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Le contexte scientifique du doute
Au cours du XXème siècle la science connut une évolution fulgurante remettant en cause le paradigme cartésien [1] d’un univers déterministe régit pas des lois mécanistes, au profit d’un univers relativiste et probabiliste au sein duquel la réalité objective n’est plus qu’un idéal inatteignable. Le modèle de l’atome établit par Niels Bohr dans les années 1910, un noyau central autour duquel gravitent des électrons, n’a plus rien à voir avec ce que l’on sait aujourd’hui de la nature de l’atome, et pourtant cette image reste gravée dans nos esprits et reste celle globalement présentée dans les cours de physiques des lycéens aujourd’hui.
La temporalité absolue (le temps s’écoule à la même vitesse partout dans l’univers) fut détruite par la relativité d’Einstein dans les années 1910 également et la notion de direction temporelle obligatoire passé -> présent -> futur, tout comme la notion de matière, fut remis en cause par la révolution quantique entre les années 20 et 50. La nature profonde du réel est, du point de vue de la physique quantique, beaucoup plus incertaine aujourd’hui qu’elle ne l’était voici un siècle.
La coexistence de la relativité et de la physique quantique ne va pas sans poser des paradoxes tels la conservation de l’information qui, s’ils semblent hautement académiques aux non spécialistes, engendrent néanmoins un questionnement sur la nature fondamentale de l’Univers. En cosmologie, le modèle classique du « Big Bang », généralement présenté comme une certitude scientifique au grand public, n’est toujours qu’une hypothèse dont la validation définitive reste extrêmement incertaine. Les éléments théoriques qu’il a fallu ajouter au modèle pour qu’il fonctionne, tel la matière noire, restent non identifiés dans la réalité même si de nombreux efforts sont faits en ce sens [2].
Il existe en fait une fracture profonde entre l’image d’un monde stable et déterministe que nous prête l’éducation scientifique scolaire et l’image floue que perçoivent les physiciens en recherche fondamentale. Depuis quelques années le modèle standard de la physique, issu des grandes avancées du XXème siècle, est régulièrement mis à mal par les expériences de plus en plus poussées réalisées avec des appareillages très sophistiqués tel le Large Hydron Collider (LHC) du CERN. La notion d’espace-temps [3], pierre angulaire de la cosmologie issue des travaux d’Einstein, est à l’heure actuelle remise en cause en tant que réalité fondamentale au profit d’une nouvelle description à huit dimensions intégrant un espace-temps et un espace-momentum (anglicisme signifiant « quantité en mouvement ») [4].
Certes ces avancées sont publiées par des magasines accessibles tels Sciences & Vie, New Scientist, Scientific American et bien d’autres encore mais l’impact sur le grand public reste ">[5] ».
Richard Feynman, génie extraordinaire [6] et Prix Nobel de Physique en 1965, défendait la primauté du doute et le voyait non pas comme une faiblesse de notre capacité à savoir mais comme l’essence de toute connaissance. Pour lui l’alternative à l’incertitude est l’autoritarisme, contre lequel la science s’est battue pendant des siècles. Ce n’est qu’en comprenant et intégrant la notion d’incertitude que les gens peuvent espérer évaluer les multiples assertions dont on les bombarde jour après jour. La capacité de rester sceptique, de douter raisonnablement de la réalité de tout résultat, d’accepter de remettre en cause n’importe quel paradigme au vu d’éléments nouveaux est l’essence même de la démarche scientifique au sens large.
Mais ce terme de « démarche scientifique » recouvre de nombreux concepts variant selon les époques, et ceux qui s’en réclament omettent généralement de spécifier de quelle démarche, précisément, ils relèvent. Dans les cas où la science est associée à la politique et aux affaires, notamment (mais pas seulement) dans le domaine dit des « sciences de la vie », la référence à la démarche scientifique est souvent un argument marketing visant à manipuler le public (le rassurer ou l’effrayer, selon les cas): comme le dit le journaliste scientifique Michel de Pracontal sur son blog [7], « …même si la recherche de la vérité reste l’idéal de la démarche scientifique, la pratique quotidienne est souvent aux antipodes de cet idéal. L’OMS (organisation mondiale de la santé) a lancé une alerte mondiale à propos d’un virus de grippe, le H1N1, qui ne s’est pas révélé particulièrement dangereux; le risque supposé associé à l’utilisation des téléphones portables a été «officialisé» par la même OMS alors qu’aucune preuve scientifique solide ne l’établit; à l’inverse, dans l’affaire du Mediator, les experts en pharmaco-épidémiologie les plus réputés sont passés à côté d’un risque réel qu’ils avaient sous le nez et qu’ils n’ont pas dénoncé. Ces distorsions de la démarche scientifique sont devenues trop fréquentes pour qu’on puisse les considérer comme de simples accidents de parcours. La science contemporaine est sortie de sa tour d’ivoire. Elle ne travaille pas dans un domaine protégé, elle est de plus en plus prises dans des enjeux sociaux, politiques, économiques.»
