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Big Bang ou pas Big Bang?
Le but de cet article est de brosser, en termes que j’espère clairs et concis pour un public non averti, un état des lieux de la théorie du Big Bang, les grandes questions qu’il pose, et quelques propositions alternatives.
Je ne charge pas le texte avec les nombreuses références, obligatoires s’il s’agissait d’un article académique, pour ceux qui veulent aller plus loin on trouve énormément d’information sur Internet sur base de quelques mots clés.
L’origine
En 1931, Georges Lemaître, astronome et chanoine belge travaillant à l’Université Catholique de Louvain, publie sa théorie de l’atome primitif, plus connu depuis 1950 sous le nom de la théorie du Big Bang (nom donné par l’astronome Fred Hoyle lors d’une émission de la BBC, et qui est resté).
Cette théorie, qui dans sa forme moderne colle assez bien à la réalité observée, postule que l’univers a suivi le schéma suivant :
1) « Quelque chose » s’est passé, pour une cause inconnue (singularité ? Contraction d’un univers précédent ?), qui à duré le temps de Planck (10-43 secondes). On ne sait rien de cette ère de Planck car les lois physiques que nous connaissons ne s’appliquaient pas à ce moment-là, elles ne commencent à s’appliquer qu’après ce « mur de Planck ».
2) Création des particules élémentaires, avec formation de quantités quasi égales de matière et d’anti-matière (charge électrique opposée), qui s’annihilent, laissant un léger surplus de matière dite baryonique, c’est la baryogenèse.
3) Création des noyaux d’hydrogène, d’hélium et de lithium, c’est la nucléosynthèse primordiale.
4) Formation des atomes, environs 380 000 ans après le Big Bang, par recombinaison des électrons et des noyaux. L’univers devient alors suffisamment peu dense pour que la lumière puisse se propager.
5) Formation des premières étoiles et galaxies, moins d’un milliard d’années après le Big Bang
6) Expansion et refroidissement de l’univers pendant 13,7 milliards d’années, qui est aujourd’hui très peu dense (quelques atomes par mètre cube) et très froid (-270°C).
Ceci est le modèle standard de la cosmologie, bénéficiant d’un large consensus sur les concepts mais avec beaucoup de divergences sur les détails.
Néanmoins, pour qu’il fonctionne, ce modèle à impliqué la création d’un certain nombre de concepts assez surprenants, et il existe des scientifiques qui proposent soit des modifications de certaines étapes (notamment les conditions initiales) soit carrément une remise en cause de notions supposées acquises, telle que la réalité de l’expansion de l’univers.
Quelles sont les bizarreries inhérentes au modèle standard :
Inflation cosmique
Des problèmes inhérents au modèle Big Bang de base (problème de l’horizon, problème de la platitude, problème des monopôles, problème de la formation des grandes structures) ont été « résolus » par la mise au point en 1980 de la notion d’inflation cosmique, une inflation extrêmement importante (facteur de 10EXP26 à 10EXP1000000 ) de l’univers sur une période assez courte.
Ce postulat est nécessaire car sans lui l’univers observable, homogène et isotrope, serait en contradiction avec ce qui découlerait de l’état « naturel » de l’univers juste après le mur de Planck sans cette inflation. Voir ici pour plus de détails.
Matière sombre ou matière noire
La matière sombre serait une forme non-baryonique (donc n’interagissant pas avec la matière « normale »), n’émettant aucune lumière et donc indétectable par l’observation directe.
Le modèle du Big Bang avec l’inflation cosmique implique l’existence de matière sombre, car sans elle on ne peut expliquer la formation des galaxies, formation qui nécessite l’existence de zones un peu plus denses que d’autres (les « fluctuations primordiales »).
En effet le modèle d’expansion implique que la matière baryonique soit distribuée de manière homogène dans tout l’univers, donc elle ne peut être à l’origine de ces fluctuations.
Ce qui n’explique pas pourquoi la matière sombre serait, elle, distribuée de manière non homogène !
La matière sombre représenterait 22 à 27% de la densité totale de l’univers observable, alors que la matière « normale » ou baryonique ne représente que 4 à 5% de la densité totale !
