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Oct

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La Théorie Argumentative du Raisonnement

Pourquoi les humains raisonnent-ils? Plus précisément, pourquoi raisonnent-ils très bien dans certains contextes et très mal dans d’autres? Pourquoi notre raisonnement est-il le plus souvent soumis au biais de confirmation?

Cette question préoccupe les chercheurs dans les domaines de sciences sociales et de la psychologie depuis pas mal de temps. Une réponse intéressante semble avoir été apportée par Dan Sperber (CNRS) et Hugo Mercier (Université de Pennsylvanie) récemment publiée dans Behavioral and Brain Sciences sous le titre “Why do Humans reason? Arguments for an Argumentative Theory“.

Ces deux chercheurs sont arrivés à la conclusion a priori étonnante que notre faculté de raisonnement ne vise pas à la recherche d’une quelconque vérité, mais qu’elle est un produit de notre évolution visant à nous permettre de mieux argumenter afin faire gagner notre propre point de vue (“win arguments” en anglais).

Toujours selon Hugo Mercier dans un entretien avec le magasine Edge.org en avril dernier, ces recherches démontrent que non seulement le raisonnement nous aide rarement à développer des croyances rationnelles (rational beliefs) ou prendre des décisions rationnelles, il peut dans certain cas mener à des décisions tout à fait irrationnelles.

Le crunch: Raisonner peut mener à de mauvaises solutions, non pas parce que nous sommes mauvais dans l’exercice mais parce que nous raisonnons toujours dans le but de trouver des arguments qui permettent de justifier nos croyances ou nos actions.

L’idée que le raisonnement est avant tout une affaire personnelle fait partie de la culture occidentale moderne: le raisonnement est perçu comme un processus mental permettant à un esprit sain d’arriver à des conclusions objectives en “moulinant” les informations et savoirs dont il/elle dispose. Bien sur, nous savons utiliser notre capacité de raisonnement de manière constructive, notamment en groupe: chacun argument en fonction de son propre biais, et idéalement les biais s’annulent et permettent à une “vérité objective” d’émerger. Ce processus d’annulation réciproque des biais est important pour le débat scientifique par exemple: chaque membre du débat n’est pas très bon à trouver les failles dans ses propres arguments, mais par contre il est souvent très bon pour trouver des failles dans les arguments des autres. Cette capacité à la critique des arguments d’autrui a une réelle valeur évolutive: elle nous protège des entourloupes trop évidentes, celui qui veut nous convaincre de quelque chose doit avoir une argumentation solide.

Un autre phénomène auquel s’adresse la théorie argumentative est le “choix raisonné”. Quand on fait un choix, on essaie généralement (sauf pendant les soldes et les campagnes électorales, j’y reviens plus bas) de faire le “bon” choix, de raisonner dans ce but. Mais d’après Dan Sperber l’effet de ce raisonnement n’est pas nécessairement d’arriver à la meilleure décision (la plus utile, diraient les économistes classiques) mais plus prosaïquement le raisonnement mène à une décision que l’on peut justifier. On fait le choix le mieux argumenté, même si ce n’est pas le meilleur choix.

Voyons deux illustrations pratiques. D’abord en matière d’apprentissage scolaire des matières abstraites, notamment les mathématiques: tout enseignant sait qu’il est très difficile de faire comprendre cette matière aux enfants dans le système classique (et largement dominant malheureusement) où l’enfant est seul face au problème. On sait depuis longtemps que le fait de mettre ces enfants en groupe et leur permettre de discuter ensemble du problème, de raisonner en groupe, permet une bien meilleure compréhension du sujet. Ce résultat s’explique par la théorie argumentative.

Ensuite, la question du choix politique: classiquement la démocratie se résume à un choix individuel au moment du vote. La théorie argumentative confirme de nombreuses expériences en faveur d’une démocratie “délibérative” basée sur le débat et l’échange, sur la possibilité pour les gens de se regrouper afin d’exposer leurs idées et critiquer celles des autres. Ce système permet de passer du mode circulaire habituel (je crois en quelque chose et je trouve ensuite les arguments qui justifient ce choix) à un mode où les différents biais s’annulent du fait des arguments d’autrui et permet d’arriver à un choix réellement éclairé – pour autant, évidemment, que tous les gens présents n’aient pas les mêmes biais de confirmation.

