partage en partie votre analyse. Il y a parfois des textes, voire des manifestes enseignants qui n'évoquent quasiment jamais la question étudiante, et la situation dramatique dans laquelle plus de la moitié d'entre eux se trouvent. J'indique encore un texte, qui a été aussi publié dans l'Huma : http://www.humanite.fr/2009-03-21_Tribune-libre_Une-armee-industrieuse-de-reserve Je vous remercie du sérieux de vos remarques. Jacques Broda Professeur de Sociologie

NB: Deleuze et Guattari ont analysé la différence entre "l'avenir de la révolution" et le "devenir révolutionnaire" dans un texte intitulé "Mai 68 n'a pas eu lieu", consultable en ligne : http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/?q=node/87

bonjour _______________ en dehors de la politique et du travail forcé les gens semblent relativement incapables d'être constructifs ensemble l'engagement politique représente cette illusion de mouvement ou d'action collective collectivement personne ne semble réellement aux commandes de notre société, vaguement les banques et la technocratie, qui défendent leurs intérêts qui semblent parfois contraires de ceux de la démocratie et de la politique pour l'intérêt de la communauté. on pourrait changer complétement de système pour des valeurs différentes si les uns et les autres de droite comme de gauche étaient capables de s'entendre au delà des clivages politiques pour permettre de rendre plus objectif, transparent et démocratique le fonctionnement de la politique. pour en dépasser l'inertie et la nocivité du manque d'humanisme. personnellement, je serais prêt à manifester pour demander quelquechose de concrêt qui permette progressivement de changer un peu la donne et l'ordre des choses , sans pour autant vouloir stigmatiser qui que ce soit mais de proposer un autre dynamisme, une autre logique. cette réaction populaire serait souhaitable, mais n'a de sens aujourd'hui qu'en proposant une réforme constructive, une amélioration du système actuel et non pas seulement une contestation qui est cependant nécessaire. reprendre collectivement le sort de la politique pour en améliorer le fonctionnement et ne pas se contenter de se laisser dicter des lois par des mentalités qui sont complétement rétrogrades. par l'engagement intellectuel, politique au sens premier du terme, et si il le faut par sa personne physique pour défendre ses idées. se mettre daccord avec les uns les autres et être capable d'agir. sommes-nous capables de se mettre daccord ensemble pour l'intérêt commun et d'agir ou de s'engager ensemble pour défendre nos idéaux ? _____________________ la réponse ne peut être que collective et globale même si l'action ne peut être que locale, le système actuel est le libéralisme dont seul horizon le profit, la croissance, à tout prix. la tautologie du productivisme pour nous permettre d'atteindre un dépassement de notre humanité nous sommes face à une porte que l'on tente d'enfoncer plutot que d'essayer d'apprendre à l'ouvrir on se fait un peu mal à la tête et on ne traverse jamais cette porte.

Mais, juste, tu oublies le pouvoir. Comme dit Anne Querrien, exégète hors pair des Cartographies schizoanalytiques de Félix Guattari, "L'être du pouvoir, le “biopouvoir” comme dit Foucault, est le fondement, le cœur, le corps-sans-organe de la société. Il est devant, derrière, dessous, dessus, partout, et la seule chose qu'on puisse faire pour résister au pouvoir est de brancher dessus sa machine désirante. La résistance est une allergie vertigineuse au pouvoir, si vertigineuse qu'elle peut vous rendre impuissant, sans espoir. Résister n'est pas une bataille mais un cancer qui ronge le corps de l'intérieur."

le pouvoir pour moi c'est avant tout la technocratie et l'argent, et la religion a cela s'ajoute, l'armée et les médias dont l'internet il y a certes des " gardiens " de la société, voire de l'humanité des chefs, des maitres, je préférerais que l'on se tourne vers des guides, des sages ...

Sur un autre fil, Fantie B, convoquant Jacques Rancière, écrit que l'émancipation devrait bien être l'une des fonctions du savoir, dans la lignée des Lumières. Cette question de l'émancipation a bien été oubliée ; elle me semble pourtant essentielle pour penser le changement social. L'émancipation est trop souvent pensée comme collective, et devant "suivre" un changement structurel. Dans la vision simpliste de "la révolution", on pourrait "émanciper" autrui de l'extérieur, en l'éclairant intellectuellement. Ou bien autrui "s'émanciperait" quasi automatiquement, une fois les nouvelles structures sociales mises en place par l'avant-garde éclairée. C'est bien plus complexe.