Il existe deux formes de matière noire connue, mais leur masse est très nettement inférieure à ce que demande le modèle : les neutrinos (particules sans masse) et les trous noirs (objets célestes tellement denses que même la lumière ne peut leur échapper). Reste à trouver le reste.
Energie sombre ou énergie noire
L’énergie sombre est une énergie gravitationnelle négative (elle repousse au lieu d’attirer les masses entre elles). Totalement indétectable et issue des nécessité du modèle Big Bang avec inflation cosmique, cette énergie sombre composerait 65 à 75% de la densité de l’univers, autrement dit elle serait la composante majeure de l’univers…
Sans l’énergie sombre, cad sans cette forme de gravitation négative, l’accélération de l’expansion de l’univers telle qu’observée ne serait pas possible.
En l’état, ce modèle implique une croissance éternelle de l’univers, et semble rendre impossible la notion d’un univers qui se contracterait après expansion maximale, dans un jeu de yoyo Big Bang / Big Crunch.
Il existe des variations sur le thème de la nature de l’énergie sombre :
- Elle serait la constante cosmologique de la relativité générale, traduisant en fait l’énergie du vide quantique. Cette énergie serait stable, de densité égale partout dans l’univers.
- Elle serait une « énergie fantôme », dont la densité aurait la surprenante propriété d’augmenter avec l’expansion de l’univers. La finalité de l’univers serait ici la destruction de toutes les structures atomiques sous l’influence d’une de cette force associée à une densité infinie, autrement dit une singularité gravitationnelle.
- Elle serait un champ scalaire avec une équation d’état de type barotropique. Ca ne vous dit rien ? A moi non plus, mais on trouve ceci sur wikipédia.
Voilà brossé, à la grosse louche, le portrait du modèle cosmologique standard et de ses principales particularités.
Malgré le consensus, tout le monde n’est pas d’accord, heureusement, et voici quelques approches alternatives, ou partiellement alternatives :
La question de l’expansion de l’univers.
Le modèle Big Bang nécessite l’énergie sombre car l’univers est en expansion, et même en expansion accélérée. C’est le consensus, mais à quel point sommes-nous certain que l’univers est en expansion ?
Cette observation repose sur la notion de l’effet Doppler appliqué au mouvement des galaxies, effet qui dit qu’une galaxie en éloignement par rapport à l’observateur présente un décalage vers le rouge ou « red shift ». L’existence de ce red shift est considérée comme la preuve du modèle Big Bang.
Mais….et si c’était « just an illusion » ?
En effet, il est démontré que le red shift peut également être le résultat de l’attraction gravitationnelle : on voit bien une galaxie avec un red shift, mais la galaxie est stationnaire, le décalage vers le rouge est du à l’effet gravitationnel sur les photons qui nous viennent de la galaxie. Cette version (Voir ici pour une explication détaillée) soutient la théorie d’un univers statique, et permet de se séparer des notions d’énergie sombre, vu qu’il n’y a plus d’expansion.
Le modèle du red shift lié à l’expansion est également attaqué par l’astronome Halton Arp, qui propose que les galaxies ont un red shift intrinsèque, liés à la vitesse d’éjection des photons. Les implications des travaux de Arp sont profondes, mais les critiques véhémentes, je vous laisse le loisir d’aller plus loin.
L’univers ekpyrotique
Ce modèle, développé à partir de la théorie des cordes, se préoccupe des premiers instants de l’univers, du Big Bang proprement dit. Il accepte par contre la notion d’expansion de l’univers.
Selon ce modèle, l’univers est constitué de deux « plaques » ou « branes » de faible épaisseur mais sans limite sur les deux autres axes, reliées entre elles par une quatrième dimension. Cet univers serait cyclique, et un cycle débuterait par l’entrée en collision des ces deux branes, générant ainsi une grande énergie cinétique se traduisant par la création des particules élémentaires.
Pas besoin ici de singularité de départ, ni de mur de Planck, ni d’inflation cosmique, ni de matière sombre : c’est en quelque sorte une création par frottement, qui se reproduit chaque fois que l’univers se vide (de par son expansion). Le « frottement » est suffisamment homogène (sur toute la surface) pour que l’univers résultant soit homogène, mais les fluctuations quantiques (ripples) liées au frottement génèrent des fluctuations de températures qui permettent ensuite la formation de galaxies.
