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Coup de gueule
Je remets à un prochaine fois le billet sur la forme des cartilages, afin de commenter quelque lecture qui m’a atterré (une tribune dans le Monde du 4 février) relative aux classes Prépas et aux Grâââândes écoles (« Que le monde entier nous envie », ça ce n'était pas dans la tribune, mais c'était l'esprit).
Il est de bon ton de critiquer ou de faire l’éloge des grandes écoles, tout en s’assurant collectivement que rien ou presque ne change. (Ne soyons pas trop caustique, il y a des évolutions, même dans les classes prépas).
J’ignore si ce blog est lu, et si mon avis recueille quelque intérêt, mais que l’on permette à un Français ayant fait la totale du système (prépa Henri IV, Ecole Polytechnique, DEA de Physique théorique à l’ENS, Thèse de doctorat) de donner son avis sur la question des classes prépas aux grandes écoles :
REVEILLLLLLL ! SUPPRESSION DES CLASSES PREPAS A LA RENTREE PROCHAINE.
Bon, maintenant je vais étayer ce cri brutal.
1)Les prépas rendent malade. Il y a un grand article dans le Monde pour le démontrer (Prépas, l'excellence au prix fort Cahier du Monde N°20852, 04/02/2012). La vie infligée aux jeunes dans ces prépas est à rapprocher de la maltraitance (à moins que l’on me démontre que cela a changé), la France va se retrouver un jour avec une assignation de la Cour de Justice Européenne ou quelque chose comme ça que ça ne m’étonnerait pas.
2)Les prépas créent un sentiment de ratage, en raison des classements : on est toujours le raté de quelque chose : « t’as fait l’X parce que t’as pas pu faire l’ENS, t’as fait Centrale parce que t’as pas pu faire l’X, t’as fait Supélec parce que t’as pas pu faire Centrale, etc.. ; » dans une régression morbide et absurde, propre à la France. (La situation est très différente dans les pays anglo-saxons, où les concours ne sont pas nationaux, ni alignés sur la même grille et le même programme, etc.) . On pourra rapprocher cette observation du taux de suicide et de la consommation de tranquillisants dans ce pays (les plus élevés au monde).
3) La prépa crée un sentiment de supériorité : le système français distille dans le cerveau des jeunes un esprit de caste supérieure. Je n’ai pas le temps dans un billet de blog de détailler, mais la phrase prononcée par le Général commandant de promotion à mon arrivée à l’X, en amphi Poincaré a été : « Souvenez-vous que vous êtes supérieurs à vos égaux » (Verbatim). Les diplômés qui viennent d’une grande Université européenne « ordinaire » ne font pas preuve d’un tel sentiment de supériorité.
4)La prépa coupe de la jeunesse. Les classes prépas confinent une fraction des jeunes dans un espace clos et scolaire qui les coupe du reste de leur génération. Ça n’a aucun sens, c’est mauvais et anti-démocratique. Dans les autres pays, les très bons élèves et les moins bons, font leurs classes sur les mêmes bancs, et la docimologie est là pour faire sortir du lot ceux qui le méritent, leur attribuer plus de bourses, etc. Il n’y aucun problème pour faire émerger une élite d’une génération; le couperet des classes prépas est nocif (pernicieux, irréversible, objectivant etc.). Dans les autres pays, les jeunes ont les mêmes souvenirs, il n’y a pas la classe prépa et les autres. Pire : le discours des profs de prépa révèle que les « autres », ceux de l’université par exemple, sont perçus comme des sortes de boulets, et que bien entendu, si les « bons » élèves allaient à l’université ils seraient en quelque sorte embourbés dans les « mauvais ». Ce discours explicite ou implicite est grotesque et stupide, comme le montre la simple observation de ce qui se fait ailleurs. Je suis pour la suppression immédiate des classes préparatoires. Le reversement des élèves dans des cursus de premiers cycles universitaires (ben oui, il y aura des « bons » et des « mauvais » étudiants, il y en a qui réussiront et d’autres qui échoueront), avec comme corollaire le reclassement des grandes écoles en second cycle universitaire, et rien n’empêche de conserver un concours d’entrée, s’ils y tiennent.
6)Le discours entendu fréquemment consiste à dire qu’on ne saurait faire de bonnes études sans un apartheid culturel entre étudiants et élèves de prépa. Or en réalité, cet apartheid touche aussi les enseignants, en sorte que les supposés meilleurs élèves ont en fait les plus mauvais professeurs, et vice-versa. De même qu’il est indéniable que les meilleurs élèves choisissent de faire une classe prépa sous la pression de la société, il est indéniable que, du point de vue de l’objectif final (inventivité, esprit d’entreprise, avancée technologique etc.), les plus mauvais professeurs sont en classe prépa.
7)La prépa coupe de la société. Les classes prépas confinent des jeunes dans un espace clos et scolaire qui les coupe du reste de la société. (Entrez dans une université, et vous remarquez tout de suite la différence d’ambiance : il y a des femmes, des vieux, des jeunes, des syndicalistes, des fils d’ouvriers etc. qui entretiennent entre eux des rapports normaux ; l’univers prépa-grande école est artificiel, déconnecté (déjà par rapport à la société française, alors par rapport au reste du monde, j’en parle même pas). (Je parle essentiellement des prépas scientifiques, 70% de garçons, 60% d’enfants de cadres et d’enseignants).
8)La prépa coupe de la science. Voici l’ambiance d’une classe prépa, du matin au soir pendant 2 à trois années importantes (celles de l’explosion de la jeunesse).
Voilà la vraie ambiance d’un laboratoire universitaire (le mien) :
Le mode d’enseignement des classes prépas est un conservatoire de traditions rances, dans un espace scolaire clos. Ça a pour effet d’induire dans le cerveau de la jeunesse que la science consiste à faire des petits exercices mesquins à la chaîne. (Quand j’ai passé ma première colle en maths, l’examinateur m’a donné un exercice grotesque où-si-t’as-pas-vu-l’intégration-par-parties-tu-peux-rien-faire. Puis il m’a mis 1/20 en me disant : pour intégrer il faut connaître par cœur 300 exercices. C’est vrai, pour intégrer il faut connaître par cœur 300 exercices. Mais pour faire du PIB….
