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Stéphane Guillon, un bouffon libertaire
Retransmis par Canal + à la fin de la semaine dernière, le spectacle intitulé "Liberté (trés) surveillée" de Stéphane Guillon mérite d'être apprécié. Car non seulement ce one-man-show est une performance de comédien mais il marque surtout l'émergence d'un esprit créatif, corrosif et formidablement libertaire. Un pied de nez salutaire dans ce monde confit en bien-pensance.
Il y a évidemment au début du spectacle les inévitables imitations qui nous sont familières, celles qui campent un Sarkozy agité des épaules, DSK le bouc en rut, etc mais ce ne sont que les prémisses de la prestation de Stéphane Guillon, les exercices obligés du "bouffon" sans doute destinées à "chauffer la salle". Puis le champ s'élargit pour devenir sociétal. Et "Liberté (trés) surveillée" aborde enfin une dernière séquence (sublime) qui ose interpeller la condition humaine...un peu comme Charlie Chaplin dans "La ruée vers l'or".
Les spectateurs sont médusés. Ils venaient voir un amuseur pour rire un peu à une époque où c'est la meilleure thérapeutique afin de lutter contre cet air du temps délétère. Et ils découvrent un baladin libertaire.
Qui est donc Stéphane Guillon ? Il est l'héritier d'une longue tradition des "humoristes" français. Pour faire court, on peut citer Pierre Dac et Francis Blanche au départ, puis Fernand Raynaud et en dehors de la vague des imitateurs (de Thierry le Luron à Laurent Gerra et Nicolas Canteloup), les parrains directs de Guillon que sont Coluche et Guy Bedos. Mais il faut bien admettre que son talent est original.
Admirablement aidé par sa compagne Muriel Cousin, Stéphane Guillon a créé un personnage qui "ne reconnait aucune limitation de la liberté individuelle tant en matière sociale que politique" (= définition du mot libertaire dans le Robert). Ce qui lui permet d'intervenir en toute impunité dans l'opinion publique en prenant tantôt le déguisement du bouffon tantôt l'habit de "paysan du Danube", afin de pouvoir jeter dans la mare tous les pavés qu'il juge bon de jeter.
Stéphane Guillon, notre bouée de sauvetage ?


Tous les commentaires
Un bel hommage à Stéphane Guillon, parce qu'il le vaut bien !
J'ai omis de dire ceci : Stéphane Guillon est l'auteur des textes ou des dialogues qu'il interprète.
Ah ! Quand même !
Talentueux, le bougre ! Avec le goût acidulé d'une pomme sure.
GUILLON,c'est certain,est l'un de nos derniers Bouffons,le plus necessaire en ces temps de Sinistrose et de Capitulation Intellectuelle!! La Causticite et l'Autoderision sont les meilleurs preuves d'une Intelligence Incisive,Redoutable!! Merci d'exister,Cher Monsieur!
C'est sûr, cela change au niveau de l'écriture, du style à-la-manière-de d'Antoine Perraud......pourrait pas écrire sur Médiapart S.Guillon...
Désolé, cher Cacochyme, mais les deux sont complémentaires ; ils ont autant de talent l'un que l'autre...
Vivement la fin du mandat du nain pour que Stéphane Guillon revienne sur France Inter.
Sa chronique matinale était comme un bol de l'air frais, un verre d'orange pressée, une tasse du bon café.
Que du bonheur !
Guillon passé trop vite à la trappe, son côté extra terrestre de la méchanceté absolument jubilatoire.