Notre univers visible est l’une des deux branes, l’autre nous étant parfaitement inaccessible étant donné que la lumière ne peut traverser l’espace (la quatrième dimensions) entre les deux branes.
Ce scénario est le fruit de recherches à Princeton University, plus d’information sur cet article.
L’Univers Electrique
Pour terminer, voyons rapidement une alternative généralement discréditée auprès des scientifiques classiques, le modèle de la cosmologie du plasma ou l’univers électrique.
A la base de ce modèle, l’observation que les principes électriques expliquent un certain nombre de phénomènes astronomiques bien mieux que les principes gravitationnels.
La gravitation n’est pas exclue du modèle électrique, mais elle n’est qu’une composante.
Selon cette théorie, l'univers peut être démontré comme étant constitué presque entièrement de plasma électriquement actif. La force électrique est de 39 ordres de grandeur plus grande que la pesanteur. Cela signifie mille milliard de milliard de milliard de milliards [10^39] de fois plus forte.
La cosmologie du plasma n'exige pas d'inventions mathématiques, telles que le Big Bang, la matière sombre, l'énergie sombre, et les trous noirs.
Il n'y a aucune île d'isolée dans l'espace. Toute la matière est reliée dans l'espace par les manifestations de la force électrique. La force électrique agit dans la matière à tous les niveaux, depuis les particules subatomiques jusqu’aux regroupements galactiques.
L'électricité est la force primaire qui organise la structure cosmique dans les cieux.
Cette théorie pourrait expliquer pourquoi la vitesse de rotation du soleil est différente à l’équateur et aux pôles, ou entre la surface et l’intérieur. Il expliquerait, entre autres, les queues des comètes en termes de plasma, et même la fine queue de Vénus détectée en 1997 par le satellite Soho.
Je ne suis pas compétent pour donner un avis sur la validité intrinsèque de cette approche, le fait qu’elle soit diabolisée par l’establishment serait pour moi plutôt un bon signe, mais c’est un avis personnel.
En guise de conclusion
Le modèle dominant, même s’il fonctionne plutôt bien, fait appel à des concepts parois étranges pour « caler » la théorie avec la réalité observée. Réalité qui peut être mise en doute, notamment au niveau de la supposée expansion de l’univers.
Des approches différentes, à base de théorie quantique voir de plasma électrique, tentent de simplifier le modèle et d’expliquer l’univers observé sans faire appel à des matières ou énergies sombres avec un arrière goût de sucre artificiel.
Cet article est très loin d’être exhaustif, c’est juste pour vous donner envie d’en savoir plus.
=VV=

Tous les commentaires
Merci pour ce monde de rêve... et de particules!
Commentaire à double, voire triple effets.
1/ Soit vous le dites avec la voix de Galabru. 2/ Soit avec celle de Jouvet. 3/ Version libre. _______________
Ah, le Big Bang! Mais, pourquoi diable ce Plank nous a-t- il fait un mur pile à cet endroit ? Car, il faut bien le dire, tout ce qu'il y a de ce côté-ci du mur n'est qu'insignifiance. L'important, c'est bien l'autre côté. Comme quoi, il n'y a pas que pour les moutons, les chèvres ou les chevaux que l'herbe est meilleure au-delà de la cloture. Allez, vivement le "Big Crunch" qu'on ne puisse faire autrement que de se serrer les uns contre les autres ; et peut-être s'aimer un peu... _______________
C'est malin, j'ai fait un essai avec la voix de l'inquiétant monsieur Ratzinger et je me suis étranglée... Vite, un peu d'eau ! Euh, combien de temps après le BB pour avoir la première molécule d'eau ? pdn
Ben justement; le Big Crunch, on risque de l'attendre longtemps, donc va falloir se débrouiller pour se serrer sans lui. Et sans Ratzinger, please....Quoique, d'un point de vue religieux, le BB est plutôt bien vu: le fait que l'on ne puisse connaître la partie cachée du mur de Planck s'accorde très bien avec une vision divine de la création du monde: Dieu crée le monde dans son petit labo bien à lui, puis balance le truc au-dessus du mur de Planck et à nous de nous débrouiller avec. L'inventeur de cette théorie était quand même un chanoine catholique, faut pas l'oublier. Suis passé sur votre blog, scotché! Surtout le billet sur la mousse, moi qui suit belge d'origine et amateur de bonne bière, je crois que je vais l'imprimer et l'encadrer... Quand à votre dernière question, je n'en sais trop rien, mais je vous propose une transformation mathématique intéressante: vous rajouter la variable Q à la constante BB, et je vous hache deux os pour faire une bonne entrecôte.