Ainsi, sur base du postulat présenté en introduction affirmant que les Etats qui gèrent ces enjeux sont en grande partie aux mains d’intérêts particuliers plutôt que de l’intérêt général, il devient excessivement difficile de continuer à croire à la bonne foi des communicants représentant ces intérêts lorsqu’ils se drapent, avec toute l’arrogance requise, dans le voile immaculé de la neutralité scientifique. On notera par exemple que fin juillet de cette année l’agence US de surveillance des médicaments, la FDA, a annoncé avoir découvert chez la principale société de recherche sous contrat, Cetero Research, un “système de falsification généralisé” des études pharmacologiques, de celles qui permettent aux grandes entreprises pharmaceutiques d’obtenir des autorisations de mise sur le marché [8]. « Aujourd’hui, où que vous vous tenez dans le monde, la majeure partie des données d’essais cliniques provient d’ailleurs, il faut donc avoir confiance dans le cadre dans lequel ces essais ont été fait », déclare Fergus Sweeney, responsable de la conformité et des inspections à l’Agence européenne du médicament (EMA).
Confiance, maître mot ! La confiance, en matière scientifique, ne peut se baser que sur la certitude de l’intégrité des organisations qui « font » la science, et sur la pertinence de leurs méthodes. Sur le premier, il suffit de suivre l’actualité via la plume d’analystes indépendants [9] pour se rendre compte à quel point la primauté de la rentabilité rend irresponsable toute confiance a priori dans les organisations qui y sont soumises. Sur le second, il s’agit avant tout de préciser de quelle méthode il s’agit car il existe de nombreuses méthodes générant des résultats différents.
L’image que nous avons de la méthode scientifique est souvent réduite à sa déclinaison hypothético-déductive ou démarche expérimentale : formuler une hypothèse afin d’en déduire des conséquences observables futures (prédiction) – mais également passées (rétrodiction) – permettant d’en déterminer la validité [10]. L’idée que l’on ne doit construire les connaissances que sur la base de l’observation, sans idée préconçue du réel (inductivisme) reste très présente car a priori parfaitement objective, même si elle est considérée comme « naïve » par la communauté scientifique et les théoriciens de la connaissance.
En effet une importante évolution de la pensée scientifique eut lieu dans les années trente avec l’œuvre du philosophe des sciences Karl Popper [11] : selon lui, plutôt que de rechercher des propositions vérifiables le scientifique doit produire des énoncés réfutables. C’est cette réfutabilité [12] qui doit constituer le critère de démarcation entre une hypothèse scientifique et une pseudo-hypothèse. Cette approche tend à exclure du champ de la science de nombreux domaines tels les « sciences » sociales et politiques ou la psychanalyse car il est généralement impossible de construire des expériences à même de réfuter ce type de proposition. Cette approche résout le problème de la démarcation entre ce qui relève de la science et ce qui n’en relève pas (la méta-physique).
Bien sur, le fait que tel ou tel domaine ne relève pas de la science ne le rend pas illégitime ni inintéressant pour autant, cela veut simplement dire qu’il est hors du dualisme vrai-faux, qu’il n’est pas basé sur des vérités fondamentales vérifiables. Il faut simplement être prudent en face de résultats « scientifiques » issus de recherches qui ne génèrent pas de propositions réfutables, et ce d’autant plus quand ces résultats sont issus de modèles plutôt que d’observations directes du réel. Par définition un modèle est une version radicalement simplifiée d’une réalité trop complexe pour être étudiée telle quelle, et dont le fonctionnement va dépendre des hypothèses et conditions initiales choisies par les concepteurs dudit modèle – et qui seront modifiées au fil de la recherche afin de « coller » au mieux avec la réalité observée ou d’évaluer des scénarii différents. Mais il est impossible pour une personne non directement impliquée dans ce type de recherche (et encore) d’en évaluer la pertinence, que ce soit en science économique, sociale, climatique ou tout autre domaine soumis à des comportements chaotiques et/ou basé sur des propositions non soumises au principe de réfutabilité.
En l’absence de toute possibilité de preuve de telle ou telle proposition, nous sommes constamment obligés de choisir entre croire et douter. Et ce sans même pouvoir se rattacher au fil rouge que serait une méthode scientifique unique applicable partout car, comme l’écrivait en 1999 le philosophe des sciences Dominique Lecourt [13] : « … il n’y a pas de méthode scientifique, du moins considérée abstraitement comme un ensemble de règles fixes et universelles régissant l’ensemble de l’activité scientifique » [14].
Quelle que soit la méthode utilisée, la recherche n’existe pas dans un vide absolu : les choses se construisent les unes après les autres, la compréhension avance par étapes, les uns basent leur recherche sur des propositions ou résultats antérieurs générés par d’autres, et quelques fois sur leurs erreurs.
