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L'AFP devra-t-elle rembourser l'aide de l'Etat?

E. HoogE. Hoog

Dans un courrier adressé mardi 30 août aux membres du comité d'entreprise, le président de l'AFP Emmanuel Hoog explique que la Commission européenne pourrait déclarer illégale l'aide accordée par l'Etat sous forme d'abonnements (115,4 millions d'euros au budget 2011, soit 40% du budget de l'agence) et contraindre l'agence à rembourser à l'Etat «la partie illégale des financements publics perçus au cours des dix dernières années».

«Nous pensons possible de voir cette aide identifiée à une “aide existante”, qualification juridique qui permettrait d'échapper à l'obligation de restitution des sommes perçues mais qui ne dispenserait naturellement pas d'une mise ne conformité pour l'avenir», poursuit le PDG qui souligne que l'Europe pourrait obliger l'AFP a accepter une réforme du statut de 1957, réforme contre laquelle les salariés ont fait grève en mai et en juin (lire aussi Statut de l'AFP : les justifications trompeuses du PDG Emmanuel Hoog»).

 

Cette soudaine vigilance européenne contre une subvention publique versée depuis plus de cinquante ans s'explique par une plainte déposée en février 2010 par l'agence allemande DAPD (ex-DDP). Cette aide, jugeait alors DAPD, provoquait une distorsion de concurrence en permettant à l'AFP de pratiquer sur le marché allemand des tarifs inférieurs de moitié aux prix qu'elle pratiquait elle-même. 

Depuis lors, la situation a changé avec, notamment l'acquisition cet été de l'agence photographique Sipa Press par DAPD, lui ouvrant ainsi le marché français. A l'occasion de cet accord, le copropriétaire de l'agence, Martin Vorderwülbecke, annonçait d'ailleurs sans détour son ambition de «présenter un service complet, national et international l'an prochain» en France, «peut-être au printemps 2012». «Nous avons déjà eu des discussions avec quelques groupes de presse (régionaux, NDLR) qui nous ont dit avoir un vrai intérêt pour une alternative à l'AFP», avait-il précisé lors de sa conférence de presse.

La direction générale à la concurrence de la Commission européenne a adressé le 22 août ses observations à la représentation française. Elle déplore le fait qu'«apparemment, il n'est pas prévu d'abaisser le montant de la contribution publique annuelle» et signale que pour être compatible avec les règles européennes l'aide publique devrait se concentrer sur des «services d'intérêt général» distincts des offres concurrentielles. «Ces conditions ne semblent cependant pas remplies selon les informations dont nous disposons à ce stade. (...) La direction générale de la concurrence (...) rappelle à la France que toute définition d'une mission de service public doit permettre de distinguer entre le service public de l'AFP et d'autres activités purement commerciales afin d'en exclure les subventions croisées à ces dernières.» 

Dans son courrier, Emmanuel Hoog estime que le changement exigé par l'Europe «passe par une réforme du statut permettant le financement par l'Etat de missions d'intérêt général». Ce n'est pas précisément l'interprétation d'un membre du comité d'entreprise qui note que, si la Commission signale l'existence de la proposition de loi du sénateur (UMP) Jacques Legendre réformant le statut de 1957, elle n'établit pas de lien clair d'obligation, la reconnaissance de missions de services publics pouvant passer par un simple contrat avec l'Etat.

La direction générale de l'agence a convoqué un comité d'entreprise extraordinaire vendredi 2 septembre. Avant cela, l'intersyndicale a prévu une assemblée générale jeudi à 14 heures qui pourrait déboucher sur un appel à la grève le lendemain. Et elle soumet au personnel une motion de défiance à l'encontre de son PDG, à propos du possible recours à un cabinet de lobbying pour promouvoir le projet de réforme de l'AFP en interne comme à Bruxelles  (lire aussi «Quand l'indépendance de l'AFP devient l'affaire de l'Etat»). 

 

Tous les commentaires

30/08/2011, 21:48 | Par David Sharp

Bonsoir,

Vous trouverez un dossier consacré aux dernières attaques contre le statut de l'AFP sur le site intersyndical "SOS-AFP": http://www.sos-afp.org/fr/mobilisation_sept2011

NB : il n'est pas trop tard pour signer la pétition sur le même site !

31/08/2011, 02:56 | Par Patrick Gabriel

La lettre de la Commission diffusée et utilisée par Hoog pour mieux faire accepter le projet de Loi du sénateur UMP Jacques Legendre de réforme du statut de "l'indépendance" de l'AFP et la mainmise de l'Etat sur l'Agence, est une mise en scène.

Ce que Hoog ne dit pas, c'est qu'en date du 23 Août, la Commisssion a adressé une lettre à TOUS SES ETATS MEMBRES, leur demandant quelle est la part qu'ils versent pour leurs abonnements, dans les revenus de leurs Agences de presse nationales.