Et si on reprenait les choses à l'endroit? Vous présentez le modèle standard sur le modèle narratif de la Genèse en tentant de le ramener au "Dieu créa le ciel et la terre" du Big bang, je préfère le voir selon l'histoire des sciences. L'observation expérimentale c'est le "red shift": observation astronomique, comparaisons d'indications de distance, apparemment le phénomène est isotrope et augmente avec la distance. Si on interprète ce décalage comme un effet doppler, on bâtit sur des observations expérimentales un modèle d'univers en expansion qui explique ces observations (et pas l'inverse comme votre article); c'est la méthode scientifique. Si on trouve mieux que l'effet doppler pour expliquer, tout le monde est preneur, mais ça fait longtemps qu'on attend un candidat crédible. Ensuite on étudie les conséquences du modèle: en "remontant le temps" de l'univers en expansion on arrive à une singularité (départ de l'expansion) au volume 0. On calcule la date, la température et la densité, et le "pêché originel" du modèle est là: dans un volume nul à densité et donc énergie infinie, les lois physiques ne sont même plus extrapolables. L'essentiel des critiques sur la théorie vient de cette singularité au sens mathématique: si on est conduit à diviser par 0, c'est qu'on a poussé la théorie là où elle n'est plus applicable. Néanmoins la mécanique newtonienne qu'il ne faut utiliser que loin de la vitesse de la lumière est parfaitement applicable dans bien d'autres cas et reste intéressante par sa simplicité. La théorie de l'expansion de l'univers a ces mêmes qualités: dans notre horizon observable, elle rend compte des observations; au temps 0 et au temps infini elle n'est sans doute plus valable. La fascination du Big bang est que peu après la singularité les échelles d'énergie et donc les théories varient très vite, mais le Big bang n'est qu'une prolongation à la limite du modèle standard. Reste le caractère prédictif d'une théorie pour lui assurer un succès scientifique durable; ce fut par exemple le "fond diffus": si tout a été très chaud à l'origine, il doit en rester une trace uniformément distribuée mais très refroidie; or le rayonnement cosmologique observé à 3K est justement conforme à la prédiction (parce que -270°C que vous trouvez très froid, c'est quand même 3K, plutôt chaud par rapport au vide à 0K). La relativité générale que vous invoquez pour expliquer le red shift a plutôt consolidé le modèle d'expansion qu'elle ne l'a contredit, sauf à faire intervenir des hypothèses "ad hoc" de masse invisible. L'abondance des éléments légers et bien d'autres observations donnent une base solide au modèle standard. Voilà donc une autre façon de raconter l'histoire de la théorie, plus dans le sens chronologique et de l'histoire des sciences. Cela n'enlève rien aux critiques qu'on peut faire sur la théorie (charge aux critiques d'en apporter une autre qui explique autant de choses et en prédise d'autres qui seraient observées), mais de même que pousser la mécanique newtonienne au-delà de la vitesse de la lumière donne des aberrations, chercher "au-delà du big bang" c'est vouloir aller au-delà de la théorie physique, et pour moi ça devient de la métaphysique, chacun est libre de croire ce qu'il veut, c'est la liberté de conscience, et ce qu'en dit Ratzinger (un certain Jean-Paul disait d'ailleurs à peu près la même chose en moins arrogant avant lui) ne contredit pas la théorie. D'ailleurs le seul qui ait tenté (encore qu'en termes elliptiques) une appropriation du modèle standard c'est Pie XII, là aussi voyons l'histoire des sciences en perspective au-delà de l'actualité. L'au-delà du Mur de Planck, est tout simplement non observable, donc le physicien qui cherche une théorie pour expliquer ses observations n'en a rien à dire, mais il y a tellement de physique observable à découvrir et apprendre par ailleurs!