[1] En 1637, Descartes publia le Discours de la méthode qui contient son explication de la méthode scientifique, c’est-à-dire, une démarche à suivre par étapes afin de parvenir à une vérité. En interprétant sa démarche, on peut la diviser en quatre étapes ;
Objet évident (sujet de l’étude; problème à résoudre & hypothèses)
Diviser le plus possible
Recomposer
Réviser (vue globale; confirmer ou réfuter hypothèses)
Il croyait que toutes les connaissances qu’il avait acquises lors de son éducation n’étaient pas toutes claires, sûres et utiles. Il prétendait donc que sa méthode permettait d’arriver à des connaissances ayant ces caractéristiques. En d’autres mots, arriver à une vérité absolue (expliquer un phénomène, comprendre son fonctionnement, etc.)
[2] http://rhubarbe.net/blog/tag/matiere-sombre/
[3] La notion d’espace-temps a été introduite au début des années 1900 et reprise notamment par Minkowski en 1908 dans un exposé mathématique sur la géométrie de l’espace et du temps telle qu’elle avait été définie par la théorie de la relativité restreinted’Albert Einstein. Celui-ci avait publié en 1905 un article consacré aux lois fondamentales de l’électromagnétisme Sur l’électrodynamique des corps en mouvement. Cette théorie est l’un des grands bouleversements survenus au début du xxe siècle dans le domaine de la physique.
[4] http://rhubarbe.net/blog/2011/08/17/physique-de-lunivers-au-dela-de-lespace-temps/ 17/08/2011
[5] Canguilhem G, La Connaissance de la Vie, Hachette, 1952, p.193
[6] Gleick J., Genius – The life and science of Richard Feynman, New York, Vintage Books, 1992
[7] http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-de-pracontal/230711/samedi-sciences-6-inquietants-progres-de-l-imposture-scientifiq 01/08/2011
[8] http://www.lesmotsontunsens.com/medicaments-des-essais-cliniques-falsifies-10925
[9] Par exemple le blog http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/
[10] http://fr.wikipedia.org/wiki/Méthode_hypothético-déductive
[11] http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper
[12] Une affirmation est dite réfutable s’il est possible de consigner une observation ou de mener une expérience qui, si elle était positive, entrerait en contradiction avec cette affirmation.
La réfutation résout à la fois le problème de la démarcation et celui de la validité :
Une proposition réfutable est réputée être une hypothèse scientifique. Si elle est réfutée elle cesse d’être valide.
En revanche, une proposition non réfutable (irréfutable au sens logique) est catégorisée comme méta-physique (ce qui ne signifie pas qu’elle est illégitime).
Par exemple, l’affirmation « toutes les corneilles sont noires » pourrait être réfutée en observant une corneille blanche.
Par contre « tous les humains sont mortels » est non réfutable, et donc non scientifique, parce que constater l’immortalité d’un humain, seule observation susceptible de la réfuter, est une expérience techniquement impossible. (Source : Wikipédia)
[13] http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Lecourt
[14] Il existe en fait de nombreuses et diverses méthodes scientifiques que l’on peut scinder en deux grands groupes : les méthodes exploratoires (l’expérimentation, l’observation, la modélisation) visant à découvrir de nouveaux principes, et les méthodes justificatives (déduction, induction et abduction) cherchant à distinguer le vrai du faux.
Billet en accès libre sur http://rhubarbe.net/blog/2011/08/27/semer-des-graines-de-doute-le-contexte-scientifique/

Tous les commentaires
L'usage débridé des mathématiques permet bien souvent, là où la confiance dans les résultats est difficile à produire, d'intimider le lecteur.
@DEMOCRYPTE.
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Oui.
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Mais il y a quand même quelques personnes honnêtes; pas beaucoup, mais bon.
Bonsoir Democrypte,
Les mathématique je ne sais pas, mais les statistiques certainement.
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Très intéressant. Vais tâcher de prendre le temps de tout lire.
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jpylg
@JPYLG.
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Youpi !
Hello Vincent,
D'accord sur toute ta démarche. Mais est-tu étonné ?
Pour apporter un (petit) éclairage complémentaire sur le poids qu'a pris le mot "science" et ses dérivés, je crois qu'il est important de remarquer que cette science a pris d'autant plus de poids que les religions se sont trouvées en perte d'impact.
La question s'est donc posée : que/qui croire ?
La science, avec sa logique démonstrative et/ou illustrative apportait des "vérités" qui combinaient une dimension quasi ludique (je peux montrer l'application simple d'une théorie complexe) à un ésotérisme "rassurant"' (il existe donc "des gens qui savent", et on reconnait le sachant aux mots qu'il emploie). Les évolutions technologiques ont finalement semblé démontrer que "tout était explicable" et qu'aucun problème ne résisterait à une approche scientifique. Le scientisme était né et la démarche scientifique était contaminée par le culte de la certitude.