C'est donc à une enquêtee européenne, que se se livre la Commission Européenne. Les Etats membres doivent répondre dans les deux mois qui viennent. (Le Syndicat Autonome des Journalistes-UNSA de l'AFP publiera ces documents mercredi).

Contrairement à ce qu'affirme Hoog, le cas de l'AFP n'est pas à part et n'est pas plus urgent que les autres Agences de presse européennes (qui percoivent de leurs Etats respectifs des sommes astronomiques, autrement plus massives que celle concernant la convention d'abonnement de l'Etat Français, dont rien n'indique pour le moment que la Commission la considère comme une "aide d'Etat illégale".

Par ailleurs, si dans un proche avenir, la Commission voulait sanctionner l'Etat Français, tout un arsenal de recours juridiques, y compris devant la Cour de Justice de la Communauté Européenne, est prévu.

Mais cher Vincent Truffy, ce que vous ne savez pas encore, c'est que cette affaire est bel et bien une affaire d'Etat, l'exécutif français jouant contre son camp à Bruxelles pour remettre en avant le projet de réforme du statut du sénateur UMP et le faire adopter par le Parlement en février 2012, 3 mois avant les Présidentielles et 4 avant les Législatives.....!

Le SAJ-UNSA publiera demain une série de documents dans ce sens.

Dans cette affaire, Hoog (qui est mort professionnellement à la tête de l'Agence et qui doit partir), n'est que le petit serviteur zèlé et aux ordres du Château.

A SUIVRE

31/08/2011, 10:24 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de Patrick Gabriel le 31/08/2011 à 02:56

Il y a quand même une forte probabilité pour que l'agence ne soit pas contrainte de rembourser l'aide, évoquée dans la lettre même du PDG sous la forme de «portes de sortie».

La Commission ne conteste d'ailleurs pas le principe d'un Etat abonné à l'AFP: elle même «paie 323.374 euros pour un abonnement de 5 ans aux services de texte de l'AFP» et le gouvernement fédéral allemand «3,75 millions d'euros par an pour les services de texte intégral des abonnements à la DPA et DAPD» – ce qui n'empêche pas le financement par d'autres biais. Pour ce qui est de la demande «à tout les Etats membres», il semble que ce soit bien une demande faite à la suite de la plainte allemande, à des fins de comparaisons. C'est plus le fait de camoufler la subvention à l'AFP – en réalité à l'ensemble de la presse qui devrait payer plus cher les services de l'agence sans cela – sous la forme d'«un nombre très élevé (plusieurs centaines) de souscriptions (...) à première vue pas justifié» qui fait tiquer la direction de la concurrence.

Ceci étant dit, toute information complémentaire sur les résultats de l'enquête européenne est bienvenu dans le fil de commentaires qui suit ici.

Pour ce qui est de l'urgence, vous avez raison: la Commission ne juge urgent qu'«un changement de la situation actuelle» sans préciser formellement qu'il s'agirait d'une réforme du statut de 1957.

Pour ce qui est de l'«affaire d'Etat», je crois comprendre que vous parlez des faits relatés dans cet article (Emmanuel Hoog a explique que le document de Media9 «fait partie des multiples propositions que reçoit chaque jour la direction (...). Elle n'y a pas donné suite. Il n'engage en rien l'agence».

Encore une fois, ce fil de commentaires est ouvert. Publiez y les informations, documents et analyses qui vous sembleront pertinents. Ou qui pourraient montrer le rôle de l'Elysée pour accélérer la réforme ;)

31/08/2011, 11:21 | Par profil_inactif_145012

Reprise de la pétition

http://www.sos-afp.org/fr/mobilisation_sept2011

 

Merci de continuer à nous informer sur les moyens tordus de ce pdg.

01/09/2011, 09:20 | Par Vincent Truffy

Patrick Gabriel (cf. plus haut) vient de publier sur Mediapart le communiqué du SAJ-UNSA à propos de l'affaire Media9 (@Patrick Gabriel: il y est fait mention de documents mais pas des moyens de les consulter. Si vous avez une idée...)

Par ailleurs, la Société des journalistes de l'AFP s'est dit inquiète de «l'opacité de la communication de la direction dans l'affaire Media9» et comprend «l'émotion suscitée par des explications tardives et déficientes, qui ont généré l'inquiétude, voire la défiance.»

Deux AG sont prévues, le jeudi veille du CE à 14 heures et le vendredi à 14 heures. L'intersyndicale appelle à un arrêt de travail «en France et pour la France» pendant le comité d'entreprise de 9 heures à 14 heures et la motion de défiance pourrait être mise au vote de «l’ensemble du personnel de statut siège» le même jour.

08/09/2011, 15:39 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de Vincent Truffy le 01/09/2011 à 09:20

Les résultats de la motion de défiance:

«Corps électoral statut siège : 1380

Suffrages exprimés : 797 (soit 57,75%)

Se sont prononcés :

Pour : 704 (88,33%)

Contre : 45 (5,65%)

Abstentions : 48 (6,02%)

13 pigistes et locaux ont participé à l'élection et leur vote n'a pas été pris en compte dans le corps électoral.