Le raisonnement est sans doute contemporain de la collaboration entre humains. Les hommes ont de tout temps collaborés pour chasser, construire, élever leurs enfants. Pour collaborer de manière effective il faut communiquer, beaucoup. Il faut pouvoir dire à d’autres ce que l’on veut faire et ce que l’on ressent. Mais la communication porte en elle le grave problème de la manipulation: si on croit d’office tout ce que nous dit quelqu’un, on fini par se faire avoir. En réponse à ceci nous avons développé des méthodes d’évaluation de ce que l’on nous raconte, ce que l’on appelle la “vigilance épistémique”(1).

Cette vigilance fait que si quelqu’un fait une proposition à l’autre qui est incompatible avec ses croyances, la proposition sera rejetée. Mais ce n’est pas une réaction très efficace car il se pourrait que cette proposition soit en fait vraie et bénéfique. Comment sortir de cette impasse? Par le raisonnement, qui doit permettre au premier d’utiliser des arguments pour convaincre l’autre, et au second d’évaluer la pertinence des arguments proposés.

La théorie argumentative s’inscrit dans la ligne de la psychologie évolutive représentée notamment par Leda Cosmides et John Tooby, basée sur l’idée que l’esprit humain est constitué d’un ensemble de fonctions spécifiques. Elle utilise la notion d’évolution par la sélection naturelle appliquée à l’esprit humain.

Il me semble que cette théorie argumentative éclaire de manière fort intéressante la situation politique et médiatique du monde actuel, noyé dans un flot continu d’information. Le raisonnement est-il soluble dans la sur-information?

 

(1) Voir page 18 de la thèse de Hugo Mercier: http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/39/67/31/PDF/2009_mercier.pdf

 

Billet en accès libre sur rhubarbe.net

Tous les commentaires

10/05/2011, 20:52 | Par Annie Lasorne

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10/05/2011, 20:51 | Par Annie Lasorne

Toujours aussi intéressant, M. Rhubarbe ! Merci, à explorer... à exploiter...

11/05/2011, 10:34 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Annie Lasorne le 10/05/2011 à 20:51

Bonjour Annie,

Je pense que ce point de vue doit nous faire réfléchir sur l'objectif de tout débat: admettre que nous démarrons tous avec un point de vue argumenté mais néanmoins biaisé et admettre la necéssité de la critique d'autrui pour dépasser ce biais, et vice versa.

10/05/2011, 22:45 | Par Oliv92

Et les êtres humains ont besoin de justifier leurs actes. Si je dépense une fortune pour acheter une mercedes, je vais trouver les arguments pour expliquer ce choix à mes amis, même si je n'en ai de toute évidence pas besoin. Comment expliquer sinon que je me suis fait avoir par le vendeur?

Comme mon beau-frère qui m'a expliqué pendant des mois que l'Iphone était vraiment super, pour avouer enfin que c'était de la merde. Combien de gens qui possèdent un Iphone vont avouer "oui, je me suis fait avoir, je suis un con, j'ai dépensé 400€ pour avoir un truc à la mode inutile".

J'ai aussi travaillé avec des consultants en stratégie qui avaient mis une approche très intelligente . un consultant était chargé de bâtir une stratégie, un autre de la mettre en pièce... afin de tester sa robustesse avant de la proposer aux clients. Si vous mettez les deux consultants (ou un seul) à bâtir une stratégie, ils vont naturellement (même s'ils s'en défendent) ignorer certains arguments qui ne vont pas dans le bon sens. Il y a un terme pour cela en anglais, je n'arrive pas à le trouver. Même chose lorsqu'en sciences, une fois que l'on a bâti un modèle, on va privilégier les expériences ou les tests qui valident le modèle plutôt que ceux qui l'invalident.

Autre idée qui me vient à l'esprit : le couple. Est-ce qu'un couple qui fonctionne bien ne serait pas un couple qui se chamaille tout le temps, l'un cherchant les failles dans le raisonnement de l'autre ? Ce serait la démonstration que vivre à deux est plus efficace que vivre tout seul !

Un grand merci pour nous présenter ces travaux ici.

