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Géant!

Super-géant amphipodeSuper-géant amphipode© dr
Dans un précédent billet, j’ai montré un amphipode géant découvert récemment en Nouvelle-Zélande. Cette découverte pose plusieurs questions relatives à la taille des animaux. La première est d’ordre sentimental : pourquoi cette curiosité pour les cas aberrants? Et qu’est-ce que l’aberration, au fond ? Si les animaux existent, il faut bien qu’ils aient une taille, nous ne sommes pas les spectateurs du monde, nous sommes des personnages comme les autres, ils ne sont pas conçus en fonction de l’effet qu’ils devraient nous produire.

A un bout du spectre, la peur est sans doute l’un des sentiments qui alimente notre intérêt ou inquiétude à l’égard des formes aberrantes (trop grandes). A contrario, l’affection ou l’instinct paterno-maternels est sans doute l’un des sentiments qui nous attire vers les animaux miniatures. Ainsi, il existe des éleveurs spécialisés dans les lapins nains, mais aussi dans les chevaux miniatures.

© dr
La performance dans ce cas est  d’obtenir le cheval le plus petit, mais proportionné comme un cheval. Le cheval miniature le plus petit est un cheval miniature, nain. Il fait 44cms (adulte) record homologué.

© dr

 Mais que penser alors, d’un lapin géant comme celui-ci, pratiquement donc, aussi grand qu’un cheval miniature, sinon que ça fait un peu peur (on le croirait sorti d’un film d’horreur).

© dr

Donc trois questions scientifiques se posent : qu’est-ce qui gouverne la croissance des animaux, qu’est-ce qui limite la croissance des animaux, et enfin, comment la forme dépend-elle de la taille?  Puisque ces animaux conservent l'essentiel de leur forme, qui les rend identifiables, en grandissant (un peu comme un chat "devient" un tigre si on le dilate énormément). A noter que l’esprit ne semble pas dépendre crucialement de la taille : les chevaux miniatures sont bien des chevaux sur le plan intellectuel et les lapins-garous aussi ; et personne ne contesterait aux géants et aux nains, le statut d’êtres humains. Encore que, le volume crânien est quand même un indicateur de l’hominisation.

Rencontre entre l'homme le plus grand et le plus petitRencontre entre l'homme le plus grand et le plus petit© dr

La biologie distingue le développement, de la croissance. Les formes s’établissent assez rapidement par des mouvements de réorganisation, qui pourraient avoir lieu à volume constant (comme dans le cas des grenouilles). La croissance consiste en une dilatation du pattern. Pour dilater le pattern, il faut bien augmenter la masse, donc diviser les cellules, donc il existe dans le vivant des facteurs de croissance diffusant dans tout l’organisme permettant un accroissement indéfini des animaux ou des plantes, sous réserve des limites physiques. Par exemple : le plus grand animal de tous les temps est la baleine bleue, le plus grand dinosaure, que je ne sais pas son nom, était grand comme un immeuble, mais le sequoia géant est encore plus grand, et à la vérité le plus grand organisme vivant est un champignon de quelques centaines de kilomètres carrés (micellium) identifié génétiquement aux EEUU. J’ai déjà évoqué le cœur de la baleine bleue : on pourrait s’asseoir dedans pour en parler.

© geekosystems.com

 

Cependant, la maquette établie quand l’animal fait quelques centimètres impose des directions de croissances privilégiées, comme par exemples les positions des domaines de croissance des cartilages, au bout des os. C’est pourquoi, par exemple, la croissance des os est en général beaucoup plus significative dans le sens de l’allongement que dans celui de l’élargissement, le pattern initial étant donné : en règle générale, les petits sont trapus, et les grands élancés ; et cette tendance se confirme sur les géants humains, qui ont tendance à avoir un physique de basketteurs : les grands garçons sont plutôt longilignes.

L'homme le plus grand du mondeL'homme le plus grand du monde© dr

Ceci illustre un fait général, à savoir que, à maquette, ou « pre-pattern » donné, la forme finale, en biologie, dépend de la taille, bien que certaines « choses » ne dépendent pas de la taille. Par exemple, entre l’embryon et l’adulte, la patte se dilate d’un facteur 200, mais sans apparition de nouveaux doigts. Cependant, la patte finale, n’est pas non plus identique à la patte initiale.  J’en expliquerai la cause dans de prochains billets.

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