Techniquement et vu le court délai dont nous disposions, il n'a pas été possible d'obtenir la liste des salariés de statuts locaux et régionaux.»

http://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/080911/afp-la-motion-de-defiance-contre-emmanuel-hoog-adoptee-8833

08/09/2011, 18:10 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de Vincent Truffy le 08/09/2011 à 15:39

Et voici la réponse du PDG, diffusée en interne:

«Je prends acte des résultats de la motion de défiance adoptée ce jour par les personnels de l'Agence, et de l'émotion suscitée qui, je le répète, se situe sur le seul terrain de mes intentions supposées, et jamais sur celui de décisions prises et donc des faits avérés.
Les résultats de cette consultation réservée aux seuls salariés sous statut siège sont les suivants : 57, 75 % de participants, dont 88,33 % pour la motion, 5,65% contre et 6,02 % de votes blancs. L'abstention est de 42,25 %.
Parmi ceux qui ont choisi de voter la défiance, je distingue ceux pour lesquels ce vote manifeste une inquiétude, une demande d'explication et davantage de dialogue, et ceux qui, par la calomnie et l'injure, essaient de salir l'action d'un homme et d'une direction, en recourant à des méthodes que l'on croyait d'un autre âge. La chasse à l'homme et le harcèlement ne se justifient dans aucune entreprise. Ces pratiques ont pour objet de blesser et de dégrader ; elles n'auront pour résultat que de disqualifier ceux qui s'y complaisent.
Mon parcours a toujours été dicté par la croyance profonde que les grandes choses se faisaient dans le cadre d'ambitions collectives. L'ambition collective, parce que rien ne vaut demain. L'ambition collective parce que le travail d'équipe est porteur de grandes gratifications et de plaisir, et que l'intelligence est plus forte quand elle est plurielle. Je ne renoncerai pas à ces valeurs. Nous ne pourrons avancer qu'en mettant de côté les anathèmes et les procès d'intention d'une part. Et en prenant des positions claires, construites et réfléchies d'autre part. A cet égard, j'ai toujours souhaité régulièrement écrire mes positions et mes convictions pour que chacun puisse, au moment où le bruit médiatique l'emporte sur la réalité des faits et des décisions, disposer des éléments constants de mon action et de la stratégie de l'Agence : engagement résolu dans le numérique, accélération du développement de la vidéo et, plus généralement, de l'activité à l'international.
Depuis mon arrivée, j'ai multiplié les initiatives de dialogue ; je les ai toujours assorties d'un appel au respect de l'honneur de chacun, de la courtoisie verbale et écrite et des principes élémentaires de la vie en société.
Concernant notamment l'évolution du statut, je souhaite vivement que le dialogue s'intensifie, dans le cadre de la concertation que j'ai annoncé dans mon message du 2 septembre. La première réunion aura lieu fin septembre. Il appartient naturellement au Sénat de décider de la suite qu'il entend donner à la proposition de loi déposée en mai mais il me paraît souhaitable que l'Agence et ses personnels soient plus que jamais forces de proposition sur les questions qui se posent à nous aujourd'hui : peut-on répondre aux interrogations de la Commission européenne sans modifier le statut et si oui, quelle forme cela peut-il prendre ? Dans le respect le plus absolu de l'indépendance de l'Agence, faut-il faire évoluer sa gouvernance ou considère-t-on que le fonctionnement actuel garantit le développement de l'entreprise ? Il est de notre devoir de réfléchir à ces sujets et d'y apporter des réponses, comme je l'avais déjà affirmé et demandé dans mon message du 16 juin dernier. Dans un calendrier indépendant de l'agenda parlementaire. Toutes les positions sont respectables et seront respectées ; il n'est nul besoin d'utiliser les termes de « forfaiture », d'« éléments exogènes » etc... pour qualifier la position de ceux, dont je fais partie, qui sont attachés au statut mais convaincus qu'il peut et doit évoluer.
La direction entend que ce dialogue progresse dans un climat respectueux des principes élémentaires de la vie en commun. Je le répète.
Or, à cet égard, il faut le dire, les ordinateurs de la direction ont été mis à mal depuis les locaux mêmes de l'agence : des boîtes mails ont été piratées, des disques durs visités, des mots de passe craqués. Ces pratiques illégales sont indignes de l'AFP. La direction prendra les mesures nécessaires pour faire en sorte qu'elles ne se reproduisent plus.

 

Au-delà des questions du statut et de la plainte déposée auprès de la commission européenne, qui sont importantes mais ne doivent pas polariser l'entreprise en permanence, j'entends, je le redis, continuer de promouvoir le développement international de l'Agence dans toutes ses composantes, notamment autour de la vidéo, du multimédia et des priorités géographiques que sont le Brésil, l'Inde et le monde arabe. Avec constance et détermination. Qui pourrait croire, contre toute évidence, que je serais partisan d'un recentrage de l'Agence sur ses seuls clients français avec lesquels nous sommes, dans le même mouvement, en train de refonder notre partenariat historique ? Cela n'a pas de sens et contreviendrait directement à toutes les décisions que j'ai prises depuis mon arrivée et aux choix qui seront faits dans le cadre du budget 2012.
Voici l'Agence dont nous sommes tous fiers : une Agence qui avance, dans le dialogue et le respect mutuel ; une Agence forte, indépendante et innovante.
Très chaleureusement.