11/05/2011, 08:58 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Oliv92 le 10/05/2011 à 22:45

D'abord un merci argumenté à mon Schtroumpf préféré :-) L'occasion est trop belle, Oliv92, j'ai un IPhone et selon moi ce n'est pas de la merde. Mais je ne chercherai pas à vous en convaincre car (a) ça ne servira à rien, (b) j'estime que vous avez le droit de penser du mal d'Iphone et moi du bien. En fait, à chacun sa vérité. Dans un échange avec autrui, la chose qui me fait le plus braire (et devenir silencieuse) c'est quand je perçois le désir d'avoir raison à tout prix.

11/05/2011, 09:56 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Art Monica le 11/05/2011 à 08:58

Pour les jugements de valeur, vous avez tout à fait raison. Encore qu'il pourrait être intéressant pour beaucoup de gens de savoir ce qui fait l'attrait de l'iphone pour vous et quels sont ses défauts selon Oliv92.

 

Et exception faite des jugements de valeur discriminatoires, faut pas pousser.

 

Pour la question de savoir si la terre est plate ou si Darwin a raison, les enjeux politiques sont considérables, et le relativisme bien difficile.

 

Jugements de valeur: Ben Laden est-il plus grand mort que vivant ? DSK est-il trop gros ?

 

Jugements de fait: peut-on raisonnablement penser que Ben Laden est passé de vie à trépas ? DSK a-t-il un programme ?

 

NB. Jugements de valeur et jugements de fait n'existent pas, les uns comme les autres, indépendamment d'un tas d'autres faits psychiques dans la machine à porter des jugements. Et ils aiment bien se donner les uns pour les autres, par le jeu des connotations, de l'implicite, tussakwa.

 

PS. Chère Art Monica, pourriez-vous m'apprendre à braire silencieusement ? J'en connais quelques-uns qui vous remercieraient.

12/05/2011, 11:24 | Par Oliv92 en réponse au commentaire de [email protected] le 11/05/2011 à 09:56

L'Iphone n'était qu'une illustration. Mais je trouve toujours "amusant" que quasiment tout le monde trouve des arguments pour justifier ce qu'il fait ou achète. Rare sont les gens qui vous disent "je n'ai absolument pas besoin de ce truc, mais je l'achète quand même, parce que j'en ai simplement envie"

11/05/2011, 10:43 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Art Monica le 11/05/2011 à 08:58

Bonjour Monica,

Le désir d'avori raison n'est-il pas naturel et même utile pour autant qu'il permette de développer une argumentation raisonnée? Le problème est quand on passe de l'argumentation au dogme et à la mauvaise foi. Il nous faudrait une formule pour identifier cette frontière de manière systèmatique.

12/05/2011, 09:59 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 11/05/2011 à 10:43

Commentaire déplacé en bas de fil.

08/10/2012, 10:40 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 11/05/2011 à 10:43

" Le problème est quand on passe de l'argumentation au dogme et à la mauvaise foi. "

Puis, hélas, à l'insulte, aveu qu'on n'a plus d'arguments.

Bravo, Vincent pour ce billet.

11/05/2011, 10:40 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Oliv92 le 10/05/2011 à 22:45

Salut Olivier,

Je dirais que cette façon de voir les choses permet de faire une claire différence entre la science et le scientisme: dans la première le débat permet de dépasser les préjugés (biais) de chacun et d'arriver à une forme de vérité objective, alors que dans le second cas (malheureusement de loin le plus courant aujourd'hui) on argumente afin de défendre un point de vue défini comme juste a priori (pour des raisons de statut, de politique, de business), et on tente de faire taire ou ridiculiser ceux qui ne sont pas d'accord. On voir cela en économie, dans la santé, etc..

10/05/2011, 23:07 | Par Anne Gentry

Je recommande. Je vous dirai pourquoi une autre fois, il faut que j'y réfléchisse ...

Merci, Vincent.

11/05/2011, 08:18 | Par AA Bradley

Petite coquille à la dernière ligne de l'avant dernier paragraphe où il est écrit "élection" au lieu de "sélection". Billet d'un immense intérêt.

11/05/2011, 10:30 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de AA Bradley le 11/05/2011 à 08:18

Corrigé. Merci.

11/05/2011, 08:24 | Par [email protected]

Très intéressant.