7) Les prépas sont dépassées. Le monde a changé. Les Universités françaises ont pris leur essor, ça n’a plus aucun sens d’écarter des générations entières d’étudiants de ces lieux de pointe, et de les cantonner à une réserve ornithologique qui a ses propres livres (annales de concours) ses propres codes (la taupe), ses propres objectifs (intégrer) si différents et éloignés de l’objectif à atteindre (former des gens intelligents, épanouis et utiles à la société). A contrario : quel étudiant étranger aura dans sa vie comme ambition de « faire une prépa en France ? ». Les classes prépa n’ont aucun avenir. Pourtant, c’est en France que le mot « étudiant » est devenu pratiquement péjoratif et que l’on veut rester « élève » le plus longtemps possible. (On peut lire sur internet un document absolument effrayant sur les Classes Préparatoires datant de 2003 : http://www.cefi.org/CEFINET/DONN_REF/HISTOIRE/histoire_preps.htm, dont la simple lecture est annonciatrice de la catastrophe française dans le monde actuel, pour citer mot-à-mot ce document : « Et pour cause, puisque ce fer de lance de l’école laïque et républicaine est le fruit de l’église et de l’armée ! Héritage composite qui réunit des aspects empruntés aux Collèges des Jésuites, à la formation des officiers des corps techniques des armées de l’Ancien régime et de l’Empire, à la recherche démocratique des talents inspirée par la Convention, à la volonté des entreprises et de l’Etat de sélectionner et de former les cadres dont ils ont besoin. ».)
8) Les classes prépas sont la véritable cause de la faillite de l’industrie française et des 300 milliards de différentiel de balance de commerce extérieure, en comparaison avec l’Allemagne (sont pas près d'envier les grandes écoles Ceux-là).

Comme le disent les cercles bien informés, le problème français n’est ni la compétitivité, ni le coût du travail, ni le temps de travail. Le problème français est qu’on n’a pas de produits à vendre, parce que nous n’avons pas de dynamisme, peu de créativité industrielle, pas d’esprit d’entreprise. La racine de ce problème est les classes prépas. Le flux de nouveauté a augmenté dans l’industrie, et le système des classes prépas n’est pas compatible avec ce mode de production. A ceux qui ne comprendraient pas ce que cela signifie, à ceux qui pourraient penser de bonne foi « comment peut-on faire un reproche pareil à des classes prépas qui n’ont comme vocation que de préparer, entre les murs du Lycée, le concours d’entrée aux écoles d’ingénieurs ? », il faut ouvrir les yeux : c’est ça le problème. La jeunesse passe trois ans à ne faire que ça, à préparer des concours formattés assis dans un Lycée. On lira partout à propos des classes prépas, comment la pseudo excellence se résume à des volumes horaires de cours énormes, assortis d’exigences de travail à domicile qui doublent les horaires de travail, encore alourdis de multiples colles grassement payées aux enseignants, mais qui n’ont aucune fonction pédagogique ou formatrice autre que de préparer circulairement l’épreuve d’oral du concours (NB : on remarquera que de nombreux colleurs sont des profs de lycée, qui font ça pour arrondir leurs fins de mois, c’est dire si la formation « supérieure » des élèves de prépa n’est pas le sujet de ces colles). L’essentiel de ces « études supérieures» consiste en un gavage qui rend malheureux et étriqués, des esprits malléables, forcés dans leurs meilleures années à rester confinés dans leurs chambres. On est loin du garage créatif de Steve Jobs, ou du Page Rank de Google. C’est la cause principale et profonde du manque d’inventivité de la jeunesse, qui est méthodiquement émasculée.
L’esprit d’entreprise et d’initiative est absent des classes prépas, qui humilient et rabaissent, puis classent les élèves avec des concours Cartésiens, donc réputés objectifs (à moins qu'on me prouve que cela a changé, l'article du monde semble montrer que ça n'a pas changé : Prépas l'excellence au prix fort, le Monde Culture et Idées 04/02/2012). Faut pas s’étonner que la France manque d’entrepreneurs.
Voici le journal du MIT, qui s’adresse donc à tous les publics, y compris les premières années (« freshmen » « undergraduate »).
MIT News
Voici un extrait d’une revue syndicale de profs de Taupe relative à leur rémunération (en l’occurrence les colles).

Voilà, on lit ça comme du Pérec, mais ce n'est pas drôle, au fond : le problème qu'on lit entre les lignes, c’est l’esprit de cet enseignement. Pas le contenu.
9)Les classes prépas ne sont pas nécessaires pour faire des TGV, des avions ou des centrales nucléaires. Cette idée tordue est le fruit d’esprits sans imagination (en l’occurrence les profs de prépas -voir la tribune libre dans le Monde- qui ne voient pas que de nombreux pays ont une industrie supérieure à la nôtre sans classes Prépas. Le point essentiel est d’avoir des jeunes bien formés et entreprenants. La science n’est pas qu’une question de dose de petits exercices classiques à ingurgiter. C’est aussi une question d’état d’esprit. L’état d’esprit d’une classe de prépa n’est pas propice au développement de l’imagination.