 

Emmanuel Hoog.»

01/09/2011, 21:41 | Par David Sharp

Bonsoir, l'AG de l'AFP, à laquelle ont assisté environ 200 personnes, a donné lieu à un communique que vous pouvez lire à l'adresse http://www.sos-afp.org/fr/mobilisation_sept2011#intersyndicale. On peut y lire la motion de défiance qui sera soumise au personnel par les syndicats.

Demain matin (vendredi) à 9 heures, Emmanuel Hoog doit se justifier devant le CE.

(Cordialement, D. Sharp, SUD-AFP)

02/09/2011, 17:25 | Par Vincent Truffy

Merci pour ces informations. Pour compléter, la réponse d'Emmanuel Hoog: «Comme je l'ai affirmé depuis ma nomination en avril 2010, une évolution du statut me paraît nécessaire pour améliorer la gouvernance de l'Agence, et notamment la composition du conseil d'administration, et pour se mettre en conformité avec les exigences du droit communautaire. (...) Le statu quo n'est pas possible (...) Devons-nous être acteurs ou spectateurs de ce changement ?»

Vendredi 2 septembre, il a proposé au CE un «dispositif de concertation associant des représentants de la direction et tous ceux désireux de faire évoluer le statut (...) dans le respect de l'indépendance de l'agence».

 

Par ailleurs, à propos de DAPD, nouveau propriétaire de Sipa Press (voir le blog de Michel Puech): la direction de l'agence photographique aurait, selon Presse News, envoyé 34 lettres de licenciement sur 96 salariés le 1er septembre, dont 16 photographes (les deux tiers de l'effectif), deux journalistes (sur 10) et seize employés techniques et administratifs, sans compter le départ annoncé du directeur des ressources humaines, Josué Bensimon, et de la responsable juridique, Alexandra Chauchereau, celui de la directrice générale, Béatrice Garette, effectif depuis juillet.

A l'avenir, la direction compterait s'appuyer plus sur un réseau de pigiste «pour gagner en flexibilité», rapporte Presse News. Elle recrute un rédacteur en chef photos et un rédacteur en chef texte.

05/09/2011, 21:52 | Par Vincent Truffy

Une petite information qui n'est pas sans rapport avec l'offensive de DAPD sur le marché de la PQR.

 

Paris Normandie vient de se réabonner à l'AFP pour trois ans, après avoir abandonné l'agence (300.000 euros par an) pour le fil français de Reuters, plus léger mais beaucoup moins coûteux, suivi par d'autres titres du groupe Hersant Média (GHM), comme La Provence (550.000 euros par an contre 60.000 pour le fil Reuters).

 

En réalité, ce n'est pas vraiment le fil complet de l'AFP auquel Paris Normandie s'abonne, mais, comme La Nouvelle République du Centre-Ouest et La Dépêche du Midi, à «L’Essentiel-PQR», un service réduit qui «comprend toutes les alertes, les urgents et les principaux développements de l’actualité française, internationale et sportive. Il représente environ 30% du volume de dépêches du fil complet en français et 50% du FRS-Focus, lancé en 2009 à destination de la PQR et qui comportait déjà un volume réduit d’informations étrangères», précise le communiqué de l'AFP.

 

C'est bien le moins que Paris Normandie pouvait faire puisque le titre a été associé, avec les titres cités plus haut et Le Télégramme (ex-de Brest), à la définition de l'offre pour la PQR, revue avec une grille tarifaire progressive: un fil de base avec des options facturées en sus, permanentes (sport français, faits divers, contextualisation…) ou événementielles (les Jeux olympiques, l’euro de football, l’élection présidentielle...)

 

06/09/2011, 14:49 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de Vincent Truffy le 05/09/2011 à 21:52

Dans Libération du jour, Jean-François Leroy, directeur du festival de photojournalisme Visa pour l'image de Perpignan, écrit (à propos de toute autre chose): «Si je reconnais devoir manier avec précaution le concept de «presse de merde», la presse, elle, devrait manipuler avec une attention toute particulière la nature des informations qu’elle diffuse. Car, quand les directeurs de journaux prétendent que les gens ne s’intéressent plus aux reportages, ne se préoccupent plus de ce qui se passe dans le monde, ils semblent oublier qu’ils se sont rendus coupables de ce dangereux phénomène dès lors qu’ils ont troqué la Libye pour DSK, Aung San Suu Kyi pour Pippa Middleton, avec pour seul motif la rentabilité financière de leur édition.»