Bonne journée et merci pour ce billet rafraichissant
Merci pour ce passionnant billet. Que la science soit en effet la religion des temps modernes (et donc un enjeu politique majeur) devrait obliger à intégrer des cours d'histoire et de philosophie des sciences dans les études, au moins post-bac, je pense en particulier à la médecine, dont les prétentions sont effrayantes. Au niveau du lycée, avec la fragmentation des apprentissages en matières, on ne peut guère enseigner l'incertitude et la labilité des concepts, mais le cours de philosophie devrait être le lieu d'un tel recul... D'où, encore une fois, la gravité du massacre de l'Education Nationale.
Bonjour Hélène,
Je ne pense pas que la science soit la religion des temps modernes, ou alors il faudrait l'inscrire dans un ensemble de religions telle la laïcité, l'utilitarisme, le sport etc... Par contre je pense que la science est soumise à des manipulations de plusieurs ordres: du dessus afin de faire passer une certaine image du monde qui arrange la gouvernance par "l'optimisation" et la mesure. De dedans par le fait que ls science s'est divisée en de nombreux fiefs avec leurs ducs et leurs valets, et de dessous par une vulgarisation scolaire ayant tendance à laisser de côté l'essence même de la science: la curiosité et la liberté d'expérimenter.
L'imagination se joue des (joue aves les) dogmes présents tout en intégrant la réalité passée d'un déjà connu afin de construire un à venir des possibles.
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Forcément, il y a des déchets.
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Vive Jules Verne !
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Lu et approuvé
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jpylg
@JPYLG.
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Avec un peu de retard, salut et merci pour vos commentaires! En fait ce billet fait partie d'un travail en cours plus complet sur la notion de doute (ou d'esprit critique en général) réalisé selon la méthode dite de recherche-action (donc basé sur une implication du "chercheur" dans l'action). Le but de ce texte-ci est de montrer en quoi le doute est inhérent à la démarche scientifique, et ce qu'il faudrait entendre par "démarche scientifique" en général.
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Comme je l'ai signalé sur un autre fil, je recommande, dans le prolongement des réflexions de Vincent Verschoore, le dernier numéro de Science et Vie, intitulé "La matière va parler".
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jpylg
Salut JPY,
Suspens! Si on ne le trouve pas, au moins il aura inité quelques débats rigolos sur ce blog.
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Ce qui est dit dans ce numéro est que, soit qu'on trouve le boson de Higgs, soit qu'on ne le trouve pas, le résultat des expériences est là. Positif ou négatif ce résultat ouvre un tout nouveau chapitre dans la recherche en physique fondamentale.
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jpylg
Billet passionnant, Vincent.
Et tout cela devrait amener certains scientifiques médiatiques à un peu plus de modestie dans leurs affirmations. Et je précise bien certains. Je ne les jette pas tous, loin de là, dans l'eau du bain.
Ce doute nécessaire montre aussi qu'on est parfois beaucoup trop rapide dans la mise en application de progrès de la connaissance. Mettre en application une découverte scientifique sans en maitriser les interactions avec les nombreux éléments d'un système complexe me parait souvent dangereux.
Salut le PVPP,
Les systèmes complexes sont de loins les plus communs, et le chaos nous force à admettre que mêmes des systèmes dont nous connaissons les règles restent néanmoins imprévisibles. Mais je pense nécessaire de dissocier l'idée de système complexe de celle de système compliqué (les deux sont souvents preçus comme équivalents). Un système complexe n'est pas réductible à une série de sous-élements séparables, alors qu'un système compliqué l'est. Un avion est compliqué, le climat est complexe.
Bonjour Vincent,
Je vous suis dans vos raisonnements, comme souvent.
Pas trop en physique quantique, c'est plutôt la noyade, là, mais bon ...
Les dogmes, c'est jamais bien bon ... ça permet de fermer le ban et de prendre un pouvoir.
Après, si je me concentre uniquement sur mon petit secteur professionnel, nous sommes obligés de proposer des conduites à tenir en fonction de données scientifiques (ou pas, parce qu'on n'a pas besoin de la science exacte pour tout en médecine, si j'ose ... pis c'est trop basé sur la relation humaine, hein) dont nous savons qu'elle peuvent être remises en cause demain.
Pas confortable, justement parce qu'il y a la confiance ... (celle qu'on nous porte).
En même temps, je trouve que les gens sont dans l'ensemble parfaitement capables d'entendre l'incertitude. Pour peu qu'on prenne un peu de temps pour expliciter, et pour peu qu'on ne les lâche pas tout seuls dans la matière noire, une main devant, une main derrière ...
