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Nous sommes tous des américains, hélas.

Quiconque ne vit pas dans un habitat troglodyte du Périgord a compris que la France n’est plus qu’une province des Etats-Unis d’Amérique. Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles sur le matraquage du cinéma et des séries américains (écrasement culturel), le récit des péripéties de la moindre loi votée par M. Obama avec difficulté (écrasement politique), ou les conséquences épouvantables des négligences dans l’attribution des crédits immobiliers aux banlieusards de Cleveland (écrasement financier et économique), pour comprendre que notre avenir se décide dans les primaires américaines.

Pendant que nous faisons les nôtres (encore une influence ?). On débat là-bas (comme pourrait chanter Maxime Le Forrestier), de questions fort instructives pour nous. Depuis quelques jours, la sphère intellectuelle « de gauche » américaine (je mets des guillemets, parce que la gauche américaine, mouhaaaaaa). Bon, on débat de l’opinion des candidats Républicains sur la théorie… non, l’idée… enfin le principe de l’évolution des espèces par la sélection naturelle (le Darwinisme, quoi).

Richard DawkinsRichard Dawkins© dr
Une passe d’arme particulièrement saignante a opposé M. Richard Dawkins, biologiste anglais, grand défenseur du Darwinisme intégral, à M. Rick Perry, « impétrant » pour le parti Républicain. M. Perry a été traité d’ignorant, de crétin inculte etc. tous noms d’oiseaux repris avec gourmandise sur les chaînes et dans la presse américaine.
Rick PerryRick Perry
Vu de France, les EEUU sont un pays étrange ou la liberté d’opinion va jusqu’à admettre et laisser se répandre des convictions, qui, chez nous relèvent de la superstition. Le créationnisme est assez répandu dans une frange droitière du parti républicain, suffisamment significative pour que les candidats à l’investiture la flatte sur ce plan là ; et d’ailleurs aussi : les mêmes qui sont créationnistes sont généralement climato-sceptiques. (Pas tous, nonobstant, la doublure de Perry a pris ses distances avec le créationnisme, et le climato-scepticisme).
En tête de ma page blog, figure « Directeur de recherches au CNRS ». A ce titre, je suis tenu à une obligation de réserve, autant vis-à-vis de la politique, que vis-à-vis de la religion. Et je m’y tiens. Je pense que personne ne peut connaître mes opinions religieuses ou politiques, pour le cas où j’en aurais (si je n’avais ni opinions politiques ni opinions religieuses, je serais sans doute une larve). Mais je suis également tenu à « diffuser les connaissances » (d’où ce blog). C’est pourquoi, il ne fait aucun doute que mon autorité de tutelle me pardonnera si je vous annonce que les animaux n’ont pas été créés il y a 6000 ans, indépendamment les uns des autres, à coup de baguette magique. Que Dieu existe ou n’existe pas, je vous en laisse l’appréciation. Mais les animaux, tels que nous les observons sont le résultat d’une lente évolution qui a pris de l’ordre de 500Mannées (pour faire des êtres pluri cellulaires), puis encore 500Ma pour faire des vaches des chiens ou des hommes.Le hic, c’est que je n’ai JAMAIS rencontré une seule personne qui pense que les animaux ont été créés il y a 6000 ans, JAMAIS. Ni en France, ni même au cours de mes voyages à droite et à gauche (je veux dire, géographiquement).C’est faire beaucoup d’honneur à la petite frange créationniste, ne serait-ce que d’en parler. Mais qu’a dit exactement Perry ? Répondant à un enfant à propos de son avis sur l’évolution Perry a dit :« C’est une « théorie », qui a des lacunes, au Texas nous enseignons l’évolution, et le créationnisme, je pense que tu es assez malin pour savoir ce qui est juste ».Et qu’a répondu Dawkins ? : après plusieurs paragraphes d’insultes ou à peu près (je résume : ignorant, crétin, inculte, honte de la politique etc.), il écrit :