10)L’enseignement de la physique en prépa est nul. Je répète : nul. Nul, nul, nul. NUL Re-NUL. Re-Re-Nul. Je ne suis pas qualifié pour juger les autres disciplines, mais permettez-moi de dire ceci : dans certains pays il y a des enseignants comme Richard Feynman qui servent ou ont servi de modèle. J’aurais rêvé avoir un vrai physicien comme enseignant, même en premier cycle, même pour débuter. Je ne dis pas que les étudiants doivent faire de la recherche dès la première semaine, mais le contact doit être là avec un monde authentique, en prise avec le réel du présent et le virtuel de l’avenir. Au lieu de cela, avec le recul du temps, je me rends compte que j’ai eu des professeurs issus d’un système auto-nombriliste, qui ne juraient que par les petits exercices du « Lumbroso », des profs qui se repassaient des petites heures de colle entre eux, des profs à qui l’on ne peut même pas faire comprendre le problème ; ils ne savent pas ce que c’est d’être confronté à un vrai problème. Ils sont des sortes de Dieux dans leur classe, dans le couloir sombre d’un Lycée. Lisez la tribune du Monde et vous comprendrez : ces gens-là ne se rendent même plus compte de la nature du problème. Le bon vivier pour produire de l’avenir, CE N’EST PAS un couloir sombre de Lycée, même avec la meilleure bonne volonté du monde. Le principe de fonctionnement des classes prépas est : je sélectionne les « meilleurs », je les isole de la société, je leur fait ingurgiter des encyclopédies de petits exercices, et à la sortie je suis satisfait, j’ai l’impression d’avoir bien rempli ma mission car j’ai obtenu de superbes perroquets.
11) La prépa broie les vocations. Surtout n’allez pas en prépa avec une vocation : vous allez être aiguillé en fonction de votre classement, de vos notes. Tu voulais être pilote de ligne ? Mais t’es trop bon, tu feras Supélec. Tu voulais construire des ponts ? Non, non, tu feras de l’électronique. Tu es super-super-bon en maths, tu feras le corps des Mines.
12)Les grandes écoles ne sont, ou n’étaient pas, démocratiques. Il paraît qu’il y a des progrès, sans doute. J’observe que le système scolaire repose sur un ensemble de codes et de signes auto-organisés, visant à aiguiller vers les meilleures classes prépas les jeunes d’un certain milieu. Par exemple : faire une deuxième langue et latin (Allemand, Russe, dès la 6e) est un prérequis implicite. Comme par hasard, les mauvaises classes sont celles où les enfants n’ont pas « choisi », latin et allemand, et elles sont remplies d’une certaine population à qui on n’a surtout pas expliqué le code. Ce système de code n’est pas connu des étrangers installés en France. On dit beaucoup de mal du système américain reposant soi-disant sur l’argent (ce qui est largement faux, il repose en premier lieu sur le mérite). L’argent n’a pas d’odeur : les classes prépas ont une odeur de vieille France moisie. Aux US un commerçant Chinois ou Coréen, ayant réussi dans l’import-export pourra facilement faire entrer ses enfants dans la « haute société » américaine en payant Harvard. C’est proportionnellement beaucoup plus difficile pour un jeune fils d’immigré de rentrer à Polytechnique ou à Centrale.
A titre d’information, 70% des étudiants de Harvard reçoivent des dégrèvements ou des bourses d’un montant de 150 000 dollars (qui ne sont pas des prêts remboursables : quand vous avez fait Harvard, de toute façon vous savez ce que vous devez à la société, et vous allongez l’argent dans les associations d’anciens élèves). Vous pouvez calculer vous-même sur le site de Harvard les frais de scolarité que vous auriez à payer pour vos enfants (à vue de nez de l’ordre de 0 à 5000$ par an pour le lecteur moyen de Mediapart). Les frais sont nuls pour des familles aux revenus inférieurs à 50 000$. Lisez d’abord la page d’accueil du service d’aide financière, puis allez faire le calcul automatique des frais d’étude sur le site dédié.
http://www.fao.fas.harvard.edu/icb/icb.do
http://isites.harvard.edu/icb/icb.do?keyword=k51861&pageid=icb.page244010
Je vous laisse analyser l’effet de surprise.

Vous pouvez aussi aller sur la page du MIT (http://mitadmissions.org/afford/basics) et vous lirez ceci :
“The admissions process at MIT is need-blind. We do not know what your finances are when we read your application. The financial aid office is completely separate from the admissions office. At no point during the process does the question of how much money your family does - or doesn't - have enter the process. As such, we consider your application regardless of your family's financial need or lack thereof. We won't admit you because you can pay full-freight, and we won't deny you because you can't pay a nickel. It's your mettle, not your money, that gets you in to MIT.”
En France le systèmes réputé démocratique produit le résultat suivant : « 57 % des garçons et 59 % des filles, élèves de classes préparatoires, sont issus de milieux sociaux supérieurs ou de familles d’enseignants…. Lesquels ne représentent que 18 % de la population active » (source : http://www.cefi.org/CEFINET/DONN_REF/HISTOIRE/histoire_preps.htm, un inscrit sur quatre en prépa est fils de prof).
13)Les classes prépas coûtent trop cher. Si le FMI découvrait qu’il y a en France un double système universitaire, il nous obligeraient à rationaliser tout ça... ah ben mince c'était Strauss-Khan et Lagarde les patrons du FMI. Notre économie va dans le mur. On ne cesse d’augmenter les impôts de baisser le pouvoir d’achat… on ne peut pas infliger à la société un double système d’études, payé avec les impôts de concitoyens qui pour la plupart n’auront jamais accès à cette « élite »
Réveil ! Fermez les universités ou fermez les classes prépas, mais on ne peut pas maintenir 2 systèmes, et s’étonner qu’on fasse faillite.
Pour finir, le paradoxe des grandes écoles, c’est qu’au prétexte qu’elles « assurent de trouver une situation », à des élèves qui travaillent comme des bêtes, elles ont siphonné le système éducatif, et drainé vers un enseignement sclérosé, qui n’a pas ou peu de concurrence, l’essentiel des étudiants en sciences (env. 45000). Mais le retour de balancier est que ce système conduit à la faillite, en raison de la concurrence internationale, celle-là, qu’il faut bien affronter. La filière grande école a beau jeu d’enfoncer l’université, elle perd de son lustre dans la concurrence internationale; ainsi, la France court aveuglément vers l’abîme du chômage (dégradation, défaut, chaos grec etc.) par manque d’innovations, en croyant produire des carrières garanties.
Bonus : une petite perle typiquement française : grâce à la loi TEPA, les colles en classes prépa sont défiscalisées (pour les professeurs de prépa, mais pas pour les colleurs extérieurs : pour les premiers , c’est une heure supplémentaire, pour les autres non; je précise, les deux espèces font un temps complet, et des colles "en plus", mais pour, les uns les colles sont un plus "supplémentaire", pour les autres un plus "accessoire"). Grâce à Sarkozy, les profs de prépa ont gagné plus sans travailler plus.