Effet Doppler: dans le billet je donne un lien vers une proposition alternative pour expliquer le red shift: http://redshift.vif.com/JournalFiles/V15NO3PDF/V15N3GAR.pdf En tout cas nous saurons peut être cet hiver, suite aux expériences menées au Cern, si ce fameux champ de Higgs existe, ce qui apporterait une pierre de plus à l'édifice du big bang standard et de l'expansion de l'univers. Si j'ai bien compris, la présence du boson de Higgs, donc du champ de Higgs, pourrait être la source de cette énergie sombre qui permet(trait) l'extension de l'univers. Néanmoins la valeur théorique de ce champ de Higgs est largement supérieure (facteur de 120) à ce que qui est induit par l'observation du red shift. Donc suspense...
L'article mentionné, outre qu'il est bourré d'erreurs d'orthographe, de grammaire et d'anglais y compris dans les références avec l'orthographe de Lifchitz suppose que l'univers est statique (plat, avec l'observateur à son centre comme du bon temps de Galilée pour que le décalage vers le rouge proportionnel à la distance puisse être dû à la masse enfermée dans la sphère) mais ne met pas en doute la portée infinie de la gravitation, or supposer une force sans en déduire une accélération et donc un rapprochement des galaxies entre elles est simplement contradictoire avec le principe fondamental de la mécanique newtonienne! La méconnaissance des termes classiques de la physique va jusqu'à utiliser "relative constant velocity" p 326 équation 2.1 dans le sens de "vitesse", alors que p 336 le même terme est utilisé dans le sens de "vélocité": "Although, for high values of the z parameter, it would be required to use a velocity for high gravitational fields." Cette incise suivie d'aucun développement en dit long: l'introduction de la vélocité démontrerait en effet l'inanité du paragraphe suivant, qui évoque sans honte la vitesse de libération d'un photon dans un univers plat. Faire autant d'équations pour nous faire le coup classique de la forme indéterminée de division de l'infini par l'infini (premières équations non numérotées p 332) c'est une imposture: "d
La suite après "imposture: " apparemment un caractère n'a pas plu au moteur de Mediapart: ----------- d=a(τ )bdr=∞ 0dr= undetermined, therefore the universe does not expand". Je lis le "therefore" comme un "donc" qui laissera perplexe le lecteur attentif: deux formes indéterminées au service d'une conclusion définitive. En supposant que c'est plat j'en déduis que le rayon est infini et si c'est plat d'un côté le rapport des rayons est indéterminé, donc c'est plat de l'autre, ce qui prouve bien que j'ai raison! Observez aussi p 334: "Now, from [3] (pp. 479-480), in the context of the limit of the flat model of Friedmann, as for our model, a (τ ) b = const. and a (τ ) = ∞ and b = 0" L'infini fois 0 = constante (une des préférées des profs de maths pour démontrer que 2=3), en appelant à la rescousse la référence [3] en l'occurrence la théorie des champs NON RELATIVISTES de Landau et Lifchitz pour calculer sans sourciller à la page suivante (335) la vitesse de libération, la masse et le rayon de l'univers. Que de révélations dans un seul article! Le décalage prévu par la relativité générale a été mesuré, il est conforme au modèle standard relativiste, et la question n'est pas que le champ de Higgs existe ou non, contrairement au red shift qui est une donnée observable, le champ de Higgs comme le Big bang est un modèle censé expliquer des observations, il s'agit de savoir si ses prédictions sont observables. De ce point de vue j'attends de l'univers statique de José Francisco García Juliá l'explication du fond diffus, de l'abondance des éléments dans l'univers observable par exemple. Expliquer une observation c'est comme mettre la première pièce d'un puzzle, ça se complique quand tous les morceaux doivent se retrouver ensemble. Pour les amateurs de vraie physique et vrais raisonnement sur des univers possibles on peut reprendre le classique de Jena-Marc Lévy-Leblond, lui aussi grand exégète de Landau et Lifchitz, mais qui raisonne juste: http://archive.numdam.org/article/AIHPA_1965__3_1_1_0.pdf
Merci pour votre analyse. Que je vous comprenne bien, vous ne remettez pas en cause l'existence d'un redshift gravitationnel, mais vous remettez en cause les conclusions de l'article quand au fait que de redshift pourrait démontrer un univers statique? Vous avez raison au sujet de la qualité littérale de l'article, en voici un autre qui traite du même sujet mais de manière plus propre et en très bon anglais: http://www.ptep-online.com/index_files/2007/PP-09-06.PDF Ce papier arrive aux mêmes conclusions que le précédent (univers stationnaire), mais mieux étayé (à mon avis du moins). La non-compression de l'univers, qui comme vous le dites très justement devrait se contracter sous l'effet gravitationnel s'il n'y avait pas une force d'expansion contraire (due à l'énergie grise dans le modèle standard, non caractérisée à ce jour), est expliquée dans ce modèle par un gradient gravitationnel répulsif. Si vous avez le temps de commenter cet article....