Merci du transfert ! Et sur un autre fil, je viens d'écrire ceci, après un commentaire de Vincent Verschoore sur l'idéal d el'égalité et l'idéal d el'émancipation :
L'émancipation, ce n'est peut-être pas seulement l'idéal du communisme primitif, c'est peut-être aussi celui des philosophes, celui des Lumières ? Cela a peut-être été l'idéal d'un certaine conception de l'enseignement, d'une certaine science : l'émancipation par le savoir. Il serait peut-être temps de rediscuter cette notion.

Ca commence peut-être ici : Inter-séminaire : QU'EST-CE QU'UN MOUVEMENT ? A l'occasion des mouvements de ces dernières années nous avons expérimenté des formes de recherche et de relation au savoir en résistance aux modèles dominants qui tendent à s'imposer. Indépendamment de la réussite ou de l'échec des différentes séquences de lutte passées ou à venir, l'autonomisation de ces pratiques tant par rapport aux pressions économiques que par rapport aux cadres universitaires classiques - ouvrent sur un champ nouveau. S'y est fait jour, grâce au temps de la grève, l'intensité proprement politique du rapport entre la théorie et la pratique. Nous initions un "inter-séminaire" qui a pour vocation de faire résonner entre elles ces expériences (groupes de réflexion et de recherche ouverts, mises en pratique de l'université expérimentale, séminaires de grève autogérés, etc.) afin qu'elles s'enrichissent mutuellement et qu'elles puissent mettre en commun des réflexions et des réalisations. Nous vous invitons les 10 et 11 juin 2009 à l'ouverture de cet inter-séminaire. Venez nombreux. Mercredi 10 juin 2009 à 15h à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris - Salle de conférence du Palais des études - 14 rue Bonaparte 75006 Paris M° St Germain-des-Prés Jeudi 11 juin 2009 à 15h à l'Université Paris 8 Saint-Denis - RDV Hall A - 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis M° Saint-Denis Université http://emancipation.forumactif.com/ http://contre-conference.net/ http://www.ufr-zero.org/ http://univ-paris14.blogspot.com/ http://universiteparis8engreve.fr/ http://vagueeuropeenne.fr/ http://inter-seminaire.org

Pour reprendre le fil de la discussion avec jlamo, difficile, en effet, de nier qu'aucune construction communautaire n'est possible, dans les conditions cognitives et psychiques décrites par Bifo (Franco Berardi) depuis quelques années. Qu'on est en plein naufrage. Mais qu'il existerait alors des radeaux. Le radeau est une manière de nommer ce dont j'ai voulu rendre compte de l'expérience, singulière, ici : http://www.mediapart.fr/club/edition/l-utopie/article/240509/confluence-6-traversee

on peut parler également de TAZ ( zone d'autonomie temporaire ) qu'à formulé Hakim Bey mais tout cela ne renvoit qu'à une seule et même question que celle du conditionnement idéologique relatif à l'ensemble du monde marchand et de ses systèmes politiques. le naufrage, la crise ne sont peut-être qu'un conditionnement, se basant sur des réalités relativement choisies pour permettre " l'équilibre " d'un système. la peur, le terrorisme, la guerre, sont des moyens de controler les hommes qui en dehors de la volonté de controle par ces différents moyens seraient absolument libres de vivre ensemble en harmonie.

Une harmonie, peut-être, mais alors une harmonie de bric et de broc. Je pense à la poétique aléatoire des favelas évoquée dans le beau texte de Peter Pal Pelbart, "Agonistische Räume und kollektive Biomacht" dans Michaela Ott et Elke Uhl (éd.), Denken des Raums in Zeiten der Globalisierung, LIT Verlag, 2005.

une harmonie de bric et de broc ? l'humanité sans la haine, la guerre et la manipulation par le matérialisme ou la religion ? non, ce serait une humanité bien plus sereine qui aurait résolu ses questions de transcendance. la question centrale de tout les désordre est le fait de ne pas savoir quel est le but de notre existence, d'ou venons-nous ? cela organise tout, les croyances, notre élan économique, scientifique, notre travail pour atteindre une existence sereine. si l'on prenait le contrepied de toutes ces questions et disait comme sartre, que nous sommes libres de choisir et de favoriser la paix, plutot que des systèmes qui séparent les hommes, ou les obligent à construire leur existence sans en comprendre la valeur ou le sens, l'humanisme et la responsabilité des uns et des autres à préserver notre équilibre serait bien davantage constructive et capable de nous éviter bien des souffrances et des ennuis.