… unlike, say, string theory where scientific opinion is genuinely divided, there is about the fact of evolution no doubt at all. Evolution is a fact, as securely established as any in science, and he who denies it betrays woeful ignorance and lack of education, which likely extends to other fields as well. Evolution is not some recondite backwater of science, ignorance of which would be pardonable. It is the stunningly simple but elegant explanation of our very existence and the existence of every living creature on the planet. Thanks to Darwin, we now understand why we are here and why we are the way we are. You cannot be ignorant of evolution and be a cultivated and adequate citizen of today.Darwin’s idea is arguably the most powerful ever to occur to a human mind. The power of a scientific theory may be measured as a ratio: the number of facts that it explains divided by the number of assumptions it needs to postulate in order to do the explaining. A theory that assumes most of what it is trying to explain is a bad theory. That is why the creationist or ‘intelligent design’ theory is such a rotten theory.What any theory of life needs to explain is functional complexity. Complexity can be measured as statistical improbability, and living things are statistically improbable in a very particular direction: the direction of functional efficiency. The body of a bird is not just a prodigiously complicated machine, with its trillions of cells - each one in itself a marvel of miniaturized complexity - all conspiring together to make muscle or bone, kidney or brain. Its interlocking parts also conspire to make it good for something - in the case of most birds, good for flying. An aero-engineer is struck dumb with admiration for the bird as flying machine: its feathered flight-surfaces and ailerons sensitively adjusted in real time by the on-board computer which is the brain; the breast muscles, which are the engines, the ligaments, tendons and lightweight bony struts all exactly suited to the task. And the whole machine is immensely improbable in the sense that, if you randomly shook up the parts over and over again, never in a million years would they fall into the right shape to fly like a swallow, soar like a vulture, or ride the oceanic up-draughts like a wandering albatross.Any theory of life has to explain how the laws of physics can give rise to a complex flying machine like a bird or a bat or a pterosaur, a complex swimming machine like a tarpon or a dolphin, a complex burrowing machine like a mole, a complex climbing machine like a monkey, or a complex thinking machine like a person.

 

Darwin explained all of this with one brilliantly simple idea - natural selection

 

Bon, ici se pose ce qu’on appelle épistémologiquement une gêne technique.

En ma position de scientifique qui travaille là-dessus, je vais être obligé de dire des choses à l’encontre de M. Dawkins, qui ne manqueront pas d’être exploitées par des créationnistes. Doit-on laisser aboyer des Darwinistes intransigeants, au nom de la lutte légitime contre les superstitions ? Doit-on au nom d’un combat politique, laisser asséner des contre-vérités scientifiques ?

D’abord, il est tout à fait exact que le Darwinisme est une théorie avec des lacunes (« it has gaps » est l’expression de Perry). Je ne sais pas très bien comment les journalistes qui ont rapporté les propos de Perry, ont « entendu » des guillemets au mot "théorie", d’ailleurs, rien que ça, c’est curieux. Comme tout corps de pensée, il s’échafaude, avance, recule, il suffit de lire les controverses au sein même de la famille des biologistes pour savoir que la théorie de l’évolution n’est pas achevée. Evidemment, les créationnistes essaient de fourrer la main de Dieu dans les trous de la théorie, et il faut éviter toute forme d’angélisme, mais enfin, s’il s’agit de penser les lacunes de la théorie, et elles existent, par définition, les scientifiques doivent s’abstenir d’être intransigeants sur ce qu’ils ignorent. Mais si l’on revient à la lettre de ce qu’écrit Dawkins : ..le darwinisme explique absolument tout, les oiseaux les singes, les taupes, avec une seule idée… Il ajoute : les machines volantes biologiques sont hautement improbables, au sens où, en secouant aléatoirement toutes les parties au hasard, il est hautement improbable de voir les pièces retomber et former une machine volante comme un oiseau.

Ces propos sont dé-bi-les. Il va de soi que toute théorie qui expliquerait absolument tout avec une seule idée, pourrait être qualifiée de « paranoïaque », ou de « folle ». Le Darwinisme stricto sensu, c’est la sélection naturelle des espèces, par le caractère exponentiel des accroissements de population par la descendance ; dès qu’un animal est un peu « amélioré », il prend le dessus via sa progéniture. C’est la principale idée. Darwin ne dit strictement rien de la façon dont sont produits les animaux. Si M. Dawkins pense que les oiseaux se forment en jetant en l’air des pièces d’oiseaux qui retombent au hasard en formant des organismes qui sont ensuite sélectionnés, il se trompe, même métaphoriquement. Et contrairement à ce que dit Dawkins, le vol est la chose la plus simple, et la plus répandue dans le règne animal, si l’on veut bien admettre que les poissons volent, en battant un fluide qui s’appelle l’eau. Et d’ailleurs, ce fluide étant mille fois plus dense que l’air, l’énergie requise pour se déplacer en battant de l’eau est assez proche de celle requise pour voler (au lieu de déplacer un peu d'eau pour avancer, on déplace mille fois plus d'air). Les premiers animaux bilatéraux (pikaia) volent dans l’eau, les insectes volent dans l’air, un nombre effrayant de chauve-souris volent (c’est l’espèce de mammifère la plus représentée : 600 espèces), de tous les vertébrés, les vertébrés volants sont les plus nombreux (30000 poissons, 10 000 oiseaux).

