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Radiofréquences et santé, entre RAS et “faites gaffe quand même…”

La question des effets des radiofréquences, que ce soit des téléphones portables, Wi-Fi, lignes à haute tension et j’en passe, est un peu le monstre du Loch Ness électronique qui apparaît et disparaît au fil des études et des recommandations d’organismes publics plus ou moins indépendants des industries qu’ils sont censés réglementer. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire vient donc de publier son dernier rapport, disponible en format PDF ici. Au-delà de ses recommandations sur lesquelles je reviendrai plus tard, ce rapport est une véritable bible explicative des différents systèmes d’émissions RF qui nous entourent, et une critique assez complète des nombreuses études prises en compte dans sa rédaction.

La guerre et l’évolution des sociétés complexes

Dans le dernier billet “La Cliodynamique, une méthode scientifique pour prédire les crises sociales“, il était question d’une technique de simulation numérique à même de prévoir l’émergences de crises sociales graves. Une technique similaire développée par ce même Peter Turchin de l’Université du Connecticut et le National Institute for Mathematical and Biological Synthesis, s’attache à simuler l’avènement des sociétés complexes dites “ultrasociales”, c’est-à-dire capables de générer de la collaboration entre groupes ethniques distincts (ce qui n’est finalement qu’une autre définition de “civilisation”). L’objectif de ce développement est d’une part de comprendre comment nos énormes, étatiques et anonymes sociétés ont pu se développer à partir de petits groupes communiquant en face-à-face, et d’autre part pourquoi autant de variabilité dans la capacité des populations de construire durablement ce type de sociétés?

La Cliodynamique, une méthode scientifique pour prédire les crises sociales

Les crises sociales, historiques telle la chute de l’Empire Romain, ou actuelles tel le shutdown américain, sont-elles soumises à des règles que la science peut découvrir, comprendre et modéliser pour prédire l’avenir? Voilà qui flaire bon le scientisme bon marché, mais l’affaire semble nettement plus sérieuse car un modèle a été développé et semble bien coller avec la réalité historique.

Appelée Cliodynamique par son inventeur, le mathématicien Peter Turchin, professeur d’”écologie mathématique” à l’Université du Connecticut, la capacité prédictive de cette nouvelle science attire l’attention de nombreux sociologues.

Lampedusa ou la Valls des hypocrites

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Jeu de mots facile d’autant que Valls est loin d’être le seul visé ici, mais il est quand même membre d’un gouvernement socialiste qui “éloigne” à peu près autant de sans-papiers que la bande à Sarko, dans des conditions tout aussi inhumaines (voircette présentation du camp de concentration – pardon, centre de rétention administrative – Mesnil-Amelot2). Gouvernement donc, issu d’un PS qui ose se fendre d’une lettre compassionnelle au sujet du drame (qui n’en est qu’un parmi tant d’autres du même genre) de Lampedusa. On peut y lire, entre autres:

“Nos pensées vont vers ces familles qui ont perdu des proches et vers les habitants de Lampedusa qui font face à ce drame immense.”

Travaillez moins pour vivre mieux!

Voilà un slogan qui fait très bobo et anti-Sarko primaire (anti qui? Ben oui souvenez-vous, le petit nerveux, là, avec sa batterie de cuisine aux fesses…). Un slogan, donc, bassement anti-néo-capitaliste de base mais…. c’est pourtant ce qui ressort d’un article du très conservateur et néo-libéral The Economist.

Intitulé “Get a life“, sommairement traduisible par “Vivez votre vie”, cet article commence par citer les prédictions quelques peu oubliées d’économistes et philosophes du 19ème et début du 20ème tel Bertrand Russel, qui écrivait en 1932 que si la société était mieux gérée, chacun n’aurait à travailler que quatre heures par jour et pourrait dévouer le reste de son temps à la science, la peinture et l’écriture. A la même époque, John Maynard Keynes prédisait qu’en l’an 2030 les gens ne travailleraient plus que quinze heures par semaine. La réalité semble quelque peu différente, le stakhanovisme professionnel étant globalement bien considéré en société (du genre “quelle bosseuse celle-là, première arrivée et dernière partie, on peut vraiment compter dessus!”) et les groupes deWorkaholics Anonymous en pleine expansion.