Questions au gouvernement





Le commentaire le plus recommandé
Merci, je me suis bien amusé, et j'ai appris beaucoup (je n'ai pas fait de prépa). Je suis d'accord sur presque tout : j'aurais aimé une démonstration plus explicite du point 6 : pourquoi les profs prépa sont les plus mauvais ?
Ceci étant dit : Dans une vie antérieure, il m'est arrivé d'enseigner une matière technique à des reçus à l'X. C'était un vrai plaisir !
Tous les commentaires
Merci mille fois d'avoir pris la peine de ce billet consruit et étayé, pour exprimer mon ressenti de Français de l'Etranger.
Des singes savants, voilà ceux qui confisquent tous les postes et plombent tout le système, et voilà pourquoi la France sombre, lentement et sûrement.
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Des jeunes Français pleins de qualités, doués, efficaces et humains, il y en a pourtant quelques uns.
Hélas, comme ils n'ont pas leur place en France, ils émigrent aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, qui, eux, savent profiter de leurs qualités.
Merci, je me suis bien amusé, et j'ai appris beaucoup (je n'ai pas fait de prépa). Je suis d'accord sur presque tout : j'aurais aimé une démonstration plus explicite du point 6 : pourquoi les profs prépa sont les plus mauvais ?
Ceci étant dit : Dans une vie antérieure, il m'est arrivé d'enseigner une matière technique à des reçus à l'X. C'était un vrai plaisir !
Je confirme: les prépas rendent malade. En 1964 au Lycée Charlemagne "ma" math sup s'est terminée prématurément par une jaunisse carabinée! Il y avait un prof de math qui transformait les "colles" en séances de torture morale! Sadisme gratuit au prétexte d'endurcir les élèves...
@VINCENT FLEURY.
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Quel magnifique billet !
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Je me suis perdue dans le paragraphe 5, puis ai vu double en 7 et 8 ...
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Ah la passion ! Mais c'est beau.
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En médecine aussi, le "choix" dépend du rang au concours de sortie : Tu voulais être pédiatre ? Eh ben non, ton classement à l'internat te fera gériatre ...
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Navrant.
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Bravo pour ce hurlement raisonné.
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@ Vincent Fleury
Merci!Voilà du précis, de l'étayé, ...du pas vendable dans les gondoles médiatiques, ni sur les marchés électoraux, hélas!
Puis-je vous infliger un contrepoint ? j'ai été normalien (avec n minuscule : E.N de la Seine, dans la préhistoire...), instituteur, prof CAEA (avant que les A...rriérés deviennent I...nadaptés), prof; de français, prof d'EPS, prof d'ENI (Essonne), prof d'UFRAPS (ParisX). Déjà, élèves-maîtres sous l'occupation, nous avons été ventilés en lycée (EN occupée) : pour moi, Janson de Sailly. Constat : issus du primaire, nous étons dominés par un ou deux phénix sortis du secondaire, sur telle ou telle discipline ; mais nous étions classés devant tous les autres... Beaucoup plus tard, un concours interne m'a permis de reprendre mes études au niveau DEA ,avec d'autres collègues issus de ce concours. Bilan : nous"enterrions" les étudiants pur jus, plus jeunes et intelligents, mais non pourvus de notre expérience professionnelle et sociale.
Ma fille cadette a suivi une "prépa", et ne s'en est jamais remise...c'est vous dire si je suis sensible à vos arguments. J'engrange avec reconnaissance la solide doc. jointe, et vous laisse décider que faire de ce billet d'humeur
"Comme le disent les cercles bien informés, le problème français n’est ni la compétitivité, ni le coût du travail, ni le temps de travail. Le problème français est qu’on n’a pas de produits à vendre, parce que nous n’avons pas de dynamisme, peu de créativité industrielle, pas d’esprit d’entreprise."
Ah c'que ça fait du bien de lire ça (ainsi que le reste de l'article d'ailleurs !)
Félicitation !
Merci pour cet article, une analyse d'évidence qu'on n'entend jamais.... puisque toutes nos "élites" sortent des grandes écoles. Vrai que si l'économie française va mal, c'est parce qu'elle a un patronat et des cadres supérieurs inadaptés : ils sortent tous de ces écoles. La suppression des prépas devrait être la première réforme de toute remise en route de l'enseignement supérieur. Et à court terme, il est urgent d'ouvrir les dispositifs de réinsertion sociale aux énarques et aux polytechniciens.
Vous prenez le problème à l'envers...
Le souci, c'est que ce soit les fonctions "administratives" (cadre de grands groupes, ou bien au sein de l'Etat) qui soient autant rétribuées dans notre pays. Et ça, pour le coup, l'Etat peut le changer d'un coup de stylo sans créer de vrais problèmes.
L'attaque contre les prépas, ou l'attaque asymétrique...
On peut effectivement remettre en cause toutes les filières qui produisent les "élites de la nation". Et ce, comme décrit abondamment plus haut, pour plein de raisons, qui d'ailleurs ne vont pas toutes dans le même sens, ce qui donne des raisonnements fascinants, si ce n'est fascisants : "vous êtes les meilleurs ! la preuve = on vous traite comme des merdes, des veaux, des cons, ce qui va vous préparer à diriger et faire la leçon aux autres". Imparable...
Je vois juste un problème, ce qui ne veut pas dire que je suis contre ces raisonnements. Que dire des formations qui ne forment pas "l'élite de la nation". On se souviendra que si une filière est attaquée de longue date, c'est l'université : c'est la masse, donc ce n'est pas l'élite ; apparemment, on ne "maltraite" pas les étudiants : pire, on ne les traite pas du tout ; on ne leur dit pas qu'ils sont les meilleurs, on leur dit qu'ils "sont dans une trappe à chômage". Etc.
