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MEDIAPART

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Censuré! Merci SOPA, PIPA & Cie

Le web américain proteste aujourd’hui contre les lois proposées par le Congrès visant officiellement à la lutte contre le piratage mais, dans la lignée de l’arsenal répressif et liberticide que nous subissons tous depuis 10 ans de par le monde, très facilement utilisable comme arme de censure. Ce blog est relooké pour l’occasion.

Les sites WikipediaWordPress et bien d’autres encore sont en blackout aujourd’hui en signe de protestation. Une petite explication est disponible sur le site OWNI: http://owni.fr/2012/01/18/black-out-sopa-pipa-wikipedia-internet-americain/, aisni que sur le blog de Paul Jorion: http://www.pauljorion.com/blog/?p=32823

Ce type de loi, proches d’HADOPI, vise à défendre la propriété intellectuelle en empêchant le piratage mais vise surtout à protéger les intérêts commerciaux des industries concernées, qui disposent généralement d’excellent lobbyistes. Mais la propriété intellectuelle est-elle réellement défendable? Cette notion s’inscrit dans la logique utilitariste/égoïste (récemment revisitée dans le billet Du gène égoïste au génie collaboratif) qui impose la propriété privée comme élément fondamental de mesure et de contrôle social. Elle est inscrite à l’article 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Elle est un pilier du pouvoir oligopoliste des grandes sociétés de par le monde (Microsoft, GE, Apple, IBM, Monsanto etc…) qui utilisent la notion de propriété intellectuelle non pas seulement pour défendre des idée novatrices qu’ils mettent eux-même en pratique, mais également et surtout pour empêcher autrui de s’aventurer sur les mêmes terres. Les tentatives de brevetage du vivant, des semences ou de médicaments issus de plantes naturelles ayant toujours existé sont la partie émergée - et sans doute la plus ignoble – de cette gangrène qui ronge tous les domaines de l’industrie et qui, contrairement au discours larmoyant des pauvres milliardaires, est un véritable frein à l’innovation du fait qu’il est devenu très difficile d’inventer quelque chose aujourd’hui qui ne soit déjà plus ou moins couvert par quelque brevet ou copyright. Le petit tableau ci-dessous monte la progression des brevets déposés. Tout cela a t-il le moindre sens?

(Source: La Tribune)

La notion de propriété intellectuelle est discutée dans ce billet, qui reprend entre autres une interview vidéo d’Albert Jacquard. J’ai également diffusé un très pertinent billet par Philippe Aigrain “le partage est légitime“. Slate publiait en 2010 cet intéressant article intitulé “La dangereuse spéculation autour des brevets“. Et on aura pas oublié, je l’espère, que le président de la SACEM touche 600 000 euros par an tout en se permettant de fustiger les gens qui téléchargent… ben oui, faut bien qu’il vienne de quelque part ce ce petit salaire de défenseur des artistes se retrouvant à la rue à cause du piratage…. Bref voilà un domaine où l’hypocrisie n’a décidément aucune limite.

 

Billet en accès libre sur http://rhubarbe.net/blog/

Tous les commentaires

18/01/2012, 22:43 | Par Vincent Verschoore

Ce n'est visiblement pas un sujet qui intéresse Médiapart, je ne trouve pas d'article la-dessus! Ou alors il s'agit de consentement implicite, qui sait...

20/01/2012, 07:44 | Par samines en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 18/01/2012 à 22:43

RigolantRigolant

Hello Vincent.

C'est la profusion qui crée le silence...

Nous pouvons "encaisser" dix mauvaises nouvelles, mais à la onzième, la probabilité que l'une des dix premières sorte de notre mémoire s'accroit considérablement (il faut que je retrouve l'étude, tiens, ça ferait un bon billet...Sourire).

Trop d'informations nuit à l'information, trop de douleur minore l'impact de la douleur, trop de mauvaises nouvelles atténue l'impact désagréable d'une mauvaise nouvelle supplémentaire...

20/01/2012, 08:56 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de samines le 20/01/2012 à 07:44

Vu, depuis, l'article de Fatarella.

20/01/2012, 10:16 | Par samines en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 20/01/2012 à 08:56

problème technique. "Les Echos" publient un article en ligne sur la réaction des Anonymous à POPI : Hacking des sites américains officiels...Rigolant

20/01/2012, 07:57 | Par Chris43 en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 18/01/2012 à 22:43

Il est fastidieux de lire toujours cet amalgame:

Elle est un pilier du pouvoir oligopoliste des grandes sociétés de par le monde (Microsoft, GE, Apple, IBM, Monsanto etc…) qui utilisent la notion de propriété intellectuelle non pas seulement pour défendre des idée novatrices qu’ils mettent eux-même en pratique, mais également et surtout pour empêcher autrui de s’aventurer sur les mêmes terres. Les tentatives de brevetage du vivant, des semences ou de médicaments issus de plantes naturelles ayant toujours existé sont la partie émergée - et sans doute la plus ignoble – de cette gangrène qui ronge tous les domaines de l’industrie et qui, contrairement au discours larmoyant des pauvres milliardaires, est un véritable frein à l’innovation du fait qu’il est devenu très difficile d’inventer quelque chose aujourd’hui qui ne soit déjà plus ou moins couvert par quelque brevet ou copyright.


