Mon.
28
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

BHL,FRECHE,ludions de la bulle médiatique

On ne parle que d'eux. Ils occupent tout l'espace médiatique. L'un est taxé de botulisme canularesque et provoque l'hilarité,l'autre est cartonné comme un bouc puant...Pourtant,ils sont tous les deux les fruits de l'université et appartiennent à ce qu'on appelle l'élite de notre société. Mais que ce soit le feudataire du Languedoc-Roussillon ou la chemise blanche de la philosophie,ils sont écartés des cercles du pouvoir mais ne quittent pas pour cela la "une" de l'actualité. Car ils ont une faculté de nuisance.

En fait,BHL et FRECHE se ressemblent. Même intelligence aigüe et sournoise. Même gestuelle. Et aussi,même utilisation perverse du vocabulaire . Cela dépend du public visé. La critique de la raison politique pour les uns,les black-blancs-beurs "pas catholiques" pour les autres.

Ils sont les batards d'un système pseudo-démocratique qui nous fait vivre dans la société du spectacle. Non pas celle définie par Guy Debord,mais celle qui lui a succedé,et que je j'appellerai la société des apparences.

BHL et FRECHE sont les ludions et les héros de notre vitrine sociétale. Ils intriguent,ils amusent ou ils agacent...et ils monopolisent l'attention. Que pèse alors la parole d'un PRIOLET (voir mon billet intitulé "le sanglot de l'arboriculteur") à côté de la leur ?

 

 

Tous les commentaires

Vous parlez du "lui c'est lui, moi c'est moi"...

Je trouve que les échanges de BHL avec la presse (et le public) ou ceux de Frêche avec Fabius (et le PS tout entier) tiennent plutôt de : moi c'est moi et toi t'es toi. Mise à distance et impossibilité d'une quelconque contradiction...

Dominique Bry,je vous prie de bien vouloir m'excuser. Je ne voulais pas mêler Fabius à cette controverse. Donc la citation serait plutôt : "moi c'est moi,et toi tais toi".

Par ailleurs,j'ai modifié mon billet en tenant compte de votre commentaire.

@ Vingtras : il ne fallait pas modifier, bien au contraire, je trouvais votre assertion très juste dans cette bataille d'ego. C'était plus pour le plaisir de faire un (mauvais) jeu de mot résumant les échanges entre les protagonistes...

Et je suis d'accord avec vous quant à la "société des apparences" et l'omniprésence de ces "ludions" sur la scène (cène ?) médiatique.

Allez, je me tais et je retourne vous lire.

"Ils occupent tout l'espace médiatique" = il ne faut rien exagérer.

En tout cas,ils en occupent une bonne partie ! Et pendant ce temps là on oublie les questions importantes : le chômage,la précarité,la dette,les carences du politique,l'insignifiance du débat d'idées,etc mais afin d'être mieux compris,j'ai grossi le trait bien sûr...ce qui n'a pas échappé à un esprit agile.

on ne peut pas mettre sur le même plan un intellectuel qui contribue au débat d'idées par ses engagements auxquels on peut souscrire ou non avec un homme politique qui ratisse à l'extrême-droite en banalisant le discours raciste et antisémite.

Sans entrer dans une discussion téléologique on peut se demander si BHL a contribué au débat d'idées ? A lire ses divers ouvrages depuis "La barbarie à visage humain",je n'en suis pas certain. A suivre ses tentatives audiovisuelles,des "Aventures de la liberté" au ratage absolu de son long métrage,je ne crois pas qu'il ait apporté quoi que ce soit à l'intelligence de notre société sinon à faire des commentaires spécieux sur une compilation de connaissances mal assimilées.

Quand il déclare à Demorand que l'axe principal de sa réflexion est la recherche du mal,il ne fait que répéter l'argument obsessionnel de la pensée de son maître Louis Althusser.

Quant à Frêche,qui est un intellectuel dévoyé,il a décidé de prendre le contrepied du parisianisme (il est en quelque sorte l'anti-BHL), en pratiquant le populisme tous azimuths,ce qui ne rehausse pas le niveau du débat politique !

Je ne suis pas un adepte de la pensée BHL mais je lui reconnais une pensée et je trouve que l'effet médiatique qui lui est reproché tient plus au dénigrement de sa personne qu'au personnage lui-même. Qu'il se réclame d'Althusser ne me gène pas, c'est son choix. Ses écrits ne se comprennent à mon sens qu'à l'aune de ses engagements, disons de ses prises de position parfois contradictoires. Or, c'est le propre de l'intellectuel que de s'engager dans la cité en étant libre de parole par rapport aux groupes, associations et partis. je n'en dirai pas autant de G. Frêche qui n'a pas laissé beaucoup d'écrits mais beaucoup de paroles dont le niveau est celui d'un Le Pen dont l'antiparisianisme n'est qu'une variante de son antisémitisme ou racisme latent : " Vous faites partie des harkis qui ont vocation à être cocus toute leur vie… Faut-il vous rappeler que 80 000 harkis se sont fait égorger comme des porcs parce que l'armée française les a laissés ? Moi qui vous ai donné votre boulot de pompier, gardez-le et fermez votre gueule ! Je vous ai trouvé un toit et je suis bien remercié. Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous ! Allez avec les gaullistes ! Allez avec les gaullistes à Palavas. Vous y serez très bien ! Ils ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes ! Mais vous n’avez rien du tout ! Vous êtes des sous-hommes ! Rien du tout ! Il faut que quelqu’un vous le dise ! Vous êtes sans honneur. Vous n’êtes pas capables de défendre les vôtres ! Voilà, voilà… Allez, dégagez ! »

Oui,cher Lincunable,vous avez raison de souligner le fait que c'est la personne de BHL qui est la cible des jalousies et du dénigrement. Car il prête le flanc : trop beau,trop intelligent,trop riche !...