Donc, depuis plusieurs décennies déjà (l'affaire n'est pas neuve...), on a d'un côté une élite fabriquée par les méthodes les plus perverses, ce qui ne peut que la rendre perverse, et, de l'autre, une masse (les sortis de l'université + les sortis de tout le reste = l'écrasante majorité) qui, "non-traitée" durant sa formation, doit subir l'autorité de diplômés es perversités en tout genre.
Et on s'étonne que la société et la vie politique françaises soient malades ?
Ceci dit, il n'y a pas que chez nous : certains vantent le système de formation anglo-saxon. Il en sort quand même de sacrés salauds aussi.
En conclusion de ces raisonnements successifs : ce débat -vrai ou faux- sur les classes prépas françaises me paraît manquer d'ouverture, de souci de comparaison véritable, d'ambition réelle.
C'est quoi le problème : une fille ou un neveu qui en chient ? ils n'ont qu'à s'inscrire à la fac, comme tous les gens normaux. On attend leurs commentaires de pied ferme.
La mal commence dès la maternelle.
Un système élitiste, qui fonctionne par sélection/exclusion, qui repose sur la soumission/humiliation.
C'est un choix politique:
Celui de maintenir impossible la démocratie réelle. Il est le fait de la petite élite sélectionnée, consanguine, qui verrouille le système tel qu'il est, avec comme étape finale, quinze ans après la maternelle, ces "Grandes Écoles" dont parle ce billet.
Ce système, féodal, a été perfectionné jusqu'à une quasi-perfection, par Napoléon et depuis la "Révolution" de 1789:
On ne voit pas qu'il nous est imposé comme domination, car on croit dur comme fer que c'est nous qui le voulons ainsi, on est si fiers de notre 1905, on est si fiers que les tout-petits soient retirés de la famille, retirés de la construction de la confiance en soi et du respect de soi, dès l'âge de trois ans. On croit sincèrement que c'est un progrès sur la misère, une cohésion sociale etc etc etc...
"Les classes prépas ne sont pas nécessaires pour faire (...) des centrales nucléaires". Et elles sont encore moins suffisantes
pour faire bouger les modes de production d'énergie...
J'ai fit prépa et ENS. Je suis d'accord pour critiquer ce système (voir par exemple Paul Valéry, Le bilan de l'intelligence ou Ivan Illitch, Une société sans école). Par contre de là à dire que ce sont les classes prépales responsables du déficit commercial, je crois que vous allez un peu trop loin...
Un point que je trouve flagrant, pour l'avoir vecu aussi bien dans des laboratoires privés qu'universitaites : les ingenieurs sortants des grandes ecoles ont , en moyenne, peu d'imagination, de créativivé, d'inventivité. Par contre si vous leur demandez de faire un calcul, aussi complexe soit-il , ils trouvent une solution .Encore faut-il avoir posé le bon problème.
Alors que faire?
Faut-il arreter les classes prepas ou les transformer de fond en comble?
Ils fonctionnent "à la mémoire", par opposition aux gens qui fonctionnent "à l'intelligence".
Dans mon métier, à une modeste échelle, nous avons exactement le même problème: ce sont maintenant ceux qui fonctionnent "à la mémoire", sans penser, qui ont envahi tout le champ des promotions, des postes à responsabilité etc, ce qui provoque la mort de la profession, ce qui nous laisse aussi sans défense face aux prédateurs délocalisés.
Connaissant le problème concrètement à mon petit niveau, je comprends fort bien ce que vous voulez dire à propos des ingénieurs (et politiciens etc etc).
Attention : ne pas confondre classes prépas, ingénieurs, scientifiques, génies, élites de la nation, intellectuels engagés, ...
Sans rire : les prépas ne sont pas les grandes écoles. Elles en sont une des antichambres. Une proportion non négligeables d'élèves d'écoles d'ingénieurs n'en est pas issue.
Conclusion provisoire : la classe prépa n'est pas coupable de tout.
Autre conclusion : la crise économique est le pur produit d'une conjugaison d'élites (argentiers, voyous, informaticiens, mathématiciens, économistes "orthodoxes", libéraux autistes, réformistes qui ont peur de leur ombre,... Donc, pas tous issus des classes prépas, mais peut-être jaloux ne pas les avoir pratiquées, et en compétition avec ceux qui les ont faites
Le problème n'est pas "la prépa", ce système existe depuis 300 ans et a fourni des floppés de scientifiques tout à fait compétents. Non, le problème est l'organisation de l'après. Pourquoi le cadre administratif de la fonction publique, le financier ou bien le commercial sont désormais incomparablement mieux rétribués que le scientifique en France ?
Voilà la vraie question.
Si le système des grandes écoles marche, c'est en raison de l'effet de réseau. Ce qui garantit un emploi (enfin, pas en période de crise...) aux élèves qui ont choisi ces filières.
Parce que si l'on suit votre raisonnement, si tous les jeunes sont nuls en prépas puis en école, pourquoi les universités ne produisent pas des génies à la pelle avec leur enseignement si génial ?
Le témoignage ci-dessus dénote de l'aigreur, et à juste titre, beaucoup de ses camarades d'école ont du faire des carrières brillantes sans avoir eu besoin d'affronter le mur de la découverte et de la recherche. Et en cela, il a raison. D'ailleurs, en Allemagne, les chercheurs sont mieux payés que l'équivalent des gens sortis de corps d'état administratifs. Du coup, les plus brillants du pays ne se contentent pas de rédiger des notes et des rapports (cadres administratifs/corps d'état), ou bien de vendre des produits financiers sur les marchés de capitaux (trader/finance), non, ils font de la recherche pendant au moins 5 à 15 ans. Vous voulez changer cela ? Demandez un gel des rémunérations des jeunes haut fonctionnaires (ENA en tête), et un rattrapage du salaire des jeunes chercheurs, et tout rentrera dans l'ordre, qui plus est très vite...
