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La comédie électorale

On pourrait évidemment gloser sur l'inévitable réélection d'un ancien officier du KGB à la tête de la Russie, ce nouveau Tsar de l'après soviétisme. On pourrait en conclure que la formule sanctifiée par Jean-Paul Sartre (dans "Les Temps modernes" en 1973) "Elections, piège à cons", est ainsi validée. On pourrait aussi s'interroger comme l'a fait Pierre-Joseph Proudhon au moment de l'élection-plébiscite de Louis-Napoléon Bonaparte sur le suffrage universel. On pourrait...

Elections, piège abscons ? Elections, manipulation ? Elections, mystification ?

Oui, tout cela me semble vrai. Mais, comme l'écrit avec pertinence Emmanuel Todd, "Acceptons la réalité : nous avons changé de système politique, nous sommes en régime oligarchique. Dénoncer ne suffit pas. Il faut comprendre, percer le voile de l'opacité, dire qui sont les oligarques, quels sont leurs réseaux, quelles sont leurs valeurs, morales ou (plutôt) boursières."

Dans mon billet sur le Charybde et Scylla européen, je me permettais d'introduire ce qui me parait essentiel, à quelques jours de la consultation présidentielle : quelle va être la position de la France face à cette Europe libérale à domination allemande ?

Tout le reste me semble mineur, secondaire, presque superficiel tant les problèmes , tous les problèmes de notre pays sont conditionnés par cette question liminaire, principale, prioritaire.

Nicolas Sarkozy peut amuser la galerie avec ses emportements verbaux et ses postures grotesques, il n'est plus le personnage principal de la comédie électorale. Mais François Hollande, s'il veut être élu et bien élu, doit aborder le chantier européen avec clarté, force et franchise. Sans petites phrases et sans effets de manche. Il lui faut sortir de la comédie électorale pour s'adresser directement aux Français.

Sinon, on pourra dire comme la plupart des commentateurs le font à propos de Poutine : "notre système politique est une mystification et une tyrannie"*

* Pierre-Joseph Proudhon (Théorie du mouvement constitutionnel au XIXe siècle)

Tous les commentaires

05/03/2012, 11:12 | Par Danyves

Merkel faces challenge at home on fiscal pact


Germany's Chancellor Angela Merkel addresses a news conference at the end of a European Union leaders summit in Brussels March 2, 2012. REUTERS/Eric Vidal

BERLIN | Sat Mar 3, 2012 9:39am EST

(Reuters) - German Chancellor Angela Merkel faces an unexpected challenge in getting new euro zonebudget discipline rules approved at home, after the government confirmed on Saturday the new treaty will require a two-thirds majority in both houses of parliament.

This will leave Merkel depending on major opposition parties, who, despite having backed her in the past on a second Greek bailout package or extended powers for the bailout fund, are likely to set conditions for their support such as new measures to stimulate European growth.

The need for a two-thirds majority for the fiscal compact was reported in a newspaper on Saturday and confirmed by a government spokeswoman. It has caused surprise as the German constitution already includes a "debt-brake" law, under which the federal government has until 2016 to cut its structural deficit to no more than 0.35 percent.

It was this law which inspired the European legislation on budget discipline.

However, as the fiscal compact treaty allows a country to be sued by its European partners in the European Court of Justice if it does not uphold budget rules, it affects sovereignty and the constitution, and hence requires a greater majority.

"The government has in fact come to the conclusion that the fiscal comapct will have to be ratified under Article 23 of the constitution," a government spokeswoman said in emailed comments.

Article 23 covers the transfer of sovereign powers to European level.

Last Monday the opposition Social Democrats (SPD) and Greens backed Merkel in a Bundestag lower house of parliament vote on the second bailout for Greece, which needed only a simple majority. The package was approved with a comfortable 496-90 victory with five abstentions, although Merkel faced growing revolt from within her own coalition.

Frank-Walter Steinmeier, head of the Social Democrats (SPD) parliamentary group, said Merkel was now dependent on the opposition.

"Chancellor Merkel must approach us immediately. She hasn't done this in the past... a two thirds majority in the Bundestag and Bundesrat cannot be assumed as a matter of course," he said in a statement.