De plus, il est (pour moi médecin, toujours) extrêmement difficile d'être toujours à la pointe des connaissances, même sur l'état actuel de la science qui m'intéresse professionnellement. Ce qui m'oblige régulièrement à devoir faire confiance, et à conserver cette confiance pendant que je m'intéresse à quelque chose d'autre .... Et ce parfois pendant assez longtemps (j'aime bien lire autre chose que les revues médicales).
Par ailleurs même les critiques dits indépendants peuvent devenir dogmatiques, non ?
Bref, les gens bardés de certitudes me fatiguent ...
Bon, allez, j'arrête
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Bises, Vincent
Salut Anne,
certains de mes potes médecins, me disent que la médecine est un art. plus qu'une science au sens strict. même si elle s'appuie sur un peu de science.
Qu'en penses-tu.
Ben, elle s'appuie quand même beaucoup sur de la science, je dirais, quand même ... Les études d'observation et l'épidémiologie, c'est de la science. Les recherches fondamentales en biologie, biochimie, génétique, etc, c'est de la science. La pharmaco et les essais thérapeutiques, c'est de la science (et des conflits d'intérêts, certes ...).
Non ?
Mais pas seulement, heureusement. Sinon, j'aurais jamais pu, je crois ....
Le reste, c'est de la science aussi, d'ailleurs. Mais molle, dirait Art Monica :o).
Bonsoir Anne, toujours ravi de vous retrouver!
Comment dès lors réagissent les médecins qui avaient confiance dans Servier (exemple au hasard)? Les médecns ne font-ils pas trop souvent confiance à des gens dont l'objectif affiché et d'abord et avant tout de faire du fric? Bien sur un économiste académique dira que pour faire du fric il faut faire des produits de qualité sinon on ne peut pas les vendre, mais la réalité est que les gestionnaire de ces labos jonglent tout le temps entre le risque de l'erreur et le coût de la certitude. Et ca c'est quand ils sont honnêtes
Ces médecins ne doivent pas se sentir très à l'aise, comme chaque fois qu'est retiré un produit qu'on a soi-même prescrit et dont on découvre les risques ...
Je lis Prescrire depuis treize ans, par exemple, c'est une lecture utile et ça m'a aidé à faire un certain tri, au moins pour ce qui est du médicament. Mais ce n'est pas la bible non plus, et c'est souvent aride. En vieillissant, je suis même arrivée, au prix d'une probable réputation d'ayatollah rigide (
), à ne plus recevoir de délégués médicaux des labos. Ce n'est pas si évident, en milieu institutionnel, on n'y est pas tout seul ...
Il y a aussi la partie plus subjective : ce qu'on observe soi-même, ce que les gens qu'on soigne vous rapportent, ce que les copains - collègues observent ...
Il y a l'Université, qui nous forme.
Il y a là partout un gros problème : le temps disponible pour la formation, qu'elle soit à l'université, dans les congrès, dans les revues ... (et là encore, partout, des conflits d'intérêt, la pub ...).
Les conflits d'intérêt sont pléthoriques ? Oui, ils sont partout. On fait le tri comme on peut, pas toujours très bien, une fois qu'on a bien compris qu'ils existent.
Et forcément, à un moment ou un autre, on va s'en remettre un peu trop aveuglément à une info incomplète ou insuffisamment étayée par la Science.
Gardons l'oeil ouvert le mieux possible, il n'y a pas de surhomme (ni surfemme). Chez nous pas plus qu'ailleurs. Moi, en tout cas, je n'ai pas encore trouvé l'organisation perso qui me permettrait au moins de lire tout ce que je devrais (et que je reçois, je le précise ... sans doute que ça me rassure, alors je garde des abonnements).
Je poursuis sur la ciritique: si la critique a pour but de remplacer une certitude par une autre, bof... Pour moi la critique sert à démonter les certitudes, pas à les remplacer. Mais cela est en soi criticable: pourquoi vouloir démonter des certitudes si ce n'est pour les remplacer par d'autres? Je crois qu'il faut là arriver à choisir entre deux démarches, toutes aussi nécessaires l'une que l'autre: d'un côté fonder des certitudes car il en faut bien pour avancer, et s'attacher à déceler les failles de ces mêmes certitudes de l'autre afin d'éviter de construire des géants aux pieds d'argile. Ce principe est normalement inhérent au processus scientifique, mais il ne fonctionne pas s'il y a conflit d'intérêt or aujourd'hui, en matière de santé, les conflits d'intérêts sont pléthoriques.
Coucou Vincent, je trouve très sain pour la pensée de douter. Seul le doute peut nourrir l'interrogation constante, appeler l'hypothèse alternative, sans lesquelles la science serait seulement fait de croyance et non processus de connaissance.
Dans les sciences dites "molles" qui sont mon pain (de mie) quotidien, l'imitation des sciences dures peut être parfois stérile et absurde. Mais en même temps, s'enfermer dans l'ineffable, s'opposer à l'expérimentation et à la mesure, est tout aussi délétère. Il faut se maintenir sur la crête, et faire des allers et retours entre approche expérimentale et inférences sans "preuves". D'ailleurs, le statut de la preuve est très différent dans les sciences dures et molles...