 

Cependant le renversement de perspective est peut-être un peu unilatéral. Que la position qu'on veut défendre précède en général et en dernière analyse le raisonnement qui veut le prouver(et non l'inverse), OK. Il n'empêche que le raisonnement peut conduire à une position (qu'on aura envie de défendre). Les mathématiciens de haut niveau ont d'abord des intuitions (m'a-t-on dit), ensuite seulement ils se mettent en quête de démonstration. Il n'empêche que leurs intuitions ne tombent pas du ciel, et que passer son temps à essayer de voir les liens logiques, ça aide (enfin, me semble-t-il).

 

 

Beau travail de démythification, en tous cas.

11/05/2011, 09:35 | Par Erreur 403

Umberto Eco rappelle dans plusieurs de ses ouvrages une définition de la Réthorique par Aristote : convaincre par un enchaînements d'arguments faisant référence à ce qui est admis par le sens commun... Il n'était pas tellement loin. :-)

11/05/2011, 09:59 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Erreur 403 le 11/05/2011 à 09:35

Sens commun, conventional wisdom, ce qui (dit Hegel) est "bien connu" et souvent faux...

 

Eric Zemmour aime bien dire des choses contestables, en les ponctuant d'un "tout le monde le sait" définitif.

11/05/2011, 10:05 | Par JoëlMartin

Je suis certain que tout le monde doit penser que que ce billet est hautement recommandable.

Et tout le monde doit être certain que le doute est la première démarche de l'intelligence raisonnée.

Cela ne fait aucun doute !

11/05/2011, 10:44 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de JoëlMartin le 11/05/2011 à 10:05

Je dirais même plus: c'est certain :)

11/05/2011, 10:21 | Par françois périgny

Il me semble qu'un des mots importants dans le billet de Vincent Verschoore est "point de vue" ("mieux argumenter afin de faire gagner notre point de vue").

C'est à dire "là d'où l'on voit personnellement les choses". "Faire gagner" pouvant s'entendre aussi comme "amener à", comme un guide peut guider dans une forêt, une montagne ou un désert. (Ou une ville surpeuplée).

C'est aussi un "point de vue" marxiste. Le point de vue du trimardeur n'est sans doute pas le même que celui du promeneur. Mais le promeneur peut être amener à trimer, et le trimardeur se proméne parfois.

On peut penser que la théorie -idéologie- suit la pratique ; qu'elle n'est là, souvent -la théorie* d'idées- que pour justifier une pratique. Celle-ci n'étant souvent qu'une action animale, au fond. "Humaine, trop humaine".

Théorie raisonnée : construction culturelle relative, c'est à dire à mettre en relation avec les différents vécus que recouvre cette construction.

Mais Edgar Morin dit des choses bien plus intéressantes que je ne saurais le faire sur la "pensée disjonctive", dans "Introduction à la pensée complexe".

 

*"théorie" au sens ancien de "suite, succession", aussi.

11/05/2011, 11:32 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de françois périgny le 11/05/2011 à 10:21

Bonjour Pierre,

A mon avis ce qui justifie la pratique c'est le dogme, pas la théorie. La théorie tente d'expliquer le pourquoi de la pratique. Le problème , c'est quand la théorie se transforme en dogme, par intérêt des uns et paresse intellectuelle des autres.

11/05/2011, 10:24 | Par JoëlMartin

Beaucoup de mômes coincent sur les maths parce qu'ils ne voient pas à quoi ça sert.

Vincent a raison de prôner l'enseignement "par équipe". J'ajoute qu'il n'est pas mauvais de passer par l'observation et l'expérience, bien que ce soit plutôt du domaine de la physique, chimie ou biologie, pour enseigner les maths.

J'ai donné naguère beaucoup de leçons particulières à la fois pour faire bouillir ma marmite de jeune marié et parce que j'aimais ça : voir soudain s'illuminer le regard d'un jeune qui vient de comprendre est la plus belle des récompenses pour un "pédagogue". Près d'un demi-siècle après, j'éprouve encore cette joie intense lors de soutien scolaire dans les "quartiers".