Par contre,ses engagements sont à géométrie variable. Il va là où le porte une opportunité de se faire remarquer. Il s'efforce d'imiter Malraux mais il n'est pas Malraux.Et Arielle Dombasle n'est pas Louise de Vilmorin. Quant à son rejet du marxisme,il est pathétique dans la mesure où il se déclare être un disciple de Lefebvre et d'Althusser. Passons...

Quant au problème des Harkis,si on veut l'examiner avec objectivité,il faut l'analyser dans son contexte historique et non pas en faire un élément de réaction poujadiste à la Frêche. C'est une tragédie humaine,comme l'a été la condition des Miliciens supplétifs des allemands pendant l'occupation,ou celle des malheureux vietnamiens ayant combattu aux côtés de l'armée française en Indochine. Revoyez le beau film de Louis Malle "Lacombe Lucien" (co-écrit par Modiano) et vous pourrez aborder cette question avec sérénité et voir les Harkis comme des victimes sacrifiées par la raison d'Etat,par l'absurdité de la guerre.

Et si... et si ces animaux médiatiques que sont devenus Frêche et BHL n'étaient que les fruits naturels de ce que notre société désormais accro au moindre "buzz" peut produire ?

 

L'expression d'une quelconque pensée ne semble devoir éclore que par le biais de son potentiel de buzz sur la toile et dans les médias, façon "tout le monde en parle, c'est donc important", et il faut donc en parler... Faut-il y voir une "dictature du net" ?

 

On ne compte plus les micro-événements qui deviennent de fait des phénomènes de société, et qui éclipsent les sujets plus importants. Attention, je ne dis pas que les propos de Frêche sont anecdotiques et qu'ils devraient être passés sous silence, mais pendant ce temps, quid du fond, par rapport à la forme et aux proportions prises par ces buzz qui retombent aussi vite qu'ils sont montés ?

 

BHL est certainement visé pour plein de raisons étrangères à sa pensée profonde (s'il en a une). Seulement voilà : l'occasion est trop belle pour ses détracteurs de tirer sur lui, qui s'est pris les pieds dans le tapis et qui se défend avec une parfaite mauvaise foi. Pour ma part, je critique autant le système de défense de BHL (qui ne pouvait faire autrement) que le procès (deux jours avant la sortie du bouquin citant un philosophe inventé). L'erreur est humaine, on peut au moins reconnaître cette excuse à BHL. Mais de là à dire que le canular l'a bien fait rire et prendre le lectorat pour des imbéciles... il y a une marge. J'aurais préféré un mea culpa disant "je n'ai pas lu ce que je cite, je suis une grosse buse de n'avoir pas vérifié mes sources". Il aurait trouvé davantage grâce à mes yeux.

 

Quant à Frêche, il est selon moi le Villepin de gauche, la même épine et le même obstacle aux plans voulus sans accrocs des instances et des courants officiels. De droite, comme de gauche.

 

BHL et Frêche se ressemblent : ils sont des prétextes.

d'accord avec vous, Vingtras : il faut distinguer la pensée de BHL qui est discutable des attaques ad hominem (ou nominem) dont il est l'objet et qui sont viles.

Le problème, Dominique Bry, c'est que je crois au buzz de BHL mais je ne crois pas au buzz de Frêche. je pense que Frêche, comme Le Pen, ne regrette rien. Il ne dérape pas. Il a conscience de dire tout haut ce que d'autres pensent tout bas, et comme cité plus haut : "Il faut que quelqu’un vous le dise ..."

Je vous remercie vivement Dominique Bry non seulement d'avoir bien compris le sens de mon modeste billet mais aussi et surtout de l'avoir prolongé de manière pertinente. Nous vivons dans une bulle médiatique où l'essentiel est esquivé. Que ce soit dans l'expression de la pensée ou dans le discours politique. Et le sarkozysme n'est pas seul en cause...C'est pourquoi je trouve que Mediapart joue un rôle utile et salutaire,même si ce journal en ligne reste confidentiel.

@Lincunable : je suis aussi enclin à penser que GF est dans le populisme le plus pur, et ses sorties sont sincèrement effrayantes. Il n'y a pas de fumée sans feu, dit-on...

Si j’étais à la place de Pierre Priolet, j’arrêterai immédiatement mon cinéma et mes mensonges. Quand on a eu autant de clients et de salariés à « CAPROCO ‘’Vergers d’Europe’’ » (voir societe.com) on doit imaginer que ‘’Bulgar Champfruits’’ peut ressortir de l’oubli !

@ perplexe13

voir ma réaction dans mon commentaire ajouté au billet "le sanglot de l'apiculteur"

Newsletter
Je m'identifie