L’origine du vol, c’est l’extension de lames de tissu embryonnaire plates, et l’origine des lames de tissu embryonnaire, c’est le fait que les animaux sont formés de plis. Et l’origine des plis, c’est que les animaux sont des galettes plates qui grandissent, et pas du tout des pièces qui retombent au hasard. ET les galettes plates plient quand elles grandissent à cause d’une « loi » de la physique des matériaux qui s’appelle le flambage visco-élastique (Equation d’Euler-Von Karman).

Par conséquent, une phrase comme : "Thanks to Darwin, we now understand why we are here and why we are the way we are" est complètement erronée, ou tellement insuffisante qu'elle en est fausse. On ne peut pas comprendre la forme des animaux, sans comprendre le mécanisme visco-élastique d’extension des tissus embryonnaires, lequel ne se fait absolument pas "au hasard", mais suivant un mécanisme physique, dont les paramètres sont tirés au hasard. Ce qui est très différent.

melonmelon
Par exemple, regardez un melon, ou un volvox, qui sont pratiquement sphériques : ces sphères sont les attracteurs d’un mécanisme de traction cellulaire, dont la forme d’équilibre est la sphère. La définition d’une sphère est « ensemble des points situés à la distance R du centre ». Il ne rentre aucune génétique ou biologie dans cet énoncé.

Par conséquent, le Darwinisme n’explique pas pourquoi les melons ou les volvox sont sphériques. Ce sont les lois de la physique qui l'expliquent, car les lois physiques contiennent des panoplies de formes, associées aux phénomènes de grandissement, extension et/ou pli : ces phénomène se font pas n’importe quoi, même quand ils s’appellent « développement embryonnaire » ou « sélection naturelle ».

Dire que le Darwinisme explique la forme des animaux, ce serait comme dire que la poudre à canon dans le canon explique la trajectoire parabolique de l’obus. C’est une erreur de catégorie. Il est tout à fait vrai que la cause « grâce à » laquelle l’obus atteint sa cible est le déclenchement du tir par l’artificier, avec la poudre ad hoc. Cependant, derrière cette cause, se cachent 1-la forme des équations de la gravitation 2-la valeur exacte de la masse de la terre 3-la dimension de l’espace physique. Par conséquent, l’explication complète d’un tir d’obus requiert une connaissance de l’ensemble des lois aboutissant au résultat. De même en biologie, la seule loi de la sélection naturelle n’explique pas la forme des animaux. Il est clair que toute personne qui écrit cela s’expose à des représailles, et moi-même je suis constamment victime d’amalgames et de calomnies (notamment par internet et sur des blogs). Il est clair également que ce genre d’énoncé peut servir les créationnistes, ce qui est bien dommage.

Cependant, les Darwiniens intégristes existent, et ils se sont accaparés un petit marché des permis de penser, qu’ils distribuent au gré de leurs oukases.

Le point ultime de compatibilité de la religion et de la science (je ne dis pas de réconciliation), se situe quelque part dans ce qui a précédé les lois de la physique. Vous pouvez penser que Dieu a créé les lois de la physique pour que le jardin terrestre soit possible, mais si vous admettez a) que les lois de la nature sont autonomes depuis, b) que sur le plan technique, les Livres sont truffés d’erreurs énormes, alors tout le monde sera content. La question de l’âme sera laissée à l’appréciation de chacun.Vu de France, le créationnisme est très inquiétant, mais les invectives d’un Dawkins ou de quelques autres (je pense aussi à PZ Myers) sont un peu inquiétantes aussi.

 

Tous les commentaires

Avant de lire votre billet, je me contentais de considérer les créationnistes comme soit des obscurcis (plutôt qu'illuminés) ou des manipulateurs d'obscurcis (ceux qui n'en pensent pas moins mais tirent parti de l'ignorance de leurs contemporains pour s'assurer un pouvoir sur eux).