Salut Schtroumpf
Bonsoir Monica!
Je pense que les sciences "molles" se sont enférrées dans un piège à force de vouloire gagner en objectivité (en copiant les méthodes des sciences dures) alors que leur réelle valeur, justement, réside dans la prise en compte de la subjectivité. Et cet adjectif de "molle" est contre-productif finalement, voir carrément péjoratif alors que ce qui s'y fait peut être parfaitement intéressant.
Salut Vincent,
Bravo pour la réflexion proposée.
Je te soumets un questionnement que j'ai face aux "connaissances" scientifiques. La connaissance est prise dans le langage, dans le partageable. Et donc dans l'interprétation.
Et donc la question du vrai et du faux est prise dans une relation entre ce qu'on croit percevoir de ce qui est, et ce qu'on arrive à en dire. Il me semble que c'est à cet endroit là, que la pensée reste inductive. On le remarque particulièrement dans les notions du temps, de vivant, et dans les neurosciences.
Il me semble que la parole sert plus à coloniser le monde qu'à le connaître.
Salut Bernard,
Il me semble que la parole sert plus à coloniser le monde qu'à le connaître.
Matière à réflexion! Il me semble que l'on ne peut pas connaître ce que l'on ne peut pas nommer. Connaître dans le sens d'être capable de l'expliquer, je ne parle pas de l'intuition ou ce genre de choses. Donc dans cette logique la parole est indissociable de la connaissance si connaissance il y a, par contre l'inverse n'est pas vrai: la parole sans connaissance se suffit à elle-même, il suffit d'écouter nos élites pour s'en rendre compte.
Hello Vincent,
Il me semble que l'on ne peut pas connaître ce que l'on ne peut pas nommer
Certes, mais dans la mesure ou il existe plusieurs mots pour dire la même chose et que chaque mot présente plusieurs interprétations - surtout culturelles - possibles (en dehors même de sa polysémie), la connaissance de ce que l'on nomme le réduit assez souvent à "ce qu'il faut en penser". Et en ce sens, je rejoins Bernard Colin : le langage a d'abord une "vertu" colonisatrice. Et que dire de la façon dont les poètes décrivent quelque chose de "su" d'une façon pourtant suffisamment "originale" pour qu'on se surprenne à les (re)découvrir ?
Un autre exemple, tiré de ton commentaire : "la parole sans connaissance se suffit à elle-même, il suffit d'écouter nos élites pour s'en rendre compte". Je comprend (très) bien ce que tu veux dire (et l'approuve). mais le mot "Parole" ne devrait-il pas être remplacé par "Discours". Deux mots, deux locuteurs, deux modes d'utilisation. C'est le concept - des phrases inutiles - qui est important (et que tu as illustré par la fin de ta phrase), pas le mot ou la parole prononcée/écrite.
la parole est indissociable de la connaissance
Ben...J'aurai plutôt dit que la parole est d'abord le support de notre capacité à émettre de façon structurée ce que nous avons conceptualisé. La connaissance que nous apporte la parole est celle nous-même dans l'écho que provoque notre parole auprès d'Autrui. Si je suis seul à nager dans l'espace intersidéral, les paroles que je prononcerai ne m'apprendront rien, même si je croise tout plein d'E.T. qui surfent sur les vents solaires...
. Ou alors ils parlent un peu le francais, mais là je crois que je douterais de ma santé mentale...
La connaissance que véhicule la parole est celle du passé ou du présent, mais c'est d'abord celle de l'Histoire et des repères qu'elle offre (l'Histoire). C'est une connaissance subjective (relative au sujet/locuteur). Je crois que si les publications scientifiques se font dans un anglais très simple, c'est pour que le Verbe ne soit pas un obstacle à la diffusion de la Connaissance technique/scientifique.
Salut Samines!
OK pour préciser le sens de "parole". Partant du principe qu'un sourd-muet a tout autant accès à la connsaissance que vous et moi, je réduirais la notion de parole à la description symbolique: nous pouvons penser la relativité ou apprécier nos poètes parce que les mots que nous lisons représentent quelquechose dans nos esprits. Nous ne pouvons pas penser quelquechose pour lequel nous n'avons pas de vocabulaire. Et si les ET que tu croises en surfant le vent solaire parlent français, c'est que le ministre Toubon aura quand même réussi quelquechose :)
Le plus drôle quand on s'exprime à propos de la parole, du discours, du langage, c'est qu'on en parle, qu'on en discourt, qu'on l'écrit. On exprime si peu de choses sans lui. Il est des langages non verbaux, mais ils sont aussi faits de langage.
Merveilleux langage... que l'humain, malgré ses turpitudes innombrables, a été capable de développer et d'articuler.