Petite remarque au passage: n'est-il pas la preuve vivante que ce système qui est basé sur la maîtrise technique, la rigueur et la concentration permet de fournir des scientifiques de qualité ou bien admettez-vous vous-même être d'un mauvais niveau ? Vous parlez d'université américaine. Parlons-en. Ayant suivi une partie de ma scolarité dans une fac américaine je peux confirmer un truc: ils sont bien contents d'avoir des pays qui font le "sale boulot" (i.e. enseigner des techniques, de calcul, de raisonnements divers), et ce n'est pas pour rien que les scientifiques de l'ex-URSS (europe de l'Est, Russie), ou bien Asie du Sud-Est, avec des enseignements extrêmement proches de celui de la prépa (et qui démarre bien plus jeune...) trustent toutes (avec quelques exceptions) les places des programmes PhD des universités américaines. Bref, vous enfilez des perles.
Je ne vous rejoindrais que sur deux points: 1) il est urgent de réformer l'enseignement de la physique en prépa pour qu'il recolle aux problématiques de notre temps, comme cela s'est déjà produit, au passage, ces 300 dernières années 2) il est hypocrite de parler de gratuité dans l'enseignement à la française puisque les codes de ce systèmes ont bien entendu une valeur (au sens financier du terme) intrinsèque. Mais concernant ces codes, nous serions tentés de nous demander: "Mais que font et à quoi servent donc les conseillers en orientation ???"
Merci pour votre long message.
Ce qui est dit est dit, vous avez parfaitement le droit de ne pas être d'accord.
Sans vouloir troller je rebondis sur vos commentaires ainsi :
@Le problème n'est pas "la prépa", ce système existe depuis 300 ans et a fourni des floppés de scientifiques tout à fait compétents.
Cette époque est révolue. Jamais la prépa ne fournira un Google, ou un Amazon. Encore moins des fabricants de smartphones etc. On a déjà beaucoup raté de trains. Il serait temps de s'en rendre compte. Le déficit commercial est surtout industriel, c'est bien de ce côté qu'il faut chercher la cause du problème.
@Si le système des grandes écoles marche, c'est en raison de l'effet de réseau. Ce qui garantit un emploi (enfin, pas en période de crise...) aux élèves qui ont choisi ces filières
Effectivement, c'est un peu vrai. Mais ces effest de réseau retardent l'échéance. Ils ne sont pas créatifs.
@Parce que si l'on suit votre raisonnement, si tous les jeunes sont nuls en prépas puis en école, pourquoi les universités ne produisent pas des génies à la pelle avec leur enseignement si génial ?
Je ne dis pas que les élèves sont nuls, intrinsèquement. C'est l'état d'esprit. Je connais des grandes entreprises françaises, notamment dans l'internet, créées par de complets auto-didactes qui n'avaient même pas le bac, et qui ont ensuite été rachetées 300 Millions par des ingénieurs de l'X Télécom etc. Je suis incapable de citer une réussite de l'internet imputable à un ingénieur d'une grande école.
Les universités produisent aussi des ingénieurs et des chercheurs de talent. Et elles ont beaucoup de mérite. Faire des gens bien, avec des élèves moyens à la sortie du lycée est beaucoup plus méritoire que de sélectionner les cracks, et de les stériliser.
@Petite remarque au passage: n'est-il pas la preuve vivante que ce système qui est basé sur la maîtrise technique, la rigueur et la concentration permet de fournir des scientifiques de qualité ou bien admettez-vous vous-même être d'un mauvais niveau ?
Remarque amusante de perfidie et pas très gentille. En réalité, arrivé en prépa Spé, et constatant la nullité des cours (de physique surtout), j'ai décidé de cesser d'aller en cours, et d'apprendre la physique par moi-même. A l'issu du 1er trimestre, il a été question de me virer de ma prépa (Henri IV). J'ai été convoqué par le professeur de physique (M. Touren) qui m'a dit qu'il avait bien remarqué que je ne venais plus, et qu'il accepterait que je ne vienne plus à condition que je sois présent aux examens. Il m'a dit qu'il ne me mettrait plus jamais aucune correction sur mes copies, simplement une note. A la fin du second trimestre, le directeur a proposé de me renvoyer, mais M. Touren s'y est opposé en disant que selon lui j'intègrerai. Je l'en remercie. J'ai passé ma prépa ainsi, apprenant la physique tout seul à l'internat, pendant que les autres allaient en cours. Je m'astreignais à passer exactement le même temps à faire ma physique à moi, que eux à aller en cours. Je suis très heureux d'avoir fait ça. Extrêmement. Mais chaque individu a sa propre histoire, et je n'encourage pas les élèves actuels à faire ça.
@Le témoignage ci-dessus dénote de l'aigreur,
De l'énervement, et de la révolte contre cette anomalie, mais aucune aigreur. J'ai une vie très enviable, et j'essaie juste à travers ce blog de rendre un peu de joie de vivre aux lecteurs, comme je peux.
Et le matin, des collègues passent me voir au labo pour me dire "j'ai lu ton billet sur les classes prépas, tu as 100% raison" alors...
je regrette que vous n'ayez pas répondu à ma question : pourquoi les profs sont nuls ?
J'ai lu la suite, je m'aperçois qu'il n'est pas intéressant de me répondre à moi, ... je n'ai pas montré mes diplômes. Mais j'ai trouvé ci-dessous la réponse.
...
Excusez moi; je fais beaucoup trop choses à la fois. Poour répondre il faut une motivation et les messages ou questions pas trop gentils sont plus motivants (effet dit de "troll"). Vos commentaires sont trop gentils. Donc terminez toutes vos questions par espèce de salopard, et ça déclenchera une réponse.
D'ailleurs vous voyez bien : vous me mettez en cause, je vous réponds. Qu'est-ce que je disais.
Reçu 5/5.
Bonjour,
Comme professeur de physique en CPGE, j'ai trouvé ce billet d'humeur injuste et inutilement agressif.
Le système (prépa/grandes écoles) n'est sans doute pas au dessus de toute critique, mais vos arguments relèvent de l'ignorance ou de la malhonnêteté intellectuelle.