Bref j'ignorais qu'il existât des Darwinistes extrémistes, ce dont j'aurais pu me douter, étant entendu que l'extrèmisme n'épargne aucune pensée humaine.

Merci de m'avoir permis de faire le point sur cette question.

Il est amusant, en passant, de parler rigueur scientifique avec pour titre un amalgame injustifié et injustifiable si vous aviez expérience culturelle des États-Unis. N'oublions pas que l'amalgame sert d'outil de désinformation...Tea Party, CNRS, même procédé?

J'ai pas compris, mais n'hésitez pas à détailler. Je suis parfaitement disposé à modifier le billet si j'ai commis quelque bourde que ce soit.

Cher Monsieur

 

je vous remercie pour votre élan argumentaire; je connais très bien les EEUU.

Par ailleurs je précisais bien que le billet concernait les créationnistes, c'est-à-dire "une frange droitière du parti Républicain", et plus loin "une petite frange créationniste", donc vous voyez jusqu'où peut aller ma rigueur intellectuelle : je me suis bien gardé de présenter tous les américains comme créationnistes.

Pour le reste...

 

Cher ami,

 

«Quiconque ne vit pas dans un habitat troglodyte du Périgord a compris que la France n’est plus qu’une province des Etats-Unis d’Amérique. Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles sur le matraquage du cinéma et des séries américains (écrasement culturel), le récit des péripéties de la moindre loi votée par M. Obama avec difficulté (écrasement politique), ou les conséquences épouvantables des négligences dans l’attribution des crédits immobiliers aux banlieusards de Cleveland (écrasement financier et économique), pour comprendre que notre avenir se décide dans les primaires américaines.

 

Pendant que nous faisons les nôtres (encore une influence ?). On débat là-bas (comme pourrait chanter Maxime Le Forrestier), de questions fort instructives pour nous. Depuis quelques jours, la sphère intellectuelle « de gauche » américaine (je mets des guillemets, parce que la gauche américaine, mouhaaaaaa).»

 

Et la suite du second paragraphe découpée : «Bon, on débat de l’opinion des candidats Républicains sur la théorie… non, l’idée… enfin le principe de l’évolution des espèces par la sélection naturelle (le Darwinisme, quoi).»

 

«Vu de France, les EEUU sont un pays étrange ou la liberté d’opinion va jusqu’à admettre et laisser se répandre des convictions, qui, chez nous relèvent de la superstition. Le créationnisme est assez répandu dans une frange droitière du parti républicain, suffisamment significative pour que les candidats à l’investiture la flatte sur ce plan là ; et d’ailleurs aussi : les mêmes qui sont créationnistes sont généralement climato-sceptiques. (Pas tous, nonobstant, la doublure de Perry a pris ses distances avec le créationnisme, et le climato-scepticisme).»

 

«(...) je me suis bien gardé de présenter tous les américains comme créationnistes (...).» et votre titre parle de «Nous sommes TOUS des américains»??? Anodin certes mais significatif.

 

Je tentais de vous dire ce que l’on pensait vu d’ici face à ce que vous écrivez. C’est bien la liberté d’opinion mais c’est mieux la liberté d’expression.

 

C’est peu après cette longue digression sur l’emprise de l’Empire américain…Même votre charge sur le créationnisme ne tient pas lorsque l’on connaît l’état la critique posée en Amérique à ce sujet…

 

Je vous sens énervé mais ce n’est pas mon but de le faire. Je fais du participatif au sens désiré par le site ici-même en m’attendant sur le retour à des éclairages plus rigoureux qu’un haussement d’épaules due à l’agacement.

 

Selon des sources pointues en sciences, le darwinisme est aussi remis en question face à la recherche et à l’évolution des outils scientifiques. Disons qu’on y met des nuances que Darwin ne pouvait en faire pour faute d’outils conceptuels plus conséquents.

 

Si vous connaissez bien les États alors je suis plus estomaqué par votre billet et ses deux premiers paragraphes. Toutefois, désolé pour vous avoir agacé…Cordialement.

Cher Monsieur,

je ne suis pas du tout agacé par votre message. C'est un simple effet de lecture sur texte.