"I cannot imagine that the pact would be approved without accompanying measures to support growth," he added, urging Merkel to clarify as soon as possible how parliament would vote on the fiscal compact.

Both the SPD and the Greens have called for a European financial transactions tax which could be used to finance a stimulus program for the bloc.

EU finance ministers meet on March 13 in Brussels, offering an opportunity to discuss the European Commission's blueprint on such a tax which faces stiff opposition from London.

(Reporting by Alexandra Hudson and Holger Hansen; editing by Keiron Henderson)


05/03/2012, 12:46 | Par Larbi Oucherif

Le défi du siécle est de trouver  les forces sociales capables de lutter pour l'HUMANITE en s'organisant dans des structures qui détruisent les oligarchies/ Tant qu'il ya l'Etat, il y a des inégalités...

05/03/2012, 15:43 | Par Vingtras

"Le suffrage universel est une institution donc un collectif qui atomise ou sérialise les hommes concrets et s'adresse en eux à des entités abstraites, les citoyens, définis par un ensemble de droits et de devoirs politiques, c'est à dire par leur rapport à l'Etat et à ses institutions. L'Etat en fait des citoyens en leur donnant, par exemple, le droit de voter une fois tous les cinq ans, à condition qu'ils répondent à des conditions trés générales - être Français, avoir plus de dix-huit ans - qui ne caractérisent vraiment aucun d'entre eux. De ce moint de vue, tous les citoyens, qu'ils soient nés à Perpignan ou à Lille, sont parfaitement identiques, comme nous avons vu qu'étaient les soldats dans l'Armée : on ne s'intéresse pas à leurs problèmes concrets qui naissent dans leurs familles ou dans leurs rassemblements socioprofessionnels.

En face de leurs solitudes abstraites et de leurs séparations se dressent des groupes ou partis qui sollicitent leurs voix. On leur dit qu'ils vont déléguer leur pouvoir à l'un ou à plusieurs de ces groupements politiques. Mais, pour déléguer son autorité, il faudrait que la série constituée par l'institution du vote en possédât au moins une parcelle. Or ces citoyens identiques et fabriqués par la loi, désarmés, séparés par la méfiance de chacun envers chacun, mystifiés mais conscients de leur impuissance, ne peuvent en aucun cas, tant qu'ils ont le statut sériel, constituer ce groupe souverain dont on nous dit qu'émanent tous les pouvoirs, le Peuple...

Voter, c'est voter pour l'institution politique qui nous maintient en état d'impuissance sérielle."

(Jean-Paul Sartre, "Elections, piège à cons")

05/03/2012, 17:20 | Par Gilbert Pouillart

Voter, ce n'est pas même un pour mille des devoirs civiques. La masse des tâches du citoyen réside dans la surveillance de ceux à qui a été déléguée la charge de faire et faire appliquer les lois communes. Surveiller, alerter, dénoncer, agir dans les mille et une formes possibles ( discussions, livres et journaux, manifestations, désobéissance civique, "grève du zèle", adhésion et militantisme au sein de partis, syndicats, associations, etc...)

La personne moyenne peut être active seize heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, 365 (66, cette année) jours par an. On ne me fera pas croire  que, sur ces heures une ou deux chaque jour ne puisse être consacrée aux devoirs du citoyen par chaque adulte. On s'ennuie ou on fait n'importe quoi de préférence, bien plus qu'une heure ou deux par jour, avouons! Une rêvasserie de moins, une ânerie télé esquivée, une balade sans but, de temps en temps enrichie d'observation des lieux, de réflexion sur un problème, ça ne peut pas se faire? Et devenir un peu plus malin, un peu plus compétent, se sentir un peu plus responsable, c'est pas tout profit?

Les pièges à cons, comme leur nom l'indique, prennent qui? Faut quand même sortir de ses couches-culottes...On n'est des gosses que tant qu'on se montre puéril...

Ce n'est pas à Vingtras qu'il faut le dire, lui qui se décarcasse pour aider ses congénères à voir et déjouer les pièges à c...

05/03/2012, 17:23 | Par Philips Michel

Ne peut-on pas aussi voir, derrière ces élections, le mouvement de protestation qui se manifeste depuis 2 mois : comme un souffle, l'espoir d'un peu plus de démocratie en Russie ?

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