11/09/2011, 11:54 | Par profil_inactif_121699

: «Si je reconnais devoir manier avec précaution le concept de «presse de merde», la presse, elle, devrait manipuler avec une attention toute particulière la nature des informations qu’elle diffuse. Car, quand les directeurs de journaux prétendent que les gens ne s’intéressent plus aux reportages, ne se préoccupent plus de ce qui se passe dans le monde, ils semblent oublier qu’ils se sont rendus coupables de ce dangereux phénomène dès lors qu’ils ont troqué la Libye pour DSK, Aung San Suu Kyi pour Pippa Middleton, avec pour seul motif la rentabilité financière de leur édition.»

 

Rien à redire. Ils ne tiennent pas compte de la rentalisation à long terme...

 

J'ai lu votre billet ainsi les différents liens, dont le billet de David Sharp, j'ai du mal à saisir les fondements de la contestation des salariés de l'AFP. Plus précisément en ce qui concerne leur "mission d'intérêt général" et qu'il s'agisse (encore) d'une "grande" agence de presse.

Pour ma part, depuis des années, l'AFP a failli a sa mission première qui est celle de servir l'intérêt général, d'informer les citoyens d'un pdv qualitatif et quasi-irréprochable :

- en 2002/2003, une "enquête" Le Monde/AFP évoquait un sentiment "anti-français" aux USA avec des "sondages" à l'appui. Or, sur le terrain ce n'était pas le cas et c'était bien plus nuancé d'une ville à l'autre des USA. Toutefois, en parallèle, Le Washington Post/Reuters faisait exactement la même chose en parlant d'un sentiment "anti-américain" en France avec leurs propres "sondages". Bref, chaque état de part et d'autre de l'Atlantique avec leurs journaux montaient les opinions publiques l'une contre l'autre. C'est cela l'information. C'est pour ces services rendus que le contribuable paie.

 

- depuis des années, même les dépêches people de l'AFP ne sont que des copiés-collés des articles de tabloïdes anglais, sans qu'il n'y ait la moindre réflexion, enquête ou ce n'est-ce vérification effectuées de la part de l'AFP... à l'instar de l'histoire de l'agression dans le RER

 

- lors des visites de personnalités publiques (politiques et autres), les dépêches de l'AFP ne retranscrivaient guère les faits et les évèvements tels quels..

 

- même récemment, la personne envoyée par l'AFP a trouvé le moyen d'être en retard pour le mouvement des Indignés français sur le parvis de Beaubourg. Auparavant, très très peu de médias en ont parlé. En revanche, ils n'ont pas manqué d'être tous présents à l'aéroport ou place des Vosges.

 

En conséquence, je pense que cette réforme est nécessaire et utile. L'AFP se doit de rembourser l'état - les contribuables - pour services non-rendus.

 

'M. Hoog croit-il sincèrement que le Parlement ou le peuple français laisseraient s'écrouler, sans la moindre résistance, une grande institution nationale et même internationale sous prétexte qu'elle aurait été "condamnée" par la Commission européenne ou la Cour de Luxembourg ?'

 

Oui.

L'AFP n'a qu'à compter sur DSK, Middletrash etc. car, je ne sais pas en quel sens et à quel moment cette agence a privilégié sa mission première et servi l'intérêt des 69 millions de Français - leurs concitoyens-contribuables, qui, financent des services/missions qui ne sont pas remplis par ce prestataire public et de l'état.

11/09/2011, 22:07 | Par David Sharp

L'analyse d'"AS B" est très intéressante.

En tant que salarié de l'AFP, je suis bien entendu tenu à un devoir de réserve sur le contenu des services de l'agence.

En tant qu'élu du Comité d'entreprise je peux cependant me permettre un certain nombre de commentaires sur la stratégie de l'entreprise, dont trouverez des échos dans le bilan que j'ai écrit de mon mandat au sein de cette institution. Parmi les principaux chapitres :

Introduction : http://www.sharp-words.com/notes/?p=116

Commentaires sur un "quiz" en anglais lancé sur Facebook : http://www.sharp-words.com/notes/?p=234

L'AFP et la publicité : les mauvaise fréquentations : http://www.sharp-words.com/notes/?p=273

Cordialement, David Sharp

13/09/2011, 00:14 | Par profil_inactif_121699 en réponse au commentaire de David Sharp le 11/09/2011 à 22:07

Cela doit faire bien un an (ou plus) que je n'ai pas visité le site de l'AFP. Ils en ont de ces "idées", à l'instar du quizz. Ils devraient davantage penser à améliorer leur contenu, d'un pdv qualitatif, puis innover que de développer des projets qui ne sont que du gaspillage de l'argent public. 