Pour faire piger le nombre "pi" j'usais d'un truc que je n'avais pas inventé mais qui marchait bien : prendre un mètre de couturière et mesurer le tour puis le diamètre d'une roue de vélo, puis d'une assiette, puis d'une soucoupe, et s'apercevoir que quelle que soit la taille du rond, la division circonférence/diamètre donnait toujours le même nombre à la précision de la mesure près : 3,14 plus ou moins des poussières.

Pareil pour le nombre d'or (niveau scolaire plus élevé) : observer des tiges de plantes et la cote des points d'insertion des tiges secondaires, on peut lire la suite ici :

http://nombre-dor-tpe.e-monsite.com/rubrique,la-phyllotaxie,170047.html

Bonne lecture.

11/05/2011, 19:24 | Par [email protected] en réponse au commentaire de JoëlMartin le 11/05/2011 à 10:24

J'ai eu la même expérience vécue, très gratifiante quand on est tout jeune prof: "Ah oui !" et l'illumination du visage lors de l'insight. Cela devient rigolo quand on explique, explique, explique à une classe qui s'accroche, et que les petites lumières s'allument fugacement les unes après les autres.

11/05/2011, 10:29 | Par Vincent Verschoore

Merci pour toutes vos réactions!

@Melchior: l'intuition et le raisonnement sont des processus totalement différents (c'est bien précisé dans le propose de Sperber). Le raisonnement peut conduire à la consolidation tout comme au rejet de l'intuition. Pour faire un parallèle entre ceci et un de mes sujets favoris, je pourrais proposer que l'intuition est au raisonnement ce que la physique quantique est à la physique classique.

Exemple type d'un sujet de débat dans lequel mon biais de confirmation - la "croyance" entre un rapport du quantique et de l'intuition - doit être confronté de manière argumentative à d'autres biais!

 

11/05/2011, 10:34 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 11/05/2011 à 10:29

" l'intuition est au raisonnement ce que la physique quantique est à la physique classique."

Sauf que beaucoup de phénomènes quantiques sont "contre-intuitifs" et semblent défier "le bon sens".

http://fr.wikipedia.org/wiki/Physique_quantique

11/05/2011, 10:47 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de JoëlMartin le 11/05/2011 à 10:34

Tout à fait, tout comme l'intuition semble antinomique avec le raisonnement. Mais tout ce qui semble contre-intuitif en physique quantique devient "raisonnable" si on change de point de vue...

11/05/2011, 21:56 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 11/05/2011 à 10:47

"Raisonnable" au sens d'explicable rationnellement si on creuse le sujet.

11/05/2011, 10:37 | Par JoëlMartin

Un drôle de truc s'affiche en rouge italiques encadré :

  • Le fichier choisi /tmp/fileTolls8 n'a pas pu être transféré, car le répertoire de destination n'est pas correctement configuré.
  • Le fichier choisi /tmp/filefxkGQT n'a pas pu être transféré, car le répertoire de destination n'est pas correctement configuré.
  • Le fichier choisi /tmp/filepfA9eF n'a pas pu être transféré, car le répertoire de destination n'est pas correctement configuré.

C'est nouveau, ça vient de sortir.

Vous avez ça, aussi ?

Bof, ça ne bloque rien en ce qui me concerne.

J'espère qu'il en est de même pour tout le monde...

 

11/05/2011, 10:48 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de JoëlMartin le 11/05/2011 à 10:37

Oui, pareil. Je pense qu'il s'agit d'un message ET à l'attention de Plenel, mais j'avoue manquer d'arguments.

11/05/2011, 11:27 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 11/05/2011 à 10:48

Ca y est j'ai décodé le message grâce à mon Superdécryptoargumetoraisonnateur:

"Arrête de nous casser les burnes avec le foot français"

Les ET liraient Médiapart?????

11/05/2011, 21:57 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 11/05/2011 à 11:27

Le foot troublant ?

Moël Jartin

11/05/2011, 12:08 | Par AA Bradley

...

11/05/2011, 23:07 | Par Jean-Claude Charrié

Bonsoir Vincent,

Superbe... c'est une pub pour Médiapart et son club ?

12/05/2011, 00:09 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 11/05/2011 à 23:07

Salut Jean-Claude,

Pub je ne sais pas, mais terrain d'observatoin certainement :)

Ca gaz par chez toi?

12/05/2011, 19:48 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 12/05/2011 à 00:09

Un peu le stress au boulot en ce moment.