Les multiples anecdotes personnelles dont vous émaillez votre propos, suivies du récit de votre passage en prépa, montrent sans doute que ce système ne vous convenait pas. Un lecteur a d'ailleurs décelé dans votre texte une certaine aigreur. Est-ce une raison pour verser dans un dénigrement aussi hargneux ?
Comme votre présentation me semble très éloignée de la réalité que je vis au quotidien, je me permets quelques commentaires en lien avec chacun de vos paragraphes.
-Préliminaire : En tant qu'ancien d'Henri IV et de l'X, vous pensez être particulièrement qualifié pour vous exprimer. C'est exactement le contraire : vous n'avez eu qu'une vision très parcellaire et déformée du système, limitée à sa portion la plus étroitement élitiste, et ce il y a plusieurs décennies. En la croyant représentative du système dans son ensemble en 2012, vous vous trompez lourdement.
-Point 1) Je connais beaucoup d'étudiants à l'aise en prépa. Vous ne faites que relayer une caricature. Pour ceux à qui ce système ne convient pas, d'autres existent.
-Point 2) Complètement faux. L'écrasante majorité des étudiants sont heureux de l'école qu'ils intègrent. Ils se rendent compte à ce moment que la hiérarchie supposée entre écoles, qu'ils pensaient cruciale lorsqu'ils étaient en prépa, n'a que peu d'importance.
-Point 3) Si je comprends bien, les prépas créeraient un sentiment d'échec chez des gens qu'elles feraient simultanément se sentir supérieurs ? C'est paradoxal. À nouveau vous prenez votre expérience subjective, étayée par un souvenir de l'École Polytechnique, pour une vérité générale.
-Point 4) Vous pensez à tort que tous les élèves de prépa sont des cracks à qui on donne la grosse tête et inculque le mépris des autres. Nous accueillons énormément de bacheliers moyens à qui nous donnons modestement les moyens de réussir. À nouveau vous avez une vision déformée liée à votre parcours personnel.
-Point 6) Merci pour le compliment qui me range parmi les plus mauvais professeurs. Comme vous, j'ai étudié la physique théorique et j'ai pratiqué un peu de recherche comme doctorant. Je n'ai sans doute pas vos qualités scientifiques, mais cela justifie-t-il un tel mépris de votre part ? Cela me disqualifie-t-il pour enseigner ?
-Point 7) Certes, il n'y a pas d'adulte en formation permanente dans les prépas, comme il y en a très rarement dans les classes de terminale. Est-ce très grave ?
Il me semble que les grandes écoles ont des relations très étroites avec le milieu industriel, ce qui les lie au moins à une partie de la société. Les étudiants y effectuent souvent un stage ouvrier. Dans ma région, je n'ai pas l'impression que les grandes écoles soient coupées du monde. J'ai rencontré récemment un ingénieur qui, titulaire d'un CAP, a fini par obtenir un diplôme d'ingénieur en suivant une formation dans une École des Mines. De plus, vous devriez savoir que les GE accueillent beaucoup d'élèves qui ne sont pas issus de CPGE.
-Point 8) Pour atteindre certains objectifs didactiques, l'enseignement s'éloigne souvent de la science contemporaine. Mais croyez-vous qu'on puisse l'aborder sérieusement sans en passer par l'apprentissage scolaire de quelques rudiments ? J'ajoute que nos classes NE SONT PAS un univers scolaire clos : avec les TIPE (travaux d'initiation à la recherche), nos élèves sont fréquemment amenés à prendre contact avec des laboratoires, avec des publications, etc. Vous présentez fièrement votre laboratoire comme modèle de lieu d'épanouissement des étudiants. Étrangement, on n'en voit aucun sur la photographie que vous avez choisi de montrer !
-Point 7bis) Argument du type : le monde change donc ce qui est typiquement français est nul. Sans commentaire.
-Point 8bis) Paragraphe grotesque. Les économistes se battent pour savoir quelle est l'origine de la perte de compétitivité de l'industrie française depuis 10 ans. Vincent Fleury a trouvé la réponse : c'est à cause des prépas ! Comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt ?
Sérieusement, le système prépa/GE existe depuis des décennies et le décrochage français, très localisé dans le temps, date des années 2000. De plus, le poids des cadres issus des grandes écoles traditionnelles tend à diminuer au fil du temps.
Bref, cet argument m'a autant convaincu que si j'avais lu : << Le scandale du Médiator s'explique par la nature des études en première année de médecine >>.
Pour votre information, le site aufeminin.com a été fondé par 2 polytechniciens. Voir par exemple :
http://lentreprise.lexpress.fr/carriere-et-management/aufeminin-com-sacree-plus-belle-entreprise-francaise-2007_12943.html
-Point 9) Je suis d'accord. On peut former des ingénieurs autrement que par un passage en prépa. On le fait d'ailleurs et c'est très bien. Cela implique-t-il qu'il faille détruire les prépas ?
-Point 10) Vous caricaturez grossièrement, de manière presque insultante, la mentalité des professeurs de CPGE. Parmi ceux de ma génération, beaucoup ont fait un peu de recherche. Vous vous trompez donc (ou mentez sciemment) en affirmant : << ils ne savent pas ce que c’est d’être confronté à un vrai problème >>. Certes, aucun d'entre nous n'est l'égal de Feynman comme vous le voudriez. Peut-on nous le reprocher ? Votre position laisse à nouveau transparaître un incroyable mépris. Bientôt, les programmes de physique vont être redéfinis et beaucoup d'entre nous réfléchissent à la manière de les moderniser. Pourquoi ne feriez-vous pas des propositions au lieu de vous limiter au dénigrement ?
-Point 11) Faux. Je connais des tas de vocations qui sont nées en prépa. J'ai moi-même renoncé à entrer à l'École Polytechnique au profit d'une école moins sélective car j'avais la vocation d'étudier la physique. Si certains privilégient des stratégies carriéristes, ce n'est pas à l'école qu'il faut le reprocher.