Ceux qui le perdent, chez qui il trébuche, qui ne l'ont pas acquis, mesurent son importance.
Les travaux sur le développement de l'enfant montrent l'intrication du langage, de la pensée et de la socialisation. La théorie motrice de la parole, et celle des neurones miroirs, montrent que la compréhension du langage est profondément inscrite dans notre corps, par les échos que l'action et la parole de l'autre suscitent en nous.
Une certaine théorie prétent que c'est parce que l'hominidé a eu accès à la parole (accès physiologique) qu'il est devenu humain. Le singe est resté singe du fait qu'il lui est impossible de parler (question de positionnement du larynx), et que c'est bien le fait de parler qui permet la création de structures cognitives plus évoluées.
Le bébé ne peut pas parler car son tractus bucco-pharyngé, ressemblant à celui du singe, ne permet pas l'articulation. C'est grâce à la transformation de ce tractus qu'il peut accéder à la parole.
Mais il est déjà réceptif, même in utero, au langage parlé (il peut différencier deux syllabes). La compréhension du langage précède largement la production. Et c'est elle qui, avec le développement du tractus bucco-phonatoire, permet la pleine entrée de l'enfant dans le langage.
L'hominidé est devenu humain grâce à ses capacités conjointes de réception et de production du langage.
Vincent,
C'est plus embarassant que ça, ce que je pensais soulever:
Je voulais attirer ton attention sur la contradiction entre d'une part la parole qui est par définition héritée, donc ancienne, voire archaïque, et donc appuyée sur des connaissances caduques, prise dans un rapport au monde qui n'a pas pris en compte ces nouvelles approches, et d'autre part la découverte de nouvelles connaissances qui ne peuvent pas entrer das la vieille parole, et donc retarde à se faire révéler.
Salut Bernard,
J'ai l'impresison que la parole s'adapte: le terme "bureau" peut aussi bien signifier un meuble de travail, une pièce de travail, ou un endroit sur son écran sur lequel nous placons nos fichiers - mot qui lui aussi est relativement ancien. Mais le sens général de "bureau" reste le même. Je trouve que la parole est très plastique et adaptable en fait, non? Bien sur il existe des concepts pointus, notamment en mathématiques, très difficile à traduire en mots de tous les jours mais on peut dire la même chose de l'art.
Il serait d'ailleurs intéressant de se poser la question de savoir comment nous "comprenons" l'art !
La parole n'est ni ancienne, ni nouvelle, ni vieille. C'est un acte de locution, qui agence des mots par une syntaxe et une sémantique et les transmet avec une pragmatique et une prosodie, aides à la compréhension.
Les connaissances, exprimées par le langage, sont innombrables, venues du lointain de notre passé, de notre présent et de l'utopie de notre futur et de nos désirs. Elles ont de multiples fonctions, dont celles de rendre compte de l'état et du fonctionnement du monde (théories), ou de les masquer (idéologies) afin de les rendre supportables alors que la réalité du monde est violente et injuste.
Mais, fort heureusement, les discours et les connaissances sont pétris de contradictions. La déclaration universelle des droits de l'homme entre en contradiction avec certaines théories ou certains discours sur les gens de tel sexe, de telle race...
C'est dans ces contradictions, nées au cours de l'histoire non linéaire mais discontinue (Foucault) de l'humanité, que notre pensée et notre discours critique puisent leur force, leur rationalité, leur pouvoir subversif.
En quelques mots, il est difficile de résumer des choses aussi complexes, pensées si longtemps...
Il faudrait alors distiinguer la parole et l'écrit, car c'est l'écrit qui engendre la pensée rationnelle du fait de la possibilité d'analyser sa propre parole (chose presque impossible dans une culture purement orale).
@VINCENT et BERNARD.
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Nommer le déjà connu pour le transmettre aux plus jeunes, et aussi le partager avec d'autres qui en sont au même stade d'avancée (plus on est de fous, plus on trouve).
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Parler pour ne rien dire, paroles de propagande ...
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Et la poésie ? Tout comme le langage musical ou celui des arts visuels ?...
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Oui, Agnès, bien sûr.
je parlais des découvertes et des connaissances que la langue empêche de découvrir à cause de son archaïsme.
@BERNARD COLIN.
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Rôle du(de la ?) devin (devine ?) ? ...
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Le moteur principal qui fait avancer tout scientifique c'est la curiosité au monde. C'est un instinct indispensable à la survie de toute espèce dans sa quête de nourriture.
La curiosité scientifique c'est soit avancer dans l'inconnu, soit remettre en question le connu c'est à dire douter. Ces deux formes de curiosité permettent de nous nous nourrir
le scientifique n'est pas seul face au monde, il doit coopérer avec d'autres scientifiques, il doit coopérer avec la société ce qui est souvent plus difficile
Bonsoir Christian,
Il y aurait sans doute beaucoup à dire que comment la prise en compte de réalités sociales (et y compris politiques et économiques) influence la manière de faire et de penser du scientifique, et de l'establishment scientifique en général.