Les USA sont-ils encore une démocratie?

Beaucoup d’entre nous se posent la question depuis longtemps, mais ce qui est nouveau aujourd’hui est le fait que le vénérable et ûber-orthodoxe Financial Times se pose la même question. Is the USA a functioning democracy?

En cause, le shutdown d’une bonne partie de l’administration américaine cette semaine. Cet arrêt a été voulu par la droite républicaine qui a décidé de bloquer par la force la loi dite “Obamacare”, pourtant votée et appliquée selon le calendrier prévu. Cet acte de guerre envers l’administration Obama est à double détente: le blocage actuel pourrait être combiné avec le refus, par ces mêmes républicains, de lever le seuil d’endettement du pays pour lui permettre de faire face à ses obligations – et dont l’échéance tombe le 17 octobre. Le FT ne croit pas vraiment qu’ils oseront aller jusque là, mais s’ils osaient (et comme disait Coluche, les cons ça ose tout…) les USA pourraient se trouver en état de défaut de paiement. Personne ne semble à même de prédire les conséquences réelles d’une telle situation, mais le fait qu’elle soit possible en dit long sur la volonté de nuire des républicains, d’où la question posée par le FT: les USA sont-ils encore une démocratie, quand une partie des députés préfère tout casser plutôt que de laisser se mettre en oeuvre le programme politique du gouvernement, faisant ainsi fi du processus démocratique?

Syrie: d’où vient le gaz sarin?

Le rapport des Nations Unies à peine publié et confirmant l’usage de gaz sarin en Syrie le 21 août dernier, l’axe guerrier constitué de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis a immédiatement estimé que la preuve était faite que Assad était à l’origine de ce massacre, dont acte. Mais le reste du monde, Russie en tête, fait remarquer que ce rapport ne précise pas du tout l’origine des obus meurtriers, et au contraire dit que les obus, une variante du modèle conventionnel “M14″, pouvait aussi bien être un original qu’une “improvisation”. Le rapport ajoute que, pendant l’expertise sur le terrain (en terrain rebelle), les inspecteurs ont vu passer d’autres munitions suspectes, impliquant la possibilité que les “preuves” auraient pu être déplacées ou manipulées.

11 septembre 2001: Quel avenir pour le mouvement contestataire?

Nous sommes le jour du douzième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, et hors les habituelles commémorations on peut dire que le sujet n’intéresse plus personne dans la sphère des médias et de la communication officielle bien pensante. Bien sûr la Syrie occupe la scène moyen-orientale, avec un ersatz du grand jeu monté contre l’Irak en 2003: un dictateur non islamiste mais plus assez docile, des armes de destruction massive, des “preuves” très discutables, et la tentation US d’aller faire la fête au méchant. Mais la comparaison s’arrête là, heureusement. L’appétit des occidentaux pour ces aventures meurtrières et contre-productives (sauf pour les marchands d’armes, les armées privées et les sociétés pétrolières), doublé d’un sentiment diffus de s’être “fait avoir” quelque part même sans entrer de plein pied dans l’examen sérieux du 11  septembre, s’est réduit suffisamment pour mettre en échec la machine hallucinatoire conduite par la CIA et les intérêts particuliers qui tirent profit de ces conflits.

Syrie: le grand n’importe quoi

Cela faisait dix ans que l’on ne nous avait pas ressorti les armes de destruction massive, utilisées par quelque infâme régime, pour justifier du hold-up d’un pays supposément souverain, mais le vieux diable est de retour. De retour mais pas en grande forme quand même. L’ange blanc de 2003, la France, à l’époque de droite, s’est transformée en 2013 en faucon socialo-impérialiste, sans doute de vieux fantasmes guerriers ravivés par une impression de succès au Mali et qui font bander les petits hommes en costumes-cravates dans leurs salons parisiens. Sûr que la castagne, surtout à distance et sur plus faible que soi, ça change des réformes des retraites et du chômage.

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