Il est désolant en pariculier de lire cette absurdité:


il est devenu très difficile d’inventer quelque chose aujourd’hui qui ne soit déjà plus ou moins couvert par quelque brevet ou copyright.

Vous avez sans doute voulu dire copier (pirater) , spécialité des japonais en son temps et de la chine aujourd'hui.

Mélanger les droits d'auteurs, la protection des marques et les brevets (techniques) permet d'écrire n'importe quoi. En ce qui concerne les brevets, les procès qui font la une viennent d'une disposition propre à la loi américaine autorisant le brevetage de logiciel, ce que ne permet pas la loi européenne (qui est contournable, je l'admet).

Quand au brevetage du "vivant" , il mélange les plantes, les animaux et l'homme allègrement.


Il y a certes des problèmes avec la propriété industrielle et intellectuelle, et ils méritent autre chose que que cette présentation populiste.



 

20/01/2012, 08:55 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Chris43 le 20/01/2012 à 07:57

Merci alors de nous faire une présentation non populiste de la question!

"Le blocage de l'innovation, lié à une utilisation excessive des brevets, a pris toute son ampleur dans le domaine des nouvelles technologies où les plus grandes entreprises High-Tech se sont déclarés une guerre des brevets durant l'année 2011, essentiellement aux Etats-Unis et en Europe. La plupart des acteurs du secteur sont concernés (MotorolaHTCSamsung ...) mais une bonne partie des plaintes a été émise par ou contre Apple. Ainsi plutôt qu'investir dans l'innovation, ces sociétés engagent des frais conséquents d'avocats et de rachats d'entreprises possédant des brevets afin de maintenir son produit sur le marché et de retirer ceux de la concurrence6. Apple a ainsi réussi à faire retirer en Juillet 2011 la tablette Samsung Galaxy Tab en Allemagne pour violation des droits d'auteurs du design de son Ipad7." (Wikipedia)

D'autant plus que Apple doit son succès intiial au fait que Jobs a pu récupérer à peu de frais l'invention de l'interface graphique et de la souris par Xerox... 

20/01/2012, 09:32 | Par Chris43 en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 20/01/2012 à 08:55

Pourquoi n'avoir pas écrit cela plutôt que votre amalgame.

 

J'ai précisé que ce dont vous parlez vient de la particularité de la loi US qui permet le brevetage des logiciels !

Si leurs querelles régalent les media populaires, elles ne représentent que des peanuts dans le nombres de brevets déposés annuellement. La leçon a tirer de ces dérives n'est certainement la condamnation globale du brevet, grâce auquel il est rentable d'inverstir dans la recherche, un exemple: combien de recherches universitaires sont financées par la licence d'une invention ?

20/01/2012, 15:21 | Par Vincent Verschoore en réponse au commentaire de Chris43 le 20/01/2012 à 09:32

"La leçon a tirer de ces dérives n'est certainement la condamnation globale du brevet, grâce auquel il est rentable d'inverstir dans la recherche"

Chris, là est un point fondamental du débat:: qu'entendons-nous par "il est rentable de"? Les brevets de manière générale permettent des rentes de situation, effectivement très rentables pour ceux qui en bénéficient. Avec le problème que c'est la rentabilité qui conduit la recherche et non l'utilité. Combien de molécules pharmaceutiques, par exemple, n'existent que grâce aux brevets et ne visent que faire rentrer du fric grâce à un marketing savant, sans aucune utilisé réelle (voir pire)? Je n'ai trouvé aucune étude un tant soit peu scientifique et impartialle qui démontre que la protection de l'innovation par des brevets participe à l'amélioration scientifique et sociale. Qu'elle participe à la création de monopoles qui maximisent leurs profits sur le dos des autres, aucun doute par contre.

Je propose de continuer la conversation sur le billet de Michbret, nettement moins populiste :)

 

20/01/2012, 09:32 | Par Chris43 en réponse au commentaire de Vincent Verschoore le 20/01/2012 à 08:55

Pourquoi n'avoir pas écrit cela plutôt que votre amalgame.

 

J'ai précisé que ce dont vous parlez vient de la particularité de la loi US qui permet le brevetage des logiciels !

Si leurs querelles régalent les media populaires, elles ne représentent que des peanuts dans le nombres de brevets déposés annuellement. La leçon a tirer de ces dérives n'est certainement la condamnation globale du brevet, grâce auquel il est rentable d'inverstir dans la recherche, un exemple: combien de recherches universitaires sont financées par la licence d'une invention ?

19/01/2012, 13:28 | Par Michel Fauconnet

Avaaz organise une pétition ici

20/01/2012, 01:02 | Par michbret

Réponse du lobby au blackout, comme par hasard, le même jour: Grosse attaque sur Megaupload et ses dirigeants de la part du FBI (lire ici le communiqué officiel).

Megaupload (parmi les 20 sites web les plus fréquentés) et ses dirigeants n'étaient probablement pas très clair sur les aspect de "propriété intellectuelle" des droits dits d'auteur sur les chansons, les films, ... mais cela repose le problème de l'hébergeur ou du pourvoyeur de tuyaux en regard des contenus transportés ou hébergés. ....

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