Par exemple, à l'inverse de l'AFP (depuis moins de 2 ans et encore avant c'était la galère de trouver les dernières nouvelles qui concernaient la France ou de certains "hot topics" liés à l'actu internationale, sur leur site), Reuters donne accès sur son site aux infos et gratuitement - de surcroît sans avoir à passer via G**gle. Il y a moins d'un an, on ne pouvait pas visualiser certaines de leurs vidéos (à l'époque leur compte YT n'existait pas, bien que Skynews ou la BBC avaient déjà les leurs et très bien développés en dehors de leurs propres sites, auxquels on ne peut pratiquement rien reprocher et sont "régulièrement" mis à jour quant à la présentation, de l'architecture du site etc. même si certaines émissions ne sont plus désormais disponibles, en dehors de leur zone UK, si l'on se connecte en dehors de leur zone... comme Panorama, le dimanche matin avec Andrew Marr etc. ) sur les pages news UK/US. Or, c'était des exclus liées à la France, son histoire etc. 

A l'époque, toutes ces news étaient importantes pour moi, car mes amis/connaissances à qui j'évoquais ces sujets (sans avoir le tps de tout traduire et de tout expliquer... avec des illustrations nécessaires par des articles, photos/vidéos etc. à l'appui et en anglais) ne parlaient pas - pour la plupart - un mot de français, ne connaissaient pas vraiment grand chose de la France... Bref. Et, pourtant ils s'y intéressaient. Heureusement, qu'il y avait le site France24 à côté, quoique... Ou encore des articles des journaux anglophones sur certains sujets par ex. : 

- élections en France ; mais il y avait soit des erreurs telles que le mode de scrutin, les résultats - y compris le Times dont l'article a été repris mot pour mot...sans indiquer sa source, par un tabloïde anglais, avec les mêmes erreurs, jusqu'à ce que le Times soit averti de ses erreurs - l'info (notamment sur l'histoire, vente aux enchères, archi etc.) publiée en français sur internet mettait au min. 3 jours (et encore, je suis sympa) avant d'être publiée sur les sitedu Guardian, the Independent etc. 

Bref. Depuis des années, pour ma part, l'AFP fait le minimum "syndical" et semble être dépassée par les autres agences et prestations disponibles sur le net et qui proposent aux internautes (notamment jeunes) ce qu'ils recherchent et avec une grande qualité. Bon. Bref. Ce n'est pas grave.

12/09/2011, 00:29 | Par profil_inactif_121699

Je vous remercie pour ces liens, M. Sharp. :)

J'irai voir de près, une autre fois.

13/09/2011, 15:44 | Par Vincent Truffy

http://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/130911/lagence-france-presse-vote-une-greve

Le personnel (parisien) de l'AFP a voté en AG «à l'unanimité» mardi 13 septembre une grève du fil France (texte, photo, infographie, multimédia) de 24 heures de mercredi 18 heures à jeudi 18 heures, alors que le conseil d'administration doit se réunir ce jour, pour presser le PDG de tenir compte de la motion de défiance. Si elle est suivie, le desk n'enverra que les alertes et les urgents.

Sept bureaux de province - Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Rennes, Strasbourg et Toulouse - se sont également prononcés avec 61 voix pour la grève, 7 contre, 16 abstention.

14/09/2011, 08:27 | Par David Sharp

Peu après le vote de la grève hier après-midi, le PDG Emmanuel Hoog a publié un nouveau communiqué.

On peut le lire à l'adresse http://www.sos-afp.org/fr/mobilisation_sept2011#hoog-1309 .

Sur la même page, une première réaction syndicale à ce communiqué : http://www.sos-afp.org/fr/mobilisation_sept2011#fo-1309

15/09/2011, 08:14 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de David Sharp le 14/09/2011 à 08:27

Des éléments sur ce dont il est question dans ce billet, notamment sur la nécessité de la loi ou de la possibilité d'un décret: «La voie la plus sûre est législative. Elle trouve une traduction dans la proposition de loi déposée sur le bureau du Sénat, qui introduit la notion de mission d'intérêt général sur laquelle peut se fonder un financement public. Cette réponse parait, pour nombre des personnels, insuffisante, insatisfaisante. Par ailleurs, cette proposition prévoit d'autres évolutions du statut, notamment sur la gouvernance qui, elles aussi, soulèvent des inquiétudes.
Pour s'en tenir à nos seules relations financières avec l'Etat et donc à la question de la sécurisation de nos financements soulevée par la Commission européenne, nous étudions dans quelle mesure la voie règlementaire peut offrir une solution stable et durable au regard du droit communautaire et du droit français. La voie est étroite.
Si la voie règlementaire, sans doute plus fragile, est néanmoins jugée possible, la réforme législative de la gouvernance se posera naturellement dans des termes différents.»

Relevons que les syndicats craignent une «manœuvre dilatoire» ou un «énième comité Théodule», mais il s'agit quand même d'une véritable inflexion du discours.

 

A voir également, l'interview d'Emmanuel Hoog par Le Figaro dans laquelle le PDG répète la voie envisagée pour répondre à la remontrance européenne:

«Il s'agit d'associer au statut de l'AFP des missions d'intérêt général. C'est sur la base de missions d'intérêt général que l'on peut assoir des financements publics plus pérennes qu'aujourd'hui.» Ce point est intéressant, car, s'il est démontrable que l'AFP assure des missions d'utilité publique (couverture du territoire, information de l'Etat et de ses administrations...), nombre de ses activités – notamment les plus récentes et les plus lucratives – peuvent difficilement prétendre à cette labélisation. Ce qui donnerait donc d'un côté les activités d'intérêt général, coûteuses et peu rentables mais aidées par l'Etat, et les activités plus strictement commerciales, non aidées et concurrentielles.