Les scientifiques forment une société anarchiste très particulière: ni dieu ni maitre, les scientifiques ne sont pas propriétaires de la science qui est à tout le monde; cette communauté fonctionne autant sur la coopération que l'émulation.
Mais les scientifiques vivent aussi dans une société très différente, très hiérarchique, très compétitive avec ses vedettes et ses chefs avec des contraintes imposées par la guerre économique.
Cette contradiction permanente donne à cette activité ce parcours cahotique avec des moments de bonheur mais aussi d'indignation.
La pensée scientifique a plus de 2000 ans, elle a connu bien des vicissitudes mais ce système d'organisation a encore de beaux jours devant lui n'en déplaise à tous ceux qui voudraient la mettre au pas
J'ai un peu peur que ceux qui accèdent aux postes scientifiques de demains soient seulement ceux qui auront intégré les contraintes sociétales dont vous parlez, et que la sceicne ne sera plus qu'une forme de recherche appliquée au profit d'un Etat entièrement aux mains de l'élite économique. Jusqu'à la prochiane Renaissance sans doute...
Associé au perfectionnement des moyens d'observation, le doute est un moteur de l'accroissement des connaissances.
Quand on doute, on "refait la manip" avec des appareils plus perfectionnés. Et souvent, bingo!, on trouve une petite différence que la théorie n'explique pas. Mais là encore, le doute est nécessaire : et si la manip même ainsi refaite était à son tour sujette à caution? A-t-on tenu compte de toutes les corrections nécessaires? L'exemple récent des neutrinos mesurés "supraluminiques" est emblématique de cette démarche où le doute est indispensable (mais on peut en douter
). Avant de déclarer que la Relativité en prend un coup, il va falloir vérifier la manip une (p+q)éme fois, et, en particulier, scruter au nanomicroscope la synchronisation des horloges du Cern et du Gran Sasso, deux labos dont la vitesse de rotation n'est pas tout à fait la même vu leur latitudes différentes.
Et même, si ce résultat de 6 km/s d'excès de vitesse neutrinonique est confirmé par cette manip, il va falloir impérativement en faire une autre ailleurs, avec un appareillage différent.
Et même si l'excès de vitesse est confirmé, le doute subsistera: la Relativité restera-t-elle valable avec juste une "vitesse limite" légèrement modifiée, ou bien devra-t-elle être remise en question?
Le doute est une impérieuse nécessité, n'en doutons pas...
PS - La science n'est pas plus une religion que la religion est une science. Mais les "scientistes"ont en commun avec les "fondamentalistes" leur ignorance du doute. Cela dit, en ce début du XXIème siècle, la science perd du terrain au profit de la religion. Est-ce un bien? J'en doute.
Bonjour Joël,
Je suis certain que ce n'est pas un bien, mais si vous me donnez des raisons d'en douter je suis preneur :)
Je recommande hautement la lecture de La Magie du Cosmos de Brian Greene chez Robert-Laffont, repris en poche dans la collection "Folio essais" chez Gallimard.
Ce formidable ouvrage de vulgarisation débute par des questions. Or on questionne dès qu'on doute.
Voici de ces questions qui vous font illico plonger dans un océan de réflexions:
"Qu'est-ce que la réalité? [...] Nous, humains, ne disposons que d'expériences de perception et de pensées internes. Comment pouvons-nous alors avoir la certitude qu'elles nous offrent une image fidèle du monde extérieur ?
Il est raisonnable de douter de cette certitude : rien que pour "voir" un objet, il faut "l'éclairer", donc le bombarder avec des photons, ou d'autres "projectiles-sonde" qui changent son comportement, voire parfois sa nature. On n'accède qu'à l'objet éclairé qui n'est déjà plus l'objet initial.
Pour autant, bien sur, que l'objet initial existe effectivement en tant que tel. Perso je doute que la notion "d'image fidèle du monde extérieur" ait un sens: une mouche ne voit pas du tout le monde comme nous, et pourtant le monde extérieur est le même pour elle et nous. Nous vivons dans un monde hautement subjectif et la notion de réalité tient plus de la convention collective que d'autre chose.
Salut Vincent
Merci pour cette belle et opportune contribution.
La matière vivante est connaissance elle peut se réduire à cela.
C'est la connaissance du monde qui de la bactérie à l'homme permet de transformer ce monde à notre profit.
Cette connaissance a deux aspects génétique et neuronale et ce système est contraint de fonctionner sans cela nous ne serions pas là pour en parler.
Connaissance et existence sont intimement liés dans les systèmes auto-organisationnels comme la vie ;
Les proppriétés de ces systèmes sont aujourd'hui très mal connus car la connaissance de notre connaissance présente de nombreux artefacts dont la philosophie s'empare pour brouiller un peu plus les cartes..