@ Jlamo : Il y a ce qu'on dit et il y a ce qu'on fait, parfois au nom de lidéal, ou d'une utopie. "si on disait comme sartre, que nous sommes libres de choisir et de favoriser la paix" Que n'a t-il choisi de ne pas soutenir le régime maoïste et celui des Khmers rouges. Il n'y a pas que la philo pour éclairer les carrefours.

non certes, mais c'est la base, peu importe la façon dont l'engagement politique de Sartre s'est traduit et son erreur politique de défendre le communisme sous la houlette de mao. Sartre croyait avant tout à l'idée de communisme en opposition aux fachismes de son époque. et je retiens essentiellement de sa philosohie la volonté de défaire les hommes de la religion, on ne peut qu'approuver cette ambition, dans un monde aujourd'hui ou il existe encore des visions du bien et du mal qui organisent la politique au niveau mondial.

Après ce long détour, je proposerais bien de recentrer la discussion sur la constitution du commun. Les choses n'opérent sans doute pas du tout de la même façon autour de la construction d'une masure d'une favela brésilienne, de la scène musicale d'un rap engagé d'une cité européenne (chère à Broda), ou de l'entassement de chaises et de tables d'une occupation d'université en grève. A chacun sa puissance instituante ! rien de tel, nous rappelle Anne Querrien à propos des émeutes de novembre 2005, que la participation à un mouvement commun pour connaître. Tous les jours par ses mouvements de vie la multitude connaît, sans avoir l'espace de la mise en commun de cette connaissance, sans disposer à sa guise de l'espace politique, dont la métropole lui offre l'infrastructure matérielle. Et de rajouter : L'état d'urgence vise à lui retirer encore plus d'éléments de cette mise à disposition. La mise en commun implique de rendre visible, ce qu'ont parfaitement réussi les journées de novembre, et de réfléchir cette visibilité vers le reste de la multitude dans l'antagonisme. Toute proportion gardée avec le mouvement étudiant, l'évacuation par les forces de l'ordre des facs occupées ou le verrouillage de l'espace public à chaque déplacement d'un membre du gouvernement (spécialement s'il est de l'Education ou de la Recherche), on pourrait utilement se demander, je crois, de quel genre serait l'infrastructure qui manque actuellement aux mouvements de vie de la multitude. PS : "La multitude et la métropole", le texte d'Anne Querrien citée ci-dessus, est consultable en ligne : http://seminaire.samizdat.net/La-multitude-et-la-metropole.html

Le dire et le faire... le faire réfléchir et le faire peur... C'est bien aussi, comme dit Yves Citton (autre contributeur à La révolution nécessaire, laquelle ?), autour d'enclosures psychiques que se mènent les luttes dans le domaine de l'économie des affects. Chronique toulousaine en régime de terreur ordinaire : vous aurez su sans doute qu'hier lundi encore, l'université du Mirail a été envahie par des regroupements pédagogiques très très bleus en très grand nombre, avec en prime des chiens d'attaque (de vigiles d'une société privée) totalement déboussolés et guère maîtrisés par leurs "maîtres", etc. Suite des aventures ce jour... espérons qu'un peu de temps nous restera pour réfléchir après tout ça.

Cohn-Bendit, dans Libé d'aujourd'hui mardi : "Il est évident que ce qui se passe en ce moment, des luttes très dures, justifiées, ne peuvent pas se généraliser. L'histoire des étudiants ne peut pas se généraliser. Pourquoi ? Parce que, dans une société d'angoisse comme ça, un mouvement libérateur ne peut pas se faire. S'il n'y a pas un peu plus de folie, le mouvement ne se généralise pas, il reste dur, légitime, partiel, mais il reste comme ça."

L'université est traversée par les mêmes lignes de tension et les mêmes fractures qui constituent l'ordre social, peut-on lire dans l'Appel de l'Université Libre de Bruxelles occupée. Si bien que ce que Cohn-Bendit dit de la société en général pourrait exactement se dire d'une société particulière qui serait celle de l'université. Souvenir d'une discussion d'AG : l'examen est-il un cours continué par d'autres moyens (l'injonction au "rattrapage", pur camouflet) ou l'examen est-il la grève continuée par d'autres moyens (l'évaluation au sens positif, nietzschéen, production d'un nouveau rapport au savoir) ?

Un texte qui dit plutôt bien ce que l'examen est une manière de continuer de lui-même : L'égalité des chances contre l'égalité : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4443 Ces réflexions ont pour origine une conférence d’Alain Renaut sur « la discrimination positive et l’Ecole » prononcée aux Champs libres, l’hiver dernier à Rennes. Elles se veulent en polémique par rapport au consensus qui réduit la révolte de novembre 2005 à une envie refreinée de parvenir, à un défaut d’égalité des chances et qui célèbre bruyamment l’accession de Barack Obama à la plus haute autorité de l’état américain.

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