12/01/2012, 17:22 | Par profil_inactif_28112

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29/01/2012, 00:41 | Par Vincent Truffy en réponse au commentaire de profil_inactif_28112 le 12/01/2012 à 17:22

?

15/09/2011, 21:10 | Par David Sharp

For those who read English, an explanatory blog post: "What's going on at Agence France-Presse?" : http://www.sharp-words.com/notes/?p=492

16/09/2011, 06:22 | Par Vincent Truffy

Le conseil d’administration de l'agence a voté à l’unanimité (moins une abstention) la déclaration suivante : « Le conseil d’administration réuni le 15 septembre, soucieux de garantir le développement et l’indépendance de l’AFP, souhaite, au regard des questions posées par la Commission européenne sur son financement, que soient engagées dans les meilleurs délais toutes les démarches visant à la sécurisation de ses ressources publiques dans le cadre de ses missions d’intérêt général. Ces démarches conduites par le président doivent se faire dans la plus étroite concertation avec le personnel de l’agence.»

Une réunion à cet effet est prévue le 28 septembre.

10/10/2011, 12:51 | Par Vincent Truffy

Martin Vorderwülbecke, l'un des deux propriétaires de DAPD négocie actuellement avec Associated Press le rachat de son fil texte en français, afin de constituer, avec Sipa Press, une offre «complète» texte+photo alternative à l'AFP et Reuters sur le marché français.

28/10/2011, 11:59 | Par Vincent Truffy

Dans son avis sur les aides à la presse dans le budget 2012, le député socialiste Michel Françaix juge que «la clarification des relations entre l'Agence et l'Etat» répond à «une exigence de compatibilité avec le droit européen» et que «la solution consisterait à identifier plus clairement la mission d'intérêt général de l'AFP (...) par voie réglementaire ou législative.»

 

Au passage, il se prononce pour «nouvelle composition du conseil d'administration» de l'agence car «la présence majoritaire de représentants des médias clients de l'agence au sein du conseil d'administration paralyse fortement cet organisme compte tenu des conflits d'intérêt qui peuvent en résulter». Pour lui il est «clairement souhaitable que la part des représentants clients soit réduite», mais pas que «le rapport évolue nettement en faveur des représentants de l'Etat.»

14/12/2011, 08:30 | Par Vincent Truffy

Après un échange de courriers entre la Commission européenne et Paris, les fonctionnaires européens penchent pour l'interprétation de l'agence allemande DAPD selon laquelle les abonnements de l'Etat sont une subvention déguisée. Impossible de la maintenir en l'état si la France veut respecter les règles de libre concurrence auxquelles elle a souscrit.

 

Voici donc la ruse imaginée pour maintenir l'aide à l'AFP sans déplaire à Bruxelles: la mission d'intérêt général de l'agence sera reconnue par un cavalier dans une proposition de loi lors de son vote au Sénat mi-janvier. L'Etat pourra alors compenser financièrement ces obligations («valorisées» 110 millions d'euros, soit à peu près les 115 millions versés jusque-là en abonnements), sans accorder le même traitement aux concurrents de l'agence. Plus d'abonnements donc, mais une contribution directe.

 

Evidemment, il faut encore que la Commission accepte ce transfert (la concordance des sommes rend l'intention transparente et même que DAPD ne se conteste pas cette subvention, ensuite, devant la Cour européenne de justice, chargée de «respect du droit dans l'interprétation et l'application» des traités.

 

En outre, cet amendement de la commission des affaires culturelles du Sénat ne toucherait qu'au seul article 13 du statut de 1957 («Les conditions de vente aux services publics de l'Etat sont déterminées par une convention entre l'Etat et l'Agence France-Presse ; cette convention fixe le nombre et le taux des abonnements souscrits par lesdits services, sur la base des tarifs appliqués aux entreprises de presse françaises») sans modifier le reste du texte.

 

On peut considérer ce choix de la direction des médias comme un recul par rapport à la position du PDG, Emmanuel Hoog, qui soutient la proposition de loi réformant le statut de l'agence, déposé au Sénat au début de l'année 2011 et jamais inscrit à l'ordre du jour jusqu'à présent.

01/02/2012, 10:40 | Par Vincent Truffy

L’Assemblée nationale a adopté mardi 31 janvier en séance plénière un cavalier gouvernemental à la proposition de loi Warsmann de simplification du droit, qui modifie l’article 13 du statut de 1957 pour permettre « la compensation financière par l’Etat des coûts nets générés par l’accomplissement de ses missions d’intérêt général ».Pour être adopté définitivement, le texte doit être voté par le Sénat dans les mêmes termes, ce qui conduit à fin février. Le gouvernement devra alors le traduire dans un avenant au contrat d'objectifs et de moyens conclu de l'AFP.