 

Alors je viens me détendre les synapses au club.

En ce moment j'essaie d'argumenter le raisonnement, ou de raisonner l'argument... contre la démondialisation.

 

12/05/2011, 01:10 | Par Luce Caggini

@Vincent Verschoore

 

"Melchior:l'intuition et le raisonnement sont des processus totalementdifférents"


Un raisonnement , comme une organisation des rouages de la penséeest un jeu entre deux visions d’ un même sujet

Une intuition est un coup d’ éclairage sans retenue , peut êtreplus réel, plus rapide , mais sans garantie .

On apprend à raisonner , par méthode , c’est une garantie etc’est sans surprise à l ‘arrivée mais c’est « traité »,avec plus ou moins d’ intelligence .Je pense aux fonctionnaires du savoir .

Intuitivement , ça vient en ligne directe ,en logique pure .

Mais alors la logique de l ‘ un est - elle acceptable pour

l ‘autre , si dégagée d’ impuretés soitelle ?

Je pense à personne

Un tiers spectateur de ces deux attitudes sera soumis àun choix qu ‘ il fera soit intuitivement soit par raisonnement !

Il est tard , j 'aurais pas dù me fourvoyer comme ça ......

 

12/05/2011, 11:23 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Luce Caggini le 12/05/2011 à 01:10

Bonjour Luce,

Les deux approches sont nécessaires: l'intuition nous affirme quelque chose, le raisonnement nous permet de l'analyser mais cette analyse, selon la théorie décrite ici, n'est pas objective, elle vise avant tout à justifier la pertinence de notre intuition. Ce faisant, elle ouvre la possibilité de la contradiction et du partage, alors qu'une intuition en tant que telle ne peut être contredite, elle 'est' tout simplement.

Non?

12/05/2011, 02:35 | Par patrick 44

La démonstration de pi pour des élèves n'est pas convaincante car elle ne joue que pour des sciences dures , des sciences exactes.

Ce que l'on tient pour vrai et solide, parce qu'on l'a validé en le soumettant à la critique des autres, n'a pas nécessairement valeur immuable et peut être remis en cause à tous moments par tout un chacun. Même les sciences dures sont parfois obligées de prendre en compte des dérèglements imprévus. Par exemple la localisation exacte du Japon, de toute l'ile de hondo où a eu lieu le dernier séisme, a bougé de cinq mètres....sur la foi d'appareils de mesure. Or,comme le disait Bachelard, "la science n'est qu'à la dimension de nos appareils de mesure" Voilà qui laisse d'énormes marges de confrontations !

La théorie argumentative a de beaux jours devant elle et nous n'avons pas fini de nous jeter au visage des statistiques toutes plus officielles les unes que les autres pour conforter des positions à prendre et à défendre.

12/05/2011, 09:19 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de patrick 44 le 12/05/2011 à 02:35

@Patrick44

"La démonstration de pi pour des élèves n'est pas convaincante car elle ne joue que pour des sciences dures , des sciences exactes."

C'est un raisonnement ou une intuition ?

Si c'est un raisonnement, merci de l'expliciter un tant soit peu.

Si c'est une intuition, elle se heurte à l'observation : ce truc pédagogique fonctionne à merveille et fait progresser les élèves et pas que ceux qui se destinent aux sciences exactes.

Cela dit, la science est une suite d'observations, de compréhension, de modélisation et d'élaboration de théories prédictives, lesquelles fonctionnent jusqu'à ce qu'une observation plus précise les infirme et, sans forcément les jeter à bas, conduisent à leur perfectionnement. Newton a été perfectionné par Einstein et Kirchhoff par Planck.

Dans le cas du Hondo, la mesure de sa position n'est pas à mettre en cause puisque après le séïsme une mesure a permis de constater que l'île avait bougé de cinq mètres. Ne pas confondre mesure qui se plante de cinq mètres et mesure d'un déplacement de cinq mètres...

En outre, ce déplacement par séïsme n'a pas infirmé la théorie de la tectonique des plaques, au contraire.

12/05/2011, 11:07 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de JoëlMartin le 12/05/2011 à 09:19

@Joël

Sur la question de la tectonique des plaques suite au Japon, c'est pas si simple: http://rhubarbe.net/blog/2011/04/23/japon-remise-en-cause-certitudes-geologiques/

12/05/2011, 21:53 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 12/05/2011 à 11:07

Exact.