-Point 12) Il y a certainement un problème dans l'accès égalitaire aux formations de haut niveau, mais il a ses racines EN AMONT des prépas. Il se retrouve aussi bien dans les formations médicales. Supprimez les prépas et vous retrouverez le même effet avec d'autres systèmes si l'enseignement secondaire n'évolue pas. Remarque incidente : vous pensez qu'aujourd'hui encore les élèves choisissent l'allemand et le latin au collège. Ce serait même un << prérequis implicite >>.
Vos références datent visiblement d'il y a trente ans. Renseignez-vous sur les effectifs dans ces deux disciplines.
-Point 13) Je suis d'accord pour dire que la guéguerre grandes écoles / universités est stérile. Vous avez pourtant à cœur de l'alimenter ! Au sujet de la loi TEPA, je trouve comme vous que c'est une absurdité.
Votre << coup de gueule >> vous a sans doute permis de vous défouler.
Soyez cependant conscient qu'il révèle une vision erronée des prépas et des GE tout en exprimant un mépris injuste de leurs enseignants.
Cher Monsieur,
j'ai un infini respect pour tous les professeurs que j'ai eus jusqu'au bac, et du mépris pour ceux que j'ai eus après, c'étaient des machines à broyer. Si les choses ont changé, très bien, cet article ne partait pas de mon expérience personnelle mais de descriptions dans la presse nationale qui semblent démontrer le contraire.
Ma proposition est pourtant très simple :
-suppression des classes préparatoires en tant que scolarités "à part" dans des lycées.
-fondu des classes prépas dans le 1er cycle universitaire
-restitution des bâtiments et classes aux Lycées
-transformation des grandes écoles en seconds et 3e cycles universitaires
L'existence de 2 systèmes est une absurdité coûteuse.
Je pourrai évidemment répondre à chacune de vos objections. la seule vraiment intéressante est celle concernant le déficit de la balance commerciale.
Le deficit industriel français est ancien et ne date pas de 2000, et il s'aggrave. La balance commerciale était équilibrée par d'autres secteurs. J'attribue le déficit industriel, oui, au manque d'inventivité des "élèves" formés par le système français, et aux "vertus" du bourrage de crâne. Et je pense effectivement que ce système, déjà déficient dans le passé, est mal adapté aux évolutions contemporaines. Depuis le boom informatique, ça va de plus en plus mal. Sans parler de l'absence des entreprises dans le cursus. Est-ce qu'il y a une formation à la création d'entreprise dans la "scolarité" actuelle? C'est peut-être le cas aujourd'hui (est-ce qu'en prépa il y a une initiation à la création d'entreprise?). J'ai personnellement fait beaucoup d'études, pour apprendre tout seul sur le tas à 48 ans ce qu'est une entreprise. C'est tout de même très bizarre, pour un pays qui se veut très avancé.
Votre exemple du mediator n'est pas le bon. La comparaison serait plutôt avec la finance. Est-ce que l'enseignement n'a pas une part dans le manque d'éthique des grands financiers? Est-ce qu'en changeant l'éducation, on ne peut pas éviter des scandales d'attribution de stocks options etc? Vous croyez à l'éducation, je pense, donc le systèmes éducatif a forcément un rôle à jouer. Dans le cas des classes prépas, le système lui-même est contre -productif en terme d'esprit d'innovation.
Faudra quand même qu'on m'explique pourquoi les profs de prépas sont à ce point accrochés à faire leurs cours dans des classes de lycées. Faut être aveugle pour ne pas se rendre compte de l'anomalie.
Je suis ravi de vous voir revenu à des propos plus posés d'où peuvent émerger des discussions constructives.
Vous confirmez votre mépris pour vos professeurs de prépa. Libre à vous, j'en ai moi aussi méprisé quelques uns. Cependant, dans des phrases comme :
<< ils ne savent pas ce que c’est d’être confronté à un vrai problème. Ils sont des sortes de Dieux dans leur classe, dans le couloir sombre d’un Lycée.>>
<< les plus mauvais professeurs sont en classe prépa >>
vous employez le présent et déversez sans discernement votre haine sur la totalité des profs de prépa d'aujourd'hui. J'ai trouvé cela très injuste et inutilement blessant.
Jen n'ai pas retiré ça << les plus mauvais professeurs sont en classe prépa >>.
C'est une généralité que je justifie, et maintiens, par le fait que, effectivement, des professeurs de prépas, dans leurs lycées ne peuvent pas au fil des ans, rester au contact de l'avancée des connaissances au rythme néecessaire. J'ai eu parfois des professeurs très âgés, complètement déconnectés, qui recyclaient leurs petits exercices depuis des lustres. Rétospectivement, c'est effrayant. La situation créée par les professeurs de prépas dans leur classe est d'une nature très différente de la situation des M de conf chercheurs dans l'université. Ce que j'ai vécu en prépa, que je comprends mieux aujourd'hui et que décrivent encore les articles de journaux actuels, apparaîtrait rapidment comme ridicule, confronté à la réalité des systèmes universitaires en général et en particulier internationaux. Dit autrement : "mais à quoi ça rime?" Les gens ne s'en rendent même plus compte.
....Centrale.... la prison ?! ....
Je crois que la suite de ce débat mériterait davantage d'être menée en tête à tête plutôt que le blog d'un site en ligne. Ce serait intéressant car vous n'avez pas tort sur tout. Je pourrais alors vous expliquer << pourquoi les profs de prépas sont à ce point accrochés à faire leurs cours dans des classes de lycées>>, comme j'en discute parfois avec des amis universitaires. Mais votre état d'esprit ne m'en donne pas envie et j'ai assez consacré de temps à ce débat.
Si, par contre, j'ai des interrogations sur la morphogénèse, sujet que je trouve passionnant, je n'hésiterait pas à vous lire ou vous questionner !
Si quelqu'un d'autre de compétent là-dessus (directeur de Lycée, recteur d'académie, Prof de prépa, élève de prépa) veut bien répondre à la place de M. DOmps :
-pourquoi les profs de prépas sont-ils à ce point accrochés à faire leurs cours dans des classes de lycées ?
Et j'ajoute : Et ne préfèrent-ils pas la proximité avec un univers plus vivant et en prise avec le monde de la recherche?