La mission d'intérêt général confiée à l'agence est définie comme suit: art. 1. l'AFP recherche, tant en France qu'à l'étranger «les éléments d'une information complète et objective»; art. 2. l'AFP doit rester indépendant à l'égard de «tout groupement idéologique, politique ou économique» et maintient un réseau «lui conférant le caractère d'un organisme d'information à rayonnement mondial».

Je cherche encore ce qui empêcherait Reuters, AP ou même DAPD de solliciter la subvention de l'Etat français...

29/03/2012, 12:42 | Par Vincent Truffy

DAPD a officiellement annoncé le dépôt de son projet de reprise d'Associated Press France (déjà annoncé voici quatre mois par Michel Puech et confirmé depuis lors). «Le service français d'AP France apporterait à DAPD une couverture texte, nationale et internationale, qui viendrait compléter le service photo de SIPA Press, racheté par DAPD en juin 2011», dit le communiqué, confirmant là encore la volonté de DAPD de se placer directement en concurrence avec l'AFP.

Le directeur d'AP-France, Pierre-Yves Glass, a annoncé un comité d'entreprise extraordinaire vendredi 6 avril «avec comme ordre du jour l'information et la consultation du CE sur un projet de cession du service Français d'AP à une filiale du groupe de presse DAPD».

AP-France, filiale de l'agence Associated Press, emploie 22 journalistes, environ 70 pigistes permanents, et produit aujourd'hui une soixantaine de dépêches par jour. DAPD envisage de recruter une équipe complémentaire qui porterait sa rédaction à environ 60 journalistes (texte et photo) fin 2012. 

12/04/2012, 09:52 | Par Vincent Truffy

(Ce fil devient de plus en plus la chronique de la stratégie de DAPD contre l'AFP)

Handelsblatt annonce que DAPD vient de racheter l'agence Diora News, fournisseur de contenus pour la téléphonie mobile basé à Paris « entre 1 et 5 millions d'euros » à Buongiorno SAS. Diora News est plus connue pour gérer les pages actualités du site d'Orange.

Il suffit de relire les documents que j'avais dévoilé ici pour constater à quel point cette stratégie est mimétique de celle de l'AFP... 

15/05/2012, 12:36 | Par Vincent Truffy

La direction générale de la concurrence de la Commission européenne a envoyé, mardi 8 mai, ses «conclusions préliminaires» concernant le financement de l'AFP par l'Etat français. Cette subvention déguisée de plus de 100 millions d'euros chaque année y est considéré comme incompatible avec les règles européenne en matière d'aides de l'Etat et la Commission ouvre donc la procédure d'examen. La France dispose d'un mois pour présenter ses observations.

Comme l'aide est antérieure aux traités européens (le dispositif date du statutr de l'agence de 1957) l'AFP ne sera pas contrainte à rendre les aides perçues jusqu'à présent, mais la Commission devrait demander la fin d'un dispositif qui introduit une distortion de concurrence pour tout ce qui ne relève pas des « missions d'intérêt général » de l'agence, soit le fait de délivrer à ses clients « une information complète et objetcive (...) exacte, impartiale et digne de confiance » et « dans toute la mesure de ses ressources, assurer l'existence d'un réseau d'établissements lui conférant le caractère d'un organisme d'information à rayonnement mondial ».

La loi Warsman de simplification du droit (mars 2012)  a pris les devants en inscrivant dans la loi de 1957 la précision : « les ressources de l'Agence France-Presse sont constituées par le produit de la vente des documents et services d'information à ses clients et par la compensation financière par l'Etat des coûts nets générés par l'accomplissement de ses missions d'intérêt général ». Il reste à déterminer si le prix de ces missions peut raisonnable se maintenir à un niveau aussi élevé que celui des abonnements publics, soit 115,4 millions sur les 281,4 du chiffre d'affaire de l'agence, en 2011 (41%). Pour 2012, la contribution prévue est de 117,5 millions d'euros.

24/05/2012, 17:18 | Par Vincent Truffy

Selon Presse News, l'AFP a sollicité un prêt de 11 millions d’euros auprès de la banque Dexia qui a accordé un crédit-bail de 41 millions d'euros sur douze à l'agence pour son siège place de la Bourse en 2003. Depuis lors, l'agence devenue « locataire » de ses locaux débourserait 400 000 euros en loyer annuel, soit l'équivalent de son résultat net en 2011. Presse News précise enfin que l'AFP n'aurait plus que 15 millions d'euros en trésorerie. Les Echos précisent qu'un conseil d'administration,  le 2 mai, a mandaté la direction pour négocier un endetttement supplémentaire de 11,5 millions d'euros, financés par la prolongation du crédit-bail, sur lequel il reste 13 millions d'euros à rembourser.

Les 11 millions seraient affectés aux travaux de rénovation du siège.

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