Mais le fait qu'un séïsme de 8.9 "déplace des montagnes" n'infirme pas "la science" comme on peut le lire ça et là. Cela confirme que la science se nourrit d'observations et qu'elle progresse grâce à l'analyse de faits nouveaux permettant de perfectionner le théories existantes, sans les infirmer complètement, mais ce n'est pas un scoop. L'avance du périhélie de Mercure, confirmation éclatante de la Relativité générale d'Einstein, n'a pas jeté à bas la théorie de Newton qui continue de merveilleusement rendre compte du mouvement des astres. Mais la théorie d'Einstein qui permet de faire fonctionner votre GPS avec une précision de quelques mètres pourrait bien à son tour prendre un petit coup de vieux suite à de récentes observations sur des galaxies lointaines. Affaire à suivre.

Cela dit cette histoire de "feu d'artifice" et de viscosité est préocupante. Merci pour ce lien.

12/05/2011, 11:28 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de patrick 44 le 12/05/2011 à 02:35

@Patrick44

D'accord. La démonstration du théorème d'incomplètude de Gödel, par exemple, fut un énorme pavé dans la mare des sciences mathématiques qui étaient jusque là supposées former une système parfaitement cohérent et objectif.

12/05/2011, 21:47 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 12/05/2011 à 11:28

De Patrick44 :

"Ce que l'on tient pour vrai et solide, parce qu'on l'a validé en le soumettant à la critique des autres, n'a pas nécessairement valeur immuable et peut être remis en cause à tous moments par tout un chacun."

C'est peut-être vrai en philosophie, je n'en sais rien, mais en sciences, la validation vient de la cohérence entre la théorie et l'expérience. Les conclusions que l'on tire de cette cohérence peuvent être à tout moment remises en question par une nouvelle observation ou une nouvelle avancée théorique comme les travaux de Gödel, les relations d'indétermination de Heisenberg ou les expériences de pensée d'Einstein.

Rien n'est immuable, tout est sujet à nouveauté, et c'est ce qui rend passionnante la recherche dite fondamentale.

12/05/2011, 10:01 | Par Art Monica

Bonjour Vincent,

Je réponds au commentaire plus haut pour que le fil ne s'emmêle pas trop ;-)

Le désir d'avoir raison est sans doute naturel et utile. Je n'y tiens pas tant que ça, dans beaucoup de circonstances de la vie. Je le réserve à des choses qui me paraissent "vitales".

Je m'amusais avec Oliv92 qui assurait que Iphone était de la merde. Il en semblait vraiment convaincu. En lisant cela, je me suis dit que la discussion serait vaine, que nous juxtaposerions deux discours, lui disant "c'est de la merde" et moi disant "vous pensez cela, l'usage de l'Iphone me fait penser différemment". Je m'en fiche, pour dire le vrai: il n'y a aucun enjeu dans l'histoire.

En revanche, quand toi et moi nous avions échangé sur le SIDA, j'ai proposé mes arguments, et toi les tiens. Nous avons bien approfondi, jusqu'à trouver une zone de non partage, qui d'ailleurs était toute relative. Le sujet me tenait à coeur, je n'ai pas "lâché".

Ce que j'apprécie dans les discussions, c'est que les arguments échangés aboutissent à des éclaircissements, un enrichissement, une zone de pensée partagée, ou un constat de désaccords clairs.

Ce qui me fait souvent devenir silencieuse, c'est de sentir que mes interlocuteurs prennent une position de prestance: "Le fond du problème, c'est", "La vraie question, c'est". Ils savent. Ils croient qu'ils savent. Je défends un peu mes arguments si le sujet en vaut la peine, mais je laisse tomber quand je perçois que la discussion est biaisée car elle leur sert à une affirmation d'eux-mêmes, plus qu'à un réel échange avec l'autre, qui n'est là que le miroir de leur brillance.

12/05/2011, 11:19 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Art Monica le 12/05/2011 à 10:01

Bonjour Monica,

Le manque d'enjeu, concret ou purement intellectuel, n'invite pas à poursuivre le débat, c'est une évidence. Mais - je pousse un peu - est-ce que le retrait du débat n'est pas en soi une affirmation de soi-même, de dire en gros: vous êtes trop nuls pour moi?