Le deuxième article est plus clair, c'est un univers de Friedmann, ce que décrivait sans doute aussi le premier article, sans l'annoncer clairement et en prétendant décrire l'univers observable. Il y a effectivement moyen d'ajuster des paramètres d'un univers de Friedmann pour faire "coller" quelques constantes cosmologiques et observations. Le dogme "non-scientifique" de Wikipedia de confrontation qui considère le point de vue scientifique comme "un parmi d'autres" est un avantage ici; la page de discussion sur l'historique de l'article Big bang est aussi une belle anthologie du temps qui peut être passé à obtenir un point de vue consensuel.
Néanmoins je ne connais plus de partisan de la théorie de l'état stationnaire (version française incomplète) reconnu par ses pairs actuellement. Fred Hoyle (là aussi version française incomplète, il y a encore du travail sur fr.wikipedia) c'était toute ma jeunesse, connu pour ses livres de science-fiction avant ses travaux cosmologiques. Le plus grand opposant historique à l'idée est celui qui ironiquement lui a donné ce nom de Big bang qui est resté dans les esprits. Fred Hoyle n'a jamais contesté le modèle cosmologique standard "instantané" (observable aujourd'hui); il était partisan d'un univers statique, mais infini donc loin des modèles de Friedmann, et il est mort avant d'avoir vu les arguments qui ont décimé les rangs des derniers tenants de sa théorie (notamment observations radio des quasars et galaxies lointaines, spectre de corps noir du fond diffus).
Pour découvrir le sujet, l'article Cosmologie de Wikipedia est sans prétention mais répond bien à l'objectif de l'encyclopédie: ce qu'il faut lire en premier pour se faire une idée de la notion. La belle carte du fond diffus pourra être prise comme un témoignage de "pensée unique", mais l'article cité plus haut sur les univers de Friedmann prouve que la diversité des opinions est respectée, l'auteur principal de cet article tient d'ailleurs un site Questions sur la cosmologie d'excellente tenue pour un non-institutionnel avec notamment un bon résumé sur la matière noire (CDM Cold Dark Matter).
Pour des détails plus complets, l'Ecole Polytechnique publie un excellent cours Principes de cosmologie (PDF), auquel ne manque qu'une partie Histoire des sciences mettant en évidence la progression des idées dans le domaine.