J'ai l'impression que vous n'avez pas perçu la dérision dans une partie de ce texte, y compris le titre (nous sommes tous des américains, des juifs allemands, des libanais, des haïtiens etc.).

 

Cher ami,

 

Je l'avais fort bien compris néanmoins la teneur de vos deux pragraphes en contredisait l'ironie. Voilà tout. N'en faisons pas un fromage mais remettons en question (voir en réponse) les préjugés quels qu'ils soient. Mille excuses pour mon intrusion dans votre blogue.

Sur le "NOus sommes tous Américains" on peut citer La Boétie (enfin je crois que c'est lui)

"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux".

.

Nous pourrions aussi être "grands", si nous étions les Etats-Unis d'Europe.

Mais un obstacle parmi quelques autres, nous en empêche: pour être "unis dans la diversité", il nous faudrait nous comprendre.

Je vous conseille un article du site "Sauvons l'Europe", ici.

Mais alors pourquoi utilisez-vous EEUU pour États-Unis tout en considérant que EEUU cela se dit chez les hispaniques états-uniens Estados Unidos ou dans les dico franco-espagnol? La langue, c'est vivant et nous héritons depuis des siècles d'emprunts colossaux qui nous permirent de créer notre langue française. Penser à Chaucer pour l'anglais. Le volapük est une pseudo langue inventée par un allemand et si nous parlions l'anglais que nous utilisons ici en Amérique comme le font pargois ces enfants à l'école qui eux utilisent des mots issus de l'anglais directement et non du volapük qu'ils n'ont jamais entendu ni lu?

Pourquoi donc EEUU? Je suis curieux de cette utilisation rare hors de la sphère hispanique .

O, lo siento mucho, por favor, disculpeme, yo he vivido ocho años en Uruguay.

 

Solamente ocho anos?¡Ah bueno!

Mais pour les autres lecteurs, ce serait sympa que vous répondiez en français. Pourtant je suis espagnol depuis ma naissance mais j'aime la langue française. Pourquoi alors vous adressant aux francophones vous utilisez un sigle hispanique tel que EEUU pour USA ou États-Unis? Votre rigueur scientifique pourra vous aider à nous éclairer sur ce fait qui ne devrait pas a priori contredire vos propos sur les enfants et leur utilisation de l'anglais dit volapük. Merci pour nous répondre...

Le français est une langue difficile pour les anglo-saxons. Je corrige encore mon épouse et elle ne me corrige presque jamais pour l'anglais. Oui il y a un matraquage mais doit-on avoir peur de cela? Que signifie la culture française au 21ième siècle et que veut -on muséifier?

J'aime cette transformation, hybridation des langues. Voyez la notion du mot le «caché» pour Dieu qui se dit en grec mistattèr selon la formule souvent citée des prophètes et qui est devenue quasiment proverbiale sous la forme latine que lui adonnée la vulgate: deus absconditus (Isaïe, 45, 15). Mais il est tout aussi vrai de dire qu'il est manifeste. Tout dépend de savoir à quoi il est caché, et à quoi il est manifeste. Dans ce sens Dieu est mystérieux (mistattèr). Cette balade, les enfant la font et c'est un bien pour tout le monde dans le sens où une langue unique s'installe au fil de l'Histoire humaine d'un point de vue darwinien. Cela évolue...

 

Lorsque vous commencez à entendre des choses comme "le leader du team, c'est le coach", on est loin de l'interaction séminale entre cultures. (et les prévenus commencent à dire "votre honneur" dans les tribunaux, au lieu de "Monsieur le Président")...

Et alors tant que ce n'est pas dans les traités de philo, je m'en fous éperdument...On pourrait faire la même chose avec le grec de platon, le latin de St Augustin et le français de Rabelais ou l'argot tant aimé par Jean Cocteau...Cependant, je vous l'accorde, les prévenus n'ont pas beaucoup de culture juridique. Vous dites bien EEUU pour États-Unis pourquoi pas eux pour d'autres mots? En France on se gare dans un parking mais au Québec on se parque dans un stationnement...Au Québec on tombe en amour et en France en tombe amoureux ou on prend une marche encore au Québec et en France on va se promener...Il y a de tout dans tout...Relax, la vie est belle, les accents sont beaux et les erreurs ou emprunts sont poétiques... J'espère toutefois qu'au CNRS vous ne dites pas EEUU en tenant le même discours.

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