Si on s'en tient à cette idée de biais de confirmation, il est plus ou moins fort, sans doute, selon les individus et selon les sujets. Sur un site comme MDP il est particulièrement fort en matière d'idées politiques et éthiques, et l'entre-soi (politique ou autres) ne fait que renforcer ces biais. D'ou à mon l'avis l'importance du débat contradictoire, non pas pour casser l'autre mais pour compenser nos différents biais et permettre de mieux cerner les réalités.

12/05/2011, 11:30 | Par Oliv92 en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 12/05/2011 à 11:19

Relisez ce que j'ai dit, je n'ai jamais dit que l'Iphone était de la merde et chacun dépense son argent comme il le veut. Je trouvais juste amusant (et illustratif du billet de Vincent) que mon beau frère trouve pendant 1 an des arguments comme quoi l'iphone est vraiment super et valait les 400€, pour ensuite en trouver d'autres comme quoi il a eu raison d'acheter un HTC (je crois) et que l'iphone est finalement pas terrible.

12/05/2011, 11:43 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Oliv92 le 12/05/2011 à 11:30

Coucou Oliv92,

Explicitons ce que j'ai compris à partir de vos énoncés:

"Comme mon beau-frère qui m'a expliqué pendant des mois que l'Iphone était vraiment super, pour avouer enfin que c'était de la merde. Combien de gens qui possèdent un Iphone vont avouer "oui, je me suis fait avoir, je suis un con, j'ai dépensé 400€ pour avoir un truc à la mode inutile".

Des mots (en gras) que vous avez énoncés, j'ai inféré que vous aviez l'Iphone dans le collimateur.

Si je me suis trompée, je suis prête à corriger ma perception!

12/05/2011, 11:40 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 12/05/2011 à 11:19

Coucou Vincent,

Il est possible que le retrait de la discussion, lorsque l'objet n'en vaut pas la peine, soit une affirmation de moi-même. Mais je ne taxe pas les autres de nullité, pour autant Innocent Je pense profondément que c'est une affaire d'opinion. Cela dit, il m'arrive de décrire les qualités de l'Iphone, du moment que je sens un intérêt chez l'interlocuteur, et non une sorte de rejet "passionnel" contre.

Oui, ce biais de confirmation est très fort sur Mediapart, surtout quand on a affaire à des sujets très chauds, très clivants, d'autant que certaines personnes ont des convictions de l'ordre de la croyance ou pratiquent volontiers l'objectivation de l'autre, le mépris, l'insulte. On ne peut qu'arrêter dans ces cas-là.

Mais il est clair que c'est par l'échange que l'on peut avancer. Et, quand le sujet en vaut la peine, je ne laisse franchement pas ma part au chat.

12/05/2011, 12:40 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Art Monica le 12/05/2011 à 11:40

Opinion certes, mais opinion raisonnée? On a tous plein d'opinions sur des tas de choses sur lequelles on ne sait rien ou pas grand chose, et sans avoir fait l'objet d'un raisonnement. Prenons l'iphone par exemple (au hasard :)), je n'en possède pas ni d'appareil équivalent donc mon opinion sur cet outil est basée sur pas grand chose. Si je raisonne, je remarque que mon raisonnement va effectivemnt avoir tendance à justifier le fait que je n'en ai pas: problème du pistage, coût, refus de me soumettre au matraquage marketing etc.. bref des raisons qui n'ont pas grand chose à voir avec la fonctionalité réelle de l'objet.

Il me semble qu'un exercice fort intéressant consisterait pour chacun(e) àdécrire ce qu'il considère être son prorpe biais par rapport à un sujet donné!

12/05/2011, 13:23 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 12/05/2011 à 12:40

Excellente méthode Sourire

 

12/05/2011, 21:49 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Art Monica le 12/05/2011 à 13:23

En tous cas, quand un commentaire commence par "Je n'ai jamais lu un tel tissu d'âneries" ou "Votre commentaire prouve votre complète méconnaissance du sujet", je ne lis pas plus loin.

13/05/2011, 10:18 | Par Vincent Verschoore

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