Un autre cours complet par l'Université de Grenoble
Et pour un autre billet de blog qui a donné plus de commentaires mais où je ne suis pas compétent pour commenter, un article sociologique sur le déni de HIV
Merci pour ce commentaire très pédagogique. Je ne connais pas personnellement de partisans de la théorie de l'état stationnaire, mais le fait que ce type d'articles existe démontre, à mon avis, que ces partisans existent quand même. Mais peut importe, l'intérêt est de reconnaître que la messe n'est pas dite à ce sujet, et que la théorie dominante aujourd'hui reste incomplète. Tout le monde espère que dans les deux ou trois années à venir le LHC pourra répondre à certaines questions qui affectent également la cosmologie, par exemple si le LHC détectait des particules supersymetriques cela pourrait permettre de comprendre la composition de la matière noire, ce qui renforcerait encore plus le modèle standard. S'il détectait une ou plusieurs dimensions supplémentaires, par contre, ce serait une avancée pour la théorie des cordes, dans laquelle s'inscrit ekpyrotique que j'ai brièvement présenté dans mon billet. Et je me souviens de ce bouquin de Fred Hoyle, The Dark Cloud, sans doute mon premier libre de SF. Et qui rejoint quelque part le débat lancé par Thomas Heams sur son billet http://www.mediapart.fr/club/blog/thomas-heams/180908/prevolution-une-revolution-dans-l-evolution sur l'origine de la vie. HIV: Vincent Truffy avait posté le même article dans sa première réponse à mon billet sur le HIV. C'est la réfutation classique à l'encontre des "denialists", réfutation cohérente en tant que telle mais biaisée, vu que son argumentation part du principe que la position dominante est forcément correcte... Par exemple l'article dit qu'il est justifié d'interdire la publication d'articles dissidents au nom que cela peut entraîner une prise de risque (rapports non protégés) et donc la mort de gens qui se laisseraient influencer par cette position dissidente. Argument qui n'a pas de sens vu que le point de vue dissident, justement, est de dire que le VIH n'a pas d'effet (voir n'existe même pas), d'une part, et d'autre part est en partie invalidé par la position actuelle tout à fait officielle de l'OMS qui dit (voir les commentaires du billet lui-même pour plus de détail, http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-verschoore/210808/sida-20-ans-de-doutes-sur-le-vih) que le risque de transmission sexuel est beaucoup plus faible que ce que l'on prétend depuis 25 ans, et que le VIH en lui-même a besoin de cofacteurs pour être pathogène (voir références aux derniers papiers de Montagnier). Ce qui ne veut en aucun cas dire qu'il ne faut pas se protéger, car le VIH n'est de toute manière pas la seule MST, loin s'en faut, et que dans le doute.... protèges-toi! Personne, que je sache, dans le mouvement dissident ne préconise le rapport sexuel non protégé. Donc l'argument "criminel" justifiant la censure n'est qu'un épouvantail. C'est comme dire qu'il est criminel que les constructeurs automobiles vantent le freinage de leurs voitures, de peur que les automobilistes ne se mettent à conduire comme des cons. Mais bon, ici n'est pas l'endroit pour cette discussion, j'arrête là cette digression.
Je m'étonne de ne pas voir mentionner dans cet assaut d'érudition la version de Michel Rocard, qui fut sans doute influencé par son père, Yves Rocard, exclu de l'académie des Sciences pour avoir théorisé la science des sourciers en mettant en évidence les capteurs de micro variations du champ magnétique dans les poignets et les coudes, ainsi que les bases de la géobiologie. Comme quoi le rapport tendu entre le Religieux et le Scientifique n'est pas réservé aux Catholiques de Louvain la Neuve... (Quoique "catholikos" signifie "universel", au départ...) En tous cas, Michel Rocard offre une hypothèse intéressante du décalage du Rose vers le Blanc-bleu qu'on pourrait baptiser "Pinkshift"... :-)
Oui, les "recherches par trop insolites".... comme souvent, la science institutionnelle se comporte comme une religion, avec ses dogmes et ses excommunications. La recherche de la vérité est souvent secondaire à la recherche de statut et de financement.
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Je ne suis absolument expert, mais je rappelle cet ouvrage "QUE FAISIEZ-VOUS AVANT LE BIG BANG? Edouard Gunzig 2008 Ed. Odile jacob
Bonsoir Claude, comment êtes-vous arrivé(e) sur ce billet antédiluvien?
Je n'ai pas lu ce livre, il est probable que je ne faisais pas grand chose à ce moment-là en fait, mais rien ne coûte de se renseigner... Merci pour le tuyau.
Je ne sais pas ce que je faisais avant le Big Bang, Inspecteur... J'ai perdu mon agenda pendant l'explosion... Je n'ai donc pas d'